20160718_100133Traduit de l’an­glais par Mathilde Bach. Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard, il a obtenu « un coup de cœur », ce sont des valeurs sûres ces coups de cœur de notre club !

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Superbe roman qui tient en haleine le lecteur jusqu’au point final. Plusieurs histoires se croisent et inter­fèrent les unes dans les autres. On y retrouve cette sensa­tion qu’un « frois­se­ment d’aile de papillon » dans un coin de la planète aura des réper­cus­sions dans le monde entier. Dans la péri­phé­rie de Las Vegas, la famille de Daniel vit au rythme des missions mili­taires d’un genre parti­cu­lier. Il dirige des drones sur des terro­ristes qui menacent la planète. Une guerre propre ? Seule­ment est-ce qu’une guerre peut l’être ? Ce jour là , Daniel et Maria ne tueront pas seule­ment un terro­riste sur la fron­tière afghane et pakis­ta­naise, en appuyant sur un bouton, ils tueront aussi le grand amour d’un écri­vain : Michael. Celui-ci, terrassé par cette mort qu’il ne comprend pas, essaie de se recons­truire auprès de Saman­tha (à qui le livre est dédié) Josh et leurs deux filles dans un agréable quar­tier de Londres. Mais là encore, la bavure des mili­taires améri­cains aura des consé­quences tragiques.

Le roman raconte la lente recons­truc­tion d’un homme écri­vain après un deuil tragique. Le fait qu’il soit écri­vain est impor­tant, il a toujours écrit ses livres grâce à un un don parti­cu­lier : il sait entrer dans la vie des gens et ceux-ci lui font confiance au point de ne rien lui cacher de leur senti­ments les plus intimes. Grâce à ce don, il devient l’ami indis­pen­sable de ses voisins, celui qui est invité à toutes les fêtes et qui peut donc un jour pous­ser la porte de leur maison en leur absence afin de récu­pé­rer le tour­ne­vis dont il a un besoin urgent. Le roman peut commen­cer, nous progres­sons dans la maison des voisins de Michael, saisi peu à peu par un senti­ment d’an­goisse terrible.

Je m’ar­rête là, car le roman est construit sur un suspens que je n’ai pas le droit de divul­gâ­cher sans me mettre à dos tous les amateurs du genre qui seront ravis, car c’est vrai­ment bien imaginé. J’ai person­nel­le­ment été plus sensible aux réflexions sur l’écri­ture. Ce person­nage d’écri­vain repor­ter m’a beau­coup inté­res­sée. Faire son métier en utili­sant la vie d’au­trui comporte toujours une part de voyeu­risme qui est aussi un des thèmes de ce roman. Mais évidem­ment l’autre centre d’in­té­rêt qui ques­tionne aussi beau­coup notre époque ce sont les consé­quences de la guerre de notre temps qui utilise des drones pour éviter de faire mourir au sol les soldats de la force dominante.

Citations

Une bonne description

Ces hommes qui travaillaient dans des bureaux, et que les costumes ne semblaient jamais quit­ter, même nus.

L’anglais international

Il n’ar­ri­vait pas à recon­naître son accent. Ses phrases commen­çaient en Europe puis elles migraient, comme des hiron­delles, survo­laient l’Afrique à mi-chemin du point final.

Les vertus de la mer

La côte n’avait jamais été son décor natu­rel. Et cepen­dant il se réveilla avec la certi­tude que seul l’océan pouvait l’apai­ser. La mer semblait assez immense pour répri­mer les angoisses qui le déchi­raient . Assez pure pour lui dessiller les yeux.

Les peurs américaines et la guerre des drones

Las Vegas four­nis­sait à l’Amé­rique des versions du monde, afin que l’Amé­rique n’ait pas besoin de s’y aven­tu­rer. D’autres pays, d’autres lieux étaient ainsi simul­ta­né­ment rappro­chés et tenus à distance. Exac­te­ment comme ils l’étaient sur ces écrans qu’il obser­vait à Creech. N’était-ce pas ce qu’ils faisaient égale­ment là-bas, lui et Maria, avec leur tasse à café qui refroi­dis­sait sur l’éta­gère à côté ? Intro­duire dans l’Amé­rique une version de la guerre. Une version à la loupe mais à distance, un équi­valent sécu­risé, où ils n’étaient pas obli­gés d’al­ler eux-mêmes.

26 Thoughts on “J’ai vu un homme – Owen SHEERS

  1. Un univers très éloi­gné du mien ; raison de plus pour le lire :-)

  2. De cet auteur, j’ai lu « Résis­tance », une uchro­nie qui m’a bien plu.

  3. Touchée, coulée, tu m’as convaincue !

  4. Auteur inconnu, sujet très inté­res­sant et avis enthou­siaste, tout pour plaire en somme !

  5. Les romans avec des roman­ciers m’at­tirent toujours, je note !

  6. Edea on 22 août 2016 at 13:38 said:

    Inté­res­sant. Je note

  7. j’aime bien le thème de ton roman même si ces guerres me lassent un peu par moment et puis tes 4 coquillages sont une bonne raison de le lire

  8. Je n’ai pas compris l’his­toire, mais peu importe, si tu me dis que c’est à lire !

    • Comment ça pas compris, le person­nage prin­ci­pal rentre chez ses voisins et l’an­goisse commence … et en plus un drone améri­cain a tué la mauvaise personne , je me trouve très claire !

  9. Freg on 23 août 2016 at 08:42 said:

    Thril­ler alors je passe mon tour.

  10. J’ai été moins enthou­siaste que toi, même s’il y a des choses que j’ai beau­coup aimées dans ce roman.

  11. Bonjour Luocine, je le note pour l’emprunter en biblio­thèque. Bonne journée.

  12. Intri­gant … Thril­ler + drone … Pour­quoi pas … Et quatre coquillages, quand même, quand je le croi­se­rai en poche, je pense que je me lais­se­rai convaincre !

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