Cita­tion de Charles de Gaulle

» Les possé­dants sont possé­dés par ce qu’ils possèdent »

Je trouve que ce livre complète bien la lecture du précé­dent car il permet de décou­vrir le prin­ci­pal diri­geant qui a vu gran­dir ma géné­ra­tion et celle de Jean-Pierre Le Goff. On sent la très grande admi­ra­tion de Gérad Badry pour « le » Géné­ral. Derrière l’homme de la résis­tance, celui qui a sorti la France des erreurs de la quatrième Répu­blique et qui a permis la déco­lo­ni­sa­tion, il y a donc un homme chré­tien et respec­tueux des femmes. Il n’a rien d’un fémi­niste et pour­tant … il voulait depuis long­temps donner le droit de vote aux femmes, il a permis la contra­cep­tion et a voulu que les femmes puissent travailler et élever leurs enfants. Sa vision de la femme est marquée par le rôle de mère qui lui semble sacré. C’est à ce titre, qu’il a systé­ma­ti­que­ment exercé son droit de grâce pour les femmes à la libé­ra­tion. Mais plus que ses idées poli­tiques, ce qui m’a inté­res­sée c’est son entière probité, son respect des femmes et ce qui m’a le plus touchée sa grande affec­tion pour sa petite Anne enfant triso­mique qu’il a tant aimée. C’est un homme éton­nant, d’une autre époque et d’une autre culture, il vient à la fois de la chré­tienté et de l’amour de la patrie et son carac­tère a été forgé par l’armée fran­çaise. Je ne savais pas qu’il avait fait entrer au gouver­ne­ment une femme musul­mane d’origine algé­rienne Nafissa Sid Cara qui a un parcours très inté­res­sant. Le portrait de Gene­viève de Gaulle-Antho­nioz est passion­nant et méri­te­rait à lui seul un livre entier. C’est une plon­gée dans un autre monde, celui juste­ment qui a vu naître et gran­dir Jean-Pierre Le Goff mais un monde ne pouvait pas comprendre que les adoles­cents de mai 1968 n’étaient pas unique­ment porteurs de « chien­lit ».

Citations

Entrée en bourse des femmes

C’est aussi sous de Gaulle, en 1967, que les femmes seront auto­ri­sées à entrer à la Bourse de Paris pour y spécu­ler. Leur arri­vée à la corbeille ou s’affairaient depuis toujours un aéro­page exclu­sif de messieurs, en cravate et costumes sombres, fait d’abord sensa­tion, avant que d’élégantes jeunes diplô­mées en finance n’occupent des poste de commis. Dans les milieux bour­sier, un authen­tique bastion mascu­lin, la résis­tance avait été très forte pour refu­ser de parta­ger les codes, les secrets et les moeurs avec la gente fémi­nine. La seule femme ayant pu s’introduire à la corbeille l’avait fait, en 1925, habillée en homme et portant une barbe postiche. Condam­née à 3 ans de prison pour escro­que­rie et abus de confiance pour avoir vendu des titres appuyés sur des société fictives, Marthe Hanau avait fini par se donner la mort en prison, en 1935, renfor­çant l’opposition des hommes à l’entrée de toute femme dans l’univers de la Bourse. L’histoire roma­nesque de Marthe Hanau devait, en 1980, inspi­rer le film « la Banquière » de Fran­cis Girod avec Romy Schnei­der.

Trente-deux ans plus tard, les portes du palais Bron­gniart s’ouvraient enfin aux femmes.

la loi Neuwirth

En Conseil des ministres, le géné­ral se montre rési­gné. Il déclare : « Les mœurs se modi­fient. C’est évolu­tion est en cours depuis long­temps, nous n’y pouvons à peu près rien. En revanche, il faut accen­tuer notre poli­tique nata­liste. Puis il ajoute.

:» Il ne faut pas faire payer les pilules par la sécu­rité sociale. Ce ne sont pas des remèdes. Les Fran­çais veulent une plus grande liberté des mœurs mais nous n’allons tout de même pas leur rembour­ser la baga­telle. »

Probité

Leur première tâche a été de remettre de l’ordre dans le fonc­tion­ne­ment de la prési­dence pour y intro­duire plus de rigueur. Il a été souvent raconté que, le jour même de leur arri­vée, les de Gaulle avait exigé qu’un comp­teur indi­vi­duel soit posé pour payer de leur poche l’électricité de leurs appar­te­ments. C’est exact. Mais on s’est moins qu’Yvonne a mis immé­dia­te­ment fin à l’utilisation de la vais­selle d’État, en porce­laine de Sèvres, pour leurs repas quoti­diens en tête à tête. Au volant de sa voiture, au premier jour de leur instal­la­tion, elle s’est rendue au Bon Marché, son maga­sin préféré, pour y ache­ter -avec leur argent- un service de table ordi­naire qui fut utilisé jusqu’à la démis­sion du géné­ral en 1969. De même, Yvonne deman­dera à l’intendant de l’Élysée de lui présen­ter chaque fin de mois la note corres­pon­dant au repas pris par les membres de la famille venus déjeu­ner avec eux le dimanche.

On trouve un autre exemple de cette honnê­teté sans faille des de Gaulle dans leur déci­sion de faire instal­ler un oratoire à l’Élysée pour y assis­ter à la messe domi­ni­cale à l’abri des regards. Créé dans l’ancien bureau des chauf­feurs encore envahi par les odeurs de pastis, cette petite chapelle – une table servant d’autel, quatre chaises prie-Dieu et quelques orne­ments- a été tota­le­ment payé avec l’argent person­nel du couple.

Portrait de la secrétaire de de Gaulle Elisabeth de Miribel

Les Miri­bel, comme les Mac-Mahon, ont le culte de l’honneur et de la disci­pline. Ils affichent leur dédain pour l’argent et pour la poli­tique. » Élevée dans ce milieu conser­va­teur et catho­lique, je n’ai jamais entendu mes parents discu­ter de poli­tique à la maison. Autant il leur paraît normal de mourir pour la patrie, si possible en gants blancs, autant il faut éviter de se salir les mains en se mêlant de poli­tique » expli­quera-t-elle dans son auto­bio­gra­phie.

Le patrio­tisme, le don de soi pour la France, la foi chré­tienne, le dédain pour l’argent et pour la poli­tique, c’est tout ce qu’elle retrou­vera et qu’elle aimera chez de Gaulle.

14 Thoughts on “Les Femmes du Général – Gérard BARDY

  1. keisha on 18 octobre 2018 at 13:51 said:

    La probité des De Gaulle est bien connue;.. (et pas telle­ment copiée parait-il)
    Au sujet des femmes, oui, ça m’a l’air bien inté­res­sant
    Tes « petites dames » pour­raient appré­cier que tu leur lises ?

  2. Bonjour Luocine, c’est en te lisant que je me dis que je suis contente d’être née au temps du Géné­ral de Gaulle et de « Tante Yvonne ». Autre temps, autres moeurs. J’ai la nostal­gie de ce monde disparu même s’il n’était pas parfait. Bonne jour­née.

  3. je n’ai jamais été une fan de l’homme poli­tique après 58, je n’aimais pas Mitte­rand mais il avait raison : un coup d’état
    Mais je suis admi­ra­tive de l’homme, sa gran­deur, sa volonté, sa résis­tance devant l’adversité et comme tu le dis une culture hors du temps qu’aujourd’hui on peine à imagi­ner

    • la relec­ture de ce qu’il voulait faire pour la France est très impres­sion­nante même si à l’époque on refu­sait de le voir. Moi non plus je n’étais pas fan de de Gaulle, mais j’ai toujours détesté « l’homme de la fran­cisque » comme mes parents appe­lait Mitte­rand, je trouve incroyable que son passé anti­sé­mite et proche de Vichy ait mis tant de temps à ressor­tir.

  4. Aujourd’hui sa probité et son honnê­teté font rêver ! A part ça, je n’admirais pas parti­cu­liè­re­ment l’homme poli­tique moi non plus, ce n’était pas très rigolo de gran­dir sous son règne. Des affaires il y en a eu un paquet aussi et il a fait des erreurs. Mais c’était un homme qui avait une vision et dont l’horizon unique n’était pas l’argent comme aujourd’hui.

  5. inté­res­sant tout cela ! bon dimanche !

  6. Comme beau­coup ici pas fan de l’homme, mais je ne le suis d’aucuns hommes poli­tiques…

  7. Très inté­res­sant de lire ton billet ainsi que les diffé­rents extraits. On se replonge en effet dans une époque qui nous semble désor­mais bien loin­taine, dans une société qui a telle­ment changé. De Gaulle a su ne pas résis­ter à l’évolution des moeurs, son épouse étant en cela beau­coup plus conser­va­trice que lui.
    C’était une époque de recons­truc­tion de la France, peu après la guerre, et la seule chose que je regrette, c’est que la poli­tique, qui était consi­dé­rée et regrou­pait des personnes de haute valeur, ait tant perdu de son attrait. En lais­sant acter le marché, les poli­tiques volon­ta­ristes (que ce soit sous de Gaulle, ou dans un autre registre dans les années 80) ont vécu.

    • C’est vrai que c’est une plon­gée dans d’autres moeurs. Ce que dit aussi ce livre,c’est que la classe poli­tique n’était pas mieux à cette époque, c’est de Gaulle qui était excep­tion­nel.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation