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Traduit de l’anglais (améri­cain) par Carine CHICHEREAU

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Quand on tient un bon sujet comment en faire un bon roman ? Je savais que les Japo­nais présents sur le sol améri­cains, pendant la deuxième guerre mondiale, avaient été mis dans des camps et avaient été victimes du ressen­ti­ment de la popu­la­tion améri­caine. Je ne savais rien des femmes japo­naises qui avant la guerre étaient venues cher­cher un mari.

L’auteur nous le raconte, mais d’une façon à la fois surpre­nante , agaçante et puis fina­le­ment inté­res­sante. Elle ne se foca­lise pas sur le destin d’une femme en parti­cu­lier mais sur le groupe qu’elles repré­sen­taient et arrive à bras­ser tous les destins. Toutes ses femmes dont nous ne connaî­trons aucun prénom, finissent par nous appa­raître comme une masse indif­fé­ren­ciée, la quatrième de couver­ture parle d » « un chœur antique ».

Passé la surprise du début, j « ai été gênée par ce côté collec­tif. Moi qui comme tant d’autres ai du mal à bien diffé­ren­cier les visages japo­nais , voilà qu’un auteur qui met en scène leur souf­frances les collec­ti­vise. Et puis j’ai fini par accep­ter, car cela permet à l’auteur de bras­ser toutes les situa­tions. Certaines ont connu un sort plus enviable que d’autres, mais toutes ont été parquées dans des camps pendant la guerre. Et il n » y a pas eu sur ce plan là de destin indi­vi­duel. J’aimerais savoir ce qu’elles sont deve­nues après.

Je n’arrive pas à voir ce livre comme un chef d’œuvre(comme il est présenté sur la quatrième de couver­ture) mais je pense que lu à haute voix ou mis en scène je chan­ge­rai d’avis.

Citations

le départ vers le camp

Certains des nôtres sont partis en pleu­rant. Et certains en chan­tant. L’une avait la main sur la bouche parce qu’elle avait le fou rire. Certains étaient ivres. D’autres sont partis en silence, tête bais­sée, plein de gêne et et de honte. Un vieux monsieur de Gilroy est parti sur un bran­card. Un autre- le mari de Natsuko, un barbier qui avait pris sa retraite à Florin-, en s’aidant de sa béquille, sa casquette des vété­rans de l’armée améri­caine sur la tête. « Personne ne gagne, à la guerre. Tout le monde perd » disait-il.

Le regard des américains un an après, (phrase finale du roman)

Tout ce que nous savons c’est que les Japo­nais sont là-bas quelque part, dans tel ou tel lieu, et que nous ne les verront sans doute jamais plus en ce bas monde.

On en parle

En plus de la critique vous y verrez des photos inté­res­santes : à saut et à gambade.

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