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Traduit de l’es­pa­gnol par Cata­lina SALAZAR

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Ouf j’ai fini ! J’ai traîné ce livre pendant 10 jours en cher­chant pour­quoi Cathulu et Clara avaient été aussi enthou­siastes, c’est ce qui m’a permis, d’ailleurs,d’aller jusqu’au bout. Même la fin est déce­vante, évidem­ment c’est au lecteur de l’imaginer !

Les hypo­con­driaques me font rire d’ha­bi­tude mais celui-là m’a ennuyée , on ne sait abso­lu­ment pas pour­quoi il est tueur et pour­quoi il doit tuer sa victime. On a une pâle expli­ca­tion à la fin, une sombre histoire d’hé­ri­tage. L « impor­tant n’est pas là , mais dans la descrip­tion de toutes les mala­dies du tueur.

On sourit parfois (heureu­se­ment !) , mais 230 pages sur les mala­die imagi­naires, les siennes, ou celles des hommes illustres, c’est terri­ble­ment ennuyeux. J « ai souri à la descrip­tion de sa gros­sesse nerveuse et je veux bien croire que c’est très rare chez l’homme ! C’est compli­qué de tuer un homme quand on louche, quand on est atteint de sommeils subits à n’im­porte quel moment de la jour­née, de cris­pa­tions des doigts au moment de tirer…

Contrai­re­ment à Clara, j’ai trouvé ce roman très répé­ti­tif et puis même traité sous le ton de l’hu­mour j’ai fini par ne plus suppor­ter les descrip­tions des mala­dies. On sait par avance qu’il ne parvien­dra pas à tuer sa cible, le seul inté­rêt c’est de savoir quelle nouvelle mala­die va l’en empê­cher. Cela ne m’a pas suffit pour trou­ver de l’in­té­rêt à cette longue élucu­bra­tion sur toutes les patho­lo­gies que l’on peut s’in­ven­ter aujourd’hui.

Citations

Genre de statistiques absurdes mais drôles

Selon le Dépar­te­ment des Risques de l’uni­ver­sité de l’Iowa, il y a 700 000 méde­cins en acti­vité aux États-Unis et il meurt 120 000 personnes par an pour des raisons déri­vées d’une mauvaise pratique médi­cale. Cela équi­vaut à une moyenne de 0,171 mort par méde­cin. Par ailleurs , 80 millions d’Américains possèdent une arme à feu et 1500 personnes meurent chaque année d’un acci­dent lié à ces mêmes armes a feu . Ce qui donne une moyenne de 0,0000188 mort acci­den­tel par armes. Par consé­quent , si l’on en croit les statistiques,nous devrions en conclure qu’un méde­cin est 9000 fois plus dange­reux qu’une arme à feu, conclu­sion sans doute exagérée. 

Conseils pour être un bon tueur

Ne tue jamais sous l’emprise de la colère,même pas les gens qui t’énervent dans le métro , dans les bureaux de l’ad­mi­nis­tra­tion publique ou à la merce­rie , même si l’on te méprise en raison de ton physique diffé­rent, de ta façon de te dépla­cer et de t habiller , de tes coutumes taci­turnes , de ton âme sensible et mélan­co­lique et, parfois aussi, de ta maladresse au tir. 

On comprend son médecin

Le dernier méde­cin de famille que j’ai appelé lors d’une attaque de goutte en pleine nuit , avec le gros doigt du pied droit et les genoux enflés , m’a dit à l’aitre bout du fil :
- Bon Dieu, vous voulez bien arrê­ter de télé­pho­ner à n’im­porte quelle heure, monsieur ? Je vais vous donner un autre numéro. Notez le : 901 242 626. C’est bon ? Vous l’avez ? Bien , c’est celui d’une entre­prise de pompes funèbres. Ils s’oc­cu­pe­ront mieux de vous que moi. 

On en parle

Je n’ai trouvé que des avis posi­tifs, je suis visi­ble­ment la seule à m’être ennuyée ! Outre Clara et Cathulu le blog de Moon

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Traduit de l’an­glais (Etats-Unis) par Chris­tiane et Da id ELLIS

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Et voilà, mon voyage est terminé, je suis de retour d’une Austra­lie si bien racon­tée par Bill Bryson, que cela va me préser­ver d’un trop long vol vers ce pays qui m’a toujours attiré. Comme toujours avec un humour qui n’ap­par­tient qu’à lui et un sérieux dans ce qu’il veut nous faire comprendre, Bill Bryson explique que l’Aus­tra­lie est un pays conti­nent si vaste et si varié que chacun d’entre nous peut y trou­ver des merveilles inoubliables.

Ce qui m’a frap­pée à la lecture de ce livre c’est à quel point je savais peu de choses sur l’Aus­tra­lie. Mais je ne suis visi­ble­ment pas la seule comme nous le dit Bill Bryson c « est peut-être parce que

Ce pays ne connaît pas de coups d’État, n’épuise pas ses réserves de pois­sons, n’arme pas d’hor­rible despotes, ne pratique pas la culture de la drogue de façon indé­cente. Bref, c’est un pays qui ne joue pas les gros bras et ne fait pas sentir sa puis­sance d’une manière provo­cante et dépla­cée. Un pays stable, paci­fique et correct. Un pays qui n’a pas besoin d’être surveillé du coin de l’oeil, ce qui fait qu’on ne le regarde même plus.

J’ai beau­coup aimé les descrip­tions des petits musées qui sont souvent plus inté­res­sants qu’il ne le pensait de prime abord. Le danger de la faune m’a fait irré­sis­ti­ble­ment penser au « Koala tueur » je m’at­ten­dais que Bill Bryson cite Kenneth COOK car ils ont le même humour quand ils décrivent les dangers de la gent animale austra­lienne. Pendant toute la lecture, je me deman­dais comment (et quand) il allait parler des Abori­gènes, il le fait à la fin mais hélas on sent bien qu’il n » a discuté avec aucun d’entre eux. Je trouve que ça manque.

Alors si vous voulez qu’on vous raconte une nature abso­lu­ment superbe, déser­tique ou luxu­riante, rencon­trer des gens « cool et sympa » , avaler des kilo­mètres sous une chaleur étouf­fante, vous faire peur avec des requins, des arai­gnées, des méduses des serpents ou tout autre insecte, n’hé­si­tez pas prenez le temps de lire « nos voisins du dessous »

Citations

Les musiques d’ambiance

Le fond sonore, je le remar­quai avec un certain inté­rêt , avait évolué et on était passé de « pot-pourri de vos vieilles comé­dies musi­cales favo­rites » à » Jour de fête à la maison de retraite ».

Pour décomplexer à jamais ceux qui ont peur de ronfler

Je dors comme si on m’avait injecté une dose de cheval d’un relaxant muscu­laire des plus puissant.
Mes jambes s’écartent d’une manière grotesque. Mes mains retombent au niveau du plan­cher. Tous mes acces­soires internes – langue , glotte, gaz intes­ti­naux – décident d’al­ler faire un tour à l’ex­té­rieur. De temps en temps, comme un jouet ridi­cule, ma tête dode­line vers l’avant et déverse sur mes genoux un demi-litre de salive visqueuse , avant de repar­tir en arrière pour refaire le plein avec des borbo­rygmes de chasse d’eau qui se remplit. Et je ronfle de façon bruyante, indé­cente, comme des person­nages de dessins animés dont les lèvres exagé­ré­ment élas­tique émettent de gros nuages de vapeur.

Les charmes de l’Australie

En fait, je pense qu’il est tout simple­ment impos­sible de réper­to­rier en une seule vie l’in­té­gra­lité des dangers qui vous guettent dans le moindre buis­son d’aca­cia ou la moindre flaque d’eau de cette contrée si éton­nam­ment riche en espèces aux crocs veni­meux ou acérés

Les araignées

Personne n’a pu m » expli­quer, inci­dem­ment , pour­quoi ces bestioles sont d’une toxi­cité aussi phéno­mé­nale. Car possé­der assez de venin pour tuer un cheval, alors qu’il ne s’agit que de captu­rer des mouches, me paraît un cas flagrant de gaspillage de ressources natu­relles. Mais au moins les arai­gnées sont-elles sûres que les gens s’écar­te­ront sur leur passage.

Les serpents

la plupart des serpents ne vous feront aucun mal . Si vous vous trou­vez dans le bush face à l’un d’eux, arrê­tez-vous net et lais­sez-le passer tran­quille­ment sur vos chaus­sures. Person­nel­le­ment, au palma­rès des « conseils les moins suscep­tibles d’être suivis » j’ac­corde le premier prix à celui-là.

Toujours le même talent a nous raconter avec humour les aventuriers qui ont sillonné l’Australie au 19e siècle

On choi­sit comme chef un offi­cier de police irlan­dais , un certain Robert O’Hara Burke, qui de sa vie n’avait jamais mis les pieds dans l’out­back, qui était réputé se même à Dublin et qui ne connais­sait rien au monde de la science ou de l’ex­plo­ra­tion. Le topo­graphe serait William John Wills , dont les prin­ci­pales quali­fi­ca­tions semblent avoir été une origine très respec­table et son désir de partir là-bas. Un des atouts les plus remar­quables de ces deux gent­le­men étaient un visage orné d’un système pileux exceptionnel.

Un petit clin d’œil à la Française que je suis

Si La Pérouse avait été plus rapide, il aurait pu procla­mer l’Aus­tra­lie terre fran­çaise et épar­gner à ce pays deux cents ans de cuisine britannique.

À propos du peuplement de l’Australie

À la fin du XVIIIe siècle , les textes de loi britan­niques offraient une longue liste de crimes passibles de la peine capi­tale. On pouvait être pendu pour deux cents délits compre­nant, notam­ment, le crime impar­don­nable de « se faire passer pour un Egyptien ».

Le paragraphe sur le cricket

Après des années d’études patientes et labo­rieuses (avec le cricket il ne peut en être autre­ment) , j’en suis arrivé à la conclu­sion que ce jeu gagne­rait beau­coup à l’in­tro­duc­tion de quelques chariots de golf. Ceux qui prétendent que les Anglais ont inventé le cricket unique­ment pour rendre inté­res­sante et palpi­tante toute autre forme d’ac­ti­vité humaine ont tort. Loin de moi l’idée de déni­grer un sport qui fait le bonheur de millions de gens – dont certains arrivent même à garder les yeux ouverts pendant les matchs- mais, fran­che­ment, c’est un jeu bizarre. C’est le seul sport qui inclut une pause pour le thé. C’est le seul sport qui porte le même nom qu’un insecte. C’est le seul sport où les spec­ta­teurs brûlent autant de calo­ries que les joueurs ( et même plus , s’ils sont un brin enthou­siaste). C’est la seule acti­vité de type compé­ti­tif- mis à part les concours de boulan­gers- où les acteurs s’ha­billent tout en blanc le matin et se retrouvent aussi imma­cu­lés en fin de journée.

Encore le cricket

Suivre deux jour­na­listes spor­tifs commen­tant une rencontre de cricket à la radio, c’est comme écou­ter deux pêcheurs assis dans une barque un jour où le pois­son ne mord pas.

Une bonne blague australienne

Un homme arrive à la finale de la coupe de foot­ball austra­lien à Melbourne et constate avec surprise que le siège à côté de lui est vacant. Or géné­ra­le­ment, tous les billets de finale sont vendus des mois à l’avance et il ne reste jamais le moindre place libre. L’homme s’étonne donc.
- excu­sez-moi dit-il à son voisin , mais comment se fait-il que cette place soit inoccupée ?
- c’est la place de ma femme, réplique celui-ci, un peu morose. Malheu­reu­se­ment elle est décédée.
- Mais c’est affreux ! Je suis terri­ble­ment navré !
- Ouais. Elle n’a jamais raté un match de sa vie.
- Vous auriez pu propo­ser sa place à un ami ou a l’un de vos parents ?
- Impos­sible :ils sont tous à l’enterrement.

J’aime cette remarque à propos des voyages au bout de la terre

Ma prome­nade m’a conduit devant des maga­sins au luxe tapa­geur – Prada,Hermès, Ralph Lauren. Impec­cable. Mais pas très inté­res­sant. Je n’avais pas parcouru treize mille kilo­mètres pour contem­pler des serviettes de bain signées Ralph Lauren.

On en parle

Chez Keisha et chez Urba­nik (que je ne connais­sais pas)

Voulez vous écouter Mathilda et essayer avec les paroles de Bill Bryson légèrement imbibé à la bière locale

Oubliant que les cuillères avaient été inventées, 
Le Swag­man immer­gea son zizi dans le thé
Et il soupira en voyant l’ob­jet bouillir
« C’est pas demain que j’au­rais du plaisir ! »

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Traduit de l’an­glais (Etats-Unis) par hélène HINFRAY

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C’est encore une fois Domi­nique qui m’avait conseillé ce livre, je l’avais mis dans un coin de ma mémoire mais il a fallu que je traîne un peu dans ma librai­rie préfé­rée, que rien ne m’inspire sur leurs diffé­rentes table pour que je pense à deman­der s’ils avaient Shakes­peare de Bill Bryson. Non seule­ment je n’ai pas regretté, mais je voudrais que ma force de convic­tion arrive à vous moti­ver afin qu’à votre tour vous sautiez le pas.

Si vous connais­sez cet auteur, vous êtes fami­liers de son humour et son exigence face à la vérité. Le voilà aux prises un person­nage fabu­leux, dont ne sait rien ou presque et sur lequel un record de thèses , biogra­phies, études, romans ont été écrits. Comment va-t-il s’y prendre, pour ne pas nous ennuyer et en même temps nous faire décou­vrir celui qu’il appelle le Barde (je n’ai pas trop compris pourquoi) ?

Sans jamais se lancer dans des hypo­thèses hasar­deuses, Bryson fait si bien revivre l’époque et le théâtre élisa­bé­thain que nous finis­sons par bien connaître William Shakes­peare dont fina­le­ment il parle assez peu. C « est peut-être pour cela qu’il appelle son livre une « anti­bio­gra­phie », W. Shakes­peare appa­raît comme en creux à travers tous les autres person­nages dont nous savons plus de choses, la person­na­lité du grand homme de théâtre s’anime devant nous.

L’époque est incroyable, dange­reuse et mortelle pour la plupart des Londo­niens, le théâtre était alors un endroit où pauvres et riches se retrou­vaient devant des pièces que nous admi­rons encore aujourd’­hui. Il y a là un mystère que Bill Bryson ne résout pas mais sait propo­ser à notre saga­cité. La dernière partie est consa­crée aux diffé­rentes hypo­thèses quant à l iden­tité même du grand drama­turge. Dans une Angle­terre marquée par la noblesse, c’est un peu diffi­cile d’at­tri­buer à un rotu­rier autant de génie.

Bryson donne les limites des diffé­rentes hypo­thèses autour de la parenté des écrits de Shakes­peare. En parti­cu­lier celle qui veut que le comte d’Ox­ford soit le véri­table auteur avec Bryson on a envie de conclure que c’est bien William Shakes­peare qui est l’au­teur de son œuvre même si on ne sait rien de lui sauf qu’il a légué par testa­ment à son épouse son deuxième lit !

Citations

L’état de l’Angleterre

William Shakes­peare vit le jour dans un monde qui manquait d’ha­bi­tants et avait bien du mal à garder ceux qui y naissaient.

Les joies de la médecine

Même un problème de santé compa­ra­ti­ve­ment bénin (un calcul rénal, une plaie infec­tée , un accou­che­ment diffi­cile) pouvait très vite deve­nir mortel. Il faut dire que les soins étaient presque aussi dange­reux que les maux. Les victimes étaient purgées avec enthou­siasme et saignées jusqu’à l’éva­nouis­se­ment – un trai­te­ment peu suscep­tible de forti­fier leur orga­nisme affaibli.

L’humour de Bryson

En un sens, la plus grande perfor­mance de Shakes­peare ne fut pas d’écrire Hamlet ou les Sonnets, mais de passer le cap de la première année.

Les douceurs de la justice anglaise

De nombreux crimi­nels enten­daient encore cette sentence effrayante : « vous aurez le ventre ouvert , le cœur et les entrailles arra­chées , et vos parties intimes seront tran­chées et jetées au feu devant vos yeux. » Toute­fois sous Elisa­beth I il était devenu tout à fait inha­bi­tuel d’être évis­céré alors qu’on était encore assez vivant pour s’en rendre aper­ce­voir. Mais il y avait des exceptions.

Pas de femmes sur la scène du théâtre

Ce mépris pour les comé­diennes était une tradi­tion spéci­fique à l’Eu­rope du Nord. En Espagne, en France, en Italie les rôles fémi­nins étaient confiés à des actrices, ce qui ne lais­sait pas d’éton­ner les voya­geurs britan­niques sincè­re­ment surpris de décou­vrir qu’une femme pouvait incar­ner une femme aussi bien à la scène qu’à la ville.

Humour à propos d’un poème de Shakespeare

C’était essen­tiel­le­ment un hymne à la chas­teté, et comme la chas­teté il n’eut guère de succès.

Les théories sur la paternité de l’œuvre

Cela dit, Freud eut plus tard sa propre théo­rie selon laquelle Shakes­peare était d’ori­gine fran­çaise et s’ap­pe­lait en réalité Jacques Pierre – un fantasme inté­res­sant , mais resté solitaire.

Le mot de la fin

Mais c’est là préci­sé­ment la marque du génie. Un seul homme était en posi­tion de nous faire ce présent incom­pa­rable, un seul en possé­dait le talent. William Shakes­peare était indis­cu­ta­ble­ment cet homme, et qu’im­porte, au fond, qui il était ?

On en parle

Chez Domi­nique et mille et un clas­sique que je ne connais­sais pas.

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J’ai choisi ce livre sur le blog que vous connais­sez si vous lisez le mien régu­liè­re­ment : « A sauts et à gambades ». Comme Domi­nique, je vais cher­cher de toutes mes forces, à vous faire lire « Aux fron­tières de l’Eu­rope » , ce n’est pas par hasard que j’ai mis 5 coquillages au livre de Paolo Rumiz , il fait parti des livres que je n’ou­blie­rai pas et que j’ai traîné partout pendant 15 jours. J’ai retenu mon envie de le dévo­rer à toute vitesse car je ne voulais pas le finir, je l’ai dégusté tout doucement.

Ce voyage à travers l’Eu­rope d’au­jourd’­hui me semble le complé­ment indis­pen­sable au voyage histo­rique de Geert Mark « Voyage d’un Euro­péen à travers le XX° siècle ». Il s’agit, ici, d’un état actuel d’un lieu bien parti­cu­lier de l’Eu­rope et qui , sans doute, prévoit un peu notre avenir. Je rappelle le projet de Paolo Rumiz : voya­ger le long des fron­tières de la commu­nauté euro­péenne avec la Russie et les pays qui ne font pas partie de cette communauté.

Il voyage le plus possible avec le train ou les bus locaux , il est donc au cœur des popu­la­tions. Il a la chance d’être accom­pa­gnée d’une Monika qui parle le Russe et le Polo­nais. Au passage, Monika est photo­graphe et j’au­rais aimé voir les photos de cette femme qui sait si bien se faire accep­ter de tout le monde. Si quel­qu’un sait où on peut voir ses photos qu’on me le dise.

La langue est abso­lu­ment merveilleuse, un peu précieuse par moment et j’ai dû plusieurs fois ouvrir mon diction­naire pour véri­fier le sens de mots que je connais plus ou moins sans jamais les utili­ser (Aèdes, marmo­réen, thau­ma­turge, hiéra­tisme.…). Je pense qu’en italien ce sont des mots plus commu­né­ment utili­sés (heureux peuple !) et j ai constaté encore une fois que cette langue est agréable même traduite en fran­çais. Mais la langue ce n’est pas que la qualité de style, c’est aussi la capa­cité faite naître des images dans l’ima­gi­naire du lecteur. Vous n’ou­blie­rez pas la chaleur avec laquelle nos deux voya­geurs sont, parfois, reçus dans les endroits les plus recu­lés et aussi la violence de certaines villes. Il raconte un passage à tabac qui m’a fait peur et a produit chez moi les mêmes effets de terreur que les images les plus violentes du cinéma. La scène de la fouille par les poli­ciers polo­nais du train venant de Russie est extra­or­di­naire de drôle­rie et on peut faci­le­ment se la représenter.

On rit souvent et on aime l’hu­ma­nité , car Paolo Rumiz aime les hommes même quand ils sont écra­sés mépri­sés , dans les pires condi­tions ils arrivent à vivre grâce à l’hu­mour et la chaleur humaine. Si ce n’est pas un livre sur le passé , on y lit quand même les traces que les deux horreurs du XXe siècle ont laissé dans ces régions : la dispa­ri­tion de la popu­la­tion juive et les dépla­ce­ments de popu­la­tions pour en contrô­ler d’autres. Pauvres Russes qui vivent en Esto­nie , sont-ils vrai­ment respon­sables de la folie impé­ria­liste de Staline ?

J’ai bien aimé aussi qu’il connaisse Ryszard Kapus­cinski, autre auteur que j’ai décou­vert grâce à Domi­nique , je suis une incon­di­tion­nelle d’Ébène. Il y a une commu­nauté de regard entre ces deux auteurs. Avec un côté latin chez Paolo Rumiz qui fait une grande partie de son charme, surtout quand il se confronte à la réserve des gens du grand nord.

À lire et relire, c est un livre qui charme, fait réflé­chir et fait aussi,comprendre le plai­sir du voyage.

Citations

Une jolie phrase sur sa ville

Filons, filons, une voile et c’est parti ; une ville qui sert unique­ment d’embarcadère, de point de départ. Un aperçu, une balus­trade vers d’autres horizons.

Triestre sa ville d’origine

Je viens d’une terre de mer, de rocs et de vent. Pour moi, c’est plutôt une base qu’une ville, Trieste, agrip­pée à l’ex­tré­mité septen­trio­nale de la mer Médi­ter­ra­née, est mon refuge, un lieu que Dieu se complaît de temps en temps à touiller avec sa grande louche , déchaî­nant une tempête d’air et d’eau que l’on appelle la « Bora » , un vent furieux qui souffle de la terre. 

Les sourire des finlandais

En Finlande on parle peu et on sourit encore moins. Ce peuple de bûche­rons timides vit dans la terreur de voir quel­qu’un lui sourire, car alors le savoir-vivre l’obli­gera à sortir de son cocon pour répondre à ce signal.

Le silence des Norvégiens

Quand je sors dans le couloir, j’aper­çois une dizaine de Norvé­giens qui dégustent leur café dans un silence claus­tral ; on se croi­rait dans le réfec­toire d’un monas­tère, avant la messe du soir. Je suis obligé de prêter l’oreille pour discer­ner un murmure de confes­sion­nal. Alors, unique­ment pour rompre cette glace de l’âme et mettre les gens dans l’embarras, je lance un bonjour reten­tis­sant á la canto­nade et je me régale de voir tous ces yeux inquiets se lever à contre­coeur de l’as­siette de pois­son, d’œufs et d’oi­gnons pour répondre par un signe au nouvel arrivant. 

Les blessures de la terre à Montchegorsk

J’ai à mes pieds quelque chose d’inouï : une nature sans défense dans son extrême douceur, impi­toya­ble­ment violée, véro­lée de mines comme autant de pustules d’acné sur la peau d’un adolescent.

Les intolérances religieuses

De ce voyage verti­cal, ce qui ressort clai­re­ment, c’est que le catho­li­cisme et le protes­tan­tisme vivent dans le confort a l’ar­rière, alors que c’est l’or­tho­doxie qui tient la ligne… J’en­tends encore le patriarche de Constan­ti­nople, dans son bureau, sous le portrait de Mustafa Kemal Ataturk, murmu­rer des propos de coexis­tence, pendant que le hurle­ment du muez­zin, du Bosphore à sainte Sophie, anni­hi­lait tout autre bruit pour la prière du soir. Une compé­ti­tion acous­tique sans espoir.

En Bach­ki­rie (ça existe ! ! j’ai décou­vert que je ne connais­sais pas la moitié des pays ou région dont il parle, cette région je m’en souvien­drai si vous pronon­cer à haute voix ce nom vous verrez pourquoi !).

Définition de l’ours par un apiculteur

( je rappelle que Dinard a choisi l’Ours comme symbole et que la future média­thèque s’appellera : l’ours)

L’ours, dit-il, c’est un si grand nombre d’ani­maux en un seul. Comme un lion, il terrasse des mammi­fères plus grands que lui ; comme n’im­porte quel rumi­nant, il saccage les récoltes ; il vole le raisin et les fruits comme un singe ; il picore les baies comme un merle ; il fait des razzias dans les four­mi­lières et les ruches comme un pivert ; il déterre les tuber­cules et les larves comme un cochon ; il attrape les pois­sons avec la dexté­rité de la loutre. Et il mange le miel comme l’homme.

Le passé de l’Italie

L’Ita­lie s’en­tête à faire semblant de ne jamais avoir été fasciste et d’avoir gagné la guerre. Et pour­tant, elle l’a été fasciste, et pas qu’un peu ; et elle a perdu la guerre, juste­ment dans ma région… Je vous en prie ne me parlez pas, des « braves gens d’Ita­lie », parce que moi j’ha­bite à Trieste que Musso­lini a proclamé les lois raciales contre les juifs, et ce choix infâme a eu son prélude une ving­taine d’an­nées aupa­ra­vant, avec l’écra­se­ment poli­tique, écono­mique et linguis­tique de la vaste commu­nauté slovène. Je sais que pendant la guerre, il n’y eut pas seule­ment des camps d’ex­ter­mi­na­tion nazis, mais aussi des camps de concen­tra­tion diri­gés par le parti fasciste, avec des milliers de morts de faim et de froid.

Le silence des Estoniens

Autour d’une petite table , une famille consomme un bref repas, sans échan­ger un seul mot. Je commence à comprendre Adamov. C’est vrai que c’est impos­sible d’ap­prendre la langue d’un peuple qui passe son temps à se taire.

La Pologne et la religion catholique

Nous appro­chons de la Pologne, terre de Woytila, et le Vati­can fait déjà figure de gigan­tesque agence de voyage, de multi­na­tio­nale du pèle­ri­nage , avec des filiales dans le monde entier

En Pologne, Paoli Rumiz évoque un auteur que j’ai adoré Ryzsard Kapuscinski

Il y a aussi le maga­sin de cartes géogra­phiques de la rue Jean-Paul II , où le plus beau spec­tacle , m’a dit Ryzsard Kapus­cinski , un jour de neige où nous nous étions réfu­giés à l’in­té­rieur était de voir les « gens affa­més de monde » se repaître parmi les rayonnages.

En Ukraine, les émigrés qui ont fait fortune ailleurs

Il nous fait traver­ser une vallée magni­fique , parse­mée de maisons d’émi­grants qui ont réussi , mais ce sont des maisons de cauche­mar , des petits châteaux forts médié­vaux, avec des tours coif­fées de tuile en plas­tique bleu . Disney­land est l’idéal esthé­tique de l’Ukraine indépendante.

Retour vers l’Europe occi­den­tale ou comment la salade César devient un signe de reconnaissance

Á l’hô­tel , la langue anglaise refait son appa­ri­tion , la langouste et la Care­sar’­sa­lad ont repris place dans le menu , et je ne parle pas de l’air condi­tionné, bien entendu.

On en parle

Chez Domi­nique bien sûr etdans le « Carnet de Voyage de Myriam ».

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Quel diable d’homme ce Bill Bryson ! Il a réussi à me passion­ner pendant 579 pages pour des ques­tions scien­ti­fiques qui en règle géné­rale m’en­nuient, car je n’y comprends rien. Je ne sais pas si je suis plus savante aujourd’­hui , j’ai en tête quelques idées sur la forma­tion de la terre, l’im­por­tance du soleil de la lune et du noyau de la terre. Je suis stupé­faite de tout ce qu’on sait sur des orga­nismes si petits que je n’ar­rive pas à les imaginer.

J’ai été très amusée par toutes les querelles d’écoles des diffé­rents scien­ti­fiques, Bill Bryson raconte tout cela avec son humour si parti­cu­lier . Cette façon irres­pec­tueuse et drôle de racon­ter les débats les plus sérieux qui ont agité l’homme depuis qu’il a voulu comprendre la vie sur terre est pour beau­coup dans mon plai­sir à lire ce roman.

Je sais que ce livre plaira à toutes celles et tous ceux qui comme moi sont curieux des ques­tions scien­ti­fiques mais rebu­tés par le langage trop savant. L’idée que je garde­rai une fois le livre rangé en bonne place dans ma biblio­thèque c’est que la vie sur terre est un tel prodige et le fruit d’un tel hasard que l’on devrait tout faire pour la proté­ger. C’est sans doute encore une idée trop « angé­lique » mais je l’ai ressen­tie avec force tout au long de ce livre.

Citations

Des idées difficiles à comprendre

De tous les concepts de la théo­rie géné­rale de la rela­ti­vité , le plus diffi­cile à saisir pour nous est celui que le temps fait partie de l’es­pace . Notre instinct nous dit que le temps est éter­nel , absolu, immuable – que rien ne peut trou­bler son écou­le­ment régu­lier. Or selon Einstein , le temps est variable et toujours chan­geant . Il a même une forme . Il est lié – « dans une trame inex­tri­cable » selon l’ex­pres­sion de Hawking – aux trois dimen­sions de l’es­pace dans une dimen­sion bizarre appe­lée l’espace-temps.

Une idee bien sympathique et un sourire

Chacun de vos atomes est proba­ble­ment passé par plusieurs étoiles et a fait partie de millions d’or­ga­nismes avant d’ar­ri­ver jusqu’à vous. Nous sommes si char­gés atomi­que­ment et si vigou­reu­se­ment recy­clés à notre mort qu’un nombre signi­fi­ca­tif de nos atomes ‑jusqu’à un milliard pour chacun d’entre nous, selon certains- a sans doute appar­tenu un jour à Shakes­peare. Un autre milliard nous est venu respec­ti­ve­ment de Boud­dha , Gengis Khan et Beetho­ven , ou tout autre figure histo­rique de votre choix. (Il faut , semble-t-il , des person­nages assez éloi­gnés dans l’His­toire, car les atomes mettent quelques décen­nies à se redis­tri­buer ; si fort que vous le désiriez,vous n’êtes pas encore recy­clé en Elvis Pres­ley). 

Avec le sourire on lit plus facilement un livre sérieux

Les physi­ciens affichent un dédain notoire pour les scien­ti­fiques des autres domaines . Quand l’épouse d’un grand physi­cien autri­chien Wolgang Pauli le quitta pour un chimiste, il en resta comme deux ronds de flan. « Elle aurait pris un toréa­dor , j’au­rais compris, confia-t-il à un ami. Mais un chimiste… » 

La resistance aux idées nouvelles

Cela restait une propo­si­tion radi­cale pour l’époque et elle fut extrê­me­ment criti­quée , surtout aux États-Unis , où la resis­tance à la dérive des conti­nents persista plus long­temps qu’ailleurs . Un critique se plai­gnit , le plus sérieu­se­ment du monde , qu’a­vec des argu­ments aussi clairs et convain­cants Holmes puisse induire les étudiants à les croire.

Apprendre en s’amusant

Deman­dez à un géochi­miste comment fonc­tionne ce genre d’en­gin , et il se lancera dans des histoires d’abon­dance isoto­pique et de niveaux d’io­ni­sa­tion avec un enthou­siasme plus sympa­thique. Que compré­hen­sible. Pour nous résu­mer , la machine , en bombar­dant un échan­tillon de roche de jets d’atomes char­gés , parvient à détec­ter de subtiles diffé­rences dans les niveaux de plomb et d’ura­nium des zircons , d’où l’on peut déduire avec préci­sion l’âge de la roche. Bob m expli­qua qu’il faut dix sept minutes pour lire un zircon, et qu’il faut en lire des douzaines par frag­ment pour obte­nir des données fiables. En pratique , toute l’af­faire semble aussi répé­ti­tive et aussi exci­tante qu’une expé­di­tion au lavo­ma­tic, mais Bob avait l’air très heureux – ce qui est souvent le cas des gens de Nouvelle-Zélande.

Une anecdote de celle dont on se souvient :

Ce n’est sans doute pas une bonne idée de s’in­té­res­ser de trop près à ses microbes. Louis Pasteur en était à ce point obsé­der qu’il en vint à exami­ner á la loupe chaque plat que l’on posait devant lui – habi­tude qui ne dut pas lui valoir d’être. Souvent réin­vité à dîner.

Les mots de la fin

Les hommes modernes n’oc­cupent que 0,001 pour cent de l’his­toire de la Terre- à peine un souffle- mais même une exis­tence aussi brève a exigé une succes­sion infi­nie de heureux hasards. Nous n’en sommes qu’au tout début . L’as­tuce consiste à s’as­su­rer que nous n’en verrons jamais la fin. Et, à coup sûr , cela va exiger de nous bien autre chose que de simples coups de chance.

On en parle

Un blog que je ne connais­sais pas : Urban­bike.

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Traduit de l’an­glais par Chris­tiane et David ELLIS.

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Je pense que Domi­nique avait encore raison, quand on a pris le virus Bill Bryson, on va au bout de son plai­sir et on lit tout ce qu’il a écrit. J’ai de nouveau été séduite par « Motel Blues », c’est drôle et profond à la fois.

C’est remar­qua­ble­ment traduit, mais j’ob­serve qu’il a fallu qu’un couple s’y mette, sans doute une femme d’ori­gine fran­çaise et un homme de langue anglaise. Je ne sais pas pour­quoi mais j’imagine que, même s’ils ont beau­coup travaillé, ils ont dû aussi beau­coup s’amu­ser, pour nous offrir toute la saveur de l’hu­mour de ce grand obser­va­teur des compor­te­ments humains. J’ai aimé la tendresse qui l’at­tache à son père un peu radin, mais qui a su faire aimer la vie à ses enfants.

Avec Bill Bryson nous partons donc à travers ce vaste , très vaste pays. Je conseille ce livre à toutes celles et tous ceux qui veulent faire du tourisme aux USA, c’est vrai­ment un pays immense, capable du meilleur comme du pire. Les états peuvent être très diffé­rents des uns des autres mais il faut toujours avaler au mini­mum 300 kilo­mètres pour aller d’un point à un autre. Certains lieux touris­tiques sont à fuir abso­lu­ment, en parti­cu­lier ceux des réserves indiennes .

Les village recons­ti­tués peuvent avoir du charme mais cachent mal qu’aux États-Unis, peu de choses sont faites pour conser­ver le patri­moine. On a l’im­pres­sion parfois d’al­ler d’une zone semi indus­trielle à une zone commer­ciale en passant par des échan­geurs d’au­to­routes complè­te­ment surréa­listes. C’est avec une grand tris­tesse que je constate que l « approche de toutes les villes fran­çaises sont deve­nues aussi imper­son­nelles que ce qu’il nous décrit aux USA en 1989. Nos centres villes sont restés encore très vivants mais pour combien de temps encore ?

C’est aussi l’in­té­rêt de ce livre, il permet d’ob­ser­ver la civi­li­sa­tion améri­caine et je l’es­père éviter ses excès.

Citations

Le racisme

Cette remarque m’a fait penser la Bretagne où on se féli­cite de n’être pas raciste

Les Sudistes détestent cordia­le­ment les Noirs et pour­tant ils semblent coha­bi­ter avec eux sans problème, tandis qu’au Nord , les gens n’ont rien en géné­rale contre les Noirs, les consi­dèrent même comme des êtres humains dignes de respect et sont même prêts à leur souhai­ter bonne chance dans la vie, mais dési­rent surtout ne pas avoir à les fréquen­ter de trop près.

Les abord des villes aux USA en 1989 , les nôtres, aujourd’hui, sont elles différentes ?

De nos jours , une ville si modeste soit-elle, a deux ou trois kilo­mètres de resto­routes, de motels,d’entrepôts à prix discount,de centres commer­ciaux – tous surmon­tés d’en­seignes mobiles d’une dizaine de mètres et accom­pa­gnés de parking de la taille des Ardennes.

L’architecture hôtelière américaine (hélas, on pourrait dire la même chose pour la France aujourd’hui)

Au bout de la rue , il y a le nouvel hôtel Hyatt Regency qui vous flanque instan­ta­né­ment la déprime. Ses formes massives en béton appar­tiennent visi­ble­ment à l’école d’ar­chi­tec­ture tendance « on n’en a rien à foutre » que les chaînes hôte­lières améri­caines ont en prédilection.

Le touriste de base américaine en camping car

Voilà, hélas, comment de nos jours beau­coup de gens passent leurs vacances. Cela consiste avant tout à ne pas s’ex­po­ser au moindre moment d’in­con­fort ou de désa­gré­ment , voire même, dans la mesure du possible , à éviter de respi­rer l’air pur. Quand l’en­vie de voya­ger vous prend, vous vous enfer­mez dans un luxueuse boite de 13 tonnes , vous parcou­rez 700 kilo­mètres hermé­ti­que­ment proté­gés contre les éléments natu­rels, et vous vous arrê­tez dans un camping où vous vous vous préci­pi­tez pour bran­cher l’eau et l’élec­tri­cité afin de ne pas être privé un seul instant , d’air condi­tionné, de machine à laver la vais­selle ou de four à micro-ondes.

Et au Yosemite

Mais Yose­mite fut une décon­ve­nue monu­men­tale . Ce que vous aper­ce­vez en premier c’est la vallée d » »El Capi­tan » avec ses montagnes impo­santes et ses cascades blanches qui se déversent à des centaines de mètres sur les prai­ries du bas. Vous vous dites alors que vous êtes sans doute passé dans l’au delà et que vous vous trou­vez au Para­dis. Puis vous conti­nuez et vous descen­dez à Yose­mite Village et vous vous rendez compte que si effec­ti­ve­ment vous êtes au para­dis, vous allez passer le reste de l’éter­nité au milie d’une horrible bande de touristes obèse en bermuda.

Bravo pour la traduction. Humour sur l’accent du sud des États-Unis

Mais à ce moment-là , la serveuse arriva et me dit :
« Tu veux voir mon minou sans t’gé­ner, chéri ? »
Et je compris que c’était hors de ques­tion. Je ne compre­nais pas un traître mot de ce que les gens me disaient. Ils auraient tout aussi bien pu me parler chinois. Il nous fallut de longues minutes et force gesti­cu­la­tions du couteau et de la four­chette pour réta­blir ce que la serveuse avait vrai­ment dit :
« Tu veux voir le menu du p’tit déjeu­ner, chéri ? ».

Les villages reconstitués

On se trouve partout confronté de manière exas­pé­rante à des détails qui font pastiche. Autour de l’église parois­siale de Burton, les pierres tombales sont visi­ble­ment des imita­tions ou, en tout cas , les inscrip­tions sont toutes récentes. Rocke­fel­ler ou un autre gros bonnet, a sans doute été déçu de consta­ter qu’a­près deux siècles de plein air les pierres tombales deviennent invi­sibles . Si bien que main­te­nant les inscrip­tions sont neuves et bien taillées, comme si on les avait gravées la semaine passée , ce qui est peut-être le cas.

Humour

Ce mémo­rial est tout à fait ce qu’on imagine : Lincoln y est assis dans son grand fauteuil , l’air noble mais affable. Il avait un pigeon sur la tête. Il en a toujours un. Sans doute le pigeon pense-t-il qu’on vient tous les jours pour le regarder.

Les routes

À Boston , le système routier est abso­lu­ment fou. Il visi­ble­ment été conçu par quel­qu’un qui a passé son enfance à mettre en scène des acci­dents avec son train élec­trique . Tous les cent mètres , la voie que je suivais dispa­rais­sait et d’autre voies venaient s’y ajou­ter de la droite ou de la gauche , parfois même des deux côtés à la fois . Ce n’était pas un réseau routier, c’était de l’hys­té­rie á quatre roues.

Une citation pour mon frère forestier

Le séquoia est un arbre laid. Il n’en finit pas de s’éle­ver mais ses branches sont rares et cour­taudes, ce qui lui donne un air idiot : c’est le genre d’arbre que dessine un gosse de trois ans

Éclat de rire. Et encore un petit plaisir de la vie que l’appareil numérique nous a enlevé…

Les Alle­mands sont arri­vés , aussi déplai­sant et anti­pa­thiques que savent l’être des adoles­cents, et ils m’ont privé de mon arbre. Ils ont grimpé sur la clôture et commencé à prendre des photos. J’ai pris un plai­sir mesquin à me mettre devant le type qui tenait l’ap­pa­reil à chaque fois qu’il appuyait sur l’ob­tu­ra­teur, mais c’est une acti­vité qui ne vous distrait pas éter­nel­le­ment, même quand il s’agit d’Allemand.

On en parle

Chez Keisha, par exemple.

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Traduit de l’an­glais (États-Unis) par Chris­tiane et David ELLIS

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Quel bonheur ! Il fait partie des livres qui m’ont fait écla­ter de rire et aussi rager de ne pas lire l’an­glais. Quand je vois le titre en fran­çais, j’ai des doutes sur la qualité de la traduc­tion. (Mais les traduc­teurs n « y sont peut-être pour rien !). Allez peu importe, je ne boude pas mon plai­sir et je recom­mande chaleu­reu­se­ment les chro­niques de Bill Bryson à tous ceux et celles qui ont besoin de se détendre et de s’amuser.

Je pense que si son humour fonc­tionne si bien, c’est que Bill (quand vous aurez lu ses chro­niques, vous saurez pour­quoi je l’ap­pelle Bill !) n’est jamais méchant et se moque aussi de lui même. Le ton se fait grave parfois sur les travers de ce grand pays qui craint beau­coup plus le tabac passif que les armes à feu, surtout quand les liber­tés sont grave­ment mena­cées par un soucis d’ef­fi­ca­cité. La plupart des chro­niques sont légères et amusantes même si nos cousins d’Amérique sont deve­nus un peu fous, ils restent des gens avec qui on aime bien vivre. Je cite quelques passages mais j’au­rais bien, parfois, reco­pié la chro­nique entière.

Quel talent, je me préci­pite sur les autres livres de cet auteur !

Citations

Pour tous ceux et toutes celles qui ont tendance à confondre les prénoms

Depuis long­temps les Améri­cains se sont rendu compte qu’on pouvait mieux rete­nir un numéro en se fiant aux lettres plutôt qu’aux chiffres . Dans ma ville natale de Des Moines, par exemple, si vous voulez connaître l’heure – ou appe­ler l’hor­loge parlante comme vous le dites si joli­ment- le numéro offi­ciel est 246 56 46, un numéro dont personne ne peut se souve­nir, natu­rel­le­ment. Mais si vous compo­sez BIG JOHN, vous obte­nez le même résul­tat et tout le monde peut le mémo­ri­ser sauf, curieu­se­ment, ma mère, qui a toujours eu une mémoire assez approxi­ma­tive en ce qui concerne les prénoms et qui se retrouve géné­ra­le­ment en train de deman­der l’heure à de parfaits incon­nus réveillés en sursaut à des heures indues.

Les spots publicitaires

Dans une autre pub, on voit un gars au bowling-les hommes sont presque toujours au bowling dans les spots- se mettre à grima­cer après avoir raté son coup et murmu­rer à son partenaire :
- encore ces sacrées hémorroïdes !
Comme par miracle , son copain a un tube de crème dans sa poche. Pas dans son sac de sport ni dans sa boite à gants de sa voiture, mais sur lui, dans sa poche de chemise, d’où il peut le sortir en moins de deux pour offrir sa tour­née. Extraordinaire !

Les présidents américains

Désor­mais le but est de rendre hommage d’un seul coup à tous les prési­dents des États-Unis , qu’ils aient été bons ou mauvais . Je trouve plutôt sympa de tirer de l’ou­bli les prési­dents les plus obscurs , en parti­cu­lier des gens comme Grover Cleve­land, qui, dit-on , avait l’ha­bi­tude inté­res­sante de se soula­ger par la fenêtre de son bureau ou Zachary Taylor, qui n’a jamais voté de sa vie, pas même pour lui.

L « absurde

Dans le même genre, j’ai lu que les fabri­cants d’or­di­na­teurs envi­sa­geaient de réécrire certains messages tels que « frap­per la touche de votre choix » parce que de nombreux utili­sa­teurs les appellent pour signa­ler qu’il n’existe pas de touche « de votre choix » sur leur clavier.

Les devises des états sont souvent inscrites sur les plaques d’immatriculation

Le New Hamp­shire possède la devise la plus dingue , quelque chose de très étrange et martial : » vivre libre ou mourir » . Vous direz sans doute que je prends les choses trop à la lettre mais, fran­che­ment , je n’aime pas rouler en affir­mant noir sur blanc souhai­ter trépas­ser si on ne me laisse pas faire ce que je veux . Je préfé­re­rais quelque chose de plus vague et de moins défi­ni­tif , du style » vivre libre ou bouder », ou même « Vivre libre si ça ne vous dérange pas merci beaucoup »

Les Américains et la marche à pied

L’autre jour. Une de nos amies s’est plainte de la diffi­culté à trou­ver une place de parking devant notre gymnase local. Elle s’y rend plusieurs fois par semaine pour utili­ser leur step­peur . La salle de sports est à 6 minutes à pied de chez elle. Je lui ai demandé pour­quoi elle n’y allait pas à pied juste­ment , rédui­sant ainsi de six minutes son exer­cice sur le step­peur . Elle m’a regardé comme si j’étais un débile mental avant de m expli­quer : « mais j’ai un programme infor­ma­tisé . Mon step­peur enre­gistre la distance et la vitesse : ça me permet de modi­fier le niveau de difficulté. »
Effec­ti­ve­ment , je dois admettre que la nature comporte de graves lacunes à cet égard.

La police américaine

Meilleure encore, à mon avis est l’his­toire de ces shérifs adjoints de Milwau­kee envoyés à l’aé­ro­port de pour entraî­ner des chiens à la chasse aux explo­sifs. Les poli­ciers ont caché un paquet de deux kilos et demi de vrais explo­sifs quelque part dans l’aé­ro­port. Et puis – j’adore ce détail- ils ont oublié où. Inutile de vous dire que les chiens n’ont rien trouvé. Cela s’est passé il y a quatre mois et ils cherchent toujours. C’est la deuxième fois que les services du shérif de Milwau­kee réus­sissent à perdre des explo­sifs dans un aéroport.

L’humour sur le risque

Un jour il y a quelques années de cela, mon frère s’est arrêté pour ache­ter un billet de lote­rie (chance de gagner : 1 sur 12 millions) et a repris le volant sans atta­cher sa cein­ture (chance d’avoir un acci­dent grave dans l’an­née : 1 sur 40). Quand je lui ai fait remar­quer l’ab­sur­dité de son compor­te­ment, il m’a regardé avant de me lancer
- Et quelles sont les chances , à ton avis, pour que je te dépose à huit kilo­mètres de chez toi ?
Depuis , je garde mes commen­taires pour moi. C’est moins risqué.

La sécurité en avion

Dans toute l’his­toire de la navi­ga­tion aérienne , pas une seule vie humaine n’a été sauvée par une distri­bu­tion de gilets de sauve­tage. Ce qui me fascine tout parti­cu­liè­re­ment, c’est le petit sifflet qui équipe chaque gilet. Je me vois tout à fait en train de plon­ger vers l’océan à 2000 kilo­mètres à l’heure en me disant : heureu­se­ment, Dieu soit loué, j’ai mon petit sifflet !

Fait divers

Au Texas , un voleur poten­tiel s’est masqué pour pouvoir braquer une épice­rie. Mais il a oublié d’ôter le badge de sa poche de chemise, ce qui a permis à douze personnes de rele­ver son nom, son prénom et l’iden­tité de son employeur.

Son père, un peu radin

Mon père a été la dernière personne du Middle West à instal­ler un clima­ti­seur. » C’est contre nature » disait-il. De toute façon , tout ce qui coûtait plus de tente dollars lui semblait toujours » contre nature ».

Les ordinateurs

Et puis j’ai fini par comprendre qu’un ordi­na­teur était une machine stupide capable de faire des choses incroya­ble­ment intel­li­gentes tandis qu’un infor­ma­ti­cien était un être incroya­ble­ment intel­li­gent capable de choses incroya­ble­ment stupides , et que la rencontre des deux formait un couple parfait mais poten­tiel­le­ment dangereux.

On en parle

Dasola à qui je dois ce livre et que je remer­cie du fond du cœur et Keisha comme Domi­nique me l’a suggéré.

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Depuis « Où on va papa » on sait que Jean-Louis Four­nier peut nous faire sourire des plus terribles des tragé­dies de la vie. Il écrit ce livre après la mort de celle qu’il a aimée pendant quarante ans. Il réussi son pari : faire revivre une femme qu’on aurait envie de mieux connaître et sans doute, parvient-il à un peu moins souf­frir en la rendant si présente. Il réus­sit cela à sa façon en nous faisant sourire et rire parfois aux éclats .

Je vous recommande pour les soirées de morosité le formulaire de satisfaction du crématorium du cimetière du Père-Lachaise

J’ai reçu un ques­tion­naire du créma­to­rium du Père-Lachaise, ils veulent savoir si j’ai été satis­fait des pres­ta­tions. Je dois mettre des croix dans les petites cases , de « insa­tis­fai­sant » à « très bien » . on demande aussi mes obser­va­tions et mes sugges­tions. Tout est passé en revue, l’ac­cueil, la cour­toi­sie, le choix des textes, le choix des musiques. Il y a aussi un service trai­teur. À la rubrique « sugges­tion » , je vais propo­ser un barbe­cue géant.

Et une petite citation une phrase que je crois très vraie

Un bon souve­nir, c’est comme une bonne bouteille , il ne faut pas le boire seul.

Un brin d’humour

J’in­vite des veuves à déjeu­ner à la maison. Monsieur Picard est la provi­dence du veuf, je dégèle des petits plats pour réchauf­fer les veuves. On parle de nos conjoints qui n’avaient que des quali­tés parce que, c’est bien connu, ce sont les meilleurs qui partent en premier. On est quelque fois gênés d’être encore là.

On en parle

Moi clara et les mots, par exemple mais je pense qu’il y a beau­coup de beaux billets sur ce merveilleux petits livre.

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Traduit de l’hé­breu par Jean-Luc Allouche

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À lire de toute urgence ! Comment vivre en Israël quand on est Arabe ? Si l’on en juge par le talent et l’hu­mour de Sayeb Kashua, écri­vain de langue arabe qui écrit en hébreu, appa­rem­ment ce para­doxe est vivable mais au prix de multiples contor­sions. Si vous avez déjà beau­coup lu sur ce tout petit pays qui, avec une surface à peine plus éten­due que deux dépar­te­ments fran­çais, tient l’équi­libre de la paix du monde entre ses mains, préci­pi­tez-vous sur ce roman !

Je suis certaine que vous appren­drez mille et un petits détails sur la vie au quoti­dien en Israël, et que cet écri­vain saura faire évoluer vos idées. Et si vous ne savez rien sur ce pays (je doute qu’une telle personne existe !), alors vous décou­vri­rez avec surprise que pour être avocat et plai­dez des affaires pour les arabes vous devez avoir des diplômes israé­liens, parler et écrire l’hé­breux que vos clients connaissent mal.

Vous appren­drez qu’il y a autant de diffé­rences entre un Juif et un Arabe qu’entre un Arabe des terri­toires occu­pés , un « immi­gré de l’intérieur » et un habi­tant d’ « origine » de Jéru­sa­lem. Que, pour être avocat arabe et avoir une bonne clien­tèle, il faut rouler dans une grosse berline alors qu’un Juif peut se conten­ter d’une voiture quel­conque car il n’a rien à prou­ver à sa commu­nauté. Entre le malheur de l’en­fant qui est rejeté parce que son père a été assas­siné en tant que collabo, et la femme juive qui ne peut plus voir son fils qui a tenté (et presque réussi) à se suici­der, tous les malheur de la terre sont rassem­blés dans ce récit.

Et pour­tant ce roman n’est pas triste, il est même parfois fran­che­ment drôle. Je vous conseille, messieurs, si vous souf­frez de ce problème, la méthode de notre avocat pour lutter contre l’éja­cu­la­tion précoce et réus­sir enfin à faire jouir votre compagne : se souve­nir d’évé­ne­ments tristes. Lui, en revi­vant minute par minute l’en­ter­re­ment de son grand-père a réussi à souti­rer au moment de la mise en terre de son aïeul, des râles de jouis­sance de sa femme … à essayer ! !

L’in­trigue du roman est bien construite mais m’a, person­nel­le­ment, moins convain­cue que l’am­biance du roman car une grand partie est fondée sur le ressort de la jalou­sie obses­sion­nelle d’un mari vis-à-vis de sa femme, je suis rare­ment inté­res­sée par ce genre de comportements.

Sayed Kashua est, par ailleurs, connu pour avoir écrit une série télé­vi­sée : « travail d’Arabes » qui fait rire les Juifs et les Arabes en Israël. En lisant ce livre, on se prend à espé­rer, qu’un jour, les gens d’es­prit domi­ne­ront et qu’ils appren­dront à se connaître et à s’ap­pré­cier. Réus­si­ront-ils, là où, les reli­gions, les idéo­lo­gies, les poli­tiques et les mili­taires ont échoué et sont respon­sables d’une haine si vive et de tant de morts ?

Citations

Le contrôle au facies … (social !)

Il savait désor­mais que les soldats, les gardes fron­tières, les vigiles et les poli­ciers, issus pour la plupart des couches infé­rieures de la société israé­lienne, n’ar­rê­te­raient jamais un indi­vidu portant des vête­ments mani­fes­te­ment plus chers qu’eux mêmes en portaient.

Les conversations dans les dîners de la classe aisée arabe israélienne (cela ressemble beaucoup à ce que je connais ailleurs !)

En géné­ral, les hommes parlaient d’im­mo­bi­lier ou d’argent : qui a acheté quoi et qui est plongé dans les dettes jusqu’ au cou… Les femmes, elles, des insti­tu­trices de leurs enfants et d’his­toires d’autres parents d’élèves.

Les subtilités des préjugés entre Arabes israéliens

En revanche, ils n’avaient jamais envi­sagé d’inviter Samah et son époux, bien que tous deux ne fussent pas moins instruits que les autres invi­tés et bien que leur statut social fût peut-être supé­rieur à celui des autres. Le fait d’être rési­dents de la ville orien­tale les élimi­ne­rait car ces rencontres regrou­paient des immi­grés de l’intérieur et il y a avait des choses – ainsi pensaient-ils- qu’ils ne pouvaient parta­ger avec les autoch­tones, aussi riches et éclai­rés fussent-ils.

Les mères arabes sont-elles différentes des mères juives ou de toute mère ?

Le rêve de chaque mère arabe dans ce pays était que son enfant soit méde­cin ou avocat.

Les difficultés de vie et les facultés d’adaptation des habitants

Car les épouses, mères, et sœurs de prison­niers qui s’adres­saient à un avocat pour qu’il repré­sente leurs êtres chers étaient nombreuses. La plupart des familles pales­ti­nienne de Cisjor­da­nie préfé­raient envoyer une femme contac­ter un avocat de Jéru­sa­lem car leurs chances de fran­chir les barrages mili­taires sans permis de circu­ler étaient supé­rieurs à celles des hommes.

L’humour et réalité

« Il a juste volé à des Juifs », disaient certains de ses clients pour tenter de convaincre l’homme de loi qu’en fin de compte leur parent était inno­cent car les lois des Juifs étaient diffé­rentes, ce qui mini­mi­sait le vol. Pour eux, ce vol était une brou­tille, les Juifs ne sont-ils pas des gens prévoyant ? Ils ont des compa­gnies d’as­su­rances, ils possèdent de l’argent et, dans une certaine mesure, voler un véhi­cule a un Juif était une sorte d’emprunt, voire de resti­tu­tion a des proprié­taires légi­times, et non un délit passible de condamnation.

Les localités arabes en Israël

Déci­dé­ment toutes les loca­li­tés arabes se ressem­blaient. Les muni­ci­pa­li­tés soignaient l’en­trée de l’agglomération, et, au diable le reste ! L’im­por­tant était que le maire puisse se faire tirer le portrait devant l’en­trée solen­nelle de sa cité et l’im­pri­mer ensuite sur les tracts de sa campagne électorale.

On en parle

Je suis à la recherche d’un blog ayant parlé de ce livre ?

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Dans le cadre du club de lecture. Les livres qui me font écla­ter de rire sont rares et celui-là en fait partie. Je conseille ce livre à tous ceux et toutes celles qui un soir de soli­tude n’ont pas un moral extra­or­di­naire, c’est mieux que du prozac. La descrip­tion de sa meilleure amie qui, pour passer inaper­çue, s’affuble d’un bonnet péru­vien est irrésistible.

La tenta­tive de suicide aux cachets d’ultra levure : fou rire garanti. Mais je dois avouer que j’ai complè­te­ment accro­ché au roman quand le person­nage prin­ci­pal a décrit ses réac­tions face à la mort. J’ai ensuite été plus atten­tive au récit. En plus, le suspens est bien mené : on veut abso­lu­ment connaître le secret du beau Ric, l’homme dont Julie est amou­reuse. Je suis bluf­fée que ce roman soit écrit par un homme, car il décrit avec une grande finesse les compor­te­ments fémi­nins. Les séances de repas entre copines sont à mourir de rire et les remarques un peu « vachardes » sont trop vraies.

Évidem­ment, ce n’est pas un grand roman mais, j’avais besoin, ce soir là, d’un remon­tant, et le talent de cet écri­vain à racon­ter la vie de tous les jours de façon drôle a bien fonctionné.

Citations

Remarque tellement vraie

C’est en les voyant que j’ai compris une chose essen­tielle : la mort se tient tout près de nous et elle ne manque jamais de saisir ceux qui passent à sa portée.

Julie, l’amoureuse impatiente

- À bien­tôt ! A‑t-il lance avec son joli sourire.
- » A bien­tôt » : quelle expres­sion détes­table. Pour moi qui panique à l’idée de perdre les gens, ces simples mots sont une horreur. Ils signi­fient que l’on ne sait pas quand on se reverra. Que c’est le hasard qui décide. C’est insup­por­table. Je veux être certaine de retrou­ver tous ceux auxquels je tiens tellement.

Une bonne formule

Son chemi­sier à faire crever un caméléon.

Le suicide de Jade

Il faut vous dire que, la dernière fois que Jade a essayé de se tuer, elle a avalé dix gélules d’ul­tra-levure. Tout juste de quoi avoir des gaz pendant deux heures. C’est ce qui s’ap­pelle vouloir en finir… Le pire c’est qu’elle a appelle SOS médecin.

Un truc qui m’énerve aussi

Quelle que soit la situa­tion, elle avait toujours le chic pour vous sortir le proverbe ou la sentence popu­laire pleine de bon sens qui a le don de vous mettre les nerfs en pelote.

Je suis bien d’accord

Je ne sais pas pour vous mais, au début de ma vie, il n’y avait que deux sortes de personnes dans mon univers : celle que j’ado­rais et celles que je détes­tais. Mes meilleurs amis et mes pires enne­mis. Ceux pour qui je suis prête à tout donner et ceux qui peuvent aller crever. Ensuite on gran­dit. Entre le noir et le blanc, on découvre le gris. On rencontre ceux qui ne sont pas vrai­ment des amis mais que l’on aime quand même un peu et ceux que l’on prend pour des proches et qui n’ar­rêtent pas de vous plan­ter des couteaux dans le dos.

Le bonnet péruvien

Ce matin-la j’ai décou­vert une des sept véri­tés fonda­men­tales qui commandent l’uni­vers : le bonnet péru­vien ne va a personne… Je ne sais pas si c’est la forme, la matière ou la couleur mais fran­che­ment, je comprends que ça énerve les lamas et qu’ils crachent sur des innocents

On en parle

Les bonheurs de Sophie (j’aime bien le nom du blog).