Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

Après « la Frac­tale des Ravio­lis » et « la Variante chilienne » voici « Habe­mus Pira­tam », et je sais que les puristes vont me repro­cher d’avoir oublié « La baleine Thébaïde » mais je la retrou­ve­rai bien un jour cette baleine. Ma photo dit mon angoisse : par quel câble pour­rait passer le célèbre hacker Alexan­der pour pira­ter mon ordi­na­teur et s’ins­tal­ler sur Luocine pour vanter des livres que je n’au­rais même pas lus ? Je me joins à Dasola pour vous dire : « quel roman et que de dangers roman­cés ou pas court notre monde sur les diffé­rents « cloud » « dark-web » et autres faces cachées de sites à l’al­lure inof­fen­sive » . Comme l’au­teur est Pierre Raufast , ne vous atten­dez pas à faire faci­le­ment la part entre le vrai du faux, et surtout ne faites pas trop confiance à vos recherches sur Inter­net , car le diable d’homme est capable de créer de fausses réfé­rences sur Google. Le plus impor­tant n’est pas là , lais­sez vous empor­ter par son imagi­na­tion sans limite et dites-vous bien que pour un hacker, rien n’est impos­sible, même pas deve­nir proprié­taire de la Sainte Chapelle … Et puis entre temps vous vous amuse­rez avec les histoires d’un petit village de montagne où on a failli se battre pour une histoire de petite culotte.

Bref un moment de lecture comme je les aime, jouis­sif , mais aussi un poil inquié­tant, pas tant pour l’acte de propriété de la Sainte Chapelle que pour la capa­cité de nuisance des malfai­sants sur le Net, comme ceux qui font que tous les jours, je supprime 15 à 20 commen­taires sur mon blog : pour des place­ments finan­cier, des médi­ca­ments moins chers et aussi effi­caces que ceux que vous trou­ve­rez en phar­ma­cie, pour des substi­tut du viagra mille fois plus puis­sants, pour des images porno­gra­phiques de femmes ou d’hommes, pour des rencontres « hot » avec des parte­naires de votre choix. Bref des pollueurs qui ne sont que des robots mais qui ne m’amusent pas telle­ment. Alors que, le roman de Pierre Raufast m’a lui, beau­coup amusé. Et la morale est prati­que­ment sauve , enfin presque ! vous juge­rez par vous même.

Citations

Est ce vrai ?

De fil en aiguille, il repensa à ce décret de Nico­lae Ceau­sescu, inter­di­sant la pratique du Scrabble car « trop intel­lec­tuel et subver­sif ». Et s’il avait eu raison ?

J’aime l’humour de cet auteur :

Le prêtre se passa la main sur le visage. Il n’était ici que depuis deux ans, mais connais­sait déjà tous les vices de ses petits vieux ‑les seuls à venir se confes­ser chaque vendredi dès sept heures du matin.
Cela ne volait pas très haut : des cerises chapar­dées dans un verger, un home se soula­geant régu­liè­re­ment dans le puits d’un voisin pour perpé­tuer la vengeance de son père et une rixe datant de 1923, quelques lettres anonymes dénon­çant un pain trop cuit ou des cadavres de bouteilles mal triées dans le local poubelle.
Des crimes ordi­naires dans ce village de trois mille habi­tants, perché en haut de la vallée de Chan­te­brie.

Les commérages

Fran­cis remar­qua que la vieille avait posé ses sacs de courses à terre et s’était instal­lée dans sa verti­ca­lité, ce qui augu­rait une bonne demi-heure de bavar­dages oiseux

Les joies des hackers

Une fois dans le réseau d’en­tre­prise, je ciblai la machine de produc­tion qui contrô­lait les énormes trans­for­ma­teurs centraux. De la belle machine, un logi­ciel très performant…Mais qui datait de 1993. Autant dire une anti­quité, dans notre métier. Cette version d’Unix ressem­blait à un gruyère suisse. Je n’avais que l’embarras du choix pour deve­nir « root » et maître du monde.
Les infor­ma­ti­ciens de cette entre­prise avaient toute­fois bien fait les choses. Conscients des risques de ce système obso­lète et de la gravité des enjeux, ils l’avaient isolé derrière un pare-feu. Un peu comme le portier d’une boîte de nuit qui contrôle qui rentre et qui sort.
Pour admi­nis­trer ce pare-feu, ces génies avaient créé des comptes avec des mots de passe sans doute long comme le bras. Mais ils avaient oublié d’ef­fa­cer les comptes par défaut instal­lée par le construc­teur.
Utili­sa­teur :admin. Mot de passe ; admin.
J’adore mon boulot. C’est comme faire le tour d’une maison cade­nas­sée et y trou­ver une fenêtre ouverte par mégarde. Jubi­la­toire.

Tout se pirate .….

Pira­ter un ordi­na­teur « air gap », c’est à dire décon­necté d’un réseau, est le Graal de tout hacker.

Tactiques de pirates informatiques

Voilà comment on pénètre un Fort Knox infor­ma­tique : en prenant tout son temps , en avan­çant douce­ment mais sûre­ment , en passant par le fiston et sa peur de déce­voir papa . Ici , comme ailleurs, les points faibles sont souvent humains. Il suffit d’ex­ploi­ter une des émotions primaires : la peur, la colère, l’amour ou la tris­tesse.

19 Thoughts on “Habemus Piratam ‑Pierre RAUFAST

  1. keisha on 15 avril 2019 at 08:43 said:

    Celui là manque à ma collec­tion, bah, pas de souci, il est bon et ça, ça reste

  2. Pas encore lu, je me suis arrê­tée à La variante chilienne, bien aimé, mais pas assez pour me préci­pi­ter sur les suivants (ou les précé­dents, d’ailleurs).
    Mais l’oc­ca­sion peut se présen­ter de le lire !

  3. Je me suis arrê­tée à La frac­tale des ravio­lis, je prends du retard ! ;-)

  4. j’ai l’im­pres­sion qu’on s’amuse bien avec ce monsieur, il faut que je garde ça pour un jour de déprime :-)

  5. La Souris Jaune on 16 avril 2019 at 16:54 said:

    J’ai aussi adoré La Variante chilienne, mais n’ai pas du tout été convain­cue par sa Baleine… Alors… Vais-je me risquer à celui-là ? Mystère, mystère…

  6. Un sujet qui fait peur, pour toutes les atteintes à la vie privée, au débat démo­cra­tique. Brrr.

  7. Bonjour Luocine, merci pour le lien sur un roman haute­ment recom­man­dable et fina­le­ment amusant tout en étant instruc­tif. Et tu l’as aimé autant que moi. Bonne jour­née.

  8. ah oui carré­ment ? Je me suis arrê­tée à La Baleine thébaïde (que j’ai un peu moins aimé – La Variante chilienne reste mon préféré). Oh tu m’as bien tentée, là !

  9. Je l’ai lu une fois et j’ai perdu toute envie de pour­suivre mes lectures… Je crois ne pas être fina­le­ment très friande de ses écrits.

  10. Toujours pas lu alors qu’il m’at­tend et que j’ai aimé ses romans précé­dents. J’es­père ne pas le faire traî­ner trop long­temps encore.

  11. J’avais beau­coup aimé la frac­tale des ravio­lis et je compte bien pour­suivre les lecture de cet auteur surtout autour de cette théma­tique très inté­res­sante même si je n’ai pas pour l’ins­tant de problèmes avec les modé­ra­tions de commen­taires !

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