Traduit de l’anglais par Georges Lory.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard. 

Voici sept nouvelles qui peuvent se lire sépa­ré­ment, mais qui ont des points communs : le vieillis­se­ment et la volonté de rester soi-même d’une femme indé­pen­dante et intel­lec­tuelle malgré les affronts de l’âge, les soucis des enfants face à l’in­dé­pen­dance et la fragi­lité de leur mère vieillis­sante, et enfin les animaux que les hommes traitent si mal parfois.

Toutes les nouvelles ont beau­coup de charmes et de déli­ca­tesses, rien n’est résolu, les histoires sont comme en suspens . La dernière qui a donné son titre au recueil « l’abat­toir de verre », m’a fait penser au livre de Vincent Message « Maîtres et Posses­seurs » , d’ailleurs J.M Coet­zee rappelle la philo­so­phie de Descartes dans cette nouvelle. Ce n’est pas celle que j’ai préfé­rée, je sais que je vais l’ou­blier assez vite, sauf sans doute l’image des pous­sins que l’on broie à peine nés car ils ne sont pas du bon sexe, (aucune fémi­niste ne se réjouira de savoir que ce sont les petits mâles que l’on passe à la broyeuse !). J’ai beau­coup aimé la nouvelle de la femme qui se réfu­gie dans un village espa­gnol entou­rée de chats à moitié sauvages et d’un certain Pablo un peu demeuré et qui l’aide à vivre dans une maison si incon­for­table. Que son fils soit inquiet on peut le comprendre, mais rien ne semble pouvoir la faire chan­ger d’avis !

Je me suis demandé pour­quoi J.M Coet­zee avait choisi de se mettre à la place d’une femme puisque ces sept nouvelles racontent sept moment diffé­rents du vieillis­se­ment la vie d’Eli­za­beth Costello mais il a beau­coup de talent pour sonder l’âme humaine qu’elle soit dans un corps fémi­nin ou mascu­lin.

Citations

Se sentir vieillir

Ce que je trouve trou­blant vieillis­sant, dit-elle à son fils, c’est que j’en­tends sortir de ma bouche des mots que jadis j’en­ten­dais chez les personnes âgées et que je m’étais promis de ne jamais employer. Du style » Où-va-le-monde-ma-bonne-dame ». Les gens se promènent dans la rue en mangeant des pizzas tout en parlant dans leur portable ‑où va le monde ?

La beauté

La ques­tion que je me pose à présent, c’est : toute cette beauté quel bien m’a-t-elle fait ? La beauté n’est-elle qu’un bien de consom­ma­tion, comme le vin ? On le déguste,on l’avale, il nous donne une sensa­tion agréable, grisante, mais qu’en reste-t-il au final ? Le résidu du vin, excu­sez-moi, c’est l’urine ; quel est le résidu de la beauté ? Quel aspect posi­tif nous laisse-t-elle ? La beauté fait-elle de nous des gens meilleurs ?

L’automne

Tout comme le prin­temps est la saison qui regarde l’ave­nir, l’au­tomne est la saison qui regarde vers l’ar­rière 

Les désirs conçus par un cerveau autom­nal sont des désirs d’au­tomne, nostal­giques, entas­sés dans la mémoire. Ils n’ont plus la chaleur de l’été ; même lors­qu’ils sont intenses, leur inten­sité est complexe, pluri­va­lente, tour­née vers le passé plus que l’ave­nir. 

10 Thoughts on “L’abattoir de verre – John Maxwell COETZEE

  1. keisha on 10 décembre 2018 at 08:39 said:

    Un peu déçue, mais j’avais telle­ment aimé Elisa­beth costello !

  2. Moi aussi, un peu déçue.…

  3. Si je vous comprends bien Keisha et toi, il vaut mieux lire Eliza­beth Costello.

  4. J’ai du mal avec les nouvelles + le thème du vieillis­se­ment + ton avis = je passe !

  5. un auteur que j’ai beau­coup de mal à lire malgré des essais répé­tés et des sujets qui m’at­tirent

  6. Décou­vrir Coetze avec des nouvelles ne serait pas pour me déplaire, même si je n’ai pas du tout aimé « Maîtres et posses­seurs ».

  7. je crois que je vais passer mon tour !

  8. Je suis curieux de lire des nouvelles du Nobel 2013.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation