
Éditions Collins NOIR, 330 pages, décembre 2025
Je vais pouvoir supprimer ce roman qui est dans ma liste depuis presque un an. C’est sur le blog « je lis je blogue » que je l’avais trouvé. C’est un thriller très dur car il mélange plusieurs horreurs, d’abord la vengeance d’un tueur en série qui veut tuer son ancien avocat. Mais avant d’en arriver là, il faut lire la défense de Vincent qui est accusé de six viols atroces qu’Alano Garcia, avocat de Bordeau défend de toutes ses forces. Au départ, il le fait car il veut se faire un nom et devenir suffisamment célèbre pour être riche. Mais il se prend au jeu et croit son client innocent. Alors qu’il est acquitté, il se rend compte qu’il est coupable et arrive à le faire condamner pour un autre fait.
Il sait qu’il viendra se venger dès qu’il sera libéré .
Le roman se passe aussi en Espagne où l’avocat vit aujourd’hui, il s’y cache avec sa femme et sa fille. Là, ils découvrent avec horreur la chasse aux lièvres avec des chiens, les lévriers. Ces chiens sont tués de façon atroce quand ils n’ont pas ramené la proie. Alano et sa femme seront en butte à l’hostilité de ses chasseurs car ils sont choqués par leur cruauté ;
Les deux horreurs vont se réunir : le tueur et les chasseurs vont se retrouver dans des scènes à peine supportables.
C’est certainement un excellent thriller, mais c’est aussi le genre de récit que je n’aime pas. Le récit n’est construit que sur le suspens et la peur que distille la romancière page après page. Parfois je me demande pourquoi autant de plaisir à décrire l’horreur de tant de tortures. Et si je suis vraiment choquée que l’on traite les chiens de cette façon, cela me gêne aussi que le récit semble comparer les viols avec torture de l’assassin avec le sort des chiens des chasseurs espagnols.
Extraits
Prologue.
Mon professeur de droit pénal nous disait toujours que la meilleure façon de défendre un accusé consiste à déterrer la victime qu’il fût. À utiliser la machine à voyager dans le temps pourri des brimades, des branlés et des parents défaillants. Parce que la violence ne s’apprend pas dans les jeux vidéo, pas plus que dans les films de gangster. Des tas d’études ont essayé d’établir un lien. Des tas, elles ont toutes lamentablement échoué.
Début du roman.
Malamerua, Andalousie -dimanche.– C’est l’histoire d’un avocat qui défend un accusé de meurtre que toutes les preuves accablent. Mais sa plaidoirie est si éloquente qu’elle sème le doute chez le jury. Finalement, l’accusé est acquitté. L’avocat se tourne vers son client et lui murmure à l’oreille » » Alors, l’avez tué ou pas ? » Le client lui répond : » Après votre plaidoirie, je n’en suis plus certain ! »
Évolution.
Où était passé le jeune homme désargenté qui l’avait séduite un soir de juin, avec rien d’autre que son bagou, et un kebab acheté rue du Palais- Gallienne et picoré face au fleuve ?Être pauvre est un art qui s’oublie si facilement.
Les chasseurs espagnols
Ce genre de gars, vous n’avez aucune envie de les foutre en rogne, croyez-moi. Ma théorie, c’est que lorsqu’on est capable de jeter ses propres chiens dans un puits et de les y laisser crever, il y a peu de chance qu’on soit du genre à régler ces querelles de voisinage par le dialogue.
Martyre des chiens.
Si un galgo ne revient pas avec le lièvre dans sa gueule, m’a-t-il expliqué, son maître considère qu’il est coupable de l’avoir humiliée. Le chien doit alors payer pour se faire plusieurs méthodes toutes plus délicieuses les unes que les autres.Le puits, donc.Mais aussi la pendaison mis à mort propre et classique, avec tout de même une subtilité, les pâtes du chien frôlent le sol, permettant une agonie plus longue.L’écorchage plus original : l’animal est attaché derrière un quatre quatre et traîné jusqu’à ce que morts s’ensuive.L’absorption d’acide ou de javel.Et si l’on est tout à fait lâche, on leur brise les pattes et on les abandonne dans la nature.
