20160508_123628Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

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Roman en deux parties, d’abord sur la musique d’inspiration afri­caine, autour d’une chan­teuse extra­or­di­naire Kitami. On la retrouve écra­sée par son tambour afri­cain, ou assas­si­née peut-être mais par qui ? Cette première partie sur la musique ne m’a pas beau­coup passion­née. On voit des jeunes à la dérive essayer de se construire une iden­tité à partir de la musique d’improbables ancêtres. La seconde partie raconte la jeunesse d’une enfant Prisca, au Rwanda. Entre sorcel­le­rie et racisme contre les Tutsi, la jeune fille gran­dit et devient une brillante élève. C’est compli­qué pour elle, le village pense qu’elle a des pouvoirs de sorcières et les auto­ri­tés voient d’un très mauvais œil cette jeune et belle Tutsi vouloir aller à l’université.

A la fin de ses études, on lui impose d’épouser un Hutu pour char­mer les blancs. C’est très inté­res­sant car on sent que le massacre des Tutsi par les Hutus n’était donc pas le fruit du hasard, mais d’une haine ancienne entre­te­nue par le pouvoir hutu. La jeune fille préfè­rera donc partir avec un tambour rwan­dais caché dans un village, avec le groupe de musi­ciens venant d’Amérique à la recherche de la musique afri­caine. Elle devien­dra la célèbre Kitami dont l’origine de la mort reste incom­pré­hen­sible. J’avoue ne pas avoir une grande passion pour la magie afri­caine, et les mauvais sorts ne m’intéressent guère, mais l’auteure sait très bien racon­ter comment au Rwanda c’est diffi­cile de se défaire de ce genre de légendes, et que l’accusation de magie est aussi un bon prétexte pour suppri­mer toutes les person­na­li­tés quelque peu diffé­rentes. C’est un livre qui doit ravir les amou­reux de l’Afrique.

Citations

Les langues africaines

D’où venaient-ils, ces mots ? du kinyar­wanda, la langue mater­nelle de la chan­teuse, d’un anglais dans la version rasta-jamaï­caine, du yoruba-cubain, d’un fran­çais quelque peu créo­lisé, certains préten­daient y recon­naître les sono­ri­tés de l’amharique, du swahili, du sango, du wolof, du ruhima, du lingala, du copte, du sans­krit, de l’araméen..

Le racisme anti-Tutsi

Nous savons, par exemple, que tu es intel­li­gente, trop intel­li­gente même, la Répu­blique du peuple majo­ri­taire n’a pas besoin de Tutsi femmes savantes.

15 Thoughts on “Coeur Tambour – Scholastique MUKASONGA

  1. Et bien dis donc, tu n’es pas très enthou­siaste !

  2. Non, pas vrai­ment. Pour­tant la deuxième partie à propos du Rwanda est très bien. En y repen­sant , je me demande si la première partie n’est pas là pour mettre en garde sur la volonté de recher­cher des racines afri­caines et le faux roman­tisme qui en découle.

  3. J’avais beau­coup aimé « Notre Dame du Nil », qui remonte aussi les origines de cette haine au Rwanda. Depuis, je cale un peu et j’ai les deux premiers titres de cette auteure sur mes étagères, alors pour celui-ci, je vais passer. D’autant plus que le décou­page en deux parties parait peu effi­cace.

  4. J’ai lu avec diffi­culté la première partie , et il faudrait que je relise le roman pour savoir si ce que je pense aujourd’hui est la bonne expli­ca­tion à cette construc­tion. Mais je n’en ai pas envie.

  5. Ton enthou­siasme très modéré m’incite à ne pas fran­chir le pas ;)

  6. pour­tant je pense que ce livre pour­rait te plaire, si j’en juge d’après les livres que tu aimes. Il y a un aspect authen­tique et pudique dans le malheur qui pour­rait te toucher, mais je ne sais pas ce que tu penses de la magie afri­caine.. Ce n’est pas un livre très long s’il croise ta route , ne l’évite pas.

  7. Notre dame du Nil a l’air bien , je l’ai noté dans un coin de cervelle. J’aime bien décou­vrir la litté­ra­ture afri­caine, mais pas n’importe quoi, et les trucs magiques, ça va comme ça (j’ai eu ma dose)

    • Mais elle en fait une présen­ta­tion assez judi­cieuse , ça arrange bien le pouvoir parfois detrai­ter des femmes de sorcières et ce n’est pas si afri­cain que cela

  8. Effec­ti­ve­ment, pas très enthou­siaste…

  9. non je ne suis pas enthou­siaste car j’ai trop peiné pendant la première partie

  10. Je ne suis pas très sensible au roman sur la musique, je vais me passer de celui-là même si les romans se dérou­lant en Afrique m’intéresse.

  11. J’ai beau­coup aimé « La femme aux pieds nus » de cette afri­caine talen­tueuse.

    • Toutes celles qui ont lu son premier roman l’ont appré­cié . Ma décep­tion ne me pousse pas à le lire . Je pense que j’ai bien tort

  12. Si tu as d’autres conseils sur la litté­ra­ture afri­caine, je suis preneur, car voilà bien un domaine que je souhai­te­rais appro­fon­dir.

    • Je ne suis pas spécia­liste de ce conti­nent, loin s’en faut. Et je ne commen­ce­rais pas par celui-là qui n’est pas le meilleur que j’ai lu à propos de l’Afrique.

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