Éditions Nami, 300 pages, mai 2026

Traduit du coréen par Marion Gilbert.

Voici donc un roman feel-good coréen. Tout est fait pour qu’on se sente bien avec cette grand-mère, Gumnam, qui non seulement régale les clients de son petit restaurant de Séoul, mais qui agrémente chaque repas à emporter d’un petit mot plein de bonté et de sagesse qui se termine toujours par ces mots : « See you again » .

Nous suivons plusieurs de ses clients : une jeune femme qui se sent obligée d’abandonner son bébé qu’elle a eu avec un malfrat, un jeune homme qui rate sa vie car il porte le même nom qu’un excellent joueur de foot, ce qu’il n’est pas, un livreur d’œufs frais qui chante très bien, un SDF qui cherche à manger, une infirmière qui est désespérée de ne pa savoir d’enfant, et enfin Minjeong, la fille adoptive de Gumnam artiste peintre à New York.

La bonté et la clairvoyance de Gumnam va aider tous ses clients à résoudre leur problème, et tout se termine pour le mieux, un peu moins pour elle, mais elle ira quand même à New-York le rêve de sa vie.
C’est le genre de roman dont on tourne les pages en se demandant ce que l’auteure va inventer pour nous donner le sourire et elle y arrive toujours, alors que les personnages sont parfois dans des galères incroyables. Les recettes coréennes de Gumnam sont là pour agrémenter le tout, c’est un peu comme si on visitait ce pays avec un tour opérateur, avec un guide décidé à nous montrer ce pays sous son meilleur aspect. Je ne pense pas que la vie soit ainsi faite mais je n’ai pas détesté me promener dans Séoul et rencontré ces personnages ; même si j’ai des doutes sérieux sur leur existence. On est tellement loin du livre HWANG SOK – YUONG, c’est aussi une autre époque je suppose qu’entre le monde désespéré de l’un et celui-ci un peu (beaucoup) à l’eau de rose la réalité doit être entre les deux, comme souvent.

Extraits.

Début du prologue

 Un matin, à l’aube, l’heure où le ciel se part de violet car le soleil n’est pas encore levé, l’introduction de « Moon River « résonnait dans tout le « hanok » à travers une enceinte Marshall, beige.

Début du roman.

«  Une journée de plus a montré mes talents de cuisinière ! » Pensa Gumnam en ouvrant d’un coup sec la baie vitrée en accordéon. L’air frais du matin pénétra instantanément dans la salle de Manna Doshirak. Une légère bise fit tintinabuler le carillon décoré de poissons, accroché à la porte d’entrée et les premiers rayons du soleil se reflétaient sur la vitrine bien lustrée. Gumnam se connecta à l’enceinte via Bluetooth, grâce aux gros caractères affichés sur son écran de téléphone, qui lui permettait de voir facilement les touches sans avoir besoin de loupe.

Cette recette ne me fait pas tellement envie.

 Bientôt, les pommes de terre dévoilèrent leur chair lisse et brillante.
 Après les avoir fait cuire et écraser, Gumnam y ajoute délicatement du jambon, du concombre, finement coupé, de la mayonnaise, de la moutarde, du sucre, du sel et du poivre, puis mélangea le tout. Elle coupa le côté d’une brioche moelleuse en deux pour y fourrer une grosse cuillère de salade ou plutôt deux, faisant presque craquer l’autre côté. Elle compléta la boîte avec une sauce aux œufs poissons et à l’avocat ainsi que du bœuf mijoté dans de la sauce soja.

 

 

 

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