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Voilà le roman que je lisais pendant les longs moments d’attente du festi­val du film britan­nique. Pour s’évader des atmo­sphères glauques des cas sociaux anglais, de la drogue et de la violence quoi de plus bien­fai­sant que les embruns du grand Nord. Et puis, j’avais telle­ment appré­cié « L’égaré de Lisbonne » . Hélas ! la magie a beau­coup moins fonc­tionné, nous sommes ici dans un parfait roman histo­rique, et ce n’est vrai­ment pas mon genre préféré. J’ai bien senti tout le sérieux des recherches de l’auteur, pour faire revivre une époque et des lieux qui nous sont étran­gers, il est vrai que je ne connais­sais rien à l’Islande du XVe siècle et que je suis beau­coup plus savante aujourd’hui. J’imagine que tous les passion­nés d’Histoire salue ce roman, à juste raison. Mais pour ma part, lorsque le travail de l’historien prend le pas sur celui du roman­cier, je préfère lire un essai qu’un roman. Malgré ces réserves, je conseille ce livre à tous les gens qui ont envie de décou­vrir la vie dans les rudes contrées du grand nord aux siècles passés.

Comme je suis plon­gée, grâce aux conseils de Domi­nique dans Sapiens, tout ce que je lis se colore de cette lecture passion­nante et dont j’espère écrire la chro­nique bien­tôt. Ici la dispa­ri­tion d’un peuple libre pêcheur cueilleur au profit des agri­cul­teurs séden­taires qui épuisent les sols sans pour autant permettre le mieux être d’une popu­la­tion est une illus­tra­tion exacte du propos de Yuval Noah Harari. J’ai aimé aussi retrou­ver tout ce qu’on sait sur la décou­verte des nouveaux conti­nents améri­cains et les raisons pour lesquelles, notre mémoire collec­tive a retenu le nom de Chris­tophe Colomb, plutôt que des coura­geux navi­ga­teurs Vikings peu en odeur de sain­teté. Ce fut pour moi une lecture labo­rieuse, mais cette remarque en dit plus long sur mon peu d’appétence pour ce genre litté­raire que pour le roman lui-même.

Citations

Les légendes du grand nord

Les gens débat­tirent de l’origine des elfes. La plupart expli­quaient qu’ils descen­daient de certains enfants d’Adam et Eve, que celle-ci avait caché à Dieu car ils n’étaient pas lavés. Dieu avait alors déclaré : « Ce qui doit m’être caché sera caché aux hommes. » Ces créa­tures équi­voques, sans âme, avaient néan­moins le pouvoir de se lais­ser voir des hommes s’ils le dési­raient. Mais d’autres parmi l’assistance préten­daient qu’à la suite d’une révolte au para­dis , provo­quée par le diable, ceux qui s’y étaient ralliés avaient été relé­gués en enfer, alors que ceux qui étaient restés neutres a aient été renvoyés sur Terre , condam­nés à vivre cachés dans des monti­cules, des collines et des rochers.

L’orgueil des gens de mer

Je sais bien que tu as mérité d’être arrivé le premier. Mais ne t’en vante pas trop. Les hommes n’aiment pas qu’on ternissent leur répu­ta­tion, et tu pour­rais bien t’attirer des jalou­sies. N’oublie jamais ça : la première qualité d’un marin, c’est l’humilité. 

Le goût des livres en Islande

Non seule­ment Jon aimait lire, mais il était fasciné par les livres en tant qu’objets capables de renfer­mer de la culture, du savoir, de la mémoire. La produc­tion d’un livre lui parais­sait être comme une alchi­mie complexe, dont il voulait tout savoir. Pour faire un livre, il fallait des hommes capables d’écrire, des animaux -peau de veau et plumes de cygne – , des plantes qui servaient à élabo­rer l’encre et la couleur.

Le mal de mer

Il était inutile de lutter contre les mouve­ments d’un bateau. Ceux qui résis­taient se soumet­taient immé­dia­te­ment au mal de mer. Seuls ceux qui compo­saient parve­naient à perce­voir, dans leur chair, les moindres humeurs de leur embar­ca­tions.

Philosophie du couple

Tu sais mon fils, un mari et une femme, c’est comme les deux berges d’une rivière : il y a des méandres et des rapides, mais aussi des gués. Il faut prendre la rivière comme elle va. Et le temps n’était plus loin où elle allait deve­nir un torrent infran­chis­sable. Pour­tant, on s’aimait sincè­re­ment. J’ai aimé ton père pour son esprit ouvert, sa curiosité,son carac­tère libre, aven­tu­reux. Je l’ai détesté pour les mêmes raisons.

8 Thoughts on “Jon l’Islandais – Bruno d’HALLUIN

  1. J’ai appré­cié « L’égaré de Lisbonne » et j’aime aussi beau­coup les romans histo­riques donc suis assez partante pour cet opus.

    • une amatrice de roman histo­rique ne peut qu’être séduite par celui-ci, le sérieux du travail de l’auteur et pour moi, mais je ne pense pas être la seule , le peu de chose que nous savons sur ces grands pays nordiques le rende très attrayant

  2. Pas assez fan de romans histo­riques pour me lais­ser tenter, même si l’Islande me fascine.

    • et comme je te comprends, pour­tant c’est un excellent auteur et très sérieux , j’ai gran­de­ment préféré « l’égaré de Lisbonne »

  3. Je retiens donc plutôt « l’égaré de Lisbonne ». Les romans histo­riques ce n’est pas mon fort non plus.

    • Je ne suis donc pas toute seule à avoir des réserves sur les romans histo­riques, et pour­tant j’aime qu’on me raconte des histoires.

  4. un livre lu mais sans billet car je l’ai lu comme toi avec diffi­culté, j’ai trouvé l’intrigue un rien labo­rieuse mais malgré tout on y apprend des choses sur l’histoire Islan­daise et là j’ai aimé cet aspect

  5. Comme quoi un travail sérieux ne fait pas forcé­ment un bon roman, je me répète mais je trouve beau­coup plus réussi « l’égaré de Lisbonne » .

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