Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard

Grâce à mon club, je me suis lais­sée tentée par un « Thril­ler », le mot est sur la couver­ture. Ah ! les étiquettes ! Si elles permettent de vendre tant mieux car ce roman le mérite. Il vous permet­tra de décou­vrir des faits abso­lu­ment révol­tants et bien pires sans doute que ce que Nico­las Beuglet (son nom est prédes­tiné non ?) a imaginé pour écrire son roman. Que les anti-​divulgâcheuses se rassurent, je ne racon­te­rai rien de la quête folle de Chris­to­pher un jour­na­liste d’investigation fran­çais et de Sarah une poli­cière norvé­gienne seront amenés à accom­plir pour sauver (ou non) la vie d’un enfant. Ce que je peux racon­ter, en revanche, ce sont les faits histo­riques sur lesquels se fondent ce roman. La CIA a, pendant la guerre froide, menée des expé­riences sur les espions et des malades mentaux pour trou­ver le réflexe de peur abso­lue, cela dans le but d’en faire une arme mortelle contre l’humanité. Elle n’aurait sans doute pas porté le nom « d’arme de destruc­tion massive » mais elle était très effi­cace pour réduire la person­na­lité d’un oppo­sant, et toutes ces recherches se sont faites sur des humains et à base de tortures. Ce programme a existé, si, comme vous le propose l’auteur, vous tapez MK-​Ultra sur inter­net, ce que vous décou­vri­rez est propre­ment ahuris­sant et telle­ment révol­tant. De la même façon, si vous tapez Carl Gustav Jung matri­cule 488, à votre stupé­fac­tion vous appren­drez que cet éminent cher­cheur de l’inconscient a bien été un agent de la CIA. Tout cela est vrai et donne matière à un roman hale­tant et très bien conduit dont je ne dévoile que l’inspiration. J’ai passé une nuit à avoir peur, j’ai évidem­ment commencé par la fin mais cela n’a pas suffi à calmer mes angoisses. Alors, je pense que les amateurs du genre vont en faire un critère de qualité. Si je lui attri­bue 4 coquillages, c’est parce que j’ai décou­vert une horreur conduite et réali­sée par un grand pays que je respecte, horreur dont je n’avais jamais entendu parlé, le coquillage qui lui manque, il le doit au genre « Thril­ler » ou roman poli­cier qui n’est pas exac­te­ment le genre que je préfère en litté­ra­ture.

Citations

Personnage de Sarah par elle même

Elle avait envie de lui répondre qu’elle avait de la pitié pour cette femme qui avait encore le réflexe de se soucier de l’avis d’un homme qui l’avait trom­pée et quit­tée cette nuit même

L’oubli

La vie nous tuerait tous si nous n’avions pas l’oubli. Cet oubli qui fait que nous ne pensons pas chaque seconde à l’absurdité de notre exis­tence.

Une des clés du roman et fait historique

Natha­liel Evan et son équipe cher­chaient à déter­mi­ner la peur abso­lue chez l’humain pour en faire une arme à des fins mili­taires. Ils se sont servis de vous pour explo­rer les zones les plus enfouies du cerveau à travers toute une série d’expériences sous hypnose et sous une drogue déri­vée du LSD, le LSD 34.

Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard. Traduit de l’anglais (États-​Unis) par Cécile Leclère et coup de coeur de mon club.

Dans ma volonté d’aller vers des lectures qui ne sont pas trop dans mes goûts, je me suis lancée dans ce roman poli­cier car il était au programme de mon club. J’ai vrai­ment du mal avec le suspens et, encore une fois, j’ai commencé par la fin. Pour ce roman cela n’enlève pas grand chose à l’intérêt, sauf que je ne peux pas vous la racon­ter alors que j’en brûle d’envie. J’imagine vos décep­tions et la colère de Krol si je révé­lais la solu­tion de cet horrible suspens : est-​ce que la pauvre Tessa « presque » victime d’un tueur en série quand elle avait 16 ans arri­vera à sauver du couloir de la mort celui qui avait été arrêté à l’époque ? Elle est adulte main­te­nant et doit donc revivre son calvaire car il n’est pas certain que le coupable idéal : un noir qui passait par là, soit vrai­ment le tueur. Je vous promets que ce que je dévoile ne va pas au delà des premières pages.

Ce qui rend ce roman origi­nal, c’est que la tension ne vient pas de la peur de l’ado séques­trée dans une tombe, on sait dès le début qu’elle a été sauvée contrai­re­ment aux autres « margue­rites » qui, elles, ont été assas­si­nées. Mais du fait que l’enquête doit reprendre et que les fils si embrouillés doivent être de nouveau démê­lés, l’angoisse s’installe quand même car Tessa semble si fragile et ce qu’elle a vécu si terrible. Je pense que les amateurs du genre doivent adorer, moi je le trouve éton­nant, bien construit et posant au passage le problème des préju­gés racistes qui empêchent que la justice améri­caine soit « juste » pour tous ses citoyens. Mais je ne comprends pas le plai­sir qu’on peut avoir à lire des horreurs abso­lues qui montent en tension grâce au suspens.

20160718_100133Traduit de l’anglais par Mathilde Bach. Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard, il a obtenu « un coup de cœur », ce sont des valeurs sûres ces coups de cœur de notre club !

4
Superbe roman qui tient en haleine le lecteur jusqu’au point final. Plusieurs histoires se croisent et inter­fèrent les unes dans les autres. On y retrouve cette sensa­tion qu’un « frois­se­ment d’aile de papillon » dans un coin de la planète aura des réper­cus­sions dans le monde entier. Dans la péri­phé­rie de Las Vegas, la famille de Daniel vit au rythme des missions mili­taires d’un genre parti­cu­lier. Il dirige des drones sur des terro­ristes qui menacent la planète. Une guerre propre ? Seule­ment est-​ce qu’une guerre peut l’être ? Ce jour là , Daniel et Maria ne tueront pas seule­ment un terro­riste sur la fron­tière afghane et pakis­ta­naise, en appuyant sur un bouton, ils tueront aussi le grand amour d’un écri­vain : Michael. Celui-​ci, terrassé par cette mort qu’il ne comprend pas, essaie de se recons­truire auprès de Saman­tha (à qui le livre est dédié) Josh et leurs deux filles dans un agréable quar­tier de Londres. Mais là encore, la bavure des mili­taires améri­cains aura des consé­quences tragiques.

Le roman raconte la lente recons­truc­tion d’un homme écri­vain après un deuil tragique. Le fait qu’il soit écri­vain est impor­tant, il a toujours écrit ses livres grâce à un un don parti­cu­lier : il sait entrer dans la vie des gens et ceux-​ci lui font confiance au point de ne rien lui cacher de leur senti­ments les plus intimes. Grâce à ce don, il devient l’ami indis­pen­sable de ses voisins, celui qui est invité à toutes les fêtes et qui peut donc un jour pous­ser la porte de leur maison en leur absence afin de récu­pé­rer le tour­ne­vis dont il a un besoin urgent. Le roman peut commen­cer, nous progres­sons dans la maison des voisins de Michael, saisi peu à peu par un senti­ment d’angoisse terrible.

Je m’arrête là, car le roman est construit sur un suspens que je n’ai pas le droit de divul­gâ­cher sans me mettre à dos tous les amateurs du genre qui seront ravis, car c’est vrai­ment bien imaginé. J’ai person­nel­le­ment été plus sensible aux réflexions sur l’écriture. Ce person­nage d’écrivain repor­ter m’a beau­coup inté­res­sée. Faire son métier en utili­sant la vie d’autrui comporte toujours une part de voyeu­risme qui est aussi un des thèmes de ce roman. Mais évidem­ment l’autre centre d’intérêt qui ques­tionne aussi beau­coup notre époque ce sont les consé­quences de la guerre de notre temps qui utilise des drones pour éviter de faire mourir au sol les soldats de la force domi­nante.

Citations

Une bonne description

Ces hommes qui travaillaient dans des bureaux, et que les costumes ne semblaient jamais quit­ter, même nus.

L’anglais international

Il n’arrivait pas à recon­naître son accent. Ses phrases commen­çaient en Europe puis elles migraient, comme des hiron­delles, survo­laient l’Afrique à mi-​chemin du point final.

Les vertus de la mer

La côte n’avait jamais été son décor natu­rel. Et cepen­dant il se réveilla avec la certi­tude que seul l’océan pouvait l’apaiser. La mer semblait assez immense pour répri­mer les angoisses qui le déchi­raient . Assez pure pour lui dessiller les yeux.

Les peurs américaines et la guerre des drones

Las Vegas four­nis­sait à l’Amérique des versions du monde, afin que l’Amérique n’ait pas besoin de s’y aven­tu­rer. D’autres pays, d’autres lieux étaient ainsi simul­ta­né­ment rappro­chés et tenus à distance. Exac­te­ment comme ils l’étaient sur ces écrans qu’il obser­vait à Creech. N’était-ce pas ce qu’ils faisaient égale­ment là-​bas, lui et Maria, avec leur tasse à café qui refroi­dis­sait sur l’étagère à côté ? Intro­duire dans l’Amérique une version de la guerre. Une version à la loupe mais à distance, un équi­valent sécu­risé, où ils n’étaient pas obli­gés d’aller eux-​mêmes.

20151011_123211Traduit de l’anglais par Florence VIDAL. Titre origi­nal : One Step too Far.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

2
Je me demande ce que veut dire cette caté­go­rie « Thril­ler », je l’y ai mis car c’est écrit sur la couver­ture. Pas de suspens diffi­cile à suppor­ter, pas de sang, pas de peur. Alors ? sans doute le manque d’imagination de l’éditeur et la volonté d’attirer un public plus large. J’imagine faci­le­ment sa décep­tion. Bien sûr, je vais tout faire pour ne pas « divul­ga­cher » la fin, car une surprise il y en a une, que je n’avais pas vu venir, donc si vous voulez lire ce roman, je ne vous dis que l’essentiel. Une femme décide de recom­men­cer sa vie en quit­tant son foyer et en essayant de ne lais­ser aucune chance à ses proches de la retrou­ver. Parmi ses proches, une sœur jumelle qui est très pertur­bée et qui détruit tous les gens autour d’elle

C’est le récit de l’ascension dans une nouvelle vie, de cette femme qui était douce, équi­li­brée et sage, elle va se mettre à la cocaïne et à voler dans les maga­sins, et tout lui réus­sira. La quatrième de couver­ture dit qu » « elle cache un secret obsé­dant, jusqu’à la dernière ligne, sans aucun répit ». Je n’ai pas ce plai­sir de lecture, et les person­nages que l’on voit passer sont trop proches de la cari­ca­ture sans y tomber complè­te­ment, cepen­dant. Comme pendant le festi­val du film britan­nique, j’ai retrouvé l’ambiance du milieu bran­ché de Londres, alcool et cocaïne ne rendent pas les gens très attrayants. Un roman qui se lit en deux soirées et s’oubliera encore plus vite.

Keisha avait bien aimé , mais elle a la chance de pouvoir lire en anglais, cela rajoute sans doute au plai­sir.

Citation

La méchante sœur

- Le rôti était vrai­ment savou­reux, maman, où est-​ce que tu l’as acheté ? 
- En ville, chez le boucher, ma chérie. Je trouve que la viande est meilleure qu’en grande surface.
- Certes, lâcha Caro­line. Je préfère large­ment les animaux morts quand ils sont du quar­tier.

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Traduit de l’anglais par Cathe­rine Berthet.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

3
C’est tout le charme d’un club de lecture, sortir de mes apriori, je n’apprécie que très peu la litté­ra­ture à suspens. Et, ici, le suspens est fort : une femme Hannah paléon­to­logue dans un musée de Bris­tol , voit son amie Ellen qui est morte et enter­rée depuis vingt ans​.Ne vous inquié­tez pas je ne vais pas vous racon­ter la fin du roman ! Je vous explique quand même comment il est construit : deux romans en un , on suit les souve­nirs de la très forte amitié qui a unit Ellen et Hannah dans leur enfance et la diffi­culté de la Hannah d’aujourd’hui qui doit faire face à ses souve­nirs et à cette appa­ri­tion. Le roman est bien mené se lit vite et la solu­tion est crédible. Au nœud du drame une tragé­die qui explique bien des choses. Avec encore un mani­pu­la­teur pervers , déci­dé­ment très à la mode dans les romans que je lis en ce moment. Et résul­tat, j’ai passée une soirée et une partie de la nuit avec ces person­nages pour connaître le fin mot de l’histoire. Un autre plai­sir de lecture, un peu à La « Daph­née Du Maurier » , genre de lecture que j’ai adoré dans ma jeunesse. Voilà , ce roman m’a plon­gée dans ce plai­sir régres­sif et il est bien ficelé. C’est cela aussi un roman, une évasion pour une jour­née de pluie vers les côtes de Cornouailles juste en face de mon Dinard.

Citation

Phrases qui m’agacent fortement

Il me paraît que j’eus un sombre pres­sen­ti­ment. Je savais qu’une chose terrible allait se passer dans cette demeure .Je le savais déjà à ce moment.

On en parle

Romans sur cana­pés

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Traduit de l’anglais par Elisa­beth Peelaert

Livre critiqué dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio.com
Un petit déjeu­ner complet ne se conçoit pas sans un bon roman. Livre criti­qué dans le cadre du programme Masse Critique de Babe​lio​.com

3
J’avais décidé de ne plus parti­ci­per à « Masse Critique » de Babe­lio depuis ma dernière décep­tion. Mais pour ce livre, je me suis lais­sée tenter. D’abord, parce que je n’avais pas à choi­sir, et que, de plus, cet auteur m’avait scot­chée avec « Enfant 44 « . Même si je n’ai pas été passion­née, je ne regrette pas ma lecture. Donc merci Babe­lio pour ce cadeau.

Dans mes blogs amis, je lis souvent des billets enthou­siastes à propos de thril­lers, j’aimerais que mon texte vous donne envie de lire celui-​la pour savoir s’il s’agit d’un bon thril­ler, car je me sens incom­pé­tente en la matière. Le suspens me gêne pour la lecture si bien que je commence toujours par la fin pour lire tran­quille­ment le roman. Que les fans du genre se rassurent, je ne la dévoi­le­rai pas ! Je sais que cela consti­tue une grande partie de leur plai­sir.

Ce roman raconte de façon très détaillée un complot qui a abouti à la dispa­ri­tion d une jeune femme en Suède. Mia est une très jeune fille qui a été adop­tée par un couple de riches fermiers suédois. Très jolie jeune femme noire , elle est le centre d’intérêt et des ragots du petit village.

La personne qui a conscience que rien n’est normal dans cette dispa­ri­tion, c’est Tilde, la mère du narra­teur. Seule­ment voilà personne ne veut la croire et tout le monde la croit folle même son mari. C’est là que réside l inté­rêt du roman : montrer comment l’impression d’un complot est proche de la folie , quand on commence à voir des signes d’hostilité dans le moindre des compor­te­ments d’autrui, les lignes entre la folie et la raison deviennent floues.

Il est certain qu’être victime d’un complot doit donner à la victime des compor­te­ments para­noïaques, et l’inverse est vrai égale­ment, quelqu’un qui est para­noïaque peut lire tout compor­te­ment hostile comme une preuve du complot qui veut la faire taire. Le narra­teur a bien du mal à démê­ler les fils de l’histoire qui a tant perturbé sa mère. Et la façon dont celle-​ci essaye de se raccro­cher de toutes ses forces à la chro­no­lo­gie pour convaincre son fils est très émou­vante.

Si lire ce roman sans en connaître la fin, permet­trait de savoir si c’est un bon thril­ler, je ne peux pas répondre à cette ques­tion. Mais ce que je peux dire, c’est que ce roman analyse très bien les ressem­blances et la souf­france engen­drées par le fait d’être victime d’un complot ou par la folie. Un petit détail agaçant dans la typo­gra­phie, c’est la redon­dance des deux types de guille­mets pour les cita­tions.

Citation

Le poids des ragots dans le monde rural

Au sujet de cet enfant malheu­reux, il y aura des ragots. Ces ragots seront la plupart du temps des mensonges. Mais cela ne change rien, car lorsqu’on vit dans une commu­nauté qui croit à ces mensonges, qui les répète, ils deviennent réalité -pour toi et pour les autres. Impos­sible d’y échap­per, parce qu’il n’y a pas de preuve qui tienne. Il s’agit là de méchan­ceté, et la méchan­ceté se moque des preuves.

On en parle

Kitty la mouette (encore un oiseau de mer !), qui a beau­coup aimé.

Traduit du uédois par Lena GRUMBACH et Marc Gouve­nain.

4
Je cher­chais un roman pour me diver­tir après ma lecture très sérieuse sur la guerre 1418. Et puis ma station de radio préfé­rée, France Culture, donne tous les soirs sous forme de feuille­ton la trilo­gie Millé­nium. Comme quoi elle n’est pas une station si intello que ça ! Je ne lis que très rare­ment des romans poli­ciers mais j’avais gardé un très bon souve­nir de ces trois romans. Vous vous souve­nez sans doute de l’été où à chaque fois que l’on voyait quelqu’un plongé dans un énorme bouquin, il s’agissait d’un des tomes de Millé­nium ?

J’ai retrouvé avec grand plai­sir Mikael Blomk­vist, et Lisbeth Salan­der, j’ai bien aimé la façon dont les diffé­rents scan­dales sont dénon­cés dans ces romans : les femmes qu’on fait venir de diffé­rents pays pauvres pour satis­faire les besoins de la pros­ti­tu­tion, les écono­mistes qui s’amusent à faire de l’argent sans aucune morale, les violences faites aux femmes et aux enfants sous tutelle, l’exploitation des enfants ou des prison­niers dans des pays très pauvres. Tout cela en Suède qui est un pays où on essaie de respec­ter les droits de chacun et où la liberté des mœurs semble de mise pour le plus grand bonheur de l’ensemble de la popu­la­tion. Mais hélas cela n’empêche pas les pervers d’exister.

Un des charmes de ce livre c’est la descrip­tion de l’intelligence redou­table d’une poignée d’internautes qu’aucune barrière infor­ma­tique ne peut empê­cher de venir espion­ner les ordi­na­teurs des puis­sants de ce monde. Je ne connais pas la part de vérité mais ça fait un peu froid dans le dos. La qualité d’un roman poli­cier c’est la façon dont le suspens nous oblige à nous plon­ger dans l’histoire sans pouvoir lâcher le livre. La relec­ture, à de nouveau bien marché et j’ai retrouvé, intact, le plai­sir du dénoue­ment quand tous les méchants sont enfin démas­qués.

Je trouve le deuxième tome un peu moins passion­nant car on sent qu’il n’est écrit que pour amener le dénoue­ment du 3° tome. Vrai­ment si vous ne le savez pas lus et que vous voulez partir dans des romans très prenants, je vous en recom­mande la lecture, si vous faites parties des rares personnes à avoir échappé au phéno­mène Millé­nium.

3
Sur la couver­ture, c’est écrit « Thril­ler », on peut donc s’attendre à de l’horreur, du sang de la peur de l’angoisse. C’est plus subtil que ça, on y retrouve toutes les failles de notre monde avec une petite pointe d’exagération, ce qui rend alors le tout abso­lu­ment insup­por­table. Ce roman est déran­geant, égale­ment, car c’est une attaque en règle contre la géné­ra­tion des « baby-​boomers » telle­ment égoïste, et c’est ma géné­ra­tion ! Je donne un exemple des procé­dés utili­sés. Dans ma région, les paysans produisent les ¾ des choux-​fleurs pour toucher la prime euro­péenne à la destruc­tion des légumes non vendus.

On peut se deman­der pour­quoi ils conti­nuent à produire des choux-​fleurs que personne ne mange, mais bon c’est comme ça ! Dans le roman c’est la produc­tion animale qui subit le sort des choux-​fleurs bretons. Les trains trans­por­tant des carcasses avariées dégagent des odeurs peu ragou­tantes, avant d’arriver à desti­na­tion où elles seront trans­for­mées en ciment. Tiens, tiens on a déjà vécu ça non ?

Inquié­tant ! C’est la même compa­gnie qui s’occupe du train des « baby-​boomers ». Plus le train avance, plus se dévoilent les turpi­tudes des uns et des autres, des pans entiers de l’économie de la société de profit du culte de la jeunesse sont passés au crible de la critique du roman­cier, évidem­ment, on doute de plus en plus du para­dis promis à l’arrivée des voya­geurs de l’eternity-express.

Peut-​on avoir de la compas­sion pour ces soixan­te­naires du train, eux qui n’ont connu qu’une vie facile, et qui n’ont recher­ché que le plai­sir à tout prix ? Pour l’auteur certai­ne­ment pas, ils ont eu tout faux, ils lais­se­ront après eux une planète dévas­tée. Ce n’est fran­che­ment pas un roman qui remonte le moral, quand je pense que l’an dernier j’étais dans « le cercle litté­raire des mangeurs d’épluchures de patates  » ou « La tombe du mec d’à côté  », les étés se suivent et ne se ressemblent guère. Sauf pour la pluie fidèle au rendez-​vous !

Citations

Comme toujours pour mobi­li­ser les masses, il avait suffi d’une grande peur et d’un grand mensonge. Pour lancer l’Eternity rush, on avait fait donner la mer des peurs – celle de la mort- et le plus antique des mensonges- celui de la jeunesse éter­nelle.

Du fait de leur aban­don, ces mori­bonds étaient de véri­tables mines d’or et les mois qui leur restaient à vivre se trans­for­maient en calvaire médi­cal.

Comme tous tes distin­gués confrères. Vous vous rêvez docteurs en vie éter­nelle, vous fini­rez ingé­nieurs en mort douce.

Traduit de l’anglais (États-Unis)par FRance Camus Pichon

3
J’avais été tellement surprise par Enfant 44 que lorsque j’ai vu Kolyma sur le rayon nouveautés de ma bibliothèque préférée, je n’ai pas pu m’empêcher, je l’ai pris et aussitôt lu. Je pense que, maintenant, l’auteur tient son héros pour plusieurs romans. Pour apprécier complètement ce genre de livres, il faut aimer les séries. Autant à la télévision, je trouve ça sympa (je connais tout sur le docteur House…) autant en livres je n’accroche pas. Léo est pourtant un personnage complexe et attachant, ancien du KGB il vit dans le remord permanent de ses crimes.  Si tous ceux qu’il a tués veulent se venger on est vraiment qu’au début d’une longue, très longue série.Les ressorts du thriller-policier sont comme souvent dans ce genre de littérature hautement improbables : Léo échappe aux gangs de Moscou, au KGB, à une tempête en mer sur un bateau qui le conduisait à la Kolyma , à une révolte du goulag et pour finir en beauté à l’insurrection de Budapest ; tout cela avec des genoux cassés et pour sauver sa fille adoptive qui le déteste car il a tué son père… Résumé ainsi cela ne donne peut-être pas envie de lire Kolyma, pourtant, je suis certaine que les amateurs du genre vont apprécier, et peu à peu devenir des aficionados de Léo et Raïssa.La Russie poststalinienne se prête bien à l’horreur et si Léo est encore vivant pendant la guerre de Tchétchénie cela promet quelques belles pages d’horreur.

Citations

Je n’ai pas eu le choix.
Des milliers d’innocents étaient morts à cause de cette phrase, pas sous les balles, mais au nom d’une logique perverse et de savant calculs.

On en parle

Link.

Traduit du danois par Monique Chris­tian­sen.

http://www.babelio.com/images/ico_critique.jpg

3
Deuxième parti­ci­pa­tion à Masse critique de Babe­lio. J’avais choisi ce livre à cause du titre, Pour qui sonne le glas et Le vieil homme et la mer ont marqué mon adoles­cence. J’ai donc pensé que ce roman me ferait décou­vrir un peu plus Heming­way. Ce roman d’aventure poli­cière a pour cadre Cuba aujourd’hui : la fin de la dicta­ture castriste n’est guère réjouis­sante.

En lisant je pensais à tous les touristes célèbres où non, qui aiment aller à Cuba, peuvent-​ils igno­rer l’autre côté du miroir qu’on tend aux étran­gers pour qu’ils ne voient rien des diffi­cul­tés de ce pays ? Leif David­sen nous fait décou­vrir la réalité cubaine à travers les yeux d’un profes­seur d’espagnol danois. Celui-​ci a rencon­tré en Floride un exilé cubain qui lui demande de remettre une lettre à sa fille qui a choisi, par amour, de vivre Cuba.

De là une aven­ture où se mêlent l’amour, la mort, la trahi­son, la CIA et … Heming­way. Je ne peux pas dire que ce roman m’a passion­née, je ne serai peut-​être pas allée jusqu’au bout si je ne l’avais pas reçu grâce à Masse critique. Il y a pour­tant tous les ingré­dients qu’on attend dans ce genre de roman. Le héros mal dans sa peau, la descrip­tion du climat et de la végé­ta­tion, le choc des civi­li­sa­tions latines et nordiques, le problème de l’immigration clan­des­tine et notre bonne conscience, l’horreur des tyran­nies finis­santes, les scènes d’amour avec des belles femmes cubaines, et des manus­crits d’Hemingway.

Mais, je n’ai à aucun moment été prise par un effet de suspens, il faut dire que je ne lis pas souvent de romans poli­ciers, je ne suis donc pas la meilleure juge. J’ai été gênée par ce person­nage à qui il arrive des aven­tures extra­or­di­naires et qui semble tout accep­ter. Je n’ai pas trouvé ses réac­tions crédibles face à la mort ni en amour. À l’opposé, les pages consa­crées à la fuite en mer sont très prenantes et on a l’impression que l’auteur sait mener un bateau même par mauvais temps

Citations

Sentiments cubains

Comment peut-​on avoir des senti­ments aussi violents ? Pour être en vie, il faut pouvoir éprou­ver la douleur comme la joie. Tout ne doit donc pas ressem­bler rien qu’à un jour où le temps est gris.

Bonne conscience

Je suis reparti, l’esprit étran­ge­ment élevé par cet évène­ment, par le fait que la réalité améri­caine ressem­blait à ce que l’on voit à la télé, et j’ai pensé bana­le­ment que le monde était étrange. C’est le fait d’être né en un lieu du globe qui décide si l’on devra résoudre des problèmes exis­ten­tiels au sens le plus pur du terme, ou ne faire face qu’à des défis normaux, que tout indi­vidu raison­nable peut résoudre dans une société moderne tour­née vers le bien-​être, comme l’aurait dit mon père…

Absence de volonté du personnage principal

Je ne me sentais pas spécia­le­ment parfait comme espion … pas spécia­le­ment à mon aise, en fait mais la route était tracée, et j’avais résolu de la suivre.

Cuba

La Havane était l’endroit le plus pauvre que j’ai vue de ma vie, et l’un des plus éhon­tés, où même les gardiens du musée natio­nal des perfec­tions de la révo­lu­tion mendient de la petite monnaie … les jeunes filles de couleur, nombreuses et ravis­santes, qui semblaient s’offrir à tous les hommes, quel que soit leur âge ou leur physique. Circu­ler seul à La Havane, c’était comme aller et venir dans le plus grand bordel en plein air du monde.

Le Danemark

En surface tout avait paru normal, parce que c’était obli­ga­toire dans la province danoise, mais nous étions une famille qui fonc­tion­nait assez mal. C’est sans doute plus répandu qu’on ne le croit si l’on ne se borne pas à regar­der un vernis flat­teur.

On en parle

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