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Voici le livre respon­sable du long silence de Luocine. Deux semaines sans rajou­ter un livre sur mon blog ! Sans aucune hési­ta­tion, je mets Alias Cara­calla dans mes préfé­rences. Ce n’est pour­tant pas un roman. C’est parfai­te­ment écrit, cet essai nous permet de suivre, jour après jour, les efforts de Jean Moulin pour unifier la résis­tance. C’est peu de dire que tous les coups sont permis. J’ai lu ce livre en me docu­men­tant sur l’internet pour mieux comprendre ce qui s’était passé dans ces années là. Et comme dans le site que j’indique, j’ai perdu un ami lorsque dispa­raît Jean Moulin.En fili­grane du récit on voit l’évolution de Jean Cordier, son enga­ge­ment derrière Maur­ras son évolu­tion face aux trahi­sons de sa famille poli­tique, et sa prise de conscience des ravages de l’antisémitisme. Ce passage est souvent cité,tant il est sobre et en même temps très beau.J’ai passé trois semaines intenses loin du monde présent, mais j’ai mieux compris les consé­quences sur la poli­tique de notre pays. La page est aujourd’hui tour­née mais pour comprendre l’opposition de Mitter­rand au Géné­ral de Gaulle, je pense qu’il faut lire ce livre. Il n’en parle pas : Mitter­rand n’est pas encore dans la résis­tance quand le livre s’achève mais l’opposition de de Gaulle aux partis tradi­tion­nels est très bien décrite. Les hommes des partis de la IIIe répu­blique ont dû ressen­tir tout son mépris face à leur inac­tion et à leurs divisions.J’ai été égale­ment très sensible à l’effort de mémoire que fait cet homme de 90 ans aujourd’hui pour se souve­nir exac­te­ment de ce qui s’est passé. Pendant ces trois années sans aucun doute les plus impor­tantes de sa vie. On le sent taraudé par un souci de vérité à l’heure près. À travers son regard, la résis­tance semble bien fragile et le fait d’hommes autant isolés que déter­mi­nés à combattre.

Citations

Le secret de notre zèle tient dans la promesse de notre enga­ge­ment au combat dès que nous serions prêts. Cet objec­tif nous fouette. Partout et toujours, nous sommes volon­taires pour les mêmes taches rebu­tantes ? Notre seul objec­tif, depuis notre arri­vée en Grande-Bretagne, est la vengeance.

Je suis le témoin de cette négo­cia­tion diffi­cile. Cela me permet de fran­chir une étape déci­sive dans mon évolu­tion poli­tique. Elle me révèle combien mes cama­rades et moi sommes privi­lé­giés d’être pris depuis deux ans par la France libre et à quel point la situa­tion des résis­tants métro­po­li­tains est misé­rable en compa­rai­son….. Une évidence me saute aux yeux : la gauche que j’ai tant combattu, incarne seule l’espoir de chan­ger leur condi­tion.

J’ai envie de l’embrasser pour le remer­cier de tout : son présent, son retour, l’homme qu’il est Mais *Rex n’est pas quelqu’un que l’on embrasse. En dépit de son sourire et de sa gentillesse, son regard creuse un abîme entre nous.

En appro­chant du café, je vois venir à moi, serrés l’un contre l’autre, un vieillard accom­pa­gné d’un jeune enfant. Leur pardes­sus est orné de l’étoile jaune. … Je finis par comprendre que si cette vision mati­nale m’est telle­ment insup­por­table c’est parce qu’elle fait de moi un bour­reau : elle trahit l’humanisme, la frater­nité entre les hommes que je me vante de prati­quer dans le chris­tia­nisme. Comment ai-je pu deve­nir anti­sé­mite ? … Dans cette bras­se­rie incon­nue, j’ai l’impression de m’être à jamais débar­rassé du fardeau de mon éduca­tion.

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