Éditions Actes Sud, 324 pages, septembre 2025

Traduit de l’anglais par Claro

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

 

Me voilà bien ennuyée avec mes coquillages ! Quoi mettre pour vous dire de ne pas vous arrêter alors que je vais vous avouer que je n’ai pas réussi à lire entièrement ce roman, et pourtant je voudrais tant que vous, vous le lisiez. Je vais donc vous expliquer ce douloureux paradoxe.

L’auteur explique dans une langue d’une incroyable brutalité ce qu’il se passe pour les émigrés qui tentent de traverser la manche pour rejoindre la Grande-Bretagne. Et comme si cette horreur ne suffisait pas, l’auteur imagine une confrontation avec des milices issues de la police qui s’autoproclame défenseur de la Grande Bretagne et qui n’hésite pas à assassiner ces pauvres gens.

Et puis, il y a nous, il y a moi, qui savons cela, et qui voulons quand même continuer à vivre. Est ce que je ne contribue pas à ce que ces horreurs continuent ?

Alors voilà, si vous êtes plus courageux que moi lisez ce livre, moi je vais continuer à lutter de toutes mes forces pour que l’accueil des émigrés en France se fasse de façon la plus humaine possible et ne jamais accepter que ceux qui ne veulent que les voir disparaître prennent les commandes de mon pays. Ni, non plus, ceux qui pensent que notre pays peut accueillir tout le monde sans que cela ne pose aucun problème.

Trois coquillages finalement pour dire que je n’ai pas pu finir ce livre, mais que cela parle plus de mes limites que des qualités de ce roman. À notre club,où il a reçu un coup de cœur, les lectrices rejoignaient les avis totalement opposés au mien de Cath.L qui y a vu des situations « hilarantes » ! Et d’Alexandra.

Extraits.

 

Début

Omar
 Ils sont sept en tout sur le bateau.
 Un Afghan qui jure pouvoir les mener à bon port. Bizarre de la part d’un type venu d’un pays sans le moins débouché sur la mer, mais personne d’autre ne s’en sent capable, donc à lui de jouer. Trois Iraniens et un Sénégalais. Juste des vache à lait qui ont payé pour le passage. C’est Omar et Abdi Bile, qui ont tout planifié. Omar et Abdi Bile, qui ont choisi dans le camp des candidats les plus aptes. Qui sont allés voir les pêcheurs français et sont revenus avec tout ce qu’ils ont pu acheter. Un bateau à rame au moteur rouillé, qui n’a jamais été plus loin que l’enceinte du port. C’est Omar et Abdi Bile, qui ont le courage et la conviction qui font croire aux autres que c’est possible.

L’horreur.

 Au début tout est flou. Puis soudain, le gosse surgit des os comme une épée d’une roche. Haletant, suffoquant, épuisé, cherchant une prise, et cette fois Andy s’avance il tend une main, on le voit dans la vidéo, son autre main filmant automatiquement alors qu’il saisit la main du gamin et ensuite BOUM ! L’éclair d’une énorme godasse, qui s’écrase sur la tête du jeune et la caméra tremble légèrement. Une fraction de seconde et un autre, BOUM ! et la botte taille 48 de l’inspecteur de police Frédérick John Barratt percute le visage du gamin. Un craquement épouvantable et la tête part en arrière à un angle horrible et le gamin ne disparaît. Ne restent que les eaux noires et agitées.

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