Édition 1018 domaine étran­ger . Traduit de l’an­glais par Delphine et Jean-Louis Chevalier

Le 23 janvier 2020 je disais à Aifelle que ce livre me tentait beau­coup. Elle me mettait en garde contre l’as­pect très noir du roman, elle avait bien raison mais je ne regrette abso­lu­ment pas cette lecture même si parfois je l’ai trou­vée éprouvante.

Ce n’est pas un roman qui se lit faci­le­ment parce qu’il décrit une tension que rien ne semble pouvoir apai­ser. Mais il permet de décou­vrir le sort qui était réservé aux émigrés euro­péens qui, après la guerre, ont voulu rejoindre l’Aus­tra­lie pour fuir les horreurs qu’ils venaient de vivre. Comme à toutes les époques d’après conflits, les popu­la­tions recherchent un ailleurs plus souriant, mais les pays se referment sur eux mêmes et n’ac­cueillent que diffi­ci­le­ment de nouveaux arri­vants même dans un pays comme l’Aus­tra­lie qui pour­tant, est, en prin­cipe, une terre d’immigration.

Le roman se construit sur deux époques, l’en­fance de Sonja dans les années 1950, et en 1990 son retour alors qu’elle est enceinte vers son père Bojan Buloh, un ouvrier dur à la tâche et qui noie son mal de vivre dans l’al­cool. Avant ces dates, il y a aussi le passé dans les montagnes Slovènes où Bojan et sa femme Maria ont connu l’hor­reur abso­lue de la guerre contre les nazis menée par des parti­sans. Ces horreurs ont modelé des êtres qui renferment alors en eux des bulles de fragi­li­tés dont ils n’ont eux-mêmes pas idée et qui peuvent écla­ter à tout moment. Les chas­ser loin, au delà de leurs souve­nirs, ne leur permet­tra pas de se débar­ras­ser de leur présence dans leur personnalité.

Marie, dispa­raît dès le premier chapitre. Dispa­raît c’est vrai­ment le mot employé et elle laisse derrière elle, une petite fille de 5 ans qui ne comprend pas et un mari complè­te­ment effon­dré qui ne trou­vera que dans l’al­cool des oublis qui ne durent que le temps de l’ivresse. La vie des émigrés étaient dures, en effet, avant de deve­nir austra­lien, ils devaient accep­ter de travailler pendant deux ans là où on avait besoin d’eux. Pour Bojan, ce sera à construire des barrages hydrau­liques en Tasma­nie. Si la descrip­tion du climat est réaliste, cela ne donne guère envie d’y faire du tourisme, il y fait froid, le paysage est noyé sous la brume ou la pluie battante. L’en­fant est d’abord retiré à son père et fréquen­tera deux familles d’ac­cueil abso­lu­ment horribles, puis elle vien­dra vivre avec lui. Bojan aime son enfant mais est dépassé par son drame person­nel, et lors­qu’il a bu frappe sa fille sans raison. Malgré cela Sonja a bien du mal à le quit­ter, et c’est vers lui qu’elle revient adulte et enceinte.

Ce roman est donc très sombre et parfois trop pour moi, et il est soutenu par une évoca­tion d’une nature sans pitié qui colore le roman d’une tension supplé­men­taire. Pendant tout le roman on espère comprendre le pour­quoi de tant de malheurs, on sent que la vérité va être insup­por­table et elle l’est effec­ti­ve­ment. Je ne m’at­ten­dais pas à cette expli­ca­tion que je me garde bien de vous dévoi­ler. La fin du roman est un petit moment d’es­poir autour d’un bébé qui repré­sente un avenir possible. En tout cas, c’est que j’es­père, on croise les doigts pour ce bonheur fragile.

Citations

Réaction de Soja face à la colère de son père complètement ivre

Il n’était pas grand, Sonja Buloh n’était pas grande non plus et ne possé­dait pas sa faculté de prendre des propor­tions gigan­tesques. Elle, c’était préci­sé­ment l’in­verse. Pour échap­per à ce cour­roux, elle avait appris l’art de la peti­tesse, l’art de rendre son être si menu qu’il deve­nait invi­sible sauf à un examen attentif.

La langue et l’immigration

Il s’ar­rêta, rassem­bla ses pensées dans sa tête et essaya de les réar­ran­ger en un semblant d’an­glais correct. « J’au­rais dû écrire à toi, euh, des lettres, mais euh, mon anglais, il va au travail, il va au pub, mais il va pas si bien sur le papier. »
« Il y a des choses qui comptent plus que les mots » dit-elle puis elle s’ar­rêta. Sa remarque avait toute­fois frappé son père . Il devint presque volu­bile, mais sans colère, pour la réfuter. 
« Peut-être tu dis ça parce que tu as plein de mots, dit-il tu as trouvé une langue. Moi j’ai perdu la mienne. J’ai jamais eu assez de mots pour dire aux gens c’que je pense, c’que je ressens. Jamais assez de mots pour un bon boulot. »

Illusions australiennes .

Pour Sonja la ville de Tullah n’était pas nichée dans la haute vallée entou­rée de tous côtés par les montagnes sauvages, mais avait plutôt un air de catas­trophe indus­trielle dispo­sée en petit tas régu­liers qu’on avait lais­sés s’en­fon­cer dans le sol maré­ca­geux. Tout être, toute chose était provi­soire. Sauf la forêt tropi­cale et le bois bouton qui repous­se­rait une fois terminé cette brève inter­rup­tion. Ce n’était pas un lieu où les gens nais­saient ou souhai­taient mourir, mais un lieu qu’ils aspi­raient simple­ment à quitter. 
La promesse faite aux travailleurs émigrés, l’offre d’une vie meilleure en Austra­lie dans l’Eu­rope dévas­tée par la guerre, l’in­sai­sis­sable arc-en-ciel de la pros­pé­rité et e de temps plus paisibles, tout cela s’était amenuisé, éloi­gné, ce n’était plus une chose réelle mais un kaléi­do­scope, un rêve à moitié fixé dans la mémoire qu’il valait mieux essayer d’oublier.

Les désespérés

À la fin la seule chose qui comp­tait, c’était qu’il semblait ne pas y avoir d’is­sue, vrai­ment rien d’autre que la mort ou l’al­cool. Au bout d’un certain temps tout le reste s’éva­nouis­sait, et certains étaient assez contents qu’il en soit ainsi et d’autres non, mais dans un cas comme dans l’autre la plupart finis­sait par déci­der que mieux valait ne pas songer sans cesse au joug du destin qui pesait si dure­ment sur eux. Au bout d’un certain temps ils perdaient à peu près tout, famille, argent, espoir. Ils conser­vaient toute­fois une certaine cama­ra­de­rie de chiens perdus qui valait ce qu’elle valait, géné­ra­le­ment pas grand-chose, certaines fois énormément.

Le discours que le père n’a pas pu dire à sa fille

Elle partie, il trouva fina­le­ment les mots pour expri­mer ce qu’il voulait lui dire depuis long­temps. « Toi et moi, dit-il d’une voix basse au débit hési­tant, on a vécu, on a vécu pire que des chiens. Je regrette. Je pense pas qu’tu revien­dras. Crois-moi, j’ai jamais voulu tout ça, la bois­son, les coups, ces gour­bis d’émi­grés, des fois des choses t’ar­rivent dans la vie et malgré tout, malgré c’que t’es­pères, tu peux pas les changer. »
Sa confes­sion termi­née, son éloquence l’aban­donna aussi rapi­de­ment qu’elle était venue. 
Avant d’al­ler prendre dans le frigo sa première bouteille de la jour­née, oublieux de l’heure mati­nale, il dit seule­ment une chose à la brise qui s’en­gouf­frait du monde extérieur.
» On est venus en Austra­lie, dis Bojan Buloh, pour être libres ».

Édition « le livre de poche » , Traduit de l’An­glais (Austra­lie) par Béatrice Taupeau

L’époque étant ce qu’elle est, je suis souvent à la recherche de lectures pas trop violentes. J’ai trouvé cette sugges­tion chez Aifelle . Et ce roman a bien rempli son office. Je suis partie en Austra­lie à la sortie d’une école mater­nelle avec des gens surin­ves­tis dans leur rôle de parents compé­tents, il y a bien sûr plus de mamans que de papas mais ces derniers ont aussi un rôle impor­tant à jouer. Dès le début nous savons que lors d’une soirée à l’école, il y a eu un mort et donc une enquête pour connaître les circons­tances de ce drame. Le roman raconte en détail ce qui s’est passé pour en arri­ver là. Nous plon­geons donc dans la vie de quatre familles : la famille la plus impor­tante pour l’in­trigue est celle de Céleste et Perry , un couple idéal, des parents jeunes, spor­tifs beaux et riches mais qui cachent un lourd secret de violence conju­gale . Celui de Made­line et Ed avec un problème pour Made­line de se retrou­ver parent d’élève avec son ex-mari et sa nouvelle femme parfaite, Bonny, ce qu’elle n’est abso­lu­ment pas. Enfin il y a Jane et son petit garçon Ziggy qui sera accusé d’être harce­leur ce qu’il n’était pas. Tous ces person­nages gravitent donc autour des acti­vi­tés scolaires diri­gées par le « clan des « serre-tête » qui inter­viennent fort mal à propos dans les histoires des enfants.

L’au­teure a un bon sens de l’ob­ser­va­tion et s’amuse visi­ble­ment avec tout ce petit monde, il y a hélas derrière tout cela une femme qui doit échap­per à l’emprise d’un homme violent et c’est vrai­ment bien raconté. Comme souvent, pour les romans style romans améri­cains (et pour­tant l’au­teure est Austra­lienne) je trouve que le récit se traîne un peu longueur mais c’est une lecture facile qui permet de quit­ter faci­le­ment le monde du Covid !. Je ne suis pas surprise que l’on en ai fait une série.

Citations

J’aime ce sens de l’observation, on se sent tout de suite à une sortie d’école en Australie

Mais elle adorait entendre l’in­croyable brou­haha de voix enfan­tines à inter­valles régu­liers dans la jour­née, et comme elle ne se dépla­çait plus en voiture, elle n’avait que faire des embou­teillages dans la rue, causés par ces énormes véhi­cules que tout le monde condui­sait aujourd’­hui, et ses femmes affu­blés d’im­menses lunettes de soleil qui se penchaient sur leur volant pour échan­ger à tue-tête des infor­ma­tions de la plus haute impor­tance concer­nant le cours de danse de Harriette et la séance d’or­tho­pho­nie de Charlie.
Comme elles prenaient le rôle de mère au sérieux. Il fallait les voir, avec leur petit visage affolé, leur démarche dyna­mique et leur air impor­tant lors­qu’elles péné­traient dans l’école, fesses moulées dans leur tenue de gym, queue de cheval au vent, regards rivés sur l’écran de leur télé­phone portable au creux de la main telle une boussole.

Les enfants à hauts potentiels

Chaque semaine, Renata et Harper fréquen­taient le même groupe d’en­traide destiné aux parents d’en­fants à « haut poten­tiel ». Made­line les imagi­nait sans peine, instal­lés en cercle, se tordant les mains d’an­goisse, le cœur secrè­te­ment gonflé d’orgueil.

Une femme maltraitée

Sans comp­ter que son indé­ci­sion repo­sait sur un fait indé­niable : elle aimait son mari. Passion­né­ment. Il la rendait heureuse, la faisait rire. Elle adorait discu­ter avec lui, regar­der la télé­vi­sion avec lui, à rester au lit avec lui le matin quand le temps était froid et pluvieux. Elle le dési­rait toujours.
Mais rester, c’était lui donner la permis­sion impli­cite de recom­men­cer. Elle en avait bien conscience. C’était une femme instruite, elle avait plusieurs options, des endroits où se réfu­gier, des amis et des parents pour la soute­nir, des avocats pour la défendre. Elle pouvait reprendre le travail, subve­nir à ses besoins. Elle pouvait le quit­ter sans craindre qu’il l’a tue. Sans craindre qu’il lui prenne les enfants.

Attitude des parents de maternelle face à un enterrement du père d’un de leur camarade

Ceux qui avaient choisi de mettre leur cher petit à l’abri d’une telle expé­rience tablaient sur le fait que les enfants qui n’au­raient pas cette chance feraient des cauche­mars et seraient trau­ma­ti­sés à vie, suffi­sam­ment en tout cas pour que le résul­tat d’exa­men au lycée s’en ressentent. Les autres espé­raient que cette expé­rience serait une leçon précieuse pour leurs bambins, leçon sur le cycle de la vie, l’im­por­tance d’épau­ler leurs amis dans la détresse. Elle les rendrait plus « résis­tants » plus à même de se tenir à l’écart des conduites à risque à l’adolescence.

Traduit de l’anglais par Georges Lory.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard. 

Voici sept nouvelles qui peuvent se lire sépa­ré­ment, mais qui ont des points communs : le vieillis­se­ment et la volonté de rester soi-même d’une femme indé­pen­dante et intel­lec­tuelle malgré les affronts de l’âge, les soucis des enfants face à l’in­dé­pen­dance et la fragi­lité de leur mère vieillis­sante, et enfin les animaux que les hommes traitent si mal parfois.

Toutes les nouvelles ont beau­coup de charmes et de déli­ca­tesses, rien n’est résolu, les histoires sont comme en suspens . La dernière qui a donné son titre au recueil « l’abat­toir de verre », m’a fait penser au livre de Vincent Message « Maîtres et Posses­seurs » , d’ailleurs J.M Coet­zee rappelle la philo­so­phie de Descartes dans cette nouvelle. Ce n’est pas celle que j’ai préfé­rée, je sais que je vais l’ou­blier assez vite, sauf sans doute l’image des pous­sins que l’on broie à peine nés car ils ne sont pas du bon sexe, (aucune fémi­niste ne se réjouira de savoir que ce sont les petits mâles que l’on passe à la broyeuse !). J’ai beau­coup aimé la nouvelle de la femme qui se réfu­gie dans un village espa­gnol entou­rée de chats à moitié sauvages et d’un certain Pablo un peu demeuré et qui l’aide à vivre dans une maison si incon­for­table. Que son fils soit inquiet on peut le comprendre, mais rien ne semble pouvoir la faire chan­ger d’avis !

Je me suis demandé pour­quoi J.M Coet­zee avait choisi de se mettre à la place d’une femme puisque ces sept nouvelles racontent sept moment diffé­rents du vieillis­se­ment la vie d’Eli­za­beth Costello mais il a beau­coup de talent pour sonder l’âme humaine qu’elle soit dans un corps fémi­nin ou masculin.

Citations

Se sentir vieillir

Ce que je trouve trou­blant vieillis­sant, dit-elle à son fils, c’est que j’en­tends sortir de ma bouche des mots que jadis j’en­ten­dais chez les personnes âgées et que je m’étais promis de ne jamais employer. Du style » Où-va-le-monde-ma-bonne-dame ». Les gens se promènent dans la rue en mangeant des pizzas tout en parlant dans leur portable ‑où va le monde ?

La beauté

La ques­tion que je me pose à présent, c’est : toute cette beauté quel bien m’a-t-elle fait ? La beauté n’est-elle qu’un bien de consom­ma­tion, comme le vin ? On le déguste,on l’avale, il nous donne une sensa­tion agréable, grisante, mais qu’en reste-t-il au final ? Le résidu du vin, excu­sez-moi, c’est l’urine ; quel est le résidu de la beauté ? Quel aspect posi­tif nous laisse-t-elle ? La beauté fait-elle de nous des gens meilleurs ?

L’automne

Tout comme le prin­temps est la saison qui regarde l’ave­nir, l’au­tomne est la saison qui regarde vers l’arrière 

Les désirs conçus par un cerveau autom­nal sont des désirs d’au­tomne, nostal­giques, entas­sés dans la mémoire. Ils n’ont plus la chaleur de l’été ; même lors­qu’ils sont intenses, leur inten­sité est complexe, pluri­va­lente, tour­née vers le passé plus que l’avenir. 

Traduit de l’an­glais (Austra­lie) par Fran­çoise Rose.

Ce roman a le grand mérite de tenir la distance Saint-Malo/­Pa­ris. Il a, de plus, beau­coup plu à la petite souris jaune. Moins à moi, mais je suis toujours réti­cente aux histoires d’ani­maux et celle-là même si elle est très belle est parti­cu­liè­re­ment invrai­sem­blable. On peut aimer pour le dépay­se­ment afri­cain , pour l’amour des lions, et la beauté de notre planète qui est de moins en moins sauvage et de plus en plus tris­te­ment humaine. J’ap­pré­cie tous ces thèmes mais qu’une lionne veuille et sache sauver la vie d’une petite fille de 7 ans cela me semble tota­le­ment invrai­sem­blable. Autant que l’at­ta­che­ment subit et fort de la cher­cheuse quadra­gé­naire pour cette enfant. Le happy end n’est pas de trop, il est à l’image du livre « à l’eau de rose » de la savane. Et pour­tant, malgré tous ces défauts, l’au­teure a su m’emporter dans l’Afrique dure et superbe des grands espaces. Dans le genre « le lion » de Kessel est plus réaliste, peut être démodé, je ne sais pas, je ne l’ai relu depuis si long­temps. La souris jaune vous promet­tait une lecture d’été et je rajou­te­rai si vous aimez les lectures d’ado­les­cents défen­seurs de la planète.

Citations

Genre d’images qui créent un ailleurs

Quand le soleil attei­gnit l’ho­ri­zon, il se répan­dit sur la plaine. Angel retint son souffle. Majes­tueu­se­ment et immo­bile, la lionne se décou­pait sur le ciel nimbée d’une lumière dorée, telle une créa­ture de feu.

La psychologie de magazine féminin

Et si cela n’avait rien à voir avec son appa­rence ou son carac­tère ? Si c’était plutôt elle qui avait toujours choisi de vivre avec des gens qui l’aban­don­naient constam­ment ? Si elle avait incons­ciem­ment cher­ché à repro­duire la rela­tion qu’elle avait eue avec sa mère, traî­nant ce schéma derrière elle depuis des années, comme une malédiction ?

20161024_141947Je signale que la photo est prise sur ma veste en gore­tex, soli­da­rité oblige ! Traduit de l’an­glais (Austra­lie) par Odile DEMANGE. Lu grâce au club de lecture de la média­thè­que de Dinard.

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Je mets toujours 5 coquillages quand un livre me fait rire, c’est très rare et ça fait telle­ment de bien. Le thème du club ce mois-ci, était : « des livres légers qui font sourire ». Ce livre corres­pond exac­te­ment à cette défi­ni­tion, et comme beau­coup de livres qui nous font sourire et parfois (pour moi en tout cas) pouf­fer de rire, il est plus profond qu’il n’y paraît. La quatrième de couver­ture cite le ques­tion­naire que Don Till­mann met au point pour réali­ser « son Projet épouse », en bon scien­ti­fique, il a très bien balisé le terrain pour trou­ver la femme idéale.

Celle ci ne doit pas :

  1. fumer et boire
  2. être végé­ta­rienne et aimer la glace à l’abricot
  3. se lever après 6 heures.

Mais elle doit :

  1. faire du sport
  2. être ponc­tuelle
  3. accep­ter le système de Repas Norma­lisé qui prévoit du homard au dîner le mardi.

Mais voilà qu’une certaine Rosie qui fume qui est végé­ta­rienne qui n’a qu’un sens rela­tif des conven­tions et des règles vient trou­bler le quoti­dien de cet homme brillant mais tota­le­ment inapte à vivre en société. Tous les person­nages sont inté­res­sants et les situa­tions extrê­me­ment drôles. Graeme Simsion, n’écrit que du point de vue de Don, et donc à nous d’ima­gi­ner les réac­tions de ceux qu’une trop grande fran­chise peuvent pertur­ber. Don est un scien­ti­fique à la mémoire prodi­gieuse mais inca­pable instinc­ti­ve­ment de rela­tions sociales avec les autres humains et surtout d’im­pro­vi­sa­tion. Sa vie est donc entiè­re­ment prévi­sible et tout le temps qu’il gagne à faire très vite ce qui l’en­nuie, il le garde pour parfaire ses connais­sances scien­ti­fiques. Bien sûr cela ressemble à un compor­te­ment autiste et ses amis le poussent d’ailleurs à faire une confé­rence sur le syndrome Asper­ger, persua­dés sans doute qu’il se recon­naî­tra. Mais là n’est pas son problème, il est occupé à trou­ver une épouse et à aider Rosie à trou­ver son père biolo­gique. Il fait une confé­rence aussi sérieuse que peu conven­tion­nelle évidem­ment, devant un parterre de parents d’en­fants autistes et cela a peut-être été pour eux un formi­dable moment d’es­poir. En tout cas « les aspis » ont adoré !

J’ai beau­coup appré­cié que les person­nages secon­daires ne soient pas des cari­ca­tures plusieurs histoires s’en­tre­mêlent et elles ont toutes de l’in­té­rêt. J’ai vu souvent passer ce roman sur les blogs et je rejoins le chœur des avis posi­tifs. Si vous avez un petit coup de blues lisez ce théo­rème et vous retrou­ve­rez le sourire.

Citations

Un métier passionnant

Mon travail person­nel porte sur la prédis­po­si­tion géné­tique à la cirrhose du foie. Je consacre une grande partie du temps que je passe à la fac à saou­ler des souris.

Une honnêteté dure à supporter pour son entourage

Une femme au fond de la salle a levé la main. Concen­tré sur mon argu­men­ta­tion, j’ai commis une erreur sociale mineure que j’ai promp­te­ment corrigée :

- Oui la grosse.… La dame en « surpoids » du fond ?
– Elle est restée silen­cieuse un moment et a regardé autour d’elle avant de poser sa question

L’avantage d’une veste en Goretex par rapport à une veste de laine imposée dans un restaurant chic

Ma veste en gore­tex « ce vête­ment de haute tech­no­lo­gie » qui m’avait protégé de la pluie et de tempêtes de neige, se voyait désor­mais, de façon tota­le­ment irra­tion­nelle, injuste et contre-produc­tive, désa­van­ta­geu­se­ment compa­rée à l’équi­valent en laine essen­tiel­le­ment déco­ra­tif de l’employé. J’avais payé la mienne mille quinze dollars, dont cent vingt dollars de supplé­ment pour la couleur jaune fluo dispo­nible sur option.

Don Tillman fait souvent des remarques très justes

Le cerveau humain est programmé pour se concen­trer sur les diffé­rences au sein de son envi­ron­ne­ment. Il faut qu’il puisse rapi­de­ment repé­rer la présence d’un préda­teur. Si j’avais des repro­duc­tions ou autres objets déco­ra­tifs, je les remar­que­rai pendant quelques jours et ensuite mon cerveau les ignorerait.

Réflexions sur les vierges qui attendent les fous qui tuent au nom d’Allah

Je trouve ça irra­tion­nel, ai-je remar­qué, de vouloir des vierges. Une femme ayant une certaine expé­rience sexuelle est certai­ne­ment préfé­rable à une novice

Un de mes éclats de rire : Don s’entraîne à la danse de salon dans son bureau à l’université

Je travaillais mes pas de danse quand Gene est entré dans mon bureau
– Il me semble que les statis­tiques de longé­vité reposent sur des mariages avec des femmes vivantes, Don.
Il faisait allu­sion au sque­lette que j’uti­li­sais pour m’entraîner.

SONY DSC

Traduit de l’an­glais (Austra­lie) par Valé­rie Malfoy. Livre reçu grâce à Babe­lio et les éditions Albin Michel dans le cadre de Masse Critique.Livres contre critiques

1
Babe­lio précise que l’on reste libre de ses critiques même si ce livre est un cadeau, je n’ai, hélas, rien trouvé d’intéressant dans ce roman. L’his­toire d’abord, ce jeune garçon, Tom, rencontre une bande de margi­naux qu’il fréquente plutôt que de s’ins­crire à l’uni­ver­sité. Il semble unique­ment préoc­cupé par l’ef­fort qu’il doit faire pour se faire accep­ter par la bande d’ar­tistes ratés. Aucun person­nage n’a le moindre inté­rêt, entre drogue, alcool et larcins divers, ils vont voler dans un musée un tableau de Picasso « la femme qui pleure ». Pour ma photo, je n’avais que le portrait de Gertrude Stein chez moi. Il y a, d’ailleurs, une Gertrude dans l’his­toire qui ne vit que pour la drogue. Pour s’en­ri­chir la petite bande a prévu de revendre des copies du tableau. C’est là sans doute que devrait naître le suspens ?

Le style de l’au­teur est si plat ! On passe d’un dialogue à l’autre sans jamais se sentir concerné par l’his­toire ; qu’il s’agisse de meurtre, ou de revente d’un tableau célèbre, ou ce qui semble agacé le plus Tom, la présence d’une petite fille parfai­te­ment mal élevée, tout est dit de la même façon. Les person­nages sont vides et on ne comprend vrai­ment pas pour­quoi Tom leur trouve le moindre inté­rêt. Son histoire d’amour est tota­le­ment conve­nue et la fin sans surprise. Bref que dire : méfiez-vous surtout des quatrième de couver­ture où l’on peut lire :

Dans ce roman d’ap­pren­tis­sage au suspense psycho­lo­gique capti­vant, l’au­teur de « la Mauvaise Pente » et des « Affli­gés » réus­sit un saisis­sant portrait d’une jeunesse excen­trique au seuil de l’âge adulte, face aux illu­sions et aux décep­tions qui l’accompagnent. 

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Traduit de l’an­glais (Austra­lie) par Anne Wicke.
Coup de cœur au club de lecture de la média­thèque de Dinard.

3
S’il a reçu son « coup de cœur » à notre club, c’est grâce au plai­sir évident qu’une des lectrices a su expri­mer lors de notre rencontre. Elle a aimé les descrip­tions de la mer, la soli­tude de la vie du gardien de phare, et l’ana­lyse du senti­ment mater­nel. Tout cela est dans ce livre et plus encore : on y trouve aussi, les consé­quences de la guerre 1418 en Austra­lie, ne serait-ce que pour cela , le roman mérite d’être lu.

J’ai quelques réserves sur l’as­pect roma­nesque, d’ailleurs notre lectrice du club a souli­gné les quelques invrai­sem­blances sans lesquelles, comme elle nous l’a dit, il n’y aurait pas de roman. Alors peu importe que lors d’une dérive en mer de plusieurs jours, sans eau et sans vivre, ce soit l’homme qui soit mort et pas le tout petit bébé de quelques mois, il faut l’ac­cep­ter pour que l’his­toire s’installe.

L’Aus­tra­lie a été peuplée (certains diraient enva­hie, mais ce n’est pas le propos du livre) par des Euro­péens, et ce romans montre bien, que les raisons pour lesquelles ces migrants sont arri­vés sur ce nouveau conti­nent, pèsent sur leur desti­née en Austra­lie. Je n’avais jamais imaginé qu’en 1918 les Austra­liens d’ori­gine alle­mande puissent être à ce point détesté. Le héros Tom, lui est d’ori­gine anglaise et a été élevé dans la pure tradi­tion britan­nique et n’a jamais appris à expri­mer ses senti­ments. A son retour de guerre, il est trau­ma­tisé et s’en­ferme dans un silence que seul la lueur du phare éclaire quelque peu. Puis, il retrouve goût à la vie grâce à Isabel qu’il aimera toute sa vie, bien plus que la sienne (de vie !). Un bébé leur arrive par la mer et le bonheur total s’ins­talle dans cette île coupée du monde. Hélas ! ce bébé a une mère qui pleure tous les jours la dispa­ri­tion de son tendre époux et de son bébé, sa petite Grâce.

Ainsi, le drame commence et connaî­tra bien des rebon­dis­se­ments. Pour­quoi, malgré l’en­thou­siasme de beau­coup de lecteurs, suis-je restée sur la réserve, la construc­tion roma­nesque est vrai­ment trop clas­sique, j’ai cru me retrou­ver dans mes lectures d’ado­les­cente, aujourd’­hui, je me laisse moins faci­le­ment embar­quer dans ce genre de lecture. Le roman n’est pas mani­chéen et l’ana­lyse des person­nages est tout à fait plau­sible, mais il ne m’a pas entiè­re­ment convain­cue. Je laisse le dernier mot à la biblio­thé­caire qui a lui a décerné un coup de coeur, avec cette formule « convien­dra à un large public » , et les avis sur Babe­lio lui donnent entiè­re­ment raison

Citations

La guerre 1418 en Australie

Puis, en 1914, les choses chan­gèrent. Parta­geuse décou­vrit qu’elle aussi possé­dait quelque chose dont le monde avait besoin. Des hommes. Des hommes jeunes. Des Hommes en forme. Des hommes qui avaient passé leur vie à manier la hache, à pous­ser une char­rue, des hommes durs à la peine. Des hommes de premier choix à sacri­fier sur des autels stra­té­giques à un hémi­sphère de là.

Philosophie de vie qui sous-tend tout le roman

J’en ai vu de toutes les couleurs ; le bien et le mal, ça peut être comme deux foutus serpents : si emmê­lés qu’on ne peut les diffé­ren­cier que lors­qu’on les a tués tous les deux et alors il est trop tard.

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C’est le deuxième recueil que je lis de Kenneth Cook, il ressemble beau­coup à La vengeance du Wombat. L’effet de surprise est donc moins fort.
Je me suis, de nouveau, bien amusée, je conseille cet auteur à tous les gens moroses. Au-delà de son humour caus­tique, qui est tourné autant vers lui que vers les habi­tants de l’Australie, on devine une profonde connais­sance de son pays loin des clichés habi­tuels. Non, la nature n’est pas toujours hospi­ta­lière. Et le bush peut s’avérer mortel. (Hélas, Kenneth Cook a été victime d’une crise cardiaque trop loin de tout point de secours.)

Non, les animaux, même mignons ne sont pas tous gentils. Et les koalas sont visi­ble­ment plus agréables en photos et en peluche que de près, en vrai ils sont très désa­gréables et très dange­reux quand on doit les tenir dans les bras, même si on ne cher­chait qu’à leur offrir un lieu de vie plus agréable. Non, les espèces proté­gées ne sont pas recon­nais­santes aux hommes de ne plus les tuer. Et un croco­dile reste un terrible préda­teur. Les Abori­gènes, ne sont pas de bons sauvages, pleins de bonnes inten­tions. Ils vivent dans un pays hostile, avec peu de confort, ils sont sales et cherchent si possible à rouler le touriste de passage.

Si Kenneth Cook peut dire tout cela et bien d’autres choses encore, c’est qu’il utilise le ton du conteur d’histoires. Je me demande si quelqu’un a mis ses histoires en scène, il y a vrai­ment tous les ingré­dients d’un excellent spec­tacle de conteurs. J’ai aimé les quinze nouvelles, mais ma préfé­rée c’est La vie sexuelle des croco­diles, non pas pour ce que j’ai appris de la sexua­lité de ces animaux ( tout se passe sous l’eau !) mais j’ai trouvé irré­sis­tible le rapport entre le scien­ti­fique qui s’émerveille devant les beaux spéci­mens de croco­diles et l’auteur mort de peur qui ne pense qu’à sauver sa vie.(Comme je le comprends !)

Citations

Roger, passionné de croco­diles, déplo­raient qu’ils aient été long­temps chas­sés sans répit pour leur cuir…..leur nombre était en augmen­ta­tion, tout comme la fréquence des attaques sur le bétail et sur les aborigènes.

- Et même deux Blancs, des chauf­feurs de camion, près de Broome, se réjouit Roger ? Ils dormaient près de leur véhi­cule et tout ce qu’on a retrouvé, c’est la marque de leurs ongles dans la terre où la bête les a traî­nés. Natu­rel­le­ment, ajouta-t-il avec pondé­ra­tion, ce n’est pas de chance pour ces pauvres gens, mais il ne reste pas moins encou­ra­geant de penser que le nombre de croco­diles est en hausse dans cette région.

Je lâchai le bateau et saisis mon fusil
Roger lâcha le bateau et saisit son appa­reil photo

On me quali­fie parfois d’obèse, mais je me consi­dère simple­ment comme corpu­lent, une centaine de kilos, disons.

J’étais alors moins corpu­lent qu’aujourd’hui, mais je n’en restais pas moins un homme bien en chair. Compre­nez par là que tout en parve­nant aisé­ment à lacer mes souliers , j’étais loin d’être un athlète.

On en parle

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5Cinq coquillages ? Oui, parce que ce livre met tout le monde de bonne humeur, cela se véri­fie pour tous les nouveaux lecteurs de La vengeance du Wombat. Comme notre biblio­thé­caire, je n’apprécie pas trop les livres sur les animaux mais Kenneth Cook a un talent de conteur extra­or­di­naire. C’est le deuxième conteur que j’ai décou­vert cette année : après le grand nord de Jorn Riel, voici le bush austra­lien. En 14 nouvelles, l’écrivain nous plonge au cœur de cette région d’Australie où les animaux sont plus agréables à regarde dans les repor­tages anima­liers que de très près. Je ne suis pas une très grande fan de nouvelles car je trouve diffi­cile de chan­ger d’histoires tous les trois ou quatre pages. Géné­ra­le­ment, il y en a toujours que j’aime moins.

Dans ce recueil, les quatorze sont passion­nantes. On finit par bien connaître les réac­tions de l’écrivain, il a vrai­ment l’art de se retrou­ver dans des situa­tions impos­sibles. Par exemple : accro­ché au ventre d’un kangou­rou qui a décidé de le tuer alors qu’il venait de le sauver ! On sait aussi qu’il ne résis­tera jamais à un verre ou une goulée d’alcool offert par des gens qui ne lui voudront pas toujours que du bien. On sait enfin que lorsqu’il nous décrit sa phobie abso­lue des requins, il va se trou­ver quelqu’un qui réus­sira à l’entraîner à la pêche du plus dange­reux des préda­teurs d’humains.

Les scènes dans les cafés sont inou­bliables et quelque peu terri­fiantes. Entre autre, lorsque tous les consom­ma­teurs sans se pani­quer le moindre du monde, se mettent à parier pour savoir si la grenade dégou­pillée qu’un des buveur tient dans sa main peut explo­ser ou non… Si vous aimez décou­vrir des contrées loin­taines, des animaux et des humains diffé­rents de vous, et surtout si vous aimez rire préci­pi­tez vous dans votre biblio­thèque préféré décou­vrir Kenneth Cook … si vous ne le connais­sez pas déjà.

Citations

De nos jours, le quokka est toute­fois consi­déré par tous comme étant inof­fen­sif, en raison de sa petite taille ; ce qui s’inscrit dans une longue série de grandes illu­sions qu’entretiennent les gens sur les marsu­piaux d’Australie. Comme la plupart sont petits, les gens ne les croient pas dange­reux. Quelle bévue !

Il n’y a rien d’étonnant à croi­ser un anthro­po­logue dans les coins recu­lés et arides du désert austra­lien. Ils sont partout. On estime que, dans l’outback, il y a plus d’anthropologues étudiant les Abori­gènes que d’Aborigènes.

On en parle

dans un de mes sites préfé­rés : link.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/1/3/9/9782746710931.gif

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On est loin de l’humour de La vengeance du wombat du même auteur. Dans ce court roman (109 pages) Kenneth Cook nous fait décou­vrir l’horreur d’une soirée alcoo­li­sée en Austra­lie. Il se donne la peine de remon­ter la chaîne des respon­sa­bi­li­tés qui a abouti à la mort d’une femme. C’est horrible et cela ne donne pas envie d’aller boire une bière un samedi soir dans les bars austra­liens. La descrip­tion très précise des actions d’une rare violence est prenante et on est abso­lu­ment écœuré par tant de bêtises. Le passage sur la façon de tuer les bœufs à coups de merlin est à peu près insoutenable.

On est dans le sordide, je ne sais pas si la lecture de ce roman aide­rait les gens à ne pas se livrer à des beuve­ries, sinon je recom­man­de­rai ce livre à tous ceux pour qui font la fête en frisant le coma éthy­lique. La bonne personne est accu­sée de meurtre mais peut-être pas pour le bon meurtre. Car fina­le­ment ce soir là, dans cet endroit là, il y a eu un viol, la mort d’un jeune complè­te­ment ivre au volant de sa voiture, une tenta­tive de meurtre digne d’un film d’hor­reur et fina­le­ment la mort d’une femme.

Citations

John Verdon, instru­ment d’une société qui avait besoin de viande tout en refu­sant de tuer, alla se doucher de très mauvaise humeur. Dans la mesure où son travail lui procu­rait du plai­sir – sans parler de son salaire –, il était lui aussi un artiste. Les exécu­tions défec­tueuses le démo­ra­li­saient plus qu’il n’aurait plus l’exprimer.

Verdon avait souri en sentant l’élan du marteau et, pour la première fois depuis plus d’un an, le plai­sir de tuer qui lui descen­dait dans les reins.

Le jeune se mit sur pied avec diffi­culté, à peine conscient de son entou­rage, le taux d’alcool dans son sang proche du niveau fatal….. Son corps se soumit alors à l’instinct du ving­tième siècle qui offre à un homme inca­pable de tenir debout la faculté de conduire une voiture.

Malheu­reu­se­ment, cet instinct n’améliorait guère sa vision, surtout à la vitesse de cent quarante kilo­mètres à l’heure qu’il avait atteinte peu après avoir quitté l’hôtel.

C’est ainsi qu’il s’encastra dans un semi-remorque, dont le plateau lui arra­cha le crâne au niveau du nez.

On en parle

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