20160603_1631165
Depuis La Frac­tale des Ravio­lis, je sais que je lirai ce roman soute­nue dans cette volonté par JérômeNoukette et Keisha. Il était dans mes bagages depuis long­temps, et je suis ravie de l’avoir lu et relu puisque j’avais du temps. Je fais partie du club des lecteurs qui adorent les histoires, Pierre Raufast me permet de retrou­ver mes plai­sirs d’enfance , du temps où des adultes me racon­taient « Le Livre de la Jungle » ou « Les lettres de mon Moulin » . Je peux comprendre que l’on n’adhère pas à cet auteur car il semble si peu sérieux aujourd’hui de lire des histoires inven­tées qui s’enchaînent avec une logique impla­cable. L’imaginaire n’est pas à la mode sauf pour les enfants, ou en bandes dessi­nées. Je pense qu’un jour un dessi­na­teur s’emparera de cet univers si parti­cu­lier. En atten­dant, pour toutes celles et tous ceux qui veulent rêver, sourire et se lais­ser empor­ter par des fictions si bien construites qu’on est prêt à croire sur parole cet auteur qui expliquent avec le plus grand sérieux des histoires nous emportent loin, bien loin de tous nos soucis du quoti­dien , lisez cette « Variante Chilienne ».

J’ai adoré le moment où les deux compères quelque peu éméchés ont essayé divers tech­niques pour éteindre les vers luisants, je vous dirais bien comment c’est possible mais vous perdriez tout le sel de cette histoire. Je vous mets quand même sur la piste : claquer des mains ne suffit pas ! On ne peut pas racon­ter ce livre, car l’art d’un conteur est subtile et vient autant de l’histoire elle-même que de la façon de la racon­ter. Mais quand même, sachez pour les esprits sérieux, que vous appren­drez comment cueillir des noix grâce aux héli­co­ptères, le pour­quoi du ratage du prix Nobel de litté­ra­ture pour Jorge luis Borges, vous vivrez dans un village où il a plu pendant 10 ans sans discon­ti­nuer : entre réalité et fiction, mensonge et vérité, Pierre Raufast signe un second roman qui m’a sans doute encore plus ravi que le premier parce que fina­le­ment je trouve qu’il aide à vivre quand on a l’âme en peine (la preuve : je lui mettrai bien 6 coquillages !).

Citations

Humour (irrésistible pour moi !)

Diffi­cile à croire, mais cet endroit avait été le bordel de campagne des paysans du coin avant la guerre. Il fut maquillé sous l’Occupation afin d’éviter que les soldats alle­mands ne souillent le patri­moine natio­nal.

Je connais des gens comme-ça, mais ils le disent moins bien

L’été je mets ma peau en jachère, je la laisse se repo­ser. Au bout d’une semaine, ma barbe a poussé. Alors, je suis content. Au bout d’un mois, de grosses boucles blanches se forment. Là je suis tout à fait heureux. Mes talents de philo­sophe décuplent. Je suis le Samson de la barbe blanche. À la rentrée des classes, je me rase. Je rede­viens le profes­seur fati­gué qui tourne la meule du savoir.

Les énumérations que j’adore

Avec passion, il décou­vrit la science du mélange des terres, argile, marne et silice : le malaxage, le pour­ris­sage, l’estampage, le mode­lage, le cali­brage, le montage, le tour­nage, le tour­nas­sage, le moulage, le coulage, l’ansage, le séchage et la cuis­son, qu’il appe­lait par défor­ma­tion « le cuis­sage ».

J’adore cette phrase

Les « si » sont des carre­fours invi­sibles dont l’importance se mani­feste trop tard.

La perte des histoires non-racontées

Quel gâchis ! Un cime­tière, c’est comme une biblio­thèque remplie de vieux livres dont on aurait perdu la clef.

24 Thoughts on “La variante Chilienne – Pierre RAUFAST

  1. Les vers luisants, ah mais j’ai oublié ça ! Faut que je relise, alors ? ^_​^

    • je te donne une indi­ca­tion, la consom­ma­tion de liquide alcoo­lisé aide à en trou­ver l’idée et aussi à sa réali­sa­tion…

  2. Ouiiiiiii !!! Encore meilleur que le premier, je suis bien d’accord ! Vive­ment le suivant !

    • je pense que c’est un écri­vain qui fait le plus grand bien à ceux et celles qui refusent abso­lu­ment de perdre la tota­lité de leur âme d’enfant

  3. J’avais appré­cié la frac­tale des ravio­lis et celui-ci était déjà noté ! Je m’en réjoui d’avance vu ce que tu en dis

    • Moi je conseille de lais­ser passer du temps entre deux romans de cet auteur , je l’avais acheté aussi­tôt après ma lecture de la frac­tale mais je l’ai relu , un an après pour mieux le savou­rer

  4. Je me souviens très bien du passage des vers luisants ! C’était ma première lecture de l’auteur et j’ai l’intention de lire main­te­nant « La frac­tale des ravio­lis ».

  5. J’avais envie de lais­ser passer du temps pour lire celui-ci ! Il faut savou­rer les bonnes choses ! Je le lirai un jour, c’est sûr.

  6. Bonsoir Luocine, que j’ai aimé ce roman ! J’espère que l’écrivain conti­nuera à écrire dans cette veine. Un bonheur de lecture. Bonne soirée.

  7. bon ça y est je suis sur le point de me lais­ser convaincre n’ayant jamais lu l’auteur

  8. L’art d’un conteur, c’est exac­te­ment ça. Et comme tu le dis, c’est devenu de plus en plus en rare alors autant en profi­ter quand on tombe sur une telle pépite.

  9. Quand Noukette et toi vous dites le mot « pépite » mon inté­rêt est immé­dia­te­ment en éveil et je ne suis jamais déçue … Pour Pierre Raufast je suis d’accord c’est un auteur complè­te­ment à part , je me demande ce qu’il va inven­ter ?

  10. Oh merci Luocine ! Sans vous racon­ter des histoires (pour une fois), cet article et ces gentils commen­taires me touchent beau­coup :-D

  11. Un auteur que je n’ai pas tenté jusqu’à présent : il va falloir que je remé­die à ça, appa­rem­ment !

  12. Le ratage du Nobel par Borges : je suis curieux de connaître l’explication, variante chilienne, de Raufast.

  13. moi aussi j’avais aimé, beau­coup plus que la Frac­tale ! Plus subtil, plus poétique, je trouve… L’auteur est en train d’écrire le prochain :) !

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation