SONY DSCLu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard
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Livre très éton­nant qui, parfois, est très éner­vant et parfois très passion­nant, et très amusant , bref il est très, très, très .… Je pense que sans le club, je ne serais pas allée jusqu’au bout, Or, cela aurait été vrai­ment dommage car j’ai eu parfois de véri­tables moments de bonheur. Avant d’essayer de vous expli­quer, je vous raconte mon premier éner­ve­ment, cela ne concerne pas le roman mais la maison d’édition. Acte Sud édite des livres petits formats que l’on doit tenir à deux mains si on veut les lire, car sinon ils se ferment, ça m’énerve beau­coup.

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Je le tiens d’une main, pour la photo mais déjà il se referme et empêche la lecture.

Judith est une femme de plus de soixante dix ans, elle vient de perdre l’homme qu’elle aimait et souffre beau­coup de son absence. Elle vit à New-York et a une amie, Janet qui est plus âgée et qui a décidé de résis­ter à sa façon aux affronts de la déchéance physique de la vieillesse. Judith est fran­çaise et a fui sa mère, son frère, la France qui n’ont pas su la rete­nir quand elle avait 18 ans. Je ne peux en dire plus sur cette souf­france dévoi­lée seule­ment à la fin du roman. Mais plus que le dévoi­le­ment de cette meur­tris­sure, ce que j’ai beau­coup aimé dans le roman ce sont des courts de moments de vérité qui m’ont abso­lu­ment enchan­tée. Par exemple , la scène ou Judith regarde des cars entiers de touristes se préci­pi­ter vers le stand de glaces après leur visite de l’usine Ben et Jerry est abso­lu­ment jouis­sive. Puis son regard s’arrête sur un couple discret qui attend sage­ment son tour pour avoir enfin le droit de profi­ter de ce qui semble la récom­pense suprême de cette visite : ache­ter leur cornet Ben et Jerry, surgit alors leur dragon de guide qui leur intime l’ordre de remon­ter immé­dia­te­ment dans leur car sans leur glace…

Tout ce voyage en car d’excursionnistes sous la houlette d’une guide peu patiente est criant de vérité. Judith finira par faire un rêve où elle s’imagine au para­dis mais celui-ci a la forme du plus grand Mall dans lequel elle ne soit jamais allée. L’autre moment que j’ai aimé c’est quand les deux amies se souviennent , l’une de l’odeur du café, l’autre du rimmel et puis soudain se retrouvent dans un souve­nir commun, elles étaient unies dans un même spec­tacle de théâtre, l’une a sans doute habillée l’autre. Et pour­tant, elles ne s’étaient pas recon­nues.

Alors un très bon roman ? (qui en plus s’accompagne de la lecture de Céline). « Le bout de la nuit » de Judith , c’est dans sa jeunesse qu’il faut la cher­cher. Cette quête rend le livre lourd et labo­rieux, il y a une lenteur qui en rend la lecture diffi­cile. C’est d’autant plus éton­nant, que le texte est comme parsemé de moments de plai­sir. Il se veut aussi et surtout une réflexion sur la vieillesse et le sort que l’on réserve aux vieux dans nos socié­tés. Peut-être que l’auteur a voulu trop en dire , et en consé­quence de quoi son roman manque d’unité, on n’y retrouve pas le mouve­ment qui entraîne le lecteur à tour­ner de plus en plus vite les pages.

Citations

Le passage qui m’a fait accrocher au roman

Je n’ai rien contre les romans non plus, mais souvent je leur trouve un goût d’artifice, je perçois le petit bruit de fond de leurs rouages ; on veut me conduire quelque part, à l’aveugle préten­du­ment, mais les décors et les acces­soires censés m’aiguiller ont quelque chose d’arbitraire, de falsi­fié.

Une phrase simple mais vraie

la jeunesse n’est jamais l’âge du doute mais de l’excès de certi­tudes.

La tenue des personnes âgées qui partent en excursion

Tous semblaient s’être donné le mot pour enfi­ler, ce matin-là, de simi­laires combi­nai­sons de jogging, en molle­ton mou, aussi seyantes qu’un pyjama, marquées pour certain du logo de leur marque de fabri­ca­tion, combi­nai­sons qui ne les flat­taient fran­che­ment pas et évoquaient l’uniforme régle­men­taire d’une insti­tu­tion spécia­li­sée qui leur aurait accordé une auto­ri­sa­tion de sortie excep­tion­nelle.

Une définition de la vieillesse

Profi­ter, oui, pardon, j’étais arri­vée à l’âge où ma fonc­tion sociale était de profi­ter, y compris de la vacuité.

22 Thoughts on “Les vieux ne pleurent jamais – Céline CURIOL

  1. Tiens, celui-ci je ne vais pas le noter…Un de moins dans ma liste trop longue !

    • Mais tu as remar­qué qu’il y a de très bons passages. Ceci dit je te comprends, je n’aurais sans doute pas terminé s’il n’avait pas été au programme du club.

  2. Loin de toute consi­dé­ra­tion litté­raire, j’abonde dans votre remarque sur le format Actes Sud. Et ils y tiennent, mais je n’aime pas du tout. Folio avait déjà allongé le format poche à la imite du raison­nable, chez Actes Sud, c’est du maso­chisme…

    • Quand les livres sont épais c’est insup­por­table. Surtout pour les livres de la média­thèque auxquels on fait plus atten­tion.

  3. Si déjà faut faire du sport pour tenir le livre, oui ça agace. j’aime bien quand ça reste ouvert, nan mais !

  4. Très très très inté­res­sant ce que tu dis…

    • Ça m’a amusée de jouer avec le très, à l’oral, jentends toujours très très, alors avec ce livre qui est irre­gu­lier dans son inté­rêt j’ai voulu essayer le très très très !

  5. J’attendais un avis sur ce roman dont le thème aurait pu me plaire. Mais après t’avoir lue, je sais main­te­nant qu’il ne passera pas par moi.

  6. vieux ? je ne me sens pas concer­née du tout :-)))))

    • je vais te faire une confi­dence … qui sera donc sur la place publique (des 10 personnes qui mettent des commen­taires sur Luocine!) le person­nage qui est donc « vieille » a, à peu près, mon âge, et je ne me retrouve pas du tout dans ses réac­tions, l’âge qui arrive ce n’est pas du tout comme ça, l’auteure a 40 ans et elle y va à la louche pour la vieillesse, et ça aussi ça m’a très très très éner­vée !

    • je vais te faire une confi­dence .. qui sera donc sur la place publique (des 10 personnes qui mettent des commen­taires sur Luocine!) le person­nage qui est donc « vieille » a à peu près mon âge, et je ne me retrouve pas du tout dans ses réac­tions, l’âge qui arrive ce n’est pas du tout comme ça, l’auteure a 40 ans et elle y va à la louche pour la vieillesse, et ça aussi ça m’a très très très éner­vée !

  7. Bon, en voilà un dont je ne ferai pas une prio­rité…

  8. J’ai envie de le lire et ton billet n’y chan­gera rien !!! ;-)

    • je n’ai pas eu l’impression de vouloir en décou­ra­ger la lecture, je redis dans tous mes commen­taires ou presque, qu’il y a de très très bons moments dans ce roman.

  9. Je reste un peu tentée, ce qui pour­rait me frei­ner, c’est l’histoire du retour sur sa jeunesse, et ce qui s’y cache…

  10. Je plai­san­tais Luocine, je me suis bien aper­çue que tu ne le reje­tais pas en bloc …

    • et donc je lirai avec grand plai­sir ton avis , comme toi j’aime bien quand les opinions diffèrent , et surtout je n’ai vrai­ment pas l’impression d’être infaillible concer­nant le goût en matière de litté­ra­ture, je me laisse faci­le­ment agacée par des aspects que d’autres lecteurs ne voient à peine.

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