Édition Rouergue

Je dois cette lecture à Krol qui avait été très enthou­siaste pour un autre roman d’Hé­lène Vignal, que je lirai à l’oc­ca­sion celui-ci était à la média­thèque. Il se trouve que ce jour là il y avait une expo­si­tion qui va bien avec le thème du roman dont je vais vous parler. Il s’agis­sait de portrait de personnes âgées qui ont toutes en commun de se faire porter des livres car elles ne peuvent que diffi­ci­le­ment se dépla­cer. J’ai adoré ces portraits :

Une expo­si­tion qui part à la rencontre de nos aînés…

De la même façon, j’ai beau­coup aimé le portrait de Jamie la grand-mère de la narra­trice Louise. Cette femme qui passe son temps à soupi­rer, à ranger une maison ou rien de dépasse, à faire des mots fléchés et des sudoku saura-t-elle comprendre sa petite fille et s’ou­vrir aux joies du camping. Parce que les vacances dont rêve Louise c’est de passer huit jours avec sa mère et son ami Théo à Béno­det. Rien ne se passe comme prévu, sa mère doit repar­tir travailler et Louise doit renon­cer à ses vacances au camping. Or, Théo son ami homo­sexuel, a tout autant qu’elle besoin de ces huit jours loin de ses parents à qui il ne peut abso­lu­ment pas parler de son homo­sexua­lité. Beau­coup de thèmes se croisent dans ce roman pour ado, mais qui peut faci­le­ment être lu par des adultes. La guerre d’Al­gé­rie, (c’est bizarre mais j’ai lu deux livres à la suite qui parlaient de cette guerre), la diffi­culté de se comprendre entre géné­ra­tion, l’ho­mo­sexua­lité, mais surtout la façon dont une personne, ici Jamie, peut passer à côté du bonheur en s’en­fer­mant dans des habi­tudes morti­fères. Beau­coup d’hu­mour dans ce roman, la scène où dans « la famille parfaite » du camping, les parents veulent persua­der l’enfant que, puis­qu’il aime les cour­gettes et les concombres « il doit aimer les corni­chons » est très drôle. Je ne sais abso­lu­ment pas si les ado aiment cet auteur mais je l’es­père de toutes mes forces car elle parle de tout avec une légè­reté et un sérieux qui fait du bien sans oublier son humour.

Citations

Les phrases d’ado que j’aime

Moi, je regar­dais un feuille­ton améri­cain en faisant la patate devant la télé.

Mon grand-père était-il un soldat sangui­naire ? Genre vété­rans du Viet­nam façon cous­cous ?

Quand elle repousse sa grand-mère

Ces phrases sonnent comme un mauvais sort. Je m’écarte comme si elle venait de me piquer avec un rouet empoi­sonné de sorcière. J’en veux pas, moi de sa vie compli­quée. J’en veux pas de ses « jamais », des ses « tu verras », char­gés comme des bombar­diers. Je ne veux pas que la vie s’oc­cupe de moi. Je veux m’oc­cu­per de ma vie toute seule. Sans subir, comme elle. Sans languir après des trucs qui n’ar­rivent jamais. Sans espé­rer que demain ça ira mieux. Sans attendre que les gens soient morts pour les comprendre.

Portrait très bien dessiné en une phrase

Elle s’éloigne, martiale,la bouche comme un smiley à l’en­vers, les joues qui pendent, l’œil noir, en pous­sant un soupir offensé.

10 Thoughts on “Plan B pour l’été – Hélène VIGNAL

  1. keisha on 10 février 2020 at 08:17 said:

    Là tu donnes envie, je ne connais­sais pas. Plein de titres à la bibli, mais pas celui ci

  2. Tu me donnes très envie aussi et il est à la biblio­thèque :-)

  3. et toc il est noté celui là j’aime beau­coup le thème

  4. Hélène est une auteure de talent que je suis depuis (presque) ses débuts. J’ai tous ses livres jeunesse. J’en ai lu dans mes classes et puis j’ai eu le coup de foudre pour son dernier : si l’on me tend l’oreille.
    Celui-ci, je l’avais aussi beau­coup aimé, mais que n’ai-je pas aimé d’Hé­lène ? Merci de le mettre en lumière.
    Et elle est aussi sympa­thique qu’elle écrit bien !

  5. Je la connais­sais en tant qu’au­teur jeunesse, je ne savais pas qu’elle écri­vait aussi pour les adultes

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation