Édition JC Lattès

Encore une fois c’est La souris Jaune qui m’a tentée pour ce roman très prenant. La tension est palpable dès le début et va en augmen­tant jusqu’à un certain jour d’été. Nous suivons l’ado­les­cence de Joy et Stella deux très jeunes filles qui se ressemblent physi­que­ment et qui nouent un lien amical très fort. L’une comme l’autre ont des vies déséqui­li­brées : Joy est élevée par un père seul, sa femme est partie alors que sa fille avait huit ans. Stella est élevée par une mère qui fréquente le monde artis­tique dans une très belle maison où les fêtes alcoo­li­sées résonnent trop souvent. Et puis un jour, après le séjour d’été chez la grand mère aux États-Unis, Stella se sépare de Joy et au retour en France, elle coupe défi­ni­ti­ve­ment avec son amie sans aucune explication.

La deuxième partie du roman se passe trente ans plus tard et on finit par comprendre ce qui a poussé Stella à couper défi­ni­ti­ve­ment avec son amie.

En dehors de cette révé­la­tion, ce que je trouve très inté­res­sant c’est la façon dont les deux adoles­centes se trompent toutes les deux sur leur famille respec­tive. Et surtout, le style de l’au­teur sert très bien cette histoire tragique, la voix des deux jeunes filles qui racontent bien le plai­sir qu’elles ont à se retrou­ver et à passer du temps ensemble : faire le mur, aller danser, s’échan­ger leurs vête­ments et surtout écou­ter David Bowie en boucle. Elles ne perçoivent pas ce que les adultes veulent leur cacher et inventent une vie imagi­naire comme les adoles­centes savent si bien le faire.

Celle qui a subi le drame c’est Stella mais elle arri­vera à se recons­truire une vie heureuse. En revanche, Joy à qui on a tout caché et qui ne peut même pas imagi­ner le début d’une vérité n’a pas réussi à être heureuse dans sa vie amoureuse.

Un roman sur un sujet souvent traité mais d’une façon origi­nale grâce au suspens très bien mené par cette écri­vaine, mais je n’ai vrai­ment profité du roman qu’à le relec­ture lorsque j’ai été débar­ras­sée du suspens (Je sais que je ne fais pas la l’una­ni­mité quand je dis cela), et je l’ai trouvé un peu vide tout l’in­té­rêt est dans le drame dévoilé au trois quart du récit.

Citations

L’amitié adolescente .

L’ado­les­cence est une fiction ; l’ami­tié, un pacte tempo­raire. On cherche et recon­naît en nos rencontres ce qui nous fait défaut, on leur jure fidé­lité en échange, chacun devient l’ar­mure de l’autre pour se jeter à l’as­saut du monde, puis s’en déleste, une fois l’obs­tacle surmonté ou la défaite admise.

La réalité derrière la fête.

Joy a idéa­lisé ce qui se passait villa Adrienne. Ce n’était pas le monde géné­reux qu’elle décri­vait. Ces types prenaient la maison pour une auberge, ils trai­taient Domino et sa fille comme leur soubrette. Jamais Stella n’en a vu un appor­ter un bouquet de fleurs ni se mettre en cuisine. À part ça, ils étaient formidables.
Domino était passée d’une vie modeste avec un réfu­gié laotien obsédé par l’in­té­gra­tion a une commu­nauté foutraque et intel­lec­tuel­le­ment vivi­fiante, mais son rôle n’avait pas changé, elle faisait les courses, les repas, le ménage, et elle gueu­lait. Ou alors elle pleu­rait parce qu’une fois de plus elle était tombée amou­reuse d’un tocards qui avait pris la poudre d’escampette.

Comment empêcher une adolescente de parler.

Dottie, elle, n’a pas gobé son mensonge. Elle est venue la trou­ver dans le garage et lui a demandé très genti­ment ce qu’il lui arri­vait, parce qu’elle croyait que les deux amies s’étaient dispu­tées. Stella s’est sentie en confiance : 
- il y a eu un problème avec votre fils… 
Dottie lui a jeté un coup d’œil furtif, méfiant aussi­tôt contré par son bon sourire.
- Il est incor­ri­gible, hein ? Ce n’est pas bien grave tu sais. Tu t’en remet­tras, s’il t’a volé un baiser . 
– Non ce n’est pas… 
Dottie l’a inter­rom­pue sèche­ment cette fois. 
- Quand on a le feu au cul, on allume.
Oui ce sont les mots de la gentille vieille Dame qui aimait les expres­sions idio­ma­tiques. Ses grands yeux bleus avait rétréci en tête d’épingle noires. Un regard d’une dureté abyssale. 

4 Thoughts on “Poupées – Éléonore POURRIAT

  1. Je ne suis pas très atti­rée par les histoires d’ado­les­centes, en plus si tu l’as trouvé un peu vide, je passe.

    • Le suspens est très bien rendu mais moi je n’aime pas trop cela et en plus on se doute assez vite de la raison pour laquelle Stella a coupé avec la famille de Joy

  2. Tu n’es pas assez enthou­siaste pour que je songe à m’y coller !

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