Traduit de l’al­le­mand par Cathe­rine Barret.
2
J’ai commencé ce livre en étant persuadé que j’allais m’amuser, l’his­toire des réin­car­na­tions succes­sives ça me plai­sait bien : pas de chance je me suis un peu ennuyée, pas au point d’arrêter le livre mais je l’ai lu sans passion. Je pense que si ce livre a eu autant de succès en Alle­magne, c’est qu’il doit avoir des effets de langue qui dispa­raissent à la traduc­tion. Sinon qu’un Alle­mand construise tout un livre sur le regret qu’une femme peut éprou­ver à ne pas avoir été assez présente pour son enfant, ne me surprend pas, mais ne me passionne pas. Je pense que ce genre de livre ne doit pas contri­buer à réduire ce para­doxe : l’Allemagne est le pays où on est le plus persuadé que rien ne remplace la présence de la mère auprès d’un enfant jusqu’à 4 ou 5 ans et en même temps celui où le taux de fécon­dité est le plus bas.
Pour ce qui est des mœurs de l’audiovisuel, on n’apprend vrai­ment pas grand-chose !

4
J’ai commencé ce roman avec amuse­ment, persua­dée que je n’y trou­ve­rai qu’un inté­rêt modéré. (Ma grand-mère me parlait toujours avec émotion de Madame Coty, c’était son idéal de femme, elle lui attri­buait des pensées de compas­sion pour les pauvres gens – sans doute à cause de la photo où elle sert de la soupe à son président de mari- et surtout Madame Coty était une bonne catho­lique). J’ai beau­coup aimé le livre du petit fils de René Coty, il permet au lecteur de traver­ser le siècle par petites touches et analyses assez fines de notre société. L’auteur s’y met en scène avec une honnê­teté surpre​nante​.Je pense que mon inté­rêt vient aussi de la descrip­tion d’Etretat ou plus d’un dinar­dais retrou­vera des remarques qu’il se fait parfois sur notre « si » petit monde. Je sais que j’offrirai ce livre à des amis de Saint-Lunaire, Saint Briac ou de Dinard. Son dernier chapitre sur le bain dans l’eau de la Manche m’a vrai­ment ravie.

Citations

Mais le rêve d’amour avait fait place au harcè­le­ment mutuel qui occupe souvent les vieux couples.

Chaque dimanche, après déjeu­ner, les paysans cauchois s’engouffrent dans leur voiture pour aller regar­der la mer …tout le reste a changé : les culti­va­teurs habitent des maisons modernes, recons­truites à l’intérieur des anciennes cours plan­tées ; leurs bêtes engraissent dans des hangars en parpaings et leur four­rage est protégé par des bâches en plas­tique sous des piles de pneus.

Abré­geons les préli­mi­naires qui consti­tuent, pour cette acti­vité, le moment le plus pénible. Aucune douceur, aucune exci­ta­tion, aucun fris­son d’extase à espé­rer quand la première vague glacée vient lécher vos orteils. Elle semble plutôt là pour vous faire renon­cer, en vous rappe­lant que, même par beau temps, la mer reste toujours aussi fraîche, très infé­rieure à la tempé­ra­ture du corps…… Certains courent aveu­glé­ment sur les galets, ils descendent la pente en pous­sant des cris et entrent dans l’eau comme des soldats de 14 se jetant sous la mitraille ; d’autres hésitent longue­ment et progressent, pas à pas, dans une rela­tion maso­chiste avec l’élément.

Traduit de l’an­glais (États Unis) par Jean­nine Hérisson.
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J’ai tout simple­ment adoré ce livre, pour­tant je ne suis pas une passion­née de la nature, et l’auteur y raconte avec minu­tie ses obser­va­tions sur les plantes, les insectes et les animaux. Elle raconte très bien et au-delà de on sent tout les efforts qu’elle a dû faire pour vivre seule. Je la comprends trop bien : il a fallu qu’elle prenne racine. Au milieu des obser­va­tions animales on trouve des petites notes sur les humains et les humaines qui m’ont beau­coup touchée. En parti­cu­lier sur la soli­tude des femmes « d’un certain âge ».

Citations

Pendant ces douze années, j’ai appris qu’un arbre a besoin d’espace pour pous­ser, que les coyotes chantent près du ruis­seau en janvier, que je peux enfon­cer un clou dans du chêne seule­ment quand le bois est vert, que les abeilles en savent plus long que moi sur la fabri­ca­tion du miel, que l’amour peut deve­nir souf­france, et qu’il y a davan­tage de ques­tions que de réponses.

On en parle

http://​www​.rats​de​bi​blio​.net/​h​u​b​b​e​l​l​s​u​e​.​h​tml
5
Très bon roman, et là fran­che­ment le fron­tière entre­livre pour ado et adulte dispa­raît. J’ai beau­coup appré­cié aussi le site consa­cré au livre http://​letemps​des​mi​racles​.bondoux​.net C’est un véri­table prolon­ge­ment du livre. Beau­coup d’humour, d’amour de tragé­dies et de déses­poirs dans la fuite de cette femme à travers le Caucase. L’enfant arri­vera en France, elle non. Toute l’horreur de notre monde actuel est très bien racon­tée dans ce petit roman.Lorsque les deux enfants Prudence du Libé­rai et Koumaïl-Blaise du Caucase font un concours des horreurs qu’ils ont déjà vécus, on revoit sans peine toutes les images qui hantent nos mémoires d’aujourd’hui. Comme beau­coup de livres avec un itiné­raire à parcou­rir l’intensité parfois décroit, mais il y a des moments inou­bliables : l’immeuble, la décharge. La fin est terrible, on se demande comment va faire le héros pour conti­nuer à vivre. C’est aussi un livre sur l’amour maternel.

Traduit de l’an­glais ( de l’Inde) par Chris­tiane Besse

4
Très beau livre et il m’a obli­gée à lire lente­ment, cela signi­fie que le livre me passionne autant pour son histoire que son écri­ture. On y lit la diffi­culté de « sur »vivre au Bengla­desh. Beau­coup de thèmes sont abor­dés avec une grande déli­ca­tesse, la protec­tion de la nature, les rapports dans le couple et la violence des conflits dans cette région où les popu­la­tions sont parfois à la limite de la survie. La descrip­tion du raz de marée est abso­lu­ment saisis­sante. Le mélange des mythes et des faits natu­rels est très inté­res­sant. Pour une fois, dans un récit à propos de l’Inde les castes et les reli­gions sont au second plan, et on y retrouve donc les valeurs d’humanité commune à toutes les civilisations.

Traduit de L’an­glais (États Unis) par Fran­çois Hirsch.

3
La ques­tion que je me pose : pour­quoi un auteur a‑t-il besoin d’imaginer une fin de vie sur terre aussi atroce ? Un père et un fils errent sur une terre déso­lée après une apoca­lypse. La nature est deve­nue hostile, les hommes sont pour la plupart des hordes de canni­bales. Le dialogue du père et du fils est poignant. Quelques para­graphes sur la beauté de notre monde sonnent comme autant de mises en garde de ce que nous risquons de perdre si nous détrui­sons notre seul bien commun à tous : la planète terre.

Ce livre m’a rendue triste et m’a mise très mal à l’aise, je ne peux pas dire que je l’ai appré­cié mais je n’ai pas pu le lâcher avant la fin.

Citations

Dilaogue père fils

- J’ai dit qu’on n’était pas en train de mourir. Je n’ai pas dit qu’on ne mour­rait pas de faim.
– Mais on ne mange­rait personne ?
– Non. Personne.
– Quoi qu’il arrive.
– Jamais. Quoi qu’il arrive.
– Parce qu’on est des gentils.
– Oui.
– Et qu’on porte le feu.
– Et qu’on porte le feu. Oui.
– D’accord

Fin du livre

Autre­fois il y avait des truites de torrent dans les montagnes. On pouvait les voir immo­biles dres­sées dans le courant couleur d’ambre où les bordures blanches de leurs nageoires ondu­laient douce­ment au fil de l’eau. Elles avaient un parfum de mousse quand on les prenait dans la main. Lisses et musclées et élas­tiques. Sur leur dos il y avait des dessins en poin­tillé qui étaient des cartes du monde en son deve­nir. Des cartes et des laby­rinthes. D’une chose qu’on ne pour­rait pas refaire. Ni répa­rer. Dans les vals profonds qu’elles habi­taient toutes les choses étaient plus anciennes que l’homme et leur murmure était de mystère.

Traduit du hongrois par Georges Kassai et Zeno Bianu.

3
J’ai relu ce livre après avoir décou­vert une excel­lente critique sur un blog. Je m’y suis accro­chée, cram­pon­née, pendant quinze jours de mes vacances d’été. J’ai réussi à le finir mais je me suis vrai­ment ennuyée. Juste­ment, l’ennui ? : C’est un livre sur l’ennui de vivre ‚donc réussi ?

Trois points de vue se croisent pour expli­quer un échec amou­reux et racon­ter la fin d’une société en Hongrie. Le premier celui de la première femme d’un grand notable hongrois, qui aime son mari, hélas, elle comprend qu’il en aime une autre. Comme elle appar­tient à une couche sociale un peu moins élevée que lui, elle n’est complè­te­ment à l’aise dans son monde. La deuxième voix : le mari qui s’ennuie déses­pé­ré­ment et qui se sentira fina­le­ment trahi par la bonne qu’il a fini par épou­ser malgré l’énorme diffé­rence sociale. La bonne qui n’aime pas grand monde, mais qui est très belle son point de vue nous permet de comprendre vrai­ment le niveau social du person­nage prin­ci­pal. En toile de fond la fin de la haute bour­geoi­sie et l’arrivée des Russes en Hongrie.

Tous ces person­nages se racontent à un person­nage qu’on ne connaît pas et cela donne une lour­deur au roman qui m’a rendu la lecture parfois insupportable.

Citations

La mère du personnage principal

Voilà c’est comme ça…il y en a un qui aime plus que l’autre. Pour­tant, c’est celui qui aime qui a la tâche la plus facile. Tu aimes ton mari, alors, même si tu souffres tu as la meilleure part. Moi, il m’a fallu suppor­ter un amour que je ne parta­geais pas. Voilà qui est bien plus difficile.

Le grand bourgeois

Oui seul le petit-bour­geois est céré­mo­nieux. Car il a besoin de l’être pour se prou­ver quelque chose jusqu’à la fin de sa vie.

En fait, la plupart des êtres humains sont inca­pables de donner et de rece­voir, leur lâcheté et leur vanité s’y opposent, ils ont peur de l’échec, peur de se livrer à autrui, de révé­ler leur secret, leur triste faiblesse, leur besoin vital de tendresse.

La fin du roman

Nous sommes sortis ensemble comme de vrais amis, comme deux hommes qui avaient couché avec la même femme sous une même couver­ture. Vois-tu c’est ça, la vraie démocratie.

4
J’avais trouvé cette réfé­rence sur un site inter­net qui recom­man­dait « une année à la campagne ». Les deux livres n’ont rien à voir mais j’ai pensé que si le premier me plai­sait pour­quoi pas celui-ci. J’ai aimé l’histoire d’amour mais le plus inté­res­sant c’est l’incompréhension de deux personnes : la femme intello cita­dine et le fermier qui bosse comme un fou. Aucun des deux ne sait, ni ne peut, faire des conces­sions, ils s’aiment mais ne peuvent vivre ensemble. La fin me surprend : ils feront un enfant ensemble sans avoir résolu leurs problèmes de diffé­rences. L’en­semble du roman est drôle et tonique. Comme mes lectures de l’été 2009 étaient plutôt tris­tounes, j’ai bien apprécié.

Citations

Jamais un point de croix ne fran­chira ma porte, et il est probable qu’un Käthe Koll­witz ne fran­chira la sienne. (paroles de Désirée)

Je devrais peut-être lui faire cadeau de quelques brode­ries de maman (paroles de Benny)

Elle ne sait même pas prépa­rer des boulettes de viande, ai-je dit.Elle sait seule­ment lire des livres et parler des théo­ries d’un certain Lacong (paroles de Benny).