Éditions Gallmeister, 272 pages, janvier 2015

Traduit de l’américain par Laura Derajinski

 

Toujours dans la série des romans qui ne sortent jamais voici un roman qui m’a à la fois captivée et vraiment choquée. Ce n’est vraiment pas un récit banal et je n’ai aucune explication qui pourrait expliquer son triste sort à la médiathèque de Dinard. Un jeune policier Val Millimaki à Copper dans le Montana, est spécialisé dans la recherche des personnes perdues, dont le plus souvent, il ne retrouve que le cadavre, on va le suivre dans son rapport avec un meurtrier qui est est un vieillard aujourd’hui mais qui a vécu toute sa vie d’assassinats qui lui rapportaient de l’argent. Il est en prison et attend son jugement. Val le surveille toutes les nuits, et peu à peu s’installe entre eux un dialogue qui m’a passionnée. Val et John Gload, le meurtrier, ont tous les deux vécu une enfance très difficile, Val à retrouver sa mère pendue, John Gload orphelin a vécu l’enfer des enfants placés et très vite il réagira par la violence et le crime.

C’est peut être pour cela qu’il n’a pas de succès en bibliothèque : où le classer  ? Ce n’est pas un thriller et pourtant, on est avec un meurtrier implacable, ce n’est pas un roman policier, puisque nous savons tout de suite qui a tué et pourquoi, nous assistons même à trois meurtres, ce n’est pas un roman social, car la morale est totalement absente de ce récit. C’est quand même plus vers ce genre que penche ce récit, car nous sommes enfermés avec Val et Gload dans les cellules de la prison, sous l’autorité du Shérif,. Il y a bien un peu de suspens car on se demande si les deux flics pourris feront la peau de Gload avant qu’il soit jugé et surtout ils veulent se faire mousser en retrouvant tous les restes des victimes du tueur.

Le côté immoral aurait dû me rebuter, car celui qui tire les ficelles de tous les rapports humains dans cette prison c’est Gload, il comprend les petitesses de chacun et en joue avec brio. On sent que Val est envahi peu à peu par son métier et sa femme perd pied et finit par le quitter. Le talent de l’écrivain est extraordinaire, il nous fait découvrir le Montana, cette région qui semble si belle, et la dure vie des paysans, et les difficultés de vivre des gens ordinaires qui parfois n’en peuvent plus et partent mourir discrètement quel que part où le chien Tom et le policier Val les retrouveront. Il décrit aussi l’épuisement de Val qui perd totalement le sommeil et qui ressemble parfois plus à un zombie qu’à un homme .

Il reste que quand j’ai refermé le livre, j’ai retrouvé mon sens moral et que je m’en suis voulue d’avoir pris partie pour ce ce Gload qui a commencé en tuant une vieille femme simplement parce qu’il n’aimait pas son chien !

C’est un talent extraordinaire d’écrivain que de ne rien nous cacher des turpitudes de son personnage principal et en même temps mettre son lectorat du côté du meurtrier.

 

Extraits

Début du prologue.

 À l’automne de cette année-là, le garçon descendit du bus au bout de la route sèche, la haie de buisson vrombissant du crissement des sauterelles affolées, qui bondissaient à son passage depuis les hautes herbes et le feuillage pâle et poussiéreux des oliviers de bohème, se heurtaient à son pantalon et se précipitaient contre les pans de sa chemise. Une fois par mois on leur permettait de quitter l’école plus tôt et on les encourageait à mettre ce temps libre profit des œuvres de charité. Val était un garçon sérieux.

Début du roman.

 Comme pour parer un coup, il leva les bras devant son visage et la première balle traversa son mince avant-bras, ainsi que la moitié supérieure de son oreille droite avant de siffler dans l’air du soir comme une abeille furieuse. La deuxième, alors qu’il faisait volte-face pour s’enfuir, l’atteignit en haut de la nuque, il tomba tête la première et cessa de bouger. Le vieil homme s’approcha de lui examina la blessure avec attention. Il retourna le garçon. La balle était ressortie juste sous son nez, le vieil homme inspecta son œuvre tandis que le garçon cillait et regardait le ciel au-delà du visage impassible du tueur.

La description d’un paysage du Montana.

 Il décrivit au jeune adjoint, en panoramique, ce qu’il voyait – des promontoires de grès coiffés de sauge sans âge, la cheminée en pierre d’une cabane de pionnier où un cultivateur avait jadis baissé les bras toujours dressés au milieu d’un amas de rondins couleur de rouille, le vert pâle du lit d’une rivière et après un autre tournant bien plus loin, la ligne dentelée des montagnes qui, parfois, lui paraissaient accessibles en un jour de marche. Et d’autres fois ne ressemblaient qu’à une tâche bleue sur bleu, qui aurait pu n’être qu’un banc de nuages ou rien du tout, un mirage. 

Portrait réaliste d’un policier minable.

Wexler est un connard de la pire espèce. Je vous parie ce que vous voulez qu’il a été un petit étron, toute sa vie, qu’on c’est foutu de lui sans arrêt, et maintenant qu’il a un peu de pouvoir, il fait payer ceux qu’il croise. J’ai vu des types comme lui toute ma vie. Je vous parie mille dollars qu’il a été un étron, toute son enfance et que maintenant, il applique le tarif fort.

Dans la cafétéria de l’hôpital, Val apprend que sa femme le trompe.

 Mesdames et messieurs, je suis adjoint au shérif du comté de Copper puis-je avoir votre attention ? Je suis agent des forces de l’ordre et mon épouse veut de m’informer qu’elle voyait quelqu’un. Alors je vous prie de garder votre calme. Je vous promets à tous que s’il est actuellement dans cette salle, je ne déchargerai pas mon arme à feu dans la région annale du professionnel de la santé qui baise ma femme.

Petits problèmes de traductions ?

Je me demande comment une statue en fer forgé peut avoir des dents étincelantes

 Dans le sas d’entrer un valet noir en fer forgé accueillit Millimaki et manifesta sa servitude par un plateau tendu et un rictus qui dévoilait des dents étincelantes.

J’ai du mal à savoir ce que sont ces bouviers des hommes des chiens et si ce sont des chiens comment un chien peut il être scabreux :

  Deux bouvier scabreux, déboulèrent d’une grange qui penchait d’une quinzaine de centimètres au-dessus des fondations, ils se fixèrent aussitôt sur le flanc du chien pisteur et Val dut les chasser à coups de pied..

 

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