Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.


J’ai beau­coup aimé de cette auteure deux de ses romans histo­rique « L’adieu à la reine » que j’ai lu avant Luocine et « Le testa­ment d’Olympe  ». Son livre de souve­nirs était proposé à notre club de la rentrée, je l’ai donc commencé avec un a priori favo­rable. De plus les jeux d’enfant sur les plages me sont fami­liers ainsi que les ambiances de ville balnéaires en saison comme hors saison. Mais malgré ma bonne volonté, je n’ai rien reçu en lisant ce livre, qui n’est ni déplai­sant ni plai­sant. Je me disais sans cesse que si cette auteure n’était pas connue, peu de gens liraient ce livre qui est, je le recon­nais, élégant et déli­cat. Chan­tal Thomas,( pour moi c’est une qualité), n’est pas de la veine des femmes qui aiment avec courage mais souvent trop d’impudeur étaler la moindre de leurs souf­frances, elle reste mesu­rée et par touches très fines nous fait vivre une enfance bercée par les embruns et les odeurs d’estran et une mère fantasque. Elle raconte ses châteaux sur le sable, ses pêches mira­cu­leuses dans les rochers, des grands parents qui pallient l’absence d’une mère plus inté­res­sée par son propre bonheur que celui de ses proches. Je sais que j’oublierai ce livre aussi vite que la marée défait les œuvres éphé­mères des enfants sur la plage.

Citations

Parce que je connais des amoureux du tandem

Si aimer ce n’est pas se regar­der l’un l’autre c’est regar­der ensemble dans la même direc­tion, alors le tandem et le véhi­cule par excel­lence de l’amour. L’un derrière l’autre, péda­lant de concert dans la même direc­tion, ils avale­ront des kilo­mètres.

Les châteaux de sable

Le château conti­nue de crou­ler. Vous auriez dû le construire dans le sable sec, là où la marée ne monte pas, ponti­fie un père qui ignore l’attrait des causes perdues et l’empire des ruines. C’est parce que le château s’écroule, c’est dans l’intervalle où, quoique déla­bré, il garde des traces de sa gloire passée, que soudain il s’anime et devient habité. Il est traversé de voix, on entend des appels au secours, des histoires se nouent, et une grande tris­tesse nous abat.

La maladie d’Alzheimer

Ma mère a telle­ment travaillé dans le sens de l’oubli, telle­ment voulu oublier, que main­te­nant que l’oubli lui arrive de l’extérieur, en forme de patho­lo­gie, elle a une supé­rio­rité sur ceux qui ne s’étaient pas entraî­nés, ceux que l’oubli frappent de plein fouet. Elle est étran­ge­ment à l’aise avec le proces­sus mysté­rieux et actif en train d’effacer certaines de ses données exis­ten­tielles. Elle est à l’aise, elle n’est pas complice. Elle sent que quelque chose la dépasse, qui ne s’agit plus d’une amné­sie sous contrôle des noms de personnes et de lieu rayés de son monde comme porteur de mauvaises ondes, d’images désa­gréables et doulou­reuses. Un enfouis­se­ment réussi. Chez-elle les gens, les lieux, les noms, béton­nés sous une couche de silence, n’émergent plus jamais dans un espace vivant de conver­sa­tion, de rires, de larmes, ni même par une allu­sion, une soudaine tris­tesse où se fige l’expression. Le nom de mon père n’a aucune chance de fran­chir la barrière de ses lèvres, pas plus que celui d’Arcachon.

Je suis mort. C’est pas le pire qui pouvait m’arriver.


J’ai besoin de cet auteur, j’ai besoin de son humour, il me fait telle­ment de bien depuis sa « Gram­maire imper­ti­nente » jusqu’à « Mon autop­sie ». Il me fait écla­ter de rire même si je suis seule, et dans mon blog, peu de livres ont eu ce pouvoir. Evidem­ment, après, je partage les extraits de son livre avec tous ceux et toutes celles qui ont ri avec Pierre Desproges, un exemple des grands amis de cet auteur.

Dans « Mon autop­sie », Jean-Louis Four­nier répond à la critique qu’on lui a sans doute faite de s’être moqué de toute sa famille sauf de lui. Dans ce livre, il se passe donc lui-même sur le grill de son esprit caus­tique, il ne s’épargne guère, après son père alcoo­lique, sa mère du Nord , ses deux enfants handi­ca­pés, sa fille reli­gieuse, sa femme qu’il a tant aimé, le voilà, lui l’écrivain. Lisez ce roman vous saurez tout sur Jean-Louis Four­nier, dissé­qué par une jeune étudiante en méde­cine. Évidem­ment, l’auteur a besoin que cette jeune femme soit belle et émou­vante. Au fur et à mesure qu’elle s’arrête sur telle ou telle partie de son corps, des souve­nirs lui reviennent. Il cherche aussi à comprendre cette jeune femme et sa vie amou­reuse. Les dialogues sont savou­reux. Le livre ne se raconte pas vrai­ment, j’ai reco­pié quelques passages pour vous donner envie de l’ouvrir. Il réus­sit même à nous faire accep­ter que lui aussi va mourir et que ce n’est peut-être pas si triste (person­nel­le­ment son humour me manquera).

Citations

Un chapitre entier pour vous

Lais­sez moi rire
Égoïne a décou­vert sur mon torse un tatouage au niveau du cœur, » S’il vous plaît ne me rani­mer pas do not disturb ».
Il était destiné à mon dernier méde­cin, il a compris le message. Elle a ri. Toute ma vie j’ai voulu faire rire. Le faire encore, après ma mort, m’est déli­cieux.
Petit, je me dégui­sais, j’improvisais des sketchs. À l’école, mon goût de faire rire m’a coûté cher. En rete­nue tous les dimanches, j’étais le mauvais exemple de la classe. Pour me faire remar­quer je n’étais jamais à cours d’idées, jusqu’à mettre une statue de la Sainte Vierge plus grande que moi dans les chiottes. Là, je fus mis à la porte. Mais j’avais fait rire ma mère.
Pour un bon mot, j’étais prêt à tout. Pour éviter des pour­suites judi­ciaires, j’ai même utili­ser l’humour. Pour­suivi pour avoir stationné dans la cour des départs de la gare du Nord, j’ai reçu un cour­rier m’enjoignant de payer pour arrê­ter les pour­suites. J’ai écrit à Madame la SNCF que je refu­sais l’arrêt des pour­suites, je tenais à être châtier pour expier. Je lui deman­dais une dernière faveur, être déchi­queté par le Paris Lille en gare d’Arras.
Les pour­suites se sont arrê­tées.
Pour moi l’humour était un déra­page contrôlé, un antal­gique, une parade à l’insupportable, une écri­ture au second degré, une arme à double tran­chant, un déter­gent. Il nettoie, comme la pyro­lyse, brûle les sale­tés, efface les tâches, les préju­gés, les rancœurs et les rancunes.
Plus tard, dans mes livres, j’ai essayé de rire de tout.
De la gram­maire, de l’alcoolisme de mon père, de l’hypocondrie de ma mère, de mes enfants handi­ca­pés, de ma vieillesse et j’ai voulu rire de ma mort…

J’en connais d’autres, tous élevés chez les curés

Quand j’étais petit, un curé, à la confes­sion, avant de me donner l’absolution, m’avait dit que la nuit il fallait prier avec ses mains, ça évitait de tripo­ter ses « parties honteuses ».
Ça ne m’a pas empê­ché de conti­nuer.
Je me sorti­rais. Les pensées impures étaient-elles des péchés mortels ? Évidem­ment, je n’osais le deman­der à personne.
Ma jeunesse a été empoi­son­née par le péché mortel, et la peur d’aller en enfer.

Si drôle

Plus de mille fois j’ai récité » Ne nous lais­sez pas succom­ber à la tenta­tion ».

Heureu­se­ment, Dieu ne m’a jamais exaucé

On pleure quand on arrive sur terre, pour­quoi on râle quand on doit partir ?

Jamais content.

J’appelais pour donner des nouvelles, rare­ment pour en deman­der, et il ne fallait pas que ça dure long­temps.

» Ce qui m’intéresse le plus chez les autres c’est moi » a écrit Fran­cis Pica­bia.
Cette phrase me va comme un gant.

Et pour vous faire « mourir » de rire son ami si drôle

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie Bisse­riex. Livre lu grâce à Babe­lio et offert par les éditions « le nouveau pont ».


Pat Conroy fait partie des auteurs qui savent me trans­por­ter dans un autre monde et dans un autre genre de vie. J’ai lu tous ses romans et sa mort m’a touchée. Le monde dans lequel il me trans­porte, c’est la Loui­siane ou l’Alabama. Il sait me faire aimer les états du Sud, pour­tant souvent peu sympa­thiques. Il faut dire qu’il vient d’une famille pour le moins non-conven­tion­nelle : sa mère qui se veut être une « parfaite dame du Sud », n’est abso­lu­ment pas raciste, car si elle est en vie, c’est grâce à une pauvre famille de fermiers noirs qui l’a nour­rie alors qu’elle et ses frères et sœurs mouraient de faim pendant la grande dépres­sion. Le racisme, l’auteur le rencon­trera autant à Chicago dans la famille irlan­daise qu’à Atlanta mais sous des formes diffé­rentes. L’autre genre de vie, c’est sa souf­france et sans doute la source de son talent d’écrivain : une famille « dysfonc­tion­nelle », un père violent et des enfants témoins d’une guerre perfide entre parents dont ils sont toujours les premières victimes.

Ce livre est donc paru (en France ?) après la mort de son auteur et explique à ses lecteurs pour­quoi malgré cette enfance abso­lu­ment abomi­nable il s’est récon­ci­lié avec ses deux parents. Il montre son père « le grand Santini » sous un jour diffé­rent grâce au recul que l’âge leur a donné à tous les deux. Cet homme aimait donc ses enfants autant qu’il les frap­pait. Il était inca­pable du moindre mot de gentillesse car il avait peur de les ramol­lir. Plus que quiconque le « grand Santini » savait que la vie est une lutte terrible, lui qui du haut de son avion a tué des milliers de combat­tants qui mena­çaient les troupes de son pays. Un grand héros pour l’Amérique qui a eu comme descen­dance des enfants qui sont tous paci­fistes.

Pat Conroy a fait lui même une univer­sité mili­taire, et il en ressort écœuré par les compor­te­ments de certains supé­rieurs mais aussi avec une certaine fierté de ce qu’il est un … « Améri­cain » . Il décrit bien ces deux aspects de sa person­na­lité, lui qui pendant deux ans est allé ensei­gner dans une école où il n’y avait que des enfants noirs très pauvres. Il dit plusieurs fois que l’Amérique déteste ses pauvres et encore plus quand ils sont noirs. Mais il aime son pays et ne renie pas ses origines.

On retrouve dans cette biogra­phie l’écriture directe et souvent pleine d’humour et déri­sion de cet écri­vain. Il en fallait pour vivre chez les Conroy et s’en sortir. On recon­naît aussi toutes les souf­frances qu’il a si bien mises en scène dans ses romans. On peut aussi faire la part ue roma­nesque et de la vérité, enfin de la vérité telle qu’il a bien voulu nous la racon­ter. Ce livre je pense sera indis­pen­sable pour toutes celles et tous ceux qui ont lu et appré­cie Pat Conroy

Citations

Un des aspect de Pat Conroy son estime pour certains militaires

À la dernière minute de ma vie surmi­li­ta­ri­sée, j’avais rencon­tré un colo­nel que j’aurais suivi n’importe où, dans n’importe quel nid de mitrailleuse et avec lequel j’aurais combattu dans n’importe quelle guerre. Ce colo­nel, dont je n’ai jamais su le nom, me permit d’avoir un dernier aperçu du genre de soldat aux charmes desquels je succombe toujours, dévoués, impar­tiaux et justes. C’est lui qui me flan­qua à la porte et qui me renvoya dans le cours de ma vie.

Genre de portrait que j’aime

Sa rela­tion avec la vérité était limi­tée et fuyante -mais son talent pour le subter­fuge était inven­tif et insai­sis­sable par nature.

Toute famille a son barjot

Autant que je sache, chaque famille produit un être margi­nal et soli­taire, reflet psycho­tique de tous les fantômes issus des enfers plus ou moins grands de l’enfance, celui qui renverse le chariot de pommes, l’as de pique, le cheva­lier au cœur noir, le fouteur de merde, le frère à la langue incon­trô­lable, le père brutal par habi­tude, donc qui essaie de tripo­ter ses nièces, la tante trop névro­sée pour jamais quit­ter la maison. Parler moi autant que vous voulez des familles heureuses mais lâchez-moi dans un mariage ou dans un enter­re­ment et je vous retrou­ve­rai le barjot de la famille. Ils sont faciles à repé­rer.

Son père

Les années les plus heureuse de mon enfance étaient celles où Papa partait à la guerre pour tuer les enne­mis de l’Amérique. À chaque fois que mon père décol­lait avec un avion, je priais pour que l’avion s’écrase et que son corps se consume par le feu. Pendant trente et un ans, c’est ce que j’ai ressenti pour lui. Puis j’ai moi-même déchiré ma propre famille avec mon roman sur lui, « Le grand Santini ».

Humour que l’on retrouve dans les romans de Pat Conroy

-Ton oncle Joe veut te voir. Il habite dans un bus scolaire avec vingt-six chiens.
-Pour­quoi ?
- Il aime les chiens, je crois. Ou alors les bus scolaires

La sœur poète et psychotique

Ma sœur Carole Ann a vécu une enfance vaillante et sans louange mais surtout une enfance d’une soli­tude presque insup­por­table. Elle aurait été un cadeau pour n’importe quelle famille mais passa inaper­çue la plupart du temps. À tout point de vue, c’était une jolie fille qui n’arrivait pas à la hauteur des attentes des mesures et de sa mère. Malgré elle, Peg Conroy avait le don insensé de faire croire à ses filles qu’elles étaient moches.

Son rapport à l’Irlande

Dans mon enfance, tout ceux qui me frap­paient était irlan­dais, depuis mon père, ses frères et ses sœur, jusqu’aux nonnes et aux prêtres qui avaient été mes ensei­gnants. Je perce­vais donc l’Irlande comme une nation qui haïs­sait les enfants et qui était cruelle envers les épouses.

L’éloge funèbre de Pat Conroy à son père

Il ne savait pas ce qu’était la mesure, ni même comment l’acquérir. Donald Conroy est la seule personne de ma connais­sance dont l’estime de soi était abso­lu­ment inébran­lable. Il n’y avait rien chez lui qu’il n’aimait pas . Il n’y avait rien non plus qu’il aurait changé. Il adorait tout simple­ment l’homme qu’il était et allait au devant de tous avec une parfaite assu­rance. Papa aurait d’ailleurs aimé que tout le monde soit exac­te­ment comme lui.

Son obsti­na­tion été un art en soi. Le grand Santini faisait ce qu’il avait à faire, quand il le voulait et malheur à celui qui se mettait en travers de son chemin.

J’ai lu les deux romans à la suite, je les fais paraître donc le même jour sur Luocine. J’aime cet auteur je connais bien le monde dont il parle et j’ai l’impression que beau­coup de gens peuvent dire cela de lui.

Dans un style léger, Jean-Philippe Blon­del se raconte, pour un pudique c’est une entre­prise risquée, il parvient grâce à l’humour et à la conni­vence qu’il installe entre nous et ses souve­nirs à ne jamais tomber dans le voyeu­risme. Chaque chapitre est l’occasion de se souve­nir d’une chan­son et je conseille de lire ce livre avec « Youtube », c’est drôle de faire reve­nir de la musique des limbes du monde des souve­nirs. Dieu que les ado aiment des chan­sons stupides et seule­ment braillardes le plus souvent ! Je ne peux pas dire que j’ai été complè­te­ment séduite par ce livre, mais je suis en partie respon­sable, il ne faut jamais lire aussi rapi­de­ment deux livres du même auteur surtout après avoir aimé le premier.
Les émois de l’ado ressemblent à telle­ment de mauvais films que malgré le réel talent de l’auteur on a souvent l’impression d’être dans le cliché.

Citations

La boum dans les locaux de l’église à lire en écoutant ti amo » de Umberto Tozzi

Vers quatre heures de l’après-midi, frère Damien vient parta­ger quelques mots de foi avec nous. Nous avons tiré les rideaux pour être dans l’obscurité totale. Les slows s’enchaînaient les uns aux autres. Il n’y a plus que des couples. On ne recon­naît personne. Nous n’avons pas touché aux gâteaux au yaourt fait dans les Tupper­ware. Frère Damien est blême-il bredouille « mais qu’est-ce que vous faites ? »
Un partage frère Damien
Un partage.

Une remarque sur les objets

C’est curieux comme les objets traversent les âges, au bout d’un certain temps, on ne sait plus quand on les a ache­tés, on sait seule­ment qu’ils nous accom­pagnent silen­cieu­se­ment, jusqu’au moment où, sans raison parti­cu­lière, on s’agace ;, j’en assez de ce fauteuil vert, c’est quand le prochain vide grenier ?

La paternité

Il est quatre heures du matin, je tourne dans la cuisine avec le porte-bébé en marquant bien le tempo avec mes pieds ; Grégoire s’est réveillé envi­ron trois fois dans la nuit -la dernière fois, c’était il y a une heure et il n’est pas parvenu à se rendor­mir. Alors, j’ai fait ce qui marche à chaque fois. Porte-bébé, veilleuse dans la cuisine, et la seule chan­son qui le calme -un chan­teur à peine sorti de l’adolescence, avec une capuche sur la tête, qui bouge dans tous les sens et déchaîne l’hystérie des quatorze quinze ans. « Keep on trackin’me ». J’ai trente sept ans, je suis fati­gué, je voudrais dormir, mais si je m’arrête de chan­ter et de danser, Grégoire se réveillera et se mettra à hurler -j’en ai déjà fait l’expérience.
Alors, je bouge dans la cuisine.
Allez, bouge -tourne- et chante.
Et n’oublie pas que dans quatre heures, il faudra aller au boulot.

Être prof, c’est être quitté tous les ans, et faire avec.


Il est parfait ce roman, je pense que tous les ensei­gnants vont se retrou­ver dans ces récits qui décrivent si bien les heurs et malheurs de ce si beau métier. Pour les autres, il reste cette façon tout en pudeur de racon­ter le quoti­dien d’un homme de la classe moyenne en France au XXIe siècle. Ce n’est ni tragique ni plein d’espoir c’est juste. Je crois que la façon dont il raconte les diffé­rentes réformes de l’éducation natio­nale permet de comprendre pour­quoi la France n’arrive pas à décol­ler dans les clas­se­ments inter­na­tio­naux.

Personne n’écoute ce que les profs ont à dire, en revanche ceux qui ont toujours fui l’enseignement au collège ou au lycée pour deve­nir profes­seur à l’université ou inspec­teur concoctent moult réformes et s’en fichent complè­te­ment si celles concoc­tées par eux l’année d’avant n’a pas encore été évaluée. J’ai beau­coup souri et j’ai été émue aussi lors de cette rencontre de parents d’élèves où lui, le prof d’anglais sûr de ce qu’il à dire se rendra compte du pour­quoi de la baisse de régime d’un certain Mathieu lorsqu’il lais­sera enfin la parole à une maman qui était venu lui donner une expli­ca­tion. Le voyage scolaire à Londres vaut tous les sketchs comiques, et pour­tant plus tard il saura que ce même voyage a laissé des souve­nirs aux jeunes élèves. Et pas seule­ment pour la bière. Un livre sympa­thique qui récon­ci­lie avec l’enseignement sans en faire un métier digne d’un sacer­doce.

Citations

Bien vu !

Il n’y a pas si long­temps, il y avait des mégots partout. C’est fini désor­mais. Une image, soudain. Moi, dans la cour, en train de fumer avec des élèves de première. C’est comme de la science-fiction.

Ce que les gens retiennent de vous…

Un jour, quand j’étais en sixième, pendant le cours de maths, mon stylo bille bleu m’a explosé dans la bouche et giclé sur mon pull, mon jean, j’étais tout bleu, un vrai Schtroumpf ; l’autre jour, j’ai croisé Fran­cis qui était en classe avec moi, c’était à peu près la seule anec­dote dont il se souve­nait à mon sujet – comme quoi notre person­na­lité tient à pas grand chose. Il y a au moins sur terre une personne qui me voit comme Le-mec-qui-mordille-son-stylo-bleu-et-qui-l’explose.
(PS Pour ma meilleure amie je serai toujours celle qui a apporté des œufs durs pour une semaine pour faire des pique-nique, c’est vrai mais j’aimerais tant qu’elle arrête de le racon­ter !)

Le voyage éducatif

On imagine des souve­nirs inou­bliables pour les élèves, un temps radieux sur Londres/​Oxford/​Bath (appelé aussi le triangles des Bermudes des ensei­gnants de langues -ou TBEL pour les initiés de l’Éduc nat)

Et les familles d’accueil à Londres

On a des problèmes.avec les familles. Il faut chan­ger deux élèves qui dorment sur un Clic Clac dans le salon parce qu’il y a déjà trois Japo­nais et deux Alle­mands dans les chambres, et une seule salle de bain. On trouve une solu­tion in extré­mistes. Ils viennent habi­ter avec nous, parce que le fils aîné de notre hôtesse doit passer le reste du séjour en taule pour trafics divers – il y a donc une chambre de libre.

Littéraire ou scientifique

Une première litté­raire que tout le monde déni­grait déjà -il y a plus de trente ans main­te­nant que le scien­ti­fique tient le haut du pavé et que les litté­raires sont regar­dés avec un mélange de commi­sé­ra­tion et de mépris, on se demande bien ce qu’ils pour­raient faire après, les litté­raires, perpé­tuels inadap­tés à la société dans laquelle on vit, inca­pable de calcu­ler, de vendre, d’acheter, de revendre, de travers, de sauver le monde, de guérir des patients, créer des machines commer­ciales un produit s’en mettre plein les poches amélio­rer le PIB le PNB ou au moins répa­rer les dents.


J’ai lu ce livre grâce ma sœur , elle avait recher­ché des lectures sur le thème de l’exil pour son club de lecture. Elle avait été touchée par ce récit tout en fraî­cheur de cette auteure. Ce sont, me dit elle et je partage son avis, quelques pages vite lues mais qui laissent un souve­nir très agréables. Laura Alcoba se souvient : quand elle avait 10 ans, elle est arri­vée à Paris (ou presque, exac­te­ment dans la cité de la Voie verte au Blanc-Mesnil). Ses parents sont des resca­pés de la terrible répres­sion qui s’est abat­tue sur les oppo­sante d’Argentine en 1976. Son père est en prison et sa mère réfu­giée poli­tique en France. Cela pour­rait donner un récit plein d’amertume et de tris­tesse sauf que cela est vu par une enfant de 10 ans qui veut abso­lu­ment réus­sir son assi­mi­la­tion en France, cela passe par l’apprentissage du fran­çais. Ce petit texte est un régal d’observation sur le passage de l’espagnol au fran­çais, la façon dont elle décrit les sons nasales devraient aider plus d’un profes­seur de fran­çais langue étran­gère :

Les mouve­ments des lèvres de tous ces gens qui arrivent à cacher des voyelles sous leur nez sans effort aucun, sans y penser, et hop, -an, -un, on, ça paraît si simple, -en, -uint, oint( …) que les voyelles sous le nez finissent par me révé­ler tous leurs secrets -qu’elles viennent se loger en moi à un endroit nouveau, un recoin dont je ne connais pas encore l’existence mais qui me révé­lera tout à propos de l’itinéraire qu’elles ont suivi, celui qu’elles suivent chez tous ceux qui les multi­plient sans avoir, comme moi, besoin d’y penser autant

Elle savoure les mots et veut à tout prix chas­ser son accent. Il faut aussi toute la fraî­cheur de l’enfance pour traver­ser les moments de dureté dans une banlieue pari­sienne peu tendre pour les diffé­rences, même si ce n’était pas encore les cités avec les violences d’aujourd’hui ce n’est quand même pas la vie en rose que l’on pour­rait imagi­ner en arri­vant d’Argentine. J’ai souri et j’ai mesuré l’ironie du destin, en 1978, pour une gentille famille de la banlieue pari­sienne, la tragé­die abso­lue c’est la mort de Claude Fran­çois dans l’Argentine de Laura c’est « un peu » diffé­rent : la répres­sion a fait près de 30 000 « dispa­rus » , 15 000 fusillés, 9 000 prison­niers poli­tiques, et 1,5 million d’exilés pour 30 millions d’habitants, ainsi qu’au moins 500 bébés enle­vés à leurs parents ! Ce livre est bien un petit moment de fraî­cheur, et il fait du bien quand on parle d’exil car Laura est toujours posi­tive , cela n’empêche pas que le lecteur a, plus d’une fois, le cœur serré pour cette petite fille.

J’espère que les abeilles viennent buti­ner les fleurs auprès desquelles j’ai posé ce livre, puisqu’il paraît qu’elles aiment le bleu. (C’est son père qui le lui avait dit avant qu’il ne soit arrêté en Argen­tine)

Citations

le goût et les couleurs !

Dans l’entrée, un portrait de Claude Fran­çois repose sur une chaise, juste devant le mur tapissé de fleurs roses et blanches où l’on va bien­tôt l’accrocher, comme Nadine me l’a expli­qué. C’est sa grand-mère qui l’a brodé, au point de croix, dans les mêmes tons pastel que le papier fleuri -c’est aussi sa grand-mère qui a peint le cadre en essayant de repro­duire les fleurs de la tapis­se­rie, les pétales toujours ouverts vers le visage du chan­teur, comme si, sur le cercle de bois qui l’entoure,toutes les fleurs pous­saient dans sa direc­tion. 

Le fromage qui pue

L’essentiel avec le reblo­chon, c’est de ne pas se lais­ser impres­sion­ner. Il y a clai­re­ment une diffi­culté de départ, cette barrière que l’odeur du fromage dresse contre le monde exté­rieur.

Son amour de la langue française

J’aime ces lettres muettes qui ne se laissent pas attra­per par la vue, ou alors à peine. C’est un peu comme si elles ne montraient d’elles qu’une mèche de cheveux ou l’extrémité d’un orteil pour se déro­ber aussi­tôt. À peine aper­çues, elles se tapissent dans l’ombre. À moins quelles ne se tiennent en embus­cade ? Même si je ne les entends pas, quand on m’adresse la parole, j’ai souvent l’impression de les voir.

L’art épistolaire

Ce qui est bien, avec les lettres, c’est qu’on peut tour­ner les choses comme on veut sans mentir pour autant. Choi­sir autour de soi, faire en sorte que sur le papier tout soit plus joli.

Présenté et traduit de l’arabe par Tahar Ben Jelloun. Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard (Thème le Maroc)

Cette plon­gée dans la misère totale ne peut lais­ser personne indif­fé­rent. Ce livre, écrit par Mohha­med Chou­kri, raconte sa propre enfance dans un Maroc qui, en 1940 à la veille de son indé­pen­dance, connaît une séche­resse terrible dans le Rif. Moham­med n’a pour lui qu’une mère qui essaie vaine­ment de proté­ger ses enfants des coups de ce père ivrogne, drogué, fainéant et d’une violence totale. Devant les yeux du petit Moham­med, il tort le cou du grand frère malade. De cet acte horrible, l’enfant ne se remet­tra jamais, mais qui peut se remettre d’une telle vision ? Il va errer de mauvais lieux en mauvais lieux, fumant, buvant de l’alcool très fort. Il va subir toutes les violences possibles et rendre tous les mauvais coups que ses forces lui permettent de donner.

Et au milieu de tous les immon­dices de la société humaine, il découvre sa sexua­lité dans les bordels. Ce sont les seuls moments de calme et, parfois de douceurs, le corps des pros­ti­tuées qui s’offrent à lui pour assou­vir des désirs sexuels toujours présents. Ce livre est une plon­gée dans la lie de la terre. Le seul moment de beauté est écrit dans la préface de Tahar Ben Jelloun, qui nous apprend que ce livre n’a pas pu être édité dans une maison d’édition arabe car on aime pas beau­coup en pays de l’islam montrer la pros­ti­tu­tion, l’alcoolisme et les méfaits de la drogue.

Heureu­se­ment pour l’auteur, ce livre est aussi un acte fonda­teur d’un grand écri­vain, car, comme il le raconte dans les dernières pages, à 21 ans, il trou­vera la force d’apprendre à lire et écrire. Il a laissé à la posté­rité un oeuvre plus apai­sée. J’avoue que j’aurais préféré lire ces autres romans, celui-là m’a plon­gée dans une tris­tesse infi­nie à l’image du malheur de ce petit garçon.

Citations

La violence d’un père

J’avais déjà vu son mari la battre, elle et ses enfants, comme mon père le faisait, mais avec plus de violence, avec nous. Je l’avais vu aussi embras­ser ses gosses et parler avec douceur et tendresse avec sa femme. Mon père, lui, criait et frap­pait.

le meurtre de son frère par son père

Abdel­ka­der pleure de douleur et de faim. Je pleure avec lui. Je vois le monstre s’approcher de lui, les yeux plein de fureur, les bras lourds de haine. Je m’accroche à mon ombre et crie au secours : « Un monstre nous menace, un fou furieux est lâché, arrê­tez-le ! « . Il se préci­pite sur mon frère et lui tord le cou comme on essore un linge. Du sang sort de la bouche.

La construction dans la délinquance

Donc mon père nous exploi­tait. Le patron du café lui aussi m’exploitait, car j’ai su qu’il y avait d’autres garçons mieux payés que moi. J’avais décidé de voler toute personne qui m’exploiterait, même si c’était mon père ou ma mère. Je consi­dé­rais ainsi le vol comme légi­time dans la tribu des salauds.

La sexualité et le style de l’auteur

Cette femme me faisait peur : elle me propo­sait de la péné­trer, d’entrer dans sa chair comme un couteau pénètre une plaie. Elle s’est mise sur le lit et a ouvert les jambes. Il n’y avait pas de poil sur son « truc ». Elle prit ma verge dres­sée entre ses doigts. Je pensai soudain : et si la « plaie » avait des dents ! Je glis­sai entre ses cuisses avec crainte. Elle m’enveloppa de ses jambes et me serra très fort, appuyant sur mes petits fesses avec ses talons. Elle se donnait de la peine. Éner­vée, elle me dit :

- Tu ne sais pas encore péné­trer une femme.

Je ne savais quoi répondre. Je pensais aux chiens qui baisent et qui ne peuvent plus se détache. Sa « plaie » était sèche, elle me repoussa, mouilla ses doigts avec de la salive et les porta à sa « bouche » infé­rieure.

les deux dernières lignes

Mon frère était un ange. Et moi ? Devien­drait je un Diable ? C’est sûr, pas de doute. Les enfants, quand ils meurent, se trans­forment en anges, et les adultes en diables. Mais il est trop tard pour moi pour espé­rer être un ange.

Un livre vite lu et certai­ne­ment vite oublié, je ne comprends abso­lu­ment pas pour­quoi cette auteure mêle sa vie senti­men­tale à ce récit. J’ai essayé de comprendre, puis j’ai lu en diago­nal son histoire d’amour torride avec « P » le séduc­teur. En revanche, j’ai bien aimé la descrip­tion de sa famille pied-noir. Le portrait de sa grand-mère est criant de vérité. Cette femme si digne , aux cheveux colo­rés et perma­nen­tés, au visage parfai­te­ment maquillé a raconté à sa petite fille ses souve­nirs de « là-bas₩ » c’est à dire de son Algé­rie natale qui n’a vrai­ment rien à voir avec le « crime contre l’humanité » dont à parlé un poli­tique. Les Montaya sont des Espa­gnols pauvres qui ont réussi à ferti­li­ser un bout de terre très aride de la campagne oranaise : Misser­ghin. Toute la famille a vécu dans le souve­nir de ce lieu, et l’auteure décide son père à retour­ner en Algé­rie. Elle ne sait pas si elle a raison de l’y entraî­ner, fina­le­ment, il l’en remer­ciera. Dès que son père s’est retrouvé sur les lieux de son enfance, il s’est senti beau­coup plus à l’aise qu’en France où il a toujours été un homme timide et réservé. Les liens entre l’Algérie et la France, à travers les rencontres que le père et sa fille sont amenés à faire avec des algé­riens de toutes le géné­ra­tions sont décrits de façons sincères et subtiles cela montre que nous sommes bien loin des décla­ra­tions simplistes et polé­miques des poli­tiques sur ce sujet.

Citations

La mémoire de mon père m’impressionne. Celle d’Amin, me stupé­fie. Ce n’est pas celle d’un garçons d’une tren­taine d’années qui aime avant tout s’amuser et dont le carac­tère a priori joyeux n’a rien de nostal­gique. En aucun cas il ne peut s’agir de ses propres souve­nirs, on les lui a trans­mis. Il a reçu l’Algérie fran­çaise en héri­tage, comme moi.

Je ne sais pas depuis quand ce roman était dans ma biblio­thèque ni qui l’y a mis. Je n’ai pas souve­nir d’avoir voulu le lire, mais c’est chose faite. Est-ce un roman ? un essai ? une auto­fic­tion ? Je ne peux pas répondre à ces ques­tions, tout ce que je peux dire c’est que rare­ment un écri­vain aura fait de lui-même un portrait plus déplai­sant. En le lisant, je me disais : « quel est le malheur plus grand que de n’être pas aimé ?, de ne pas aimer soi-même ? » et bien j’ai trouvé la réponse « d’être aimé par un écri­vain à l’esprit torturé ! ». Car ce « roman russe » raconte la vie d’Emmanuel Carrère, sa mère, son grand père russe et colla­bo­ra­teur des nazis, et l’amour d » Emma­nuel pour une pauvre Sophie qui doit être bien triste de l’avoir aimé. Lui qui, lorsqu’il est angoissé a de l’herpès sur le prépuce. Ne soyez pas étonné que je connaisse ce fait si impor­tant, il est dans son roman comme tant d’autres détails dont je me serai volon­tiers passée. Donc, on connaît tout de ses peti­tesses dans sa conduite amou­reuse, le clou de l’ignominie c’est lorsqu’il lui offre exac­te­ment la même bague que Jean-Claude Romand avait offert à sa femme et qu’il l’emmène le soir même une adap­ta­tion de son livre « L’adversaire » qui raconte juste­ment les meurtres de Romand. Est-ce que je rejette tout de ce livre ? je me dis qu’il lui a permis peut-être de se recons­truire en étalant ainsi les côtés les plus déséqui­li­brés de son être et des failles de sa famille. Je trouve aussi que la partie russe résonne assez juste, mais ce dont je suis certaine c’est que si j’avais commencé par la lecture de ce livre je n’aurais plus jamais ouvert un livre de cet auteur.

Citations

Autoportrait peu flatteur

La plupart de mes amis s’adonnent à des acti­vi­tés artis­tiques, et s’ils n’écrivent pas de livres ou ne réalisent pas de films, s’ils travaillent par exemple dans l’édition cela veut dire qu’ils dirigent une maison d’édition. Là où je suis, moi copain avec le patron, elle l’est avec la stan­dar­diste. Elle fait partie, et ses amis comme elle, de la popu­la­tion qui prend chaque matin le métro pour aller au bureau, qui a une carte orange, des tickets restau­rants, qui envoie des CV et qui pose des congés. Je l’aime, mais je n’aime pas ses amis, je ne suis pas à l’aise dans son monde, qui est celui du sala­riat modeste, des gens qui disent « sur Paris » et qui partent à Marra­kech avec le comité d’entreprise. J’ai bien conscience que ces juge­ments me jugent, et qu’ils tracent de moi un portrait déplai­sant.

Jugement du principal protagoniste du film Retour à Kotelnitch

C’est bien : et ce que je trouve surtout bien, c’est que tu parles de ton grand père, de ton histoire à toi. Tu n’es pas seule­ment venu prendre notre malheur à nous, tu as apporté le tien.Ça, ça me plaît.

20161014_160713Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard,

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Avec cet humour que l’on dit « juif » Joann Sfar, l’auteur du « Chat du Rabbin » raconte sa tris­tesse à la mort de son père. Orphe­lin d’une mère « partie en voyage » alors qu’il avait quatre ans, ce père brillant, beau, dragueur, bagar­reur a comblé la vie de ce dessi­na­teur de Bandes Dessi­nées, cinéaste et roman­cier. Et le vide qu’il laisse après sa mort dans le cœur de son fils ne peut que diffi­ci­le­ment se refer­mer. Alors, celui-ci écrit ce livre et dans un joyeux pèle-mêle raconte toutes ses joies et peines d’enfants qui viennent sous sa plume et vont lui servir exor­cisme à sa douleur. Nous sommes dans la veine des dessi­na­teurs de « Char­lie Hebdo » plein d’irrespect mais aussi plein d’amour pour un père qui a su lui donner l’envie de vivre. Divisé en petit chapitre, ce texte m’a parfois ravie et souvent amusée mais pas tout le temps. C’est comme pour « Char­lie Hebdo » parfois je me sens loin de cet humour, tout en recon­nais­sant le talent de ces humo­ristes.

Citations

La foi

Je ne contre­dis jamais mon cousin Paul. Parce que je l’aime. Parce que sa foi me rassure. Parce que j’aimais l’autorité qu’il avait sur moi quand j’étais enfant. Je ne sais pas au sujet de Dieu, mais pour mon cousin, j’ai toujours aimé le croire. Même si je n’y parviens pas.

Humour et style

Dans ma famille, on m’a dit qu’être avec une fille non juive, c’était aussi grave que d’être pédé (côté famille pater­nelle, car côté maman on a eu Hitler alors on n’a pas eu le temps pour embê­ter ses semblables).

Humour grinçant

Pour résu­mer, on peut l’appeler Yitzak Rabin ou Anouar el-Sadate : à chaque fois qu’un homme a sincè­re­ment tenté de faire la paix dans cette région, il s’est pris une balle dans la tête.