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Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

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Il a fallu la force de persua­sion de ma biblio­thé­caire préfé­rée pour que je lise ce roman. J’avais gardé un souve­nir en mi teinte du « Secret » mais je ne sais plus pour­quoi, et surtout je crois que je confonds le livre et le film. Ce roman raconte une amitié de petits garçons qui se pour­suit jusque dans l’âge jeune adulte. L’auteur nous fait revivre les années 50 , celles de son enfance et mai 68 époque de sa jeunesse, comme cela se passe à Paris dans un milieu bour­geois où les femmes passent leur temps à jouer au bridge en mangeant des petits fours, ce n’est pas tout fait la vie de tout le monde. Ce roman nous concerne cepen­dant, car Philippe Grim­bert raconte très bien l’universalité des compor­te­ments humains, des nôtres donc. On aurait pu appe­ler ce roman, récits des trahi­sons ordi­naires : comme beau­coup d’enfants, Loup, le narra­teur, niera de connaître son meilleur ami Mango quand une bande de garne­ments lui deman­dera s’il ne connaît pas l’Italien de Féne­lon, à l’adolescence Loup espa­cera les visites à sa tante Nine, qu’il a tant aimé dans sa petite enfance, et plus grave il la trahira au moment de sa à la mort comme il trahira égale­ment Gaby, l’amie excen­trique qui lui a tant apporté.

Mais ce roman n’est pas un énième roman sur la mauvaise conscience, même si la culpa­bi­lité y joue un grand rôle, c’est beau­coup plus un roman sur « la » mauvaise rencontre​.Et là, il m’a beau­coup touchée, je sais que chaque mot est exact, ce n’est pas si diffi­cile pour Philippe Grim­bert étant donné sa forma­tion et sa profes­sion, mais c’est très bien raconté .

Je sais que beau­coup d’entre vous n’aimez pas qu’on donne les clés de l’intrigue roma­nesque, alors je ne peux vous en dire plus et ne lisez pas ma dernière cita­tion, qui est trop expli­cite si vous voulez lire ce roman avec un effet de suspens. Pour moi, c’est l’inverse, je l’ai lu une première fois assez légè­re­ment sans trop m’y inté­res­ser. Avec la clé qui n’est donnée qu’à la fin ou presque, je l’ai relu avec beau­coup plus d’intérêt, j’ai alors décidé de lui mettre 4 coquillages.

Citations

Il y a presque tout dans ce début de roman

Rien n’aurait dû les sépa­rer, croix de bois croix de fer, à la vie à la mort. Il n’y a pas eu de riva­li­tés imbé­ciles, c’est autre chose qui les a déchi­rés, quelque chose qui était là depuis le début, mais que personne ne pouvait encore imagi­ner.

Amitié de petits garçons

Très vite nous avions su que nous allions deve­nir insé­pa­rables, mais, au contraire des filles, les petits garçons ne se disent jamais qu’ils s’aiment : ils se donnent des tapes dans le dos, se pour­suivent, se bagarrent.

Jeux de garçons

Nous y mourions aussi, car les petits garçons adorent ce jeu : deux doigts poin­tés vers l’autre et bang ! Le corps qui s’effondrait en vrille, avec la grimace du cow-boy rencon­trant enfin la balle qui lui était desti­née… Les petites filles qui parta­geaient nos jeux se préci­pi­taient et sanglo­taient, couchées sur notre poitrine. Nous aimions mourir, elles aimaient pleu­rer.

La mort

Mais il ne peut plus m’entendre, un raz de marée l’a emporté, avec tout ce qui faisait notre compli­cité. Du sans-retour, aussi fort que la mort. Alors un nouveau choc, encore plus violent, me fait vaciller. Je viens de comprendre que Mando, l’intègre, l’exigeant Mando, a une fois de plus tenu parole. Ce soir, après toutes ces années et en dépit du silence de ces derniers mois, il est resté fidèle au pacte de notre adoles­cence, au serment échangé solen­nel­le­ment : le premier qui passe de l’autre côté fait un signe à celui qui reste.

La mauvaise rencontre

On ne devient pas psycho­tique on l’est . L’apparition des symp­tômes était souvent le fruit de ce qu’il a appelé la mauvaise rencontre…

12 Thoughts on “la mauvaise rencontre – Philippe Grimbert

  1. Un auteur que j’aime beau­coup. trop long­temps que je ne l’ai pas lu d’ailleurs.

  2. J’ai lu deux romans de lui, dont « le secret ». Je n’ai pas eu l’occasion de le relire depuis, mais pour­quoi pas ..

  3. j’avais aimé Le secret et je l’ai écouté il y a peu en version audio qui est très réus­sie
    je note celui là il doit être à ma média­thèque

    • j’ai été très touchée par ce roman, diffé­rentes expé­riences de la vie ordi­naire, me prouvent qu’il est dans le vrai. Hélas !

  4. Un livre qui m’avait beau­coup touché aussi

  5. maggie on 8 février 2015 at 18:04 said:

    J’avais lu avec inté­rêt un secret, alors je note la mauvaise rencontre que tu sembles avoir appré­cié… En plus, je viens juste de lire un billet louan­geur sur un de ses livres récents « Rudick » dont le style a plu à titine…

  6. 4 coquillages ça mérite d’être noté ! J’ai lu la dernière cita­tion, et je pense que l’histoire pour­rait m’intéresser.

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