Édition Gras­set

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard 

Excu­sez le flou de la photo !

J’ai bien aimé ce roman qui raconte le déses­poir d’une enfant qui ne retrouve pas, un soir en reve­nant de l’école, sa mère, à la maison. « Elle est partie » lui dit son père, et elle n’en saura jamais plus.

Sa mère grande dépres­sive, était depuis quelques temps deve­nue mutique et restait allon­gée sur un lit. Son père et sa fille venaient lui parler sans que jamais elle ne leur réponde. Et puis, trente ans plus tard, un message télé­pho­nique lui apprend où vit sa mère. En aban­don­nant immé­dia­te­ment tout, elle part retrou­ver celle qui lui a tant manqué.

Le roman suit le voyage de cette femme vers sa mère et la lente remon­tée dans ses propres souve­nirs. On comprend sa colère contre son père et ses grands-parents qui l’ont élevée mais qui n’ont jamais voulu lui dire où était sa mère. Le savaient-ils ? Elle a choisi le théâtre pour se recons­truire et cette adoles­cente bles­sée a retrouvé dans la person­nage d’An­ti­gone un écho à sa propre douleur. Son père va refaire sa vie et la laisse près de ses grand-parents. On a du mal à comprendre pour­quoi ce silence qu’elle ne peut inter­pré­ter et en consé­quence de quoi la prive d’un rapport normal avec eux. Ils n’ont pas su l’ai­mer mais elle ne s’est pas lais­sée appro­cher d’eux. Pour­tant, si sa grand-mère est très brusque, son grand-père semble plus tendre. Elle retrou­vera sa mère mais n’en saura pas beau­coup plus.
Le lecteur n’aura jamais toutes les clés pour mieux comprendre les person­nages de ce roman. La dépres­sion de sa mère, le silence de son père et de ses grands-parents, et pour­quoi adulte, elle n’a pas plus cher­ché où était sa mère. Cela m’a un peu gênée, pour faire de ce roman un vrai coup de cœur.

En rempli­q­qant mon abécé­daire je me suis aper­çue que j’avais déjà lu un livre dette auteure : « Rêves oubliés » (que j’avais bien oublié, il est vrai !)

Citations

Départ de sa mère

Elle se souvient du jour où son père, Isidore, lui avait dit : maman est partie.
Une phrase simple sujet verbe parti­cipe passé. Une phrase tout à fait intel­li­gible. Magda­lena la compre­nait, mais la trou­vait trop courte. Il manquait au moins un complé­ment de lieu, ainsi que plusieurs para­graphes d’ex­pli­ca­tions. Une maman ne part pas comme ça.

Le courrier

Les gens ne s’écrivent plus, disait-il à Appo­lo­nia, des cour­riers élec­tro­niques, c’est de l’écrit impal­pable, et ce qui ne se touche pas ne compte pas. À la fin, je ne portais plus que des publi­ci­tés, des factures, des rele­vés de banque, aucune trace de stylo, d’écri­ture, une carte postale de temps en temps pour une grande tante parce qu’on sait qu’elle aime ça. Souve­nir de Rome, de Budapest.

Métier d’actrice

Chaque person­nage est un manque de plus, un effa­ce­ment du trait, un détour sur le chemin, un sentier sauvage à défri­cher, une bifur­ca­tion, une excuse, une halte, encore une, pour ne pas s’ap­pro­cher du cœur, du poumon, et rester en lisière de soi, de son propre désir, se remplir du regard des autres, pour le prendre en embus­cade, le séduire, s’en empa­rer, afin d’évi­ter toujours d’être soi-même ?

6 Thoughts on “Revenir à toi Léonor De RECONDO

  1. J’ai aimé le roman de cette auteure à ses débuts mais je n’ai rien lu depuis, pas certaine de lire celui là les absences de fin me gêne un peu comme si l’au­teur ne se déci­dait pas, je ressens ça comme un tour de passe passe

  2. Le silence des familles est vrai­ment assas­sin ! mais ce que tu dis du peu de recherches de la narra­trice et du silence qui perdure ne me tente pas beaucoup.

    • On a quand même quelques expli­ca­tions sur la dépres­sion de la mère mais pour­quoi ensuite rien n’est expli­qué à cette petite fille s’est moins compréhensible.

  3. Ca, c’est le genre de roman que je préfère passer, de ceux dont on a parlé l’autre jour. Les « pour­quoi ». C’est l’im­pres­sion qu’il me donne en tous cas !

    • Pas tout à fait , je sais pour­quoi l’auteure l’a écrit : pour racon­ter les consé­quences du non-dit chez une enfant qui aimait sa mère et qui du jour au lende­main doit faire face à sa dispa­ri­tion sans aucune explication.

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