20160203_171252Du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

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Dans la famille Four­nier vous avez le père, alcoo­lique et méde­cin, le petit fils aîné handi­capé mental, le second handi­capé aussi, la petite fille vivante et reli­gieuse, la belle fille aimée du fils mais décé­dée beau­coup trop tôt, vous allez décou­vrir la mère celle qui a engen­dré Jean-Louis un écri­vain qui fait du bien car il sait racon­ter des choses tristes sans faire pleu­rer. Il fait revivre sa mère, par petites touches et donne corps à la photo de la couver­ture que le temps a blan­chi. Sa mère avait tout pour être heureuse, une curio­sité du monde, un inté­rêt pour les êtres humains, mais voilà, son mari était alcoo­lique , il a failli faire couler toute la famille. Alors la jeune fille bien élevée, qui aimait Chopin, le théâtre et la litté­ra­ture a dû ramer sec pour que ses enfants surnagent et fina­le­ment traversent l’océan de la vie sans sombrer quelque soit la force des vents contraires et la hauteur de la houle. Elle a réussi et son fils écri­vain sait lui rendre hommage.

C’est une femme du Nord de « bonne famille » donc digne et un peu froide, qui cache bien ses senti­ments, elle a pris l’habitude de sauver les appa­rences, mais derrière ce courage se cachait un cœur sensible que son fils nous fait mieux connaitre à travers un livre placé tout entier sous le signe de la méta­phore marine.

PS : il a reçu un coup de coeur sans aucune hési­ta­tion à notre club de lecture.

Citations

Je recopie un passage, j’aurais pu en prendre un autre ils ont tous cette saveur

Ma mère est montée dans la voiture, elle s’est assise, elle attend. Elle attend quelqu’un ?

ça dure. Elle n’a pas l’air impa­tient. Elle regarde les arbres, la rue, elle rêve.
Puis, soudain elle s’étonne de ne pas avan­cer.

Par distrac­tion, elle s’était instal­lée à la place du passa­ger. Comme si elle atten­dait un chauf­feur.

Notre mère n’a jamais eu de chauf­feur. Elle a toujours été aux commandes. C’est elle toute seule qui a dû conduire sa vie, et la vie des autres. Elle n’a jamias pu comp­ter sur son mari, il était irres­pon­sable. C’est elle qui a tenu le volant pendant toute la route.

Elle a conduit prudem­ment. Elle devait faire atten­tion, derrière il y avait quatre enfants et, dans le coffre un mari qui ronflait.

Elle nous a mené à bon port.

L’humour particulier face au malheur

Avec un capi­taine Haddock comme notre père, le bateau Four­nier aurait eu toutes les chances de sombrer. Heureu­se­ment, notre mère avait toujours été là, elle avait tenu la barre ferme­ment.

14 Thoughts on “Ma mère du Nord – Jean-Louis FOURNIER

  1. Four­nier c’est exac­te­ment ça, un écri­vain qui sait parler des choses tristes ou diffi­ciles, avec du tonus et de l’humour. Pour ça il faut déjà pas mal de talent, un talent discret et concret, où l’on peut souvent recon­naître un petit bout de sa propre famille.

    • J’ai lu tous ses livres avec le même plai­sir, tous nous avons des diffi­cul­tés dans la vie , et lui n’a pas été épar­gné et pour­tant il nous fait sourire.

  2. Bien, bien, tu es convain­cante. je n’ai pas tout lu de four­nier, mais ce que j’ai lu m’a plu.

    • Une forme d’esprit qu’on n’oublie pas, c’était très agréable de voir à quel point il a fait l’unanimité dans notre club. (pour­tant nous sommes très diffé­rentes)

  3. un écri­vain que j’ai du mal à lire, il a des fulgu­rances mais aussi des propos que je n’arrive pas à caution­ner

    • Je comprends tes réti­cences, j’éprouve les mêmes vis à vis de l’humour de « Char­lie-hebdo » (que jai évidem­ment soutenu dans leur tragé­die) . L’esprit de déri­sion de Jean-Louis Four­nier nest pas gratuit. Que faire quand la cruauté de la vie s’acharne sur vous ? En rire n’est pas la plus mauvaise des solu­tions .

  4. J’aime beau­coup l’écriture de cet auteur. J’espère lire bien­tôt celui là

  5. Je n’ai lu que celui sur son père, après je n’ai pas telle­ment aimé le climat autour de son livre sur ses enfants (polé­mique avec la mère).

    • J’ai beau­coup aimé son livres sur ses fils handi­ca­pés, c’est un sujet telle­ment doulou­reux , je trouve qu’il a trouvé sa façon de le dire .

  6. Un auteur qu’il me tarde de décou­vrir.

  7. J’aime beau­coup aussi son humour infaillible face aux diffi­cul­tés de la vie. Je note ce titre !

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