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Traduit de l’anglais (Etats-Unis) par hélène HINFRAY

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C’est encore une fois Domi­nique qui m’avait conseillé ce livre, je l’avais mis dans un coin de ma mémoire mais il a fallu que je traîne un peu dans ma librai­rie préfé­rée, que rien ne m’inspire sur leurs diffé­rentes table pour que je pense à deman­der s’ils avaient Shakes­peare de Bill Bryson. Non seule­ment je n’ai pas regretté, mais je voudrais que ma force de convic­tion arrive à vous moti­ver afin qu’à votre tour vous sautiez le pas.

Si vous connais­sez cet auteur, vous êtes fami­liers de son humour et son exigence face à la vérité. Le voilà aux prises un person­nage fabu­leux, dont ne sait rien ou presque et sur lequel un record de thèses , biogra­phies, études, romans ont été écrits. Comment va-t-il s’y prendre, pour ne pas nous ennuyer et en même temps nous faire décou­vrir celui qu’il appelle le Barde (je n’ai pas trop compris pour­quoi) ?

Sans jamais se lancer dans des hypo­thèses hasar­deuses, Bryson fait si bien revivre l’époque et le théâtre élisa­bé­thain que nous finis­sons par bien connaître William Shakes­peare dont fina­le­ment il parle assez peu. C « est peut-être pour cela qu’il appelle son livre une « anti­bio­gra­phie », W. Shakes­peare appa­raît comme en creux à travers tous les autres person­nages dont nous savons plus de choses, la person­na­lité du grand homme de théâtre s’anime devant nous.

L’époque est incroyable, dange­reuse et mortelle pour la plupart des Londo­niens, le théâtre était alors un endroit où pauvres et riches se retrou­vaient devant des pièces que nous admi­rons encore aujourd’hui. Il y a là un mystère que Bill Bryson ne résout pas mais sait propo­ser à notre saga­cité. La dernière partie est consa­crée aux diffé­rentes hypo­thèses quant à l iden­tité même du grand drama­turge. Dans une Angle­terre marquée par la noblesse, c’est un peu diffi­cile d’attribuer à un rotu­rier autant de génie.

Bryson donne les limites des diffé­rentes hypo­thèses autour de la parenté des écrits de Shakes­peare. En parti­cu­lier celle qui veut que le comte d’Oxford soit le véri­table auteur avec Bryson on a envie de conclure que c’est bien William Shakes­peare qui est l’auteur de son œuvre même si on ne sait rien de lui sauf qu’il a légué par testa­ment à son épouse son deuxième lit !

Citations

L’état de l’Angleterre

William Shakes­peare vit le jour dans un monde qui manquait d’habitants et avait bien du mal à garder ceux qui y nais­saient.

Les joies de la médecine

Même un problème de santé compa­ra­ti­ve­ment bénin (un calcul rénal, une plaie infec­tée , un accou­che­ment diffi­cile) pouvait très vite deve­nir mortel. Il faut dire que les soins étaient presque aussi dange­reux que les maux. Les victimes étaient purgées avec enthou­siasme et saignées jusqu’à l’évanouissement – un trai­te­ment peu suscep­tible de forti­fier leur orga­nisme affai­bli.

L’humour de Bryson

En un sens, la plus grande perfor­mance de Shakes­peare ne fut pas d’écrire Hamlet ou les Sonnets, mais de passer le cap de la première année.

Les douceurs de la justice anglaise

De nombreux crimi­nels enten­daient encore cette sentence effrayante : « vous aurez le ventre ouvert , le cœur et les entrailles arra­chées , et vos parties intimes seront tran­chées et jetées au feu devant vos yeux. » Toute­fois sous Elisa­beth I il était devenu tout à fait inha­bi­tuel d’être évis­céré alors qu’on était encore assez vivant pour s’en rendre aper­ce­voir. Mais il y avait des excep­tions.

Pas de femmes sur la scène du théâtre

Ce mépris pour les comé­diennes était une tradi­tion spéci­fique à l’Europe du Nord. En Espagne, en France, en Italie les rôles fémi­nins étaient confiés à des actrices, ce qui ne lais­sait pas d’étonner les voya­geurs britan­niques sincè­re­ment surpris de décou­vrir qu’une femme pouvait incar­ner une femme aussi bien à la scène qu’à la ville.

Humour à propos d’un poème de Shakespeare

C’était essen­tiel­le­ment un hymne à la chas­teté, et comme la chas­teté il n’eut guère de succès.

Les théories sur la paternité de l’œuvre

Cela dit, Freud eut plus tard sa propre théo­rie selon laquelle Shakes­peare était d’origine fran­çaise et s’appelait en réalité Jacques Pierre – un fantasme inté­res­sant , mais resté soli­taire.

Le mot de la fin

Mais c’est là préci­sé­ment la marque du génie. Un seul homme était en posi­tion de nous faire ce présent incom­pa­rable, un seul en possé­dait le talent. William Shakes­peare était indis­cu­ta­ble­ment cet homme, et qu’importe, au fond, qui il était ?

On en parle

Chez Domi­nique et mille et un clas­sique que je ne connais­sais pas.

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