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Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

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Un grand merci égale­ment à Sandrine qui m’avait déjà donné envie de lire ce roman-biogra­phie, le style est abso­lu­ment magni­fique. L’auteur est tota­le­ment impré­gné de l’œuvre de Ravel , et il veut que son écri­ture rende compte à la fois du carac­tère de Ravel, de son inspi­ra­tion musi­cale, et de la violence de la guerre 1418. Je vous conseille une expé­rience : lire la page 165, en écou­tant le concerto pour la main gauche , les phrases plus belles les unes que les autres parlent si bien de la musique que j’ai eu du mal à maîtri­ser mon émotion.

Quelques notes claires dans les ténèbres, et c’est comme une énorme bulle remon­tée des profon­deurs, gorgée de lumière, qui s’ouvrirait au visage. La souf­france s’éteint, l’angoisse dispa­raît, et la beauté fami­lière, si mal connue et tout à coup dévoi­lée, donne son dernier baiser. C’est la vie qui reflue à celui qui la perd, juste avant la fin le meilleur de la chan­son.

Je ne connais­sais pas la vie de Ravel, et long­temps je ne pouvais citer de son œuvre que Le Boléro. Peu à peu , j’ai appris à aimer sa musique et j’aime beau­coup ce qu’il a écrit pour la voix. Cette biogra­phie lui rend un hommage vibrant et discret, à l’image de ce qu’a été la vie de ce grand compo­si­teur fran­çais. Une élégance et une discré­tion qui allait de pair avec un enga­ge­ment total dans ce qu’il croyait. Sa déter­mi­na­tion à servir son pays, alors que, trois fois, il avait été réformé par la méde­cine mili­taire est admi­rable, mais ce qui m’a la plus touchée, c’est lorsqu’il refuse après la guerre la Légion d’Honneur. Lui qui avait vu tant d’hommes mourir au combat ne pouvait pas accep­ter la moindre récom­pense pour sa musique qu’il savait par ailleurs admi­rable.

Il faut lire ce livre, pour ressen­tir la genèse de la créa­tion musi­cale, la vie de ce compo­si­teur hors du commun et pour comprendre la force du patrio­tisme en 1914, mais par dessus tout il faut le lire pour le style de Michel Bernard qui m’a récon­ci­liée avec la litté­ra­ture fran­çaise, c’est un grand plai­sir de lire de si belles phrases dans sa langue mater­nelle.

Citations

Le désir de servir sa patrie

La guerre

14 Thoughts on “Les Forêts de Ravel – Michel BERNARD

  1. Ce livre a déjà attiré mon atten­tion et tu le confirmes. Merci pour ce bel article.

  2. JE ne connais rien de Ravel mais je retiens « le style abso­lu­ment magni­fique ». C’est un argu­ment de poids en ce qui me concerne ;)

  3. Cinq coquillages !
    J’ai assisté à un concert où l’on parlait aussi de sa vie. Il a aussi composé des opéras !

    • Il était très perfec­tion­niste et exigeant avec lui-même, il a je crois brûler des oeuvres dont il n’était pas satis­fait. Mais je n’en suis pas sûre.

  4. Je ne connais­sais guère Ravel avant, et Michel Bernard unique­ment à travers ses recherches sur Gene­voix, mais il me semble que leurs deux voix coïn­cident à merveille. Je suis ravie que ce roman t’ait plu.

    • Ce livre était sur ma liste, je me suis préci­pi­tée quand j’ai vu qu’il était au club. J ai adoré ce roman. Merci d’avoir mis en alerte mon atten­tion sur ce titre.

  5. Quel enthou­siasme !

  6. Je l’ai déjà noté ailleurs, tu me donnes vrai­ment envie de le lire.

  7. Ce n’est pas un musi­cien que j’aime parti­cu­liè­re­ment mais comprendre mieux la créa­tion musi­cale cela m’intéresse et je te sens très enthou­siaste alors toc je vais voir si ma média­thèque l’a mis au programme

  8. C’est un homme bien. Sa musique je ne l’apprécie que depuis peu, le morceau le plus connu « le Boléro » donne une idée fausse de son oeuvre. J’espère lire ton commen­taire.

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