4
« Le dernier des justes » est certai­ne­ment un des livres qui m’a le plus marqué. Je ne l’ai pas relu depuis long­temps, mais je ne l’ai pas non plus oublié. On retrouve dans ce livre post­hume toute les douleurs des juifs polo­nais. Mais on y lit aussi celle du survi­vant qui « porte le deuil de tout un peuple ». J’apprécie beau­coup le style d’André Schwarz-Bart. Et même si ce livre n’est pas complè­te­ment abouti on y retrouve la saveur des villes juives-polo­naises d’avant, le poids de la reli­gion et des contes et l’horreur abso­lue quand l’Allemagne nazie s’abat sur la Pologne. On sent que les mots ne lui suffisent plus.

En lisant ce livre on sent l’émo­tion de l’écri­vain, il sait nous la faire parta­ger :

« Est-ce que ça sert à quelque chose de racon­ter l’hor­reur abso­lue ? ».

Citations

Elle savait aussi que la vie est un éter­nel­le­ment recom­men­ce­ment, ce pour­quoi tous les nouveau-nés portaient un pli à la lèvre infé­rieure : ce pli léger était la trace du doigt que l’Ange posait sur la bouche de tous les enfants du monde, afin d’effacer le souve­nir de leur vie anté­rieure.

Il pensa aux montagnes de chair partie en fumée et il crut que sa respi­ra­tion s’arrêtait. Il se planta devant le miroir et dit ; « Que fais-tu là, ta place n’est pas ici, tu sais bien où est ta place. Elle est avec les tiens ; tu es un juif mort. »

La seule simpli­cité de l’Holocauste était celle-ci ; les juifs étaient morts pour rien, stric­te­ment pour rien, une bouf­fée déli­rante dans le cerveau d’un homme quel­conque, Adolf Hitler… C’était l’impression fonda­men­tale qu’il conser­vait de cette époque ; les gens mouraient sans comprendre terras­sés par l’absurde.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation