traduit de l’an­glais améri­cain par Laura Dera­jinski. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

J’ai beau­coup hésité entre 3 ou 4 coquillages, car j’ai beau­coup aimé le début de ce roman et beau­coup moins ensuite. J’ai aimé cette petite Cait­lin qui s’abîme dans la contem­pla­tion des pois­sons à l’aqua­rium de Seat­tle en atten­dant sa mère qu’elle adore. Un vieil homme s’ap­proche d’elle et un lien amical et rassu­rant se crée entre eux. Toute cette partie est écrite avec un style recher­ché et très pudique. On sent bien la soli­tude de cette enfant de 12 ans dont la maman travaille trop dans une Amérique qui ne fait pas beau­coup de place aux faibles. J’ai aimé aussi les dessins en noir et blanc des pois­sons ; Bref, j’étais bien dans ce roman. Puis catas­trophe ! commence la partie que j’ap­pré­cie beau­coup moins, ce vieil homme s’avère être le grand père de Cait­lin, il a aban­donné sa mère alors que sa femme était atteinte d’un cancer en phase termi­nale. Commence alors un récit d’une violence incroyable et comme toujours dans ces cas là, j’ai besoin que le récit soit plau­sible. Je sais que les services sociaux améri­cains sont défaillants mais quand même que personne ne vienne en aide à une jeune de 14 ans qui doit pendant une année entière soigner sa mère me semble plus qu’é­ton­nant. Ensuite je n’étais plus d’ac­cord pour accep­ter la fin, après tant de violence, j’ai eu du mal à accep­ter le happy end. On dit que c’est un livre sur le pardon, (je suis déso­lée d’en dire autant sur ce roman, j’es­père ne pas trop vous le divul­gâ­cher) , mais c’est juste­ment ce que le roman ne décrit pas : comment pardon­ner. Bref une décep­tion qui ne s’an­non­çait pas comme telle au début.

Citations

Sourire

Il s’ap­pelle comment ?

Steve. Il joue de l’har­mo­nica.
C’est son boulot ?
Ma mère éclata de rire. Tu imagines toujours le monde meilleur qu’il n’est, ma puce.

Le monde de l’enfance déformé par les parents

Tout est possible avec un parent. Les parents sont des dieux. Ils nous font et nous détruisent. Ils déforment le monde, le recréent à leur manière, et c’est ce monde-là qu’on connaît ensuite, pour toujours. C’est le seul monde. On est inca­pable de voir à quoi d’autre il pour­rait ressem­bler.

Lu grâce au club de lecture de la média­thèque de Dinard. Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Cécile Leclère et coup de coeur de mon club.

Dans ma volonté d’al­ler vers des lectures qui ne sont pas trop dans mes goûts, je me suis lancée dans ce roman poli­cier car il était au programme de mon club. J’ai vrai­ment du mal avec le suspens et, encore une fois, j’ai commencé par la fin. Pour ce roman cela n’en­lève pas grand chose à l’in­té­rêt, sauf que je ne peux pas vous la racon­ter alors que j’en brûle d’en­vie. J’ima­gine vos décep­tions et la colère de Krol si je révé­lais la solu­tion de cet horrible suspens : est-ce que la pauvre Tessa « presque » victime d’un tueur en série quand elle avait 16 ans arri­vera à sauver du couloir de la mort celui qui avait été arrêté à l’époque ? Elle est adulte main­te­nant et doit donc revivre son calvaire car il n’est pas certain que le coupable idéal : un noir qui passait par là, soit vrai­ment le tueur. Je vous promets que ce que je dévoile ne va pas au delà des premières pages.

Ce qui rend ce roman origi­nal, c’est que la tension ne vient pas de la peur de l’ado séques­trée dans une tombe, on sait dès le début qu’elle a été sauvée contrai­re­ment aux autres « margue­rites » qui, elles, ont été assas­si­nées. Mais du fait que l’en­quête doit reprendre et que les fils si embrouillés doivent être de nouveau démê­lés, l’an­goisse s’ins­talle quand même car Tessa semble si fragile et ce qu’elle a vécu si terrible. Je pense que les amateurs du genre doivent adorer, moi je le trouve éton­nant, bien construit et posant au passage le problème des préju­gés racistes qui empêchent que la justice améri­caine soit « juste » pour tous ses citoyens. Mais je ne comprends pas le plai­sir qu’on peut avoir à lire des horreurs abso­lues qui montent en tension grâce au suspens.

20161127_093233Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Anouk NEUHOFF. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard

3
Décep­tion ! Que je veux aussi parta­ger avec vous car j’avais noté ce roman dans un blog, mais lequel ? Le début m’a accro­chée, car je ne peux imagi­ner cette conduite : une femme, de 70 ans envi­ron, propose à un homme du même âge qu’elle connaît sans s’être jamais rappro­chée de lui, de parta­ger ses nuits. Je trouve que c’est d’une audace inima­gi­nable, autant je peux croire qu’on invite une personne à parta­ger des moments dans la jour­née mais les nuits ? Alors, sans aucune hési­ta­tion, je suis partie dans la vie de ces deux auda­cieux person­nages. Et j’ai aimé que leurs deux exis­tences n’aient rien d’au­da­cieux, bien au contraire, cadres moyens d’une petite ville de province, ils se découvrent l’un l’autre dans une vie faite surtout de frus­tra­tions et de coups du destin. Et puis la fin gâche vrai­ment tout, cette femme qui s’en fiche du « quand dira-t-on » est inca­pable de résis­ter à son taré de fils qui a déjà fait le malheur de sa femme et de son fils.

Alors évidem­ment le roman m’a agacée, je ne cher­chais pas un happy-end mais à ce que les person­na­li­tés se tiennent un peu plus que ça. J’ai revi­sité alors ma lecture et je me suis rendu compte que beau­coup de détails ne fonc­tion­naient pas pour moi. Pour­quoi ne vient-elle jamais chez lui ? Pour­quoi n’en parlent-ils pas à leurs enfants et qu’ils laissent la rumeur arri­ver jusqu’à eux ? Mais il faut sans doute passer au-dessus de tout cela, pour décou­vrir que l’Amé­rique sous des allures de pays de la liberté est, du côté des mœurs, un pays étroit et mesquin. Et je rajoute que j’ai été toute seule à avoir des réti­cences par rapport à cette histoire qui a beau­coup plu aux membres du club qui lui ont donné un coup de cœur à l’unanimité moins une voix : la mienne.

Citations

Lorsque j’ai cru beaucoup aimer ce roman

Ça fait trop long­temps que nous sommes sans personne. Des années. La compa­gnie me manque. À vous aussi, sans doute. Je me deman­dais si vous accep­te­riez de venir dormir avec moi certaines nuits. Non, il ne s’agit pas de sexe… Je parle de passer le cap des nuits. Et être allon­gés au chaud sous les draps de manière complice.

20160726_102602Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Jean-Luc Piningre

1Cet été, j’ai ressenti un fort besoin de retrou­ver un monde sans violence à travers mes lectures. J’ai pensé que cette Miss Alabama et ses petits secrets allaient me détour­ner de mon pessi­misme concer­nant l’hu­ma­nité et en parti­cu­lier la cruauté des fous qui tuent au nom d’Allah. Quand j’ai commencé, j’ai cru avoir trouvé un déri­va­tif à ma peine : le début est amusant, cette femme parfaite, trop sans doute, et qui a tout contrôlé dans sa vie, décide de se suici­der car elle ne supporte plus de vivre à Birmin­gham dans l’état de l’Ala­bama au milieu de gens qui la déçoivent. Seule­ment voilà, alors que tout est très bien plani­fié sa collègue Brenda une femme noire sympa­thique et légè­re­ment obèse, lui impose d’al­ler voir un spec­tacle de Derviches-Tour­neurs. Maggie qui ne sait pas dire non recule son funeste projet d’une semaine. Durant ces quelques jours, nous allons peu à peu connaître son entou­rage et à travers sa vie, les diffi­cul­tés d’une ville comme Birmin­gham. Comme nous sommes avec des agents immo­bi­liers, on suit au plus près les trans­for­ma­tions des centres villes améri­cains et leur déser­ti­fi­ca­tion au profit de banlieues très anonymes.

Les person­nages sont sympa­thiques sauf la très méchante Babs Bingin­ton. Se mêlent à l’histoire contem­po­raine, celles des siècles passés où a été construite une belle demeure que Maggie fera tout pour sauver des griffes des promo­teurs. Et bien, malgré toute ma bonne volonté et l’en­vie de lire un roman amusant je me suis très forte­ment ennuyée au point de tour­ner les pages de plus en plus rapi­de­ment. J’avais l’im­pres­sion d’être dans une mauvaise série où tous les person­nages sont des cari­ca­tures d’eux-mêmes.

Est-ce que tout simple­ment ce livre est tombé à un mauvais moment ? je ne sais pas. Mais je n’ai cru à aucune histoire et surtout pas au happy end, tant pis pour les anti-divul­gâ­cheuses, non, Maggie ne se suici­dera pas, non, la belle maison ne sera pas détruite par les méchants promo­teurs et oui, Maggie sera fina­le­ment heureuse, et non, je ne vous dirai pas comment (j’ai trop peur de perdre mes lecteurs et lectrices) !

Portrait de Maggie (Miss Alabama)

De toute a vie, elle ne s’était jamais mise en colère, or c’était la deuxième fois, ce mois-ci. Était-ce une méno­pause tardive ? Le retour du refoulé de l’agent immo­bi­lier ? Quoi qu’il en soit Maggie se dit qu’elle ferait mieux de se calmer.

Une diatribe contre les vedettes d’aujourd’hui

Aujourd’hui, les vedettes défendent toutes une cause. Et que je te cours le monde, que je te fais ami-ami avec les dicta­teurs, que je te crache sur l’Amé­rique. Ce qui ne les empêchent pas d’empocher l’argent qu’elles y gagnent . Je trouve qu’elles feraient mieux de fermer leurs grandes bouches et de simple­ment jouer la comé­die.

- Les deux à la fois, c’est un peu compli­qué, remar­qua Brenda en riant.

20160526_105726(1)Traduit de l’an­glais ( États Unis) par Éric Chédaille.

3Après avoir lu « La Montagne en Sucre » je n’ai pas hésité à me lancer dans ce second roman que Domi­nique et Keisha m’avaient conseillé. Hélas, ce roman centré sur les amitiés entre univer­si­taires améri­cains ne m’a pas vrai­ment inté­res­sée. Le roman suit la desti­née de deux couples spécia­listes de litté­ra­ture anglaise, ils se prennent d’ami­tié, l’un a beau­coup d’argent et fait profi­ter de son confort un couple d’amis moins fortu­nés. Le person­nage prin­ci­pal dans lequel on peut recon­naître Wallace Stegner est l’uni­ver­si­taire moins riche mais doué pour l’écri­ture de romans à succès et qui , pour cette raison, est visi­ble­ment appelé à faire une belle carrière alors que son ami aura plus de mal à s’im­po­ser car il aime surtout écrire de la poésie. Nous sommes donc dans le milieu d’en­sei­gnants au compor­te­ment et à la réus­site divers, on voit combien il est impor­tant, aux Etats-Unis, de publier des articles ou des livres pour réus­sir en tant qu’u­ni­ver­si­taire. Les deux carrières de ces amis évolue­ront donc à des rythmes très diffé­rents. La vie et un acci­dent que je ne peux pas racon­ter sans dévoi­ler l’in­trigue, mettra leur amitié à rude épreuve. J’ai eu du mal à suppor­ter les critiques sur le couple juif qui est, comme par hasard, arri­viste et inté­ressé. Un moment Stegner se demande (à travers son person­nage prin­ci­pal) s’il n’est pas victime de l’an­ti­sé­mi­tisme ambiant. Je peux lui répondre qu’il ne trouve aucune qualité à ses collègues juifs et que ça n’est pas très agréable car on peut penser que des profes­seurs capables de peti­tesses, il y en a de toutes couleurs et de toutes confes­sions ! Comme beau­coup d’Amé­ri­cains, ils sont passion­nés par la nature, je pense que c’est un aspect du roman qui a beau­coup plu à Domi­nique . Quant à moi, je dois un peu me forcer pour lire les descrip­tions surtout quand je les trouve gratuites. Je dirai que c’est un roman à lire pour ceux qui sont inté­res­sés par le monde univer­si­taire améri­cain d’avant guerre, et que Stegner est d’une honnê­teté totale dans l’ana­lyse des senti­ments mais, hélas, on ne retrouve pas du tout le souffle épique de « Montagne en sucre « .

Citations

Les descriptions de la nature que je dois me forcer à lire

Traver­sant les feuillus qui poussent au pied de la hauteur, traver­sant le cordon de cèdres, où des sources rendent le sol spon­gieux, je marche d’un pas alerte et mes yeux se repaissent. J’avise dans la boue des empreintes de raton laveur, un adulte et deux petits, je vois des herbes mûris­santes ployées par l’hu­mi­dité comme des arceaux de croquet, de fausses oronges, en cette saison encore plates voire concaves et conte­nant de l’eau, et des forêts minia­tures de pied-de-loup et de lyco­podes. Il y a, sous les jupes des épicéas, des cavernes mordo­rées, abris tout indi­qués pour les mulots et les lièvres.

Vanités

Quoique j’aie été occupé, peut-être surmené, toute ma vie durant, il me semble aujourd’­hui que j’ai accom­pli bien peu de choses impor­tantes, que mes livres n’ont jamais été à la hauteur de ce que j’avais en tête, et que les grati­fi­ca­tions ‑revenu confor­table, célé­brité, prix litté­raires et titres hono­ri­fiques-n’ont été que du clin­quant et rien dont un homme doive se conten­ter.

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Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Eric Chédaille.

4Je dois à Keisha un certain nombre de nuits et de petits déjeu­ner très éloi­gnés des côte de la Manche, avec ce roman de 987 pages qui fait rouler l’ima­gi­na­tion dans les grands espaces de l’ouest améri­cain. J’ai­me­rais comprendre pour­quoi les fran­çais aiment à ce point chan­ger les titres. En anglais l’au­teur a appelé son roman « The Big Rock Candy Moun­tain », en 2002 le livre est publié aux éditions Phébus, sous le titre traduit exac­te­ment de l’an­glais « La bonne Grosse Montagne en sucre ». Et main­te­nant, il revient avec ce titre raccourci, pour­quoi ? Dans l’an­cien titre, on croit entendre la voix de Bo, le person­nage prin­ci­pal, qui fait démé­na­ger sa famille tous les 6 mois pour les convaincre d’al­ler recher­cher la fortune sur une « bonne grosse montagne en sucre » . Bref, je m’in­ter­roge !

Je suis restée trois semaines avec Bo, Elsa, Chet et Bruce. J’ai trouvé quelques longueurs à cet énorme roman, mais n’est-ce pas de ma part un phéno­mène de mode ? Je préfère, et de loin, quand les écri­vains savent concen­trer ce qu’ils ont à nous dire. Je recon­nais, cepen­dant, que, pour comprendre toutes les facettes de cet « anti-héros » Bo Wilson, mari d’une extra­or­di­naire et fidèle Elsa et père de Chet et de Bruce, il fallait que l’au­teur prenne son temps pour que le lecteur puisse croire que Bo soit à la fois « un indi­vidu montré en exemple par la nation toute entière » et un malfrat violent recher­ché par toute les polices sans pour autant « être un indi­vidu diffé­rent »  : ce sont là les dernières phrases de son fils, Bruce qui ressemble forte­ment au narra­teur (et peut-être à l’au­teur), il a craint, admiré, détesté son père sans jamais tota­le­ment rompre le lien qui l’unit à lui.

Cet homme d’une éner­gie incroyable, est toujours prêt pour l’aven­ture, il espère à chaque nouvelle idée rencon­trer la fortune et offrir une vie de rêve à sa femme. Il y arrive parfois mais le plus souvent son entre­prise fait naufrage et se prépare alors un démé­na­ge­ment pour fuir la police ou des malfrats. Elsa, n’a aucune envie d’une vie dorée, elle aurait espéré, simple­ment, pouvoir s’enserrer dans un village, un quar­tier un immeuble, entou­rée d’amis qu’elle aurait eu plai­sir à fréquen­ter. C’est un person­nage éton­nant, car elle comprend son mari et sait que d’une certaine façon, elle l’empêche d’être heureux en étant trop raison­nable. Son amour pour ses enfants est très fort et ils le lui rendent bien. Cette plon­gée dans l’Amérique du début du XXe siècle est passion­nante et l’ana­lyse des person­nages est fine et complexe. C’est toute une époque que Wallace Stei­gner évoque, celle qui a pour modèle des héros qui ont fait l’Amé­rique mais qui s’est donné des règles et des lois qui ne permettent plus à des aven­tu­riers de l’es­pèce de Bo de vrai­ment vivre leurs rêves. Jamais dans un roman, je n’avais, à ce point, pris conscience que la fron­tière entre la vie de l’aven­tu­rier et du bandit de grand chemin était aussi mince.

Citations

Justification du titre

Il y avait quelque part, pour peu qu’on sût les trou­ver, un endroit où l’argent se gagnait comme on puise de l’eau au puits, une bonne grosse montagne en sucre où la la vie était facile, libre, pleine d’aven­ture et d’ac­tion, où l’on pouvait tout avoir pour rien.

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas

Henry était pondéré, inof­fen­sif, réti­cent même à annon­cer sans ambages qu’il venait pour la voir elle et non son père, au point qu’il s’était montré capable de passer une demi-douzaine de soirées au salon à conver­ser avec Nels Norgaard sans adres­ser plus de dix mots à Elsa. Il était posé, inca­pable d’un mot dur envers quiconque, gentil, si digne de confiance mais si dépourvu de charme. Comme il était dommage, songea-t-elle une fois en soupi­rant, que Bo, avec son aisance inso­lente, son intel­li­gence, son physique puis­sant et délié, ne possé­dât pas un peu du calme rassu­rant d’Henry. Mais à peine commen­çait-elle à se lais­ser aller à cette idée qu’elle se repre­nait : non, se disait-elle avec une pointe de fierté, jamais Bo ne pour­rait ressem­bler à Henry. Il n’avait rien d’un animal de compa­gnie, il n’était pas appri­voisé, il ne suppor­tait pas les entraves, en dépit de ses efforts aussi intenses que fréquents.

la famille déménageait tous les ans parfois quatre fois par an

Long­temps après, Bruce consi­dé­rait cette absence de racines avec un éton­ne­ment vague­ment amusé. les gens qui vivaient toute leur vie au même endroit, qui taillaient leur haie de lilas et repi­quaient des berbé­ris, qui chan­geaient de carrée en ronde la forme de leur bassin de nénu­phars, qui déter­raient les vieux bulbes pour en mettre de nouveaux, qui voyaient pous­ser et un jour ombra­ger leur façade les arbres qu’ils avaient plan­tés, ces gens-là lui semblaient par contraste suivre un chemi­ne­ment incer­tain entre ennui et conten­te­ment.

L’amour

L’amour est quelque chose qui fonc­tionne dans les deux sens, dit Elsa d’une voix douce. Pour être aimé, il faut aimer. 

20160307_145754Traduit de l’amé­ri­cain par Fran­çoise Cartano.

Quand j’ai appris la nouvelle de la mort de Pat Conroy, je me suis sentie triste, et ne pouvant pas parti­ci­per ni de près ni de loin au deuil qui doit toucher profon­dé­ment ses proches, j’ai décidé de relire « le prince des Marées » ; roman qui m’avait profon­dé­ment marquée en 2002.

4
Ma relec­ture atten­tive de ce gros roman (600 pages) m’a remis en mémoire tout ce que j’aime chez cet auteur. Tout d’abord, son formi­dable humour et j’ai encore bien ri à la lecture de la scène où sa grand mère entraîne ses petits enfants dans le choix de son cercueil, au milieu de tant de souf­frances d’une enfance rava­gée par la violence d’un père et de l’in­sa­tis­fac­tion de sa mère, ce petit passage où Tholita (la grand-mère) finira par faire pipi de rire sur les azalées du centre ville est un excellent déri­va­tif aux tensions créées par les drames dans lesquels la famille Wigo est plon­gée.

J’ai de nouveau appré­cié la construc­tion roma­nesque : nous connaî­trons peu à peu les drames succes­sifs de la famille à travers l’ef­fort que doit faire le person­nage prin­ci­pal, Tom, pour aider la psychiatre de sa sœur jumelle, Savan­nah, à s’y retrou­ver dans le délire psycho­tique de celle qui est aussi une poétesse admi­rée du tout New-York des lettres. Ce procédé permet de rompre la chro­no­lo­gie et de croi­ser plusieurs histoires. « Le prince des marées » est un roman foison­nant et géné­reux le drame est toujours mélangé à une éner­gie vitale qui permet de suppor­ter les pires vile­nies des humains. C’est peut être le reproche qu’on peut faire à ce livre , cette famille est vrai­ment touchée par une série de drames trop horribles. Parfois on se dit : c’est trop ! mais peu importe, c’est si extra­or­di­naire de décou­vrir le Sud des États Unis sous plusieurs facettes : le racisme ordi­naire, la reli­gion, le côté bonne éduca­tion, la force des éléments.

Enfin ce livre est un hymne à la nature et les descrip­tions vous emportent bien loin de votre quoti­dien. C’est le genre de roman que l’on quitte avec regret chaque soir et que l’on voit se termi­ner avec tris­tesse. Bravo Monsieur Part Conroy d’avoir su écrire sur l’enfance marty­ri­sée en gardant la tête haute et votre merveilleux sens de l’hu­mour ; et merci, vos livres ont fait voya­ger tant de gens vers un pays dont vous parlez si bien.

Citations

Sa rage contre les parent destructeurs

Les parents ont été mis sur terre dans le seul but de rendre leurs enfants malheu­reux.

Un des portrait de sa mère

Ma mère se bala­dait toujours comme si elle était atten­due dans les appar­te­ments privés d’une reine. Elle avait la distinc­tion d’un yacht – pureté de ligne, effi­ca­cité, gros budget. Elle avait toujours été beau­coup trop jolie pour être ma mère et il fut un temps où l’on me prenait pour son mari. Je ne saurais vous dire à quel point ma mère adora cette période… Maman donne des dîners prévus plusieurs mois à l’avance et n’a pas le loisir de se lais­ser distraire par les tenta­tives de suicide de ses enfants.

Folie de sa sœur

Depuis sa plus tendre enfance, Savan­nah avait été dési­gnée pour porter le poids de la psychose accu­mu­lée dans la famille. Sa lumi­neuse sensi­bi­lité la livrait à la violence et au ressen­ti­ment de toute la maison et nous faisions d’elle le réser­voir où s’ac­cu­mu­lait l’amer­tume d’une chro­nique acide . Je le voyais, à présent : par un proces­sus de sélec­tion arti­fi­ciel mais fatal, un membrure de la famille est élu pour être le cinglé et toute la névrose, toute la fureur, toute la souf­france dépla­cées s’in­crustent comme de la pous­sière sur les parties saillante de ce psychisme trop tendre et trop vulné­rable.

Portrait d’une méchante femme de sa ville natale

Ruby Blan­ken­ship péné­tra dans la pièce, royale et inqui­si­to­riale, ses cheveux gris bros­sés sévè­re­ment en arrière, et les les yeux fichés comme des raisins secs dans la pâte molle de sa chaire. C’était une femme immense, gigan­tesque, qui faisait naître une terreur immé­diate dans le cœur des enfants. À Colle­ton, elle était perçue comme « une présence », et elle se tenait sur le pas de sa porte d’où elle nous obser­vait avec cette inten­sité singu­liè­re­ment rava­geuse que les personnes âgées qui détestent les enfants ont su élever au rang des beaux-arts. Une partie de sa noto­riété locale était due à l’in­sa­tiable curio­sité que lui inspi­rait la sante de ses conci­toyens. Elle était l’hôte omni­pré­sente de l’hô­pi­tal autant que du funé­ra­rium.

Dialogue avec sa mère

- Je n’au­rais pas dû avoir d’en­fants, dit ma mère. On fait tout pour eux, on sacri­fie sa vie entière à leur bonheur, et ensuite ils se retournent contre vous. J’au­rais dû me faire liga­tu­rer les trompes à l’âge de douze ans. C’est le conseil que je donne­rais à n’im­porte quelle fille que je rencon­tre­rais.
- Chaque fois que tu me vois, Maman, tu me regardes comme si tu voulais qu’un docteur pratique sur toi un avor­te­ment rétro­ac­tif.

Humour

Les ensei­gnants améri­cains ont tous des réflexes de pauvres, nous avons un faible pour les congrès et foire du livre tous frais payés, avec héber­ge­ment gratuit et festin de poulet caou­tchou­teux, vinai­grette douceâtre et petits pois innom­mables.

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Traduit de l’amé­ri­cain par Pierre Furlan. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard. Thème : le Far-West.

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Une nuit inou­bliable passée en partie avec ce livre qui a eu un coup de cœur à notre club. Quatre lectrices ont défendu avec une telle passion ce roman que j’ai succombé à mon tour. Quel chef d’œuvre ! Cela fait long­temps que je n’ai pas éprouvé un plai­sir aussi parfait. Je dis souvent que le suspens me dérange pour appré­cier une histoire, je rajou­te­rai main­te­nant, sauf quand l’au­teur est beau­coup plus intel­li­gent que moi. Car il s’agit bien de cela un combat d’intelligences, entre celle des person­nages, celle des lecteurs mais par dessus tout celle de l’écri­vain. Et le plus fort de tout, c’est qu’au fond de lui Thomas Savage ne croit qu’à la gentillesse et à l’hu­ma­nité, il se méfie de l’in­tel­li­gence surtout quand elle est destruc­trice.

Ce livre d’hommes sur fond de western, est un hymne à la douceur des gentils dans un monde si brutal que l’on n’ima­gine pas que la moindre fleur puisse y déployer ses pétales. Pour­tant Rose et Georges que son frère Phil, appelle Gras-Double surmon­te­ront ensemble les noir­ceurs de la violence. Ce livre ne se raconte pas, il faut faire confiance et se lais­ser porter vers un Far West qui n’a rien de roman­tique mais qui est si humain qu’on est beau­coup plus proche, sans doute, de ce qui s’est vrai­ment passé que dans n’im­porte quel film de John Wayne.

On a aussi, et avec quelle maîtrise, les décors natu­rels, les odeurs , les scènes d’animaux, les chevau­chées, les saloons, les personnes fortes, les humi­liés, mais rien de tout cela ne raconte complè­te­ment cette histoire, c’est un décor dans lequel se joue un drame si prenant qu’on ne peut le lire que d’une traite. Mais c’est surtout un livre qui permet de comprendre que sans l’in­tel­li­gence du cœur, l’homme n’est qu’un misé­rable « tas de petits secrets » en contre­di­sant Malraux et son admi­ra­tion pour les grands hommes si coura­geux soient-ils, comme l’est Phil qui a gâché sa vie et celle des siens pour un secret que seul la lecture du roman pourra vous dévoi­ler.

Citations

Conseil d’un père à son fils

- Je te dirai, Peter, de ne jamais te soucier de ce que racontent les gens. Les gens ne peuvent pas savoir ce qu’il y a dans le cœur des autres.
– Je ne me soucie­rai jamais de ce que racontent les gens.
– Peter, s’il te plait, ne le dis pas tout à fait comme ça. La plupart des gens qui ne s’en soucient pas, oui, la plupart d’entre eux deviennent durs, insen­sibles. Il faut que tu sois bien­veillant. Je crois que l’homme que tu es capable de deve­nir pour­rait faire beau­coup de mal aux autres, parce que tu es si fort. Est-ce que tu comprends ce qu’est la bien­veillance, Peter ?
– Je n’en suis pas sûr, père.
– Eh bien, être bien­veillant, c’est essayer d’ôter les obstacles sur le chemin de ceux qui t’aiment ou qui ont besoin de toi.
– Ça je le comprends.

L’ivrogne du saloon

Un soûlot, dès qu’il vous met le grap­pin dessus, il vous bassine avec des âneries. Il fait semblant d’être ce qu’il n’est pas, il joue un person­nage trop grand pour lui. Et vous aurez beau l’in­sul­ter ou lui balan­cer n’im­porte quoi pour le remettre à sa place, il conti­nuera à jacas­ser.

Définition d’un aristocrate

Phil avait un esprit péné­trant, curieux – un esprit qu’il enri­chis­sait et qui dérou­tait maqui­gnons et voya­geurs de comm­merce. Car, pour ces gens, un homme qui s’ha­billait comme Phil, qui parlait comme Phil, qui avait les cheveux et les mains de Phil, devait être simplet et illet­tré. Or, ses habi­tudes et son aspect obli­geaient ces étran­gers à modi­fier leur concep­tion de ce qu’est un aris­to­crate, à savoir quel­qu’un qui peut se permettre d’être lui-même.

L’amour maternel

Je l’aime mais je ne sais pas comment l’ai­mer. Je voudrais que mon amour l’aide pour quelque chose mais on dirait qu’il n’a besoin de rien.

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J’ose main­te­nant me prome­ner dans le rayon BD et en choi­sir une sans même avoir lu de critiques dans vos blogs ! Quelle révo­lu­tion, toute person­nelle (la révo­lu­tion !), et qui affecte surtout mes finances… mais non, cela me procure aussi beau­coup de plai­sirs. Ce n’est pas un sujet très gai que la dispa­ri­tion de ses parents, pas plus que le vieillis­se­ment, mais vous l’avez remar­qué entre « Mamette » et« Les vieux Four­neaux » je m’y inté­resse et le thème semble porteur. Vivrions-nous dans des socié­tés vieillis­santes ?

Roz Chast, raconte avec un humour et un réalisme éton­nant la vie de ses parents dans un quar­tier popu­laire de Brook­lyn, ils sont juifs d’ori­gine russe. Ce qui veut dire, qu’entre les pogroms et la Shoa, leurs familles respec­tives n’ont pas été épar­gnées. Mais là, n’est pas le sujet de ce roman graphique. Roz nous fait le portrait de ses parents , et c’est parfois à mourir de rire. Sa mère a un tempé­ra­ment explo­sif, et son père est gentil et déli­cat malheu­reu­se­ment c’est aussi un grand angoissé. Avec le grand âge, il est atteint de séni­lité et tout devient alors effroya­ble­ment compli­qué.

Roz Chast raconte très bien les diffi­cul­tés et le coût de la vieillesse aux USA, elle a réussi à ce que ses parents soient à peu près correc­te­ment pris en charge, mais il s’en est fallu de peu qu’elle ne puisse pas faire face finan­ciè­re­ment. Cette plon­gée dans le monde améri­cain qui n’est pas dans la misère mais qui a du mal à s’en sortir est vrai­ment inté­res­sante, tout cela raconté avec humour. Je pensais mettre cinq coquillages et n’avoir aucune réserve et puis les cinq pages finales me rendent mal à l’aise. Le livre se termine sur les dessins que Roz Chast a fait de sa mère sur son lit de mort. Je me suis sentie très mal tout à coup, sa mère meurt, elle est là avec elle et elle la dessine… bref je ne comprends pas et pire je suis un peu choquée. Dommage car le début et 99 % de ce roman graphique sont si bien.

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20160131_130735_021Traduit de l’amé­ri­cain par Béatrice Vierne. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard dans le thème décou­verte de l’Ouest améri­cain.

J’adore la dédi­cace de ce livre :

Le livre que voici est dédié à Margue­rite Cole Moomaw qui combat­tit à mes côtés dans la guerre des Gaules. Épaule contre épaule, nous avons lutté contre Jules César et les légions romaines à l’école de White­fish, tout au long de l’an­née scolaire 1919 – 1920.

4Dans une préface très agréable à lire, car elle rend très présente Doro­thy John­son, Michel Le Bris m’a appris que cette écri­vaine était, non seule­ment une jour­na­liste respec­tée, une profes­seure admi­rée mais aussi l’au­teure des nouvelles dont ont été tirés de très bons Western : « la colline des potences » et « L’homme qui tua Liberty Valance ».

À travers de courts chapitres, l’au­teure égrène ses souve­nirs et peu à peu tous les aspects de la vie de ce village s’animent. Les temps sont rudes, et les distrac­tions assez rares, mais cela n’empêche pas un vrai bonheur de trans­pa­raître à travers diffé­rentes anec­dotes. Les enfants sont livrés à eux mêmes et trouvent dans la nature de quoi satis­faire leurs envies d’aventures.

Pour gagner quelques subsides, ils mène­ront une chasse achar­née aux boites de conserves qui servi­ront à rebou­cher les trous dans les routes défon­cées du village. Ils suivent avec passion le poli­cier qui est aussi l’homme qui manie la dyna­mite pour enle­ver les souches. Ils apprennent à nager tout seuls dans des lacs superbes mais glacés. Ils courent le long des voies ferrées. Ils chassent et mangent le produit de leur chasse. Ils se méfient des étran­gers surtout quand ils parlent mal l’an­glais (comme ces Fran­çais qui ne savent pas pronon­cer le nom de leur capi­tale qu’ils appellent « Paree »). Cette auteure sait mettre de l’hu­mour dans ses récits, son dialogue avec les poules est inou­bliable, ainsi que ses diffé­rentes expé­di­tions de camping. C’est un livre revi­go­rant d’une époque révo­lue qu’elle sait ne pas trop regret­ter mais qui lui a forgé un satané carac­tère. Celui dont elle a eu besoin pour se battre dans la vie.

Citations

L’argent de poche

Il n’y avait aucune source fiable de reve­nus pour le jeunesse, voilà tout. Les commis­sions (les gens n’avaient pas besoin de télé­phone – ils avaient des gosses) se faisaient gratis pour la famille et moyen­ne­ment finances, à l’ex­trême rigueur pour les voisins, – à raison de cinq cents s’ils étaient économes et dix s’ils étaient prodigues.

Les distractions

À l’époque où je gran­dis­sais , les distrac­tions de plein air avaient deux avan­tages : on les avait sous la main et elles ne coûtaient pas cher. On manquait de tas de choses à White­fish, mais du grand air, on en avait autant qu’on voulait, et à deux pas de chez soi.

Les airelles

La raison d’être de ce petit voyage, selon les souve­nirs d’Ella, était la cueillette des airelles. ce qui paraît logique. Il y en avait à foison, elles ne coutaient rien et elles faisaient de déli­cieux desserts. D’ailleurs, il fallait avoir une bonne raison de se lancer dans une pareille expé­di­tion ; à cette époque, les gens n’ai­maient guère recon­naître qu’ils faisaient quelque chose unique­ment pour s’amu­ser.

La période P.P

On pour­rait appe­ler cette période P;P. – pré- plas­tique. Il n » y avait pas de ces petits sacs ou pots trans­pa­rents si commode pour empa­que­ter vos affaires. Pas de sachets en plas­tique pour ranger vos maillots de bain mouillés , vos torchons mouillés, vos tout ce que vous voulez mouillés. Pas de déter­gents. Ce n’était pas seule­ment avant le plas­tique ; c’était avant le Nylon, les postes à tran­sis­tors, les briquets, les bombes aéro­sols, le papier collant, les stylos à bille et les livres de poche. Quand vous vouliez rembal­ler vos affaires après un repas, les usten­siles étaient trop gras, trop noirs de fumée et trop chauds.

Jouir du confort

Il va sans dire qu’en tant que campeuse, je n’avais pas le feu sacré, autre­ment je ne repen­se­rais pas à toutes mes expé­riences dans ce domaine avec un si profond soula­ge­ment à l’idée qu’elles sont défi­ni­ti­ve­ment révo­lues. D’un autre côté, si je n’avais pas de tels souve­nirs, je ne pour­rais pas à l’heure actuelle, jouir aussi volup­tueu­se­ment des hôtels de luxe. Comment appré­cier véri­ta­ble­ment l’élé­gance des cock­tails ou des escar­gots au beurre d’ail si l’on n’a jamais été au bord de la nausée en essayant de faire descendre un déjeu­ner de lard et de crêpes froides.

L’adolescence

D’ailleurs dans les années 1920, les adoles­cents n’avaient pas encore été inven­tés. Il y avait seule­ment, des grands enfants, des petits enfants et des bébés.

La belle mère

Ce n’était pas que ma mère eût une passion pour sa belle mère, une vieille dame dépour­vue de tact, qui l’avait un jour remer­ciée de lui avoir envoyé une photo­gra­phie de moi en écri­vant : » Elle vous ressemble, mais elle est néan­moins très mignonne ».