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J’ai été complè­te­ment séduite par ce livre éton­nant et je sais que je ne serai pas toute seule à l’apprécier. Je l’ai abso­lu­ment dévoré sans jamais me lasser. Le roman est parti­cu­liè­re­ment bien construit, et permet de revi­si­ter la société du 3° empire. Il est vrai que, comme nous sommes dans la société rurale normande, on pense souvent, ainsi que le dit la 4° de couver­ture, à Maupas­sant.

Dans la première partie nous suivons les troupes impé­riales en Italie avec toutes les horreurs de la guerre et l’injustice de la conscrip­tion. Se mettre dans la peau d’un méde­cin, cela permet un tour d’horizon assez complet sur la société du temps : la méde­cine mili­taire plonge le lecteur dans la réalité histo­rique, puis on voit le début du moder­nisme avec la science médi­cale qui commence à s’installer, on rentre dans toutes les maisons et on voit de près la misère et la mesqui­ne­rie des uns et des autres.

Comme ce qui se passe dans la vie, les histoires sont touchantes, révol­tantes, émou­vantes. Il y a une foule de person­nages, mais le roman est bien fait et on s’y retrouve assez vite. Ce qui m’a le plus inté­ressé ce sont les réflexions sur le sens de la vie. Une profonde huma­nité se dégage de ce livre qui corres­pond certai­ne­ment plus à nos valeurs d’aujourd’hui qu’à celle d’un méde­cin de 1859 mais peu importe ou au contraire c’est la raison pour laquelle ce llivre m’a tant plu..

Les conver­sa­tions entre le guéris­seur sorcier, les deux prêtres, et le méde­cin athées permettent de faire revivre l’ensemble des opinions du temps. Victor Cohen Hadria raconte bien l’amour : les senti­ments et la réalité physique. Le docteur Le Cœur veuf qui a aimé sa femme a encore besoin de présence fémi­nine à ses côté, il y a de beaux passages à ce propos, jamais choquants mais très humains : du Maupas­sant !

Citations

Cette fantai­sie de cara­bin qu’ont les chirur­giens de porter la blouse le plus sanglant possible est une pose inutile, mais de là à faire de cette manie la prin­ci­pale respon­sable d’un fléau qui ravage les hôpi­taux depuis qu’il en existe, c’est pous­ser le bouchon un peu loin.

On a bien raison de dire que la guerre est une affaire où s’entre-tuent des hommes pauvres qui ne se connaissent pas du tout pour que vivent des hommes riches qui se connaissent fort bien et ne s’entre-tuent pas.

Malheu­reu­se­ment, une trop grande hâte dans l’introduction de nouvelles habi­tudes entraîne souvent un retrait de l’instruction.
En un instant, par pure maladresse, ce qui avait demandé des années d’efforts et de persua­sion se trouve rejeté à un état pire que le précé­dent. Et l’on voit les sorciers, les thau­ma­turges et les prêtres rattra­per en un seul moment tout le terrain que nous leur avions arra­ché

Je ne crois pas aux fadaises des curés sur la vertu et la forni­ca­tion, je suis assez imper­méable á leur concep­tion du monde et de la divi­nité à ce terrible démiurge qui instaure la jouis­sance pour la pros­crire, plante des arbres défen­dus au fond des jardins et condamne le plus fidele de ses servi­teurs a pour­rir sur le fumier.

Dans nos campagnes, le labeur prime sur l’enfance. Il n’est pas rare d’apercevoir des bambins suivant leurs parents aux champs. Personne ne désire leur mort, mais leur vie n’a aucune impor­tance. Seuls les plus forts peuvent espé­rer dans l’avenir.

Voilà le résul­tat de siècles d’un intense travail reli­gieux, qui sanc­ti­fie la souf­france et dénie toute probité a la jouis­sance. Dans l’esprit de quel fou peut bien naître un tel mépris pour les œuvres humaines, qui seraient aussi celles de Dieu, s’il exis­tait ? Je serai en mesure de conce­voir qu’un athée stupide bannisse une acti­vité qui appar­tient si plei­ne­ment a la nature de l’homme, qu’un philo­sophe haineux des êtres vivants leur reproche ce qui est leur substance, mais qu’un croyant, qui regarde l’univers comme l’expression divine ‚rejette ce qu’elle a dispensé de plus évidem­ment commun a toutes ses créa­tures est une sorte d’antinomie que je ne puis admettre. On devrait révé­rer le sexe dans les églises.

Un homme un vrai, se doit de rester sale, ne raconte-t-on pas que l’odeur du bouc attire les femelles ? La crasse, l’huile comme ils disent, favo­rise la pousse des cheveux, soutient l’intégrité du corps et des organes, les puces assai­nissent le sang…

On en parle

Chez Ysun blog que je regarde souvent.

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