traduit de l’anglais par Fran­chita Gonza­lez Batlle

Après avoir lu les nouvelles « la cité de la pous­sière rouge » je voulais connaître cet auteur pour les romans qui l’avaient rendu célèbre : les romans poli­ciers. Malgré mon peu d’appétence pour le genre, j’ai été inté­res­sée par cette enquête qui se déroule à Shan­ghai en 1990. Une jeune femme est décou­verte assas­si­née, jetée à la rivière dans une bâche plas­tique et l’inspecteur Chen et son adjoint Yu vont cher­cher à savoir ce qui s’est passé alors que visi­ble­ment autour d’eux personne n’a trop envie de savoir. Quand, en plus, l’enquête touche aux hautes sphères du Parti Commu­niste alors, non seule­ment le silence des uns et des autres devient pesant, mais de plus très mena­çant. La fin est horrible et telle­ment dans ce qu’on connaît de la Chine : recon­nue coupable, la personne est exécu­tée le lende­main de son procès lais­sant bien peu de place aux doutes et à l’éclaircissement total des affaires. Beau­coup plus que l’enquête poli­cière, ce qui m’a plu, c’est le monde chinois en muta­tion. Les amateurs de polars aime­ront sans doute plus que moi cette enquête, mais tous ceux et toutes celles qui ont lu « la cité de la pous­sière rouge » aime­ront trou­ver sous la plume de cet excellent écri­vain la société de Shan­ghai en route pour une forme de gouver­nance origi­nale et impi­toyable :«le capi­ta­lisme communiste«dont la devise pour­rait être : tout est permis sur le plan écono­mique mais ne touchez pas au PARTI ni à ses diri­geants.

Citations

Formatage politique

C’est absurde, se dit-il, que la poli­tique puisse mode­ler une vie de cette façon. Si Guan avait épousé Lai, elle n’aurait pas connu un tel succès dans la vie poli­tique. Elle n’aurait pas été travailleuse modèle mais une épouse ordi­naire qui tricote un pull pour son mari, trans­porte une bouteille de propane sur le porte-bagage de son vélo, essaie de payer trois sous de moins quand elle fait son marché, râle comme un disque rayé et joue avec un bel enfant assis sur ses genoux – mais elle aurait été vivante.

Où on retrouve l’auteur de » la Cité de la poussière poussière rouge »

Il habi­tait une vieille maison Shiku­men à un étage- un style répandu au début des années trente, où une maison comme celle-là était construite pour une famille. Soixante ans plus tard, elle en abri­tait plus d’une douzaine, toutes les pièces avaient été divi­sées pour loger de plus en plus de monde. Seule la porte d’entrée peinte en noir était restée la même, elle ouvrait sur une petite cour jonchée d’objets divers, une sorte d’entrepôt de ferraille, d’où l’on entrait dans un vesti­bule haut de plafond et flan­qué de deux ailes. Le vesti­bule autre­fois vaste était trans­formé en cuisine et réserve collec­tive. Des rangées de réchauds à char­bon avec leurs piles de briquettes indi­quaient que sept familles vivaient au rez-de-chaus­sée.

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard. (thème Holly­wood).


Dans la famille Musso, voici Valen­tin, le frère de Guillaume, en atten­dant Julien à qui se roman est dédié. Il s’agit d’un roman poli­cier très bien ficelé et que les aficio­na­dos du genre se rassurent, je ne vais pas racon­ter la fin (par laquelle j’ai débuté ma lecture …) . David Badina, le person­nage prin­ci­pal et narra­teur de cette histoire, est le fis d’Elizabeth, une jeune actrice qui, en 1959, a disparu lors du tour­nage du film qui devait défi­ni­ti­ve­ment lancer sa carrière, sans que l’on sache ni pour­quoi, ni comment. Son fils avait un an et quarante plus tard, ce passé se rappelle à lui car le célé­bris­sime metteur en scène qui avait choisi sa mère comme actrice pour ce rôle l’appelle pour lui confier un travail.

C’est aujourd’hui un scéna­riste réputé, il a connu un très grand succès succès pour son premier film mais depuis son inspi­ra­tion semble d’être tarie. Ce qu’il croyait être le plus enfoui en lui, la dispa­ri­tion inex­pli­quée de sa mère refait surface avec une telle force que l’on sent bien qu’il devra aller jusqu’au bout de ses recherches pour pouvoir enfin vivre sa vie : le roman poli­cier raconte cela.

Ce qui m’a plu, c’est la pein­ture des années soixante dans le monde du cinéma holly­woo­dien qui est très bien décrite. L’on a des person­nages à la « Harvey Wein­stein », et comme dans les séries TV, les enquêtes du FBI, si le Maccar­thysme est terminé, les habi­tudes et les mœurs de la police améri­caines n’ont pas encore complè­te­ment changé . Alors cette star nais­sante du cinéma, qui voulait la faire dispa­raître ? Et puis est-ce que David appren­dra par la même occa­sion qui est son père ? Il y a du Michael Connely dans cette enquête moins (hélas !) la person­na­lité d’Harry Bosch .

Citations

Le métier de scénariste

Le côté néga­tif de ce métier, c’est que les scéna­ristes ont souvent l’impression d’avoir fait quatre vingt dix pour cent du boulot et d’être tota­le­ment ignoré à la sortie du film. Le côté posi­tif, c’est que, lorsque ledit film ne marche pas, ce sont rare­ment eux qui essuient le tir des balles.

Los Angeles : question que je me pose aussi

Je me suis toujours demandé comment on pouvait être prêt à traver­ser la moitié de la planète rien que pour voir l’étoile de Sharon Stone ou de Tom Hanks dans cette rue sale, bondée de monde et de vendeurs à la sauvette qui ne vous lâchent pas d’un pouce. En fait, je ne connais aucun habi­tants qui prenne plai­sir à se bala­der dans cette attrape-touriste géant. Les endroits clin­quants de L.A.-ils ne manquent pas- m’ont toujours déprimé, on dirait qu’ils ont été inven­tés que pour dissi­mu­ler aux yeux des gens les rêves brisés et les échecs dont se repaît cette ville.

Passage qui s’adapte bien au contexte actuel

Grands fumeurs de cigares qu’il faisait venir de Cuba, gros buveur de whisky, connu pour son sexisme légen­daire, Welles draguait tout ce qui portait jupon à Holly­wood. Plusieurs sources lais­saient entendre qu’il avait fréquem­ment harcelé des actrices dans des suites de luxueux hôtels et qu’il était presque toujours parvenu à ses fins. Il était de ces grands mani­tous capables de faire ou de défaire une carrière à Holly­wood d’un simple claque­ment de doigts. Vu la terreur qu’il inspi­rait, je compre­nais parfai­te­ment que de jeunes actrices en quête de gloire n’aient pas eu le cran de le repous­ser malgré l’aversion qu’elle devait ressen­tir.

Traduit de l’allemand par Georges STURM. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.


Il est très rare que je lise des romans poli­ciers, mais c’est tout l’intérêt de ce club de lecture : se lais­ser guider vers des romans que j’ignorerais autre­ment. Ce roman permet de revivre le terrible hiver 1947 à Hambourg. Il y a fait un froid sibé­rien de janvier à mars. Et dans cette ville bombar­dée qui n’a pas encore eu le temps de se recons­truire, la popu­la­tion grelotte, a faim et vit pour une grande’ partie des plus pauvres dans des condi­tions de promis­cuité terribles. Beau­coup de gens fuyant les russes, ou n’ayant plus de maison s’entassent dans des hangars ou des bunkers et doivent leur survie à la fouille des décombres lais­sés par les bombar­de­ments. Sur ces ruines, quatre corps nus seront décou­verts, un homme deux femmes et une fillette (le fait est réel, la police n’a jamais pu savoir qui étaient ces gens et n’a pas pu trou­ver leur assas­sin). L’enquête est menée par un poli­cier Frank Stave, un adjoint qu’il n’apprécie pas Maschke, un anglais (Hambourg est encore en 1947 sous domi­na­tion britan­nique) James C. MsDo­nald. La vie après le IIIe Reich à Hambourg est beau­coup plus passion­nante que l’enquête elle-même (mais c’est une non-spécia­liste du genre « poli­cier » qui le dit !).

Au début j’étais gênée par le côté larmoyant du poli­cier : oui les Alle­mands ont souf­fert après la guerre mais étant donné le trai­te­ment qu’ils avaient réservé à l’Europe, je me sentais peu de compas­sion. Et puis, peu à peu, les person­nages se sont étof­fés et on sent que pour revivre, l’Allemagne doit faire face à son passé, beau­coup essaient de le faire, mais aussi que l’on ne peut pas tour­ner la page brus­que­ment. Les Alle­mands qui avaient vu leurs maisons détruites par les bombes anglaises étaient dans la misère et dans le déses­poir car ils se sentaient aussi coupables que victimes. Cela donne une ambiance étrange que cet écri­vain a parfai­te­ment rendu. On sent aussi qu’il faudra beau­coup de temps pour que les Alle­mands prennent conscience de l’étendue des horreurs que les nazis ont commises. Hambourg est rempli de réfu­giés, de personnes dépla­cées, mais aussi de bour­reaux qui se cachent parmi tous ces gens et espèrent ainsi échap­per à la justice.

Ce roman plaira sans doute aux amateurs des enquêtes poli­cières, avec des flics un peu glauques et ayant trop vu d’horreurs pour garder confiance dans la bonté des hommes. Mais même les non-lecteurs du genre aime­ront ce roman qui se situe à une époque très inté­res­sante, celle où les Alle­mands n’ont pas encore réalisé l’étendue des horreurs nazies et où ils doivent mettre leur fierté dans leur poche et accep­ter que les vain­queurs qui les occupent et qui ont détruit leurs villes soient les maîtres de leur pays.

Citations

En 1947 à Hambourg

Il arrive que de jeunes Hambour­geois, dont certains viennent juste d’être libé­rés d’un camp de prison­niers des Alliés, chahutent des soldats britan­niques dans les rues sombres, par fierté natio­nale comme ils disent, sans toute­fois oser aller plus loin. Stave quant à lui ne ressent aucune haine des occu­pants, même si c’est bien une bombe anglaise qui lui a ravi Marga­rethe. Confu­sé­ment, il se sent honteux des crimes des nazis, et c’est pour­quoi, même si l’idée lui paraît perverse, il se sent libéré d’un poids face aux dévas­ta­tions de la ville et à sa vie anéan­tie. Une perte et des priva­tions comme puni­tion méri­tée. On est devant des temps nouveaux. Peut-être.

Les survivants des camps 1947 Hambourg

Et quand un solli­ci­teur a supporté patiem­ment toutes les humi­lia­tions, la Croix-Rouge lui accorde une ration spéciale : un pain, une boîte de corned-beef, cinq tickets repas- déjeu­ner dans une cantine publique, huit semaines de rations supplé­men­taires sur la présen­ta­tion de la carte. C’est tout. Parce que les prati­ciens de la chambre des méde­cins de Hambourg ont décrété, je cite, » qu’en règle géné­rale l’état sani­taire et le niveau d’alimentation des déte­nus des camps est abso­lu­ment satis­fai­sant ».

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.


Lu en une nuit et sans aucune passion. Ce pauvre Benja­min vit dans une famille suisse très riche qui a les appa­rences d’une famille très heureuse. Malheu­reu­se­ment pour lui, elle n’a que ça, les appa­rences. Sa vie est à jamais boule­ver­sée par la dispa­ri­tion de sa sœur Summer, et vingt cinq ans plus tard, il est anéanti par ce souve­nir qu’il croyait avoir maîtrisé. Il lui faudra un courage incroyable pour remon­ter dans des souve­nirs et comprendre peu à peu ce qui était évident pour son entou­rage.

L’intérêt du roman vient de ce que nous parta­geons les efforts de cet homme dont le cerveau est embrumé par les mensonges de sa famille. Mais je n’ai pas été inté­res­sée par cette lecture, je me rendais compte que j’étais indif­fé­rente à l’histoire et pour­tant Monica Sabolo sait très bien la racon­ter, elle ne tranche jamais entre la mort ou la dispa­ri­tion de Sumer et ceci grâce à son narra­teur, celui qui était là, mais qui est aveu­glé par le poids de sa famille.

Citation

Voici la clé de l’histoire

- Et puis tes parents…
- Quoi, mes parents ? J’avais été surpris par le son d e ma voix, j’avais peut-être crié. Il fixait le mur, comme s’il regar­dait les images qui défi­laient derrière mon dos.
- On finit toujours par retrouve les gens, tu sais. Ils laissent une trace quelque part, ils passent un coup de télé­phone, se font repé­rer dans un super­mar­ché. J’avais envie d e vomir. Il avait des traces sombres de trans­pi­ra­tion sous les bras ; alors évidem­ment, s’il n’y a aucun indice aucun mouve­ment…

L’inspecteur a soupiré, comme si cette idée était trop déplai­sante. Il avait brus­que­ment baissé les yeux sur moi.

- quoi qu’il en soit, les gens ne dispa­raissent pas comme ça. Il y a toujours une expli­ca­tion. Et elle est souvent extrê­me­ment simple. A portée de main.


Vous avez été nombreux à parler en bien de ce roman, je vous ai donc suivis et je l’ai trouvé très instruc­tif. Il fait réflé­chir sur le trafic de drogue en France et le fonc­tion­ne­ment de la justice. J’ai moins aimé le côté roman poli­cier mais je ne suis pas adepte du genre. L’auteure est avocate et connaît bien son sujet, on peut suppo­ser qu’à part les exagé­ra­tions impo­sées par le genre, ce qu’elle nous décrit est assez proche de la réalité. Je ne sais pas pour­quoi elle fait un portrait aussi terrible de ses parents, qui engraissent leur jardin à coups de cadavres, et ce n’est certai­ne­ment pas cette partie qui m’a fait mettre quatre coquillages. Cette auteure a un style enlevé et souvent drôle, voire très drôle. Quand son person­nage prin­ci­pal devient inter­prète pour la justice, l’auteure qui en sait long sur la ques­tion nous fait décou­vrir le monde de la drogue en France qu’elle décrit ainsi :

Quatorze millions d’expérimentateurs de canna­bis en France et huit cent mille culti­va­teurs qui vivent de cette culture au Maroc. Les deux pays sont amis et pour­tant ces gamins dont j’écoutais à longueur de jour­née les marchan­dages purgeaient de lourdes peines de prison pour avoir vendu leur shit aux grosses des flics qui les pour­suivent, à ceux des magis­trats qui les jugent ainsi qu’à tous les avocats qui les défendent.

Je me suis fait ma philo­so­phie person­nelle à la lecture de ce roman, pour lutter contre la drogue et les mafias qui en vivent, il n’y a que deux solu­tions :

  • léga­li­ser toutes les drogues, et voir immé­dia­te­ment toute une partie de la jeunesse mourir devant nos yeux.
  • Où comme en Thaï­lande ou au Maroc (où elle est culti­vée !) punir de 20 ans de prison tous les consom­ma­teur et de mort tous les trafi­quants.

Sinon, toutes les autres solu­tions appor­te­ront des situa­tions bancales lais­sant place à la créa­tion litté­raire de bons romans poli­ciers !

Citations

Le nerf de la guerre et depuis si longtemps !

L’argent est « le Tout » ; le condensé de tout ce qui s’achète dans un monde où tout est à vendre. Il est là réponse à toutes les ques­tions. Il est la langue d’avant Babel qui réunit tous les hommes.

Humour

À l’époque on parlait beau­coup du créa­tion­nisme aux États-Unis et on pouvait lire des conne­ries du genre : les dino­saures ont disparu parce qu’ils étaient trop lourds pour monter sur l’arche de Noé.

Regard sur les années 70

Dans les années 70 ça se disait PDG . Ça allait avec le canard à l’orange, les cols roulés jaunes sur des jupes-culottes et les protège-télé­phones fixes en tissu galonné.

Ses parents

En couvrant sa femme des yeux avec fierté, mon père, qu’au passage toutes les pros­ti­tuées du quar­tier de la Made­leine appe­laient par son prénom, disait d’elle qu’elle était comme une oeuvre d’art : très belle, mais d’une valeur d’usage abso­lu­ment nulle.

Vision réaliste du trafic de drogue en France. Point de vue de la traductrice

Quoi qu’il en soit le trafic de stups m’a fait vivre pendant prati­que­ment vingt cinq ans au même titre que les milliers de fonc­tion­naires char­gés de son éradi­ca­tion ainsi que les nombreuses familles qui sans cet argent n’auraient que les pres­ta­tions sociales pour se nour­rir.

Les dealers la plupart Marocains en France

En semaine, leurs jour­nées commencent vers quatorze heures et se terminent à trois heures du matin. Elles se résument à des va-et-vient en scoo­ter ou en Smart entre leur point de réap­pro­vi­sion­ne­ment et de deal et leur bureau sis au kebab du coin ou à la salle de sport.
Si j’avais à les filmer dans leurs acti­vi­tés, je mettrais en fond sonore « What a wonder­ful world » de Louis Armstrong.
Toutes leurs conver­sa­tions tournent autour de l’argent : celui qu’on leur doit, celui qu’ils auraient dû toucher, celui qu’ils rêvent d’avoir… Cet argent, ils le claquent le weekend en boîte de nuit -les mêmes que les cadres de la Défense… Qui sont aussi leurs clients – sauf que eux, la bouteille de cham­pagne à mille euros, lorsqu’elle arrive sur leur table, ils la vident en la retour­nant dans son seau car ils ne boivent pas d’alcool. Souvent, à la sortie de la boîte, ils se battent et sont systé­ma­ti­que­ment arrê­tés et condam­nés sans que l’on cherche même à savoir si ce sont où les cadres de la Défense qui ont commencé.
Leur hiver, ils le passent comme leurs clients en Thaï­lande, notam­ment à Phuket mais dans un autre quar­tier : à Patong, rebap­tisé « Les 4000 » du nom de la cité de La Cour­neuve en Seine-Saint-Denis. Les Thaï­lan­dais les appellent les « French Arabics ».
Là-bas, c’est les vacances, ils ne dealent pas parce que le simple usage de stups est puni de vingt ans. L’été, ils se tapent le bled avec la famille. Là non plus il ne dealent pas pour les mêmes raisons.
Leurs films préfé­rés sont « Fast and Furious » 1, 2, 3 … 8 et « Scar­face ». Ils sont tout sur les réseaux sociaux – libres ou en taule, c’est selon ou ils s’affichent comme travaillant chez Louis Vuit­ton et fréquen­tant Harvard Univer­sity. Ils y échangent de grandes véri­tés où l’islam sunnite (la partie qui a trait à la poly­ga­mie, prin­ci­pa­le­ment), se mele aux répliques cultes de Tony Montana et aux textes des rappeurs qui dépassent les cinq cents millions de vues sur YouTube.
Ils sont en matière d’introspection comme tous les mes commer­çants du monde… D’une pauvreté crasse.
.…And I think tout myself What­sap à Wonder full world ..
Je sais, ça n’a pas l’air, mais j’ai pour certains d’entre eux comme de l’affection car ils me rappellent l’anarchisme de droite prati­qué par mon père et ils parlent comme lui la langue univer­selle : « l’argent ».

Traduit du finnois par Sébas­tien Cagnoli.

Comme quoi on peut écrire un excellent roman et un véri­table « narnar » si le mot existe pour les romans qui ne tiennent pas la route. Bien sûr la quatrième de couver­ture a trouvé deux critiques pour vous assu­rer l’un, que vous lirez « le meilleur roman de la saison » et l’autre, que « Sofi Oksa­nen sait nous surprendre ». J’accorde plus de crédit au deuxième critique car on peut se deman­der (et en être « surpris ») comment l’auteure de « Purge » a pu commettre un tel embrouilla­mini si peu digeste. C’est une sombre histoire d’une famille sous la coupe de la sympa­thique mafia ukrai­nienne. Tous les trafics les plus sordides passent par leurs mains.

Le fil conducteur(devrais-je dire le cheveu !) c’est une pauvre Norma affu­blée d’une cheve­lure qui pousse à toute vitesse, elle doit la couper quatre fois par jour, mais cela ne s’arrête pas là. Ses cheveux lui prédisent l’avenir, peuvent la défendre contre des agres­seurs, être fumés en drogue et …j’en passe ! On recon­naît un peu le style de l’auteur qui a l’art de ne pas dévoi­ler très vite les dessous des cartes. Mais dans ce roman cela donne un univers telle­ment embrouillé que je n’ai pas eu envie de démê­ler le vrai du faux, j’ai fini ce roman en diago­nal et je ne suis pas sûre d’avoir tout compris aux sombres trafics de la mafia : trafic de cheveux, d’organes, d’enfants sur fond de drogue de tout genre, de viols et de meurtres.

Je souhaite bon courage aux prochains lecteurs et ce que j’aimerais par dessus tout c’est lire un avis posi­tif car cela prou­ve­rait que je n’ai rien compris à cette histoire de cheveux et que l’auteure voulait nous dire quelque chose que je n’ai pas su voir.

Citation

Genre de phrases qui n’a aucun effet sur moi (même pas peur !)

Les molosses n’étaient pas là, ni les groupes de jeunes immi­grants, personne ; pour­tant, Marion sentait les yeux de Lambert sur son dos. Dès l’instant où il avait compris qu’Anita avait récolté des preuves sur les agis­se­ments du clan afin de les faire chan­ter, de les évin­cer, de régner sur leur terri­toire, ces yeux avaient été ceux d’une bête féroce aigui­sant ses crocs.

Traduit du Finnois par Anne Colin Du Terrail. Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard.

Il faut dire que cela me plai­sait assez de lire un roman traduit du finnois, ma biblio­thé­caire m’avait préve­nue, c’est un auteur complè­te­ment déjanté , mais ce roman-là lui semblait presque « normal ». Je ne sais pas si je n’avais pas le cœur à rire, mais au bout de la page 112, je commen­çais à être écœu­rée par tant de méchan­ce­tés et j’ai commencé à survo­ler rapi­de­ment. Je dois dire que l’humour finnois est un peu lourd pour moi. Je verrai mieux ce livre en BD, (ça me va bien de dire ça ! Je ne lis que très peu de BD). Disons que c’est un peu l’esprit « Hara-kiri » . Pour ceux qui aiment le genre, je raconte le début : une gentille vieille dame est harce­lée par un horrible neveu et ses deux complices et aura toutes les peines du monde à se débar­ras­ser de ces êtres nuisibles. Même dans l’au-delà, ils conti­nue­ront à lui nuire mais j’en dis peut être trop. Je vous reco­pie un passage pour que vous appré­ciez l’humour, si vous aimez allez-y ce livre est plus pour vous que pour moi !

Citations

la société finlandaise vu par l’horrible neveu qui a toujours vécu sans travailler, (cela fait réfléchir sur le revenu universel !)

La société finlan­daise et ses criantes inéga­li­tés nour­ris­saient leur amer­tume. Comment admettre, par exemple, que la pension de Linnea Ravaska atteigne cinq mille marks ? Le seul et unique mérite de cette vieille toupie avait été de vivre avec son crou­lant de colo­nel. La pension de Kake (le neveu) ne repré­sen­tait qu’une infime frac­tion de celle de sa tante. Et il croyait savoir que certains veinards dans ce pays, pouvaient toucher jusqu’à dix mille marks et plus ? Qu’avait-il donc fait pour être condamné à un sort aussi minable ? Rien. L’écart était encore plus abys­sal si l’on compa­rait sa situa­tion et son mode de vie à ceux de Linnea. De quel droit une frugale petite vieille perce­vait-elle plus du double de la pension d’un mâle vigou­reux qui dépen­sait pour se nour­rir plusieurs fois autant qu’une maigre veuve ? Sans parler de ses autres dépenses : il n’était pas assez caco­chyme pour vivo­ter heureux au coin du feu dans une métai­rie perdue au fin fond de la brousse. Pour un jeune homme écla­tant de santé, vivre en ville reve­nait horri­ble­ment cher, avec les inévi­tables voyages, les nuits à droite et à gauche. Il devait aussi déjeu­ner et dîner au restau­rant, puisqu’il n’avait pas de domi­cile conve­nable, et encore moins de femme pour lui faire la cuisine. Linnea pouvait faire en chemise de nuit, si elle voulait, l’aller retour entre sa ferme et l’épicerie de Harmisto, mais à Helsinski c’était autre chose, s’habiller coûtait une fortune. Quant à s’offrir des ciga­rettes et de l’alcool, il ne fallait pas y songer. La dispro­por­tion des dépenses et des reve­nus de la colo­nelle et de son neveu était verti­gi­neuse.
Et si, poussé par le besoin, on se trou­vait contraint de voler un peu pour mettre du beurre dans les épinards, on vous collait les flics aux fesses. La Finlande était un état poli­cier. L’action sociale y était digne du Moyen Âge .
Selon Perti Lahtela (le copain du neveu), la respon­sa­bi­lité de cette triste situa­tion incom­bait aux hommes poli­tiques, et en parti­cu­lier aux commu­nistes. C’étaient eux qui étaient au pouvoir quand ces misé­rables lois sociales avaient été votées. Or les cocos appar­te­naient à la classe ouvrière, et tout le monde savait quelles maigres paies touchaient les prolos . N’ayant aucune idée de ce qu’était un revenu correct, ils avaient fixé les pensions au niveau de leurs salaires. C’était pour cette raison que lui-même votait toujours à droite.

Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard. Traduit de l’anglais (États-Unis) par Cécile Leclère et coup de coeur de mon club.

Dans ma volonté d’aller vers des lectures qui ne sont pas trop dans mes goûts, je me suis lancée dans ce roman poli­cier car il était au programme de mon club. J’ai vrai­ment du mal avec le suspens et, encore une fois, j’ai commencé par la fin. Pour ce roman cela n’enlève pas grand chose à l’intérêt, sauf que je ne peux pas vous la racon­ter alors que j’en brûle d’envie. J’imagine vos décep­tions et la colère de Krol si je révé­lais la solu­tion de cet horrible suspens : est-ce que la pauvre Tessa « presque » victime d’un tueur en série quand elle avait 16 ans arri­vera à sauver du couloir de la mort celui qui avait été arrêté à l’époque ? Elle est adulte main­te­nant et doit donc revivre son calvaire car il n’est pas certain que le coupable idéal : un noir qui passait par là, soit vrai­ment le tueur. Je vous promets que ce que je dévoile ne va pas au delà des premières pages.

Ce qui rend ce roman origi­nal, c’est que la tension ne vient pas de la peur de l’ado séques­trée dans une tombe, on sait dès le début qu’elle a été sauvée contrai­re­ment aux autres « margue­rites » qui, elles, ont été assas­si­nées. Mais du fait que l’enquête doit reprendre et que les fils si embrouillés doivent être de nouveau démê­lés, l’angoisse s’installe quand même car Tessa semble si fragile et ce qu’elle a vécu si terrible. Je pense que les amateurs du genre doivent adorer, moi je le trouve éton­nant, bien construit et posant au passage le problème des préju­gés racistes qui empêchent que la justice améri­caine soit « juste » pour tous ses citoyens. Mais je ne comprends pas le plai­sir qu’on peut avoir à lire des horreurs abso­lues qui montent en tension grâce au suspens.

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Un trajet Saint-Malo – Paris en décou­vrant le pays Dogon. Merci pour ce conseil de lecture Maggie. Le roman a deux prin­ci­paux inté­rêts une enquête poli­cière, qui est sans mystère. On comprend très vite les enjeux du conflit qui opposent des jeunes perver­tis par l’argent, aux anciens du village respec­tueux des tradi­tions du pays des Dogons. L’autre inté­rêt ce sont juste­ment ces tradi­tions. Et aussi, celles de toutes les compo­santes du Mali. On se sent bien avec ce commis­saire Habib et son assis­tant Sosso, on comprend leurs réac­tions très carté­siennes face ce qu’on voudrait leur faire prendre pour de la magie. Une ques­tion restera sans réponse : l’assassin est-il le pire person­nage de cette sombre histoire ?

Si j’ai aimé la première partie de ce roman, et la plon­gée dans cette culture qui a fasciné tant d’ethnologues, la seconde moitié où l’enquête poli­cière doit être réso­lue m’a beau­coup moins plu, et j’ai même alors trouvé que les réali­tés afri­caines étaient trop cari­ca­tu­rées. Je suis déci­dé­ment extrê­me­ment diffi­cile pour la litté­ra­ture poli­cière et donc, je ne suis pas un très bon juge. Si ce roman vous tombe sous la main, mes réserves, ne doivent pas vous arrê­ter, Koussa Konake m’a quand même permis d’oublier complè­te­ment le train et les passa­gers entre Saint-Malo et Le Mans ( un peu trop court pour aller jusqu’à Paris) , j’étais sur les routes cabos­sées entre Mopti et le pays Dogon, malgré les nombreux rappels de la restau­ra­tion me disant que la voiture Bar était dans la voiture 14 et que des plats de grande qualité m’y atten­daient.

Citations

Vivre dans des milieux hostiles

Ces terres arides, rocailleuses, ravi­nées, où tout porte l’empreinte d’une érosion sans fin, sont à l’image de la vie rude de leurs habi­tants. Ici, il n’y a que la sueur de l’homme pour faire verdir les rochers. Si, quelque fois, un mari­got offre son eau, c’est juste pour assu­rer la survie. La nature n’écrase pas l homme, elle le mini­mise.

La religion en pays Dogon

Il arrive qu’une mosquée ou une église de ciment détonne dans cet univers telle­ment uniforme, mais on sent qu’elles attendent un Dieu qui n’est pas d’ici. Car le Dieu des Dogons n’a besoin ni de mosquée ni d’église. C’est Amma et il vit en chaque chose, dans chaque objet sculpté, dans l’âme de chaque Dogon.

Humour, après une conversation avec le ministre de l’intérieur

- Il a toujours été comme ça, jovial, sympa­thique, dyna­mique. Un vrai séduc­teur. On ne peut pas dire le contraire. Il est éloquent aussi, c’est sûr.
– Mais pares­seux.
– Ben oui, on ne peut pas tout avoir.

20151221_135737Traduit de l’anglais (États-Unis) par Fanchita Gonzales Battle. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 

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Roman poli­cier clas­sique donc, évidem­ment, avec une pointe d’originalité, celle-ci provient du fait que deux prota­go­nistes sont télé­pathes. Ils entendent parfai­te­ment les idées des gens qui sont en face d’eux. C’est parfois utiles, quand on joue au poker par exemple, gênant quand on fait l’amour et qu’on se rend compte que sa parte­naire fait sa liste de courses en même temps, mais très utiles pour inter­ro­ger des terro­ristes. Je pensais beau­coup m’amuser en lisant ce roman, mais il n’y a pas tant d’humour que cela. L’intrigue est assez complexe et demande à être menée jusqu’au bout. Donc, cela occupe une grande partie du roman. Il faut de plus comprendre le pour­quoi du phéno­mène . Si bien que fina­le­ment, on est dans un poli­cier bien ficelé et très clas­sique. Ce n’est pas trop mon style mais j’ai hâte d’être à la réunion du club car nous avons des incon­di­tion­nelles du genre.

Pour ma part, je trouve que le suspens prend trop de place par rapport à la réflexion que j’aurais souhaité plus déve­lop­pée sur ce qu’un gouver­ne­ment est capable de faire pour la « bonne cause », par exemple la lutte contre le terro­risme. J’ai regretté égale­ment que l’auteur ne soit pas plus humo­ris­tique sur les possi­bi­li­tés qu’offrirait la télé­pa­thie. Je me souviens d’un roman de Fredric Brown « martien Go-Home » telle­ment plus amusant et destruc­teur. Des martiens qui n’ont comme arme que le fait de dévoi­ler la vérité et les pensées les plus secrètes de chaque homme, finissent par détruire complè­te­ment la société améri­caine. J’avais beau­coup ri, mais je ne l’ai pas relu depuis long­temps.

Citation

À quoi pense une femme qui fait l’amour ?

Les animaux c’est sympa ; conti­nua Denny. Je ne me sens pas mal avec eux. Ils ne pensent pas beau­coup. Angela, c’est une fille bien, mai merde, elle n’arrête pas de penser. On était en train de baiser l’autre soir et elle pensait à la vais­sele qu’elle avait lais­sée dans l’évier.