Édition Acte Sud, traduit de l’al­le­mand par Rose Labourie 

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

Un roman inté­res­sant lu qui se lit très vite. Un homme part faire une course à vélo et en soli­taire dans un endroit très escarpé sur l’île de Lanza­rote, appar­te­nant à l’ar­chi­pel des Canaries.

Il est épuisé mais ressent une urgence à accom­plir cet exploit. Très vite nous appre­nons qu’il est sujet à des crises de panique incon­trô­lables qui lui rendent la vie très doulou­reuse alors qu’il a, comme on dit, « tout pour être heureux ». Une femme qu’il aime, deux enfants, un travail et un choix de vie de couple qui corres­pond à ses enga­ge­ments. Les deux parents se sont mis à mi-temps pour élever les petits sans que cela nuise à la vie profes­sion­nelle de l’autre. Seule­ment, sans le préve­nir « la chose » le saisit et il doit alors lutter de toutes ses forces pour reve­nir à la réalité. Evidem­ment comme moi, et tous les lecteurs je suppose vous avez compris que la solu­tion se trouve en haut de la montagne. Je sais que beau­coup d’entre vous détes­tez que l’on vous divul­gâche le suspens alors je n’en dirai pas plus.
J’ai bien aimé dans ce roman l’ana­lyse des couples d’au­jourd’­hui. En réac­tion avec l’édu­ca­tion de leurs parent sil essaient d’être impli­qués à part égale dans l’édu­ca­tion et les tâches ména­gères. Et pour­tant rien n’est simple , et cela n’évite pas certaines tensions. J’ai beau­coup aimé aussi que le drame prin­ci­pal soit raconté du point de vue d’un enfant de quatre ans, cela donne beau­coup de force au récit.
Alors pour quoi est ce que je manque d’en­thou­siasme à propos de ce roman , j’ai beau­coup aimé sans en faire un coup de cœur parce que l’his­toire ne m’a pas passion­née ; malgré le talent certain de l’écrivaine.

Citations

Nouvelle organisation des couples d’aujourd’hui

Theresa et lui travaillent à mi-temps. Ils se répar­tissent les enfants et le travail. C’est impor­tant pour eux. Ils ont pris sur eux pour impo­ser leur modèle à leur employeur, et le cabi­net d’ex­pert-comp­table de Theresa s’est même montré plus coopé­ra­tif que la maison d’édi­tion de livres pratiques orien­tée à gauche où travaille Henning. L’édi­teur a été jusqu’à le mena­cer à mots couverts de licen­cie­ment, il a fallu que Henning lui promette d’emporter du travail à la maison pour que son employeur mette de l’eau dans son vin. Teresa appelle ça « travailler à plein-temps, être payé à mi-temps ». Au moins comme ça, Henning peut faire sa part au quoti­dien. « Orga­ni­sa­tion » est le mot magique. Souvent, il travaille sur ses manus­crits tôt le matin ou tard le soir, ce qui ne l’empêche pas d’avoir le senti­ment désa­gréable de ne plus s’oc­cu­per des livres aussi bien qu’a­vant. Par chance, aucun de ses auteurs ne s’est plaint jusque-là.
Le prin­ci­pal, c’est de ne pas faire comme leurs parents. La mère de Henning était céli­ba­taire et se tuait à la tâche. Et la mère de Theresa s’oc­cu­pait des enfants seule pendant que son mari était au travail. Pour Henning et Theresa, c’était clair dès le départ, il voulait autre chose. Une solu­tion moderne. Du 50/​50 plutôt que du 247.

Traumatisme

Main­te­nant, il sait. Il souffre d’un trau­ma­tisme, et d’un grave, n’im­porte quel psycho­logue le confir­mera. Pendant trente ans, il a vécu sur un réser­voir souter­rain, sur une grotte, en faisant tout pour ne pas voir le trou qui mena­çait de l’engloutir.

18 Thoughts on “Nouvel AN ‑Julie ZEH

  1. keisha on 25 mai 2020 at 08:08 said:

    Bon tu n’es pas assez enthou­siaste. Pour­tant, actes sud;..

  2. Mon épouse avait bien aimé ce livre. 4 coquillages, c’est déjà une belle récom­pense :-). Un de ses derniers livres, Bran­de­bourg, a l’air vrai­ment très intéressant.

  3. Lu aussi (non chro­ni­qué) mais sans être embal­lée. De l’auteur, j’avais beau­coup aimé La fille sans qualités.

    • alors je lirai à l’oc­ca­sion « la fille sans qualité » je vois que je ne suis pas la seule à avoir des réserves sur ce roman .

  4. Une lecture qui a l’air assez banale. Je préfère passer.

    • le mot banal ne corres­pond pas à cette lecture. Car cette montée à vélo vers la rencontre avec son trau­ma­tisme d’en­fance est un bon ressort roma­nesque Mais je ne peux quand même pas te conseiller de l’essayer.

  5. Et bien de toute façon je n’ai pas du tout le temps de lire, alors ça tombe bien je ne le note pas.

    • j’ima­gine ton quoti­dien en ce moment … on ne sait jamais ce qui nous fait noter un roman, celui-ci a connu un assez grand succès si j’en crois Babelio.

  6. Moi qui ai visité Lanza­rote, ça m’intéresse.

  7. Tu es restée sur ta faim alors je ne vais pas en faire une priorité.

  8. J’ai lu ce roman au début du confi­ne­ment. j’ai beau­coup aimé, même si ma lecture s’est essouf­flée à la fin de la première partie, la longue arri­vée au sommet. Et puis, une fois là-haut et la rencontre avec Lisa, ce roman est devenu addic­tif. Donc comme toi, beau­coup aimé mais pas un coup de coeur pour autant.

  9. Je ne pense pas que ce titre arri­vera jusqu’à moi..

    • Une règle d’or : on ne peut pas tout lire et à travers la blogo­sphère il faut se sentir très atti­rée et même parfois comme ça cela ne suffit pas !

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