Édition Calmann Levy

C’est un roman qui m’a fait du bien au milieu de lectures tellement dures sur la Shoa, l’Ukraine où les violences de toute sorte. Je ne dis pas que c’est un grand roman, mais c’est comme un dessert que l’on déguste entre amis, un partage de bienveillance et j’en avais besoin à ce moment là. Alors je lui donne 5 coquillages pour m’avoir remonté le moral alors que le monde autour de moi m’angoisse.

Esther est une libraire qui entretenait avec son père une correspondance écrite qui lui a fait du bien toute sa vie, à la mort de celui-ci, elle se sent triste cette relation lui manque beaucoup, on apprendra au cours du roman comment cet homme est mort, et bien sûr je n’en dis rien. (sacré gang des anti divulgâcheuses !) Elle décide donc de réunir une petit groupe d’atelier d’écriture qui se passera par lettres. Cela permet à l’auteur de réunir différents personnages représentatifs de notre société. Elle, d’abord cette femme qui aime les livres dans un monde qui lit de moins en moins et qui ne prend pas le temps de se connaître à travers des lettres, Juliette et Nicolas un couple qui vient d’avoir un enfant, Juliette boulangère de son état, née sous x, fait une dépression post-partum sévère et son mari Nicolas chef d’un restaurant étoilé n’a pas su trouver les mots pour l’aider. Samuel un jeune adolescent qui est complètement perdu après la mort de son frère qui a lutté très longtemps contre un cancer qui a monopolisé ses parents. Grâce à lui j’apprendrai l’existence d’une curieuse cabine téléphonique au Japon : le téléphone du vent, où les gens qui ont perdu l’un des leurs peuvent venir en témoigner. Il y a aussi Jeanne une retraitée qui est de tous les combats qui la touche : la laideur des villes et les animaux maltraités. Ces lettres sont d’une justesse étonnante. Et enfin, Jean un riche très riche homme d’affaire qui pense avoir raté sa vie.

Ils s’écrivent les uns aux autres et tous grâce à ce moment de recul finiront par prendre leur vie différemment et trouver une façon de vivre mieux.
Tout cela écrit dans un style facile à lire et agréable, on aimerait tant que la vie ce soit cela enfin … un peu.
Voilà je vous offre mon dessert pour 2023 j’aimerais que nous soyons ensemble pour le déguster et repartir le coeur plus au chaud.

 

Citations

 

Description d’un lieu à la mode parisien.

Cet hôtel particulier du XVIII°, classé aux Monuments historiques, agrémenté d’un jardin d’hiver, habillé de son mur végétal avec ses cours intérieures peut impressionner. Comme la faune qui y sévit. Des femmes et hommes d’affaires s’y donnent rendez-vous pour discuter culture numérique, médias, communication et développement durable ; des Parisiens et des touristes branchés viennent y boire des cocktails et affichent leurs bananes le dernier accessoire à la mode siglées Prada, Dior, Vuitton ou Gucci. Tu un petit monde entre soi et ostensiblement décontracté.

Expression que je ne comprends pas trop.

 Elle en parlait peu sinon pour rappeler qu’il avait était un homme courageux, gentil, mais du genre à tirer le piano plutôt que d’avancer le tabouret. Ma grand-mère collectionnait ce genre d’expressions.

La dépression post-partum.

 Toutes les victimes d’une dépression du post- part connaissent la honte et la culpabilité. Dans les pleurs de leur bébés, elles entendent leur propre détresse un appel au secours auquel elles ne peuvent pas répondre. Il leur renvoie une image monstrueuse d’elles-mêmes. La vraie solitude est là : quand elles mettent au monde un enfant, se retrouvent seules avec lui, incapable de combler ses besoins, de lui offrir tendresse, amour. La naissance a ouvert une faille qu’elles ne soupçonnaient pas. Les jours passent l’angoisse monte, elles ont l’impression d’être nulles, s’enfoncent dans la désolation et finissent par lâcher prise.

Métier de chef.

 On n’était pas assez nombreux en cuisine et quand c’est comme ça la pression est multipliée par dix. On doit assurer tout envoyer à l’arrache. J’y arrive mais je ne fais pas de miracles. Je pare au plus pressé, je déteste ça. Je voudrais que mes assiettes soient toutes parfaites sans exception. Quand on est chef, on apprend à vivre avec le stress. Il est intense pendant les coups de feu du midi et du soir.

La culpabilité de la mère qui a perdu son fils et qui voit l’autre aller mal.

 Margaux sait mieux que quiconque combien la culpabilité abîme. Il n’y a pas mieux qu’une prison pour en étudier les différentes formes, les maux qu’elle engendre. Il y a celle qui tue à petit feu, celle qui vous ronge de l’intérieur, celle qui rend fou, appelle la violence, la mort. La sienne et double. Pour son fils disparu et pour celui qu’elle a délaissé.

 

16 Thoughts on “Les lettres d’Esther – Cécile PIVOT

  1. keisha on 3 mars 2023 at 09:39 said:

    Je me souviens que ça m’avait beaucoup plu, tu as raison de donner tes 5 coquillages!

    • Je lis tellement de livres noirs et tristes que lorsque des écrivains (ici écrivaine) veulent bien un peu réparer ce monde qui val mal, cela me fait du bien.

  2. je ne dis jamais non à un bon dessert !!!

  3. Tu me donnerais envie… si je ne l’avais pas déjà emprunté à la bibliothèque, commencé… et abandonné. Je ne devais pas être dans le bon état d’esprit pour l’apprécier ! :)

  4. Je prendrais volontiers une part de ce dessert :-). Il est dans nos étagères, il attend tranquillement son heure qui ne saurait désormais tarder !

  5. Je me méfie un peu des livres des fils et filles de …. mais là, il a l’air de valoir le coup. Et puis un peu de bienveillance ne se refuse pas.

  6. Oh, un peu de douceur, ça a l’air réconfortant. Je vais essayer de le retenir, il me tente bien !

  7. Lu à sa sortie ; j’avais aussi été agréablement surprise… Je n’aurais pas pensé tout de même, que tu allais mettre 5 coquillages ;)

    • Surprise !! Je suis au milieu de tellement de livres très tristes et désespérés que je n’ai pas voulu bouder mon bonheur.

  8. Bonsoir Luocine,
    Merci de ce dessert à savourer pour ce qu’il est : une douceur qui ne se refuse pas ! Je suis comme toi, de temps en temps j’aime bien prendre un peu de sucre pour faire passer l’amertume des jours et de textes souvent très sombres.
    Bonne soirée
    Anne

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