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Traduit de l’anglais par Catherine Berthet.
Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

3
C’est tout le charme d’un club de lecture, sortir de mes apriori, je n’apprécie que très peu la littérature à suspens. Et, ici, le suspens est fort : une femme Hannah paléontologue dans un musée de Bristol , voit son amie Ellen qui est morte et enterrée depuis vingt ans.Ne vous inquiétez pas je ne vais pas vous raconter la fin du roman ! Je vous explique quand même comment il est construit : deux romans en un , on suit les souvenirs de la très forte amitié qui a unit Ellen et Hannah dans leur enfance et la difficulté de la Hannah d’aujourd’hui qui doit faire face à ses souvenirs et à cette apparition. Le roman est bien mené se lit vite et la solution est crédible. Au nœud du drame une tragédie qui explique bien des choses. Avec encore un manipulateur pervers , décidément très à la mode dans les romans que je lis en ce moment. Et résultat, j’ai passée une soirée et une partie de la nuit avec ces personnages pour connaître le fin mot de l’histoire. Un autre plaisir de lecture, un peu à La « Daphnée Du Maurier » , genre de lecture que j’ai adoré dans ma jeunesse. Voilà , ce roman m’a plongée dans ce plaisir régressif et il est bien ficelé. C’est cela aussi un roman, une évasion pour une journée de pluie vers les côtes de Cornouailles juste en face de mon Dinard.

Citation

Phrases qui m’agacent fortement

Il me paraît que j’eus un sombre pressentiment. Je savais qu’une chose terrible allait se passer dans cette demeure .Je le savais déjà à ce moment.

On en parle

Romans sur canapés

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Traduit de l’anglais par Elisabeth Peelaert

Livre critiqué dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio.com
Un petit déjeuner complet ne se conçoit pas sans un bon roman. Livre critiqué dans le cadre du programme Masse Critique de Babelio.com

 

3
J’avais décidé de ne plus participer à « Masse Critique » de Babelio depuis ma dernière déception. Mais pour ce livre, je me suis laissée tenter. D’abord, parce que je n’avais pas à choisir, et que, de plus, cet auteur m’avait scotchée avec « Enfant 44 « . Même si je n’ai pas été passionnée, je ne regrette pas ma lecture. Donc merci Babelio pour ce cadeau.

Dans mes blogs amis, je lis souvent des billets enthousiastes à propos de thrillers, j’aimerais que mon texte vous donne envie de lire celui-la pour savoir s’il s’agit d’un bon thriller, car je me sens incompétente en la matière. Le suspens me gêne pour la lecture si bien que je commence toujours par la fin pour lire tranquillement le roman. Que les fans du genre se rassurent, je ne la dévoilerai pas ! Je sais que cela constitue une grande partie de leur plaisir.

Ce roman raconte de façon très détaillée un complot qui a abouti à la disparition d une jeune femme en Suède. Mia est une très jeune fille qui a été adoptée par un couple de riches fermiers suédois. Très jolie jeune femme noire , elle est le centre d’intérêt et des ragots du petit village.

La personne qui a conscience que rien n’est normal dans cette disparition, c’est Tilde, la mère du narrateur. Seulement voilà personne ne veut la croire et tout le monde la croit folle même son mari. C’est là que réside l intérêt du roman : montrer comment l’impression d’un complot est proche de la folie , quand on commence à voir des signes d’hostilité dans le moindre des comportements d’autrui, les lignes entre la folie et la raison deviennent floues.

Il est certain qu’être victime d’un complot doit donner à la victime des comportements paranoïaques, et l’inverse est vrai également, quelqu’un qui est paranoïaque peut lire tout comportement hostile comme une preuve du complot qui veut la faire taire. Le narrateur a bien du mal à démêler les fils de l’histoire qui a tant perturbé sa mère. Et la façon dont celle-ci essaye de se raccrocher de toutes ses forces à la chronologie pour convaincre son fils est très émouvante.

Si lire ce roman sans en connaître la fin, permettrait de savoir si c’est un bon thriller, je ne peux pas répondre à cette question. Mais ce que je peux dire, c’est que ce roman analyse très bien les ressemblances et la souffrance engendrées par le fait d’être victime d’un complot ou par la folie. Un petit détail agaçant dans la typographie, c’est la redondance des deux types de guillemets pour les citations.

Citation

Le poids des ragots dans le monde rural

Au sujet de cet enfant malheureux, il y aura des ragots. Ces ragots seront la plupart du temps des mensonges. Mais cela ne change rien, car lorsqu’on vit dans une communauté qui croit à ces mensonges, qui les répète, ils deviennent réalité -pour toi et pour les autres. Impossible d’y échapper, parce qu’il n’y a pas de preuve qui tienne. Il s’agit là de méchanceté, et la méchanceté se moque des preuves.

On en parle

Kitty la mouette (encore un oiseau de mer !), qui a beaucoup aimé.

Traduit de l’anglais (Grande-Bretagne) par Pierre Ménard (ça m’amuse que l’on souligne de quel anglais il s’agit…)

2Je suis dans une mauvaise passe. Les livres m’ennuient, ou alors je ne trouve pas ceux qui me réveilleraient ! Ce n’est pas tout à fait vrai , je relis Bryson (Motel blues) et j’accroche tout de suite pourtant je l’ai lu et relu, en plus il me fait rire, je vous donne un exemple : l’auteur visite la ville de Bryson et même si celle-ci porte le même nom que lui , il n’y a rien à faire alors il se balade au super marché et voici la scène :

« Vous imaginez ça : il y a un gars dont le boulot est de trouver un nom accrocheur pour les alvéoles d’un protège-slip féminin ! Mais impossible de me rappeler ce nom. Et comme je n’avais rien de mieux à faire, je décidai d’aller jeter un œil au rayon des protège slip du super marché A&P . Il y en avait une sélection surprenante . Je n’aurais jamais cru que le marché fût si florissant ni que les slips de Bryson City eussent autant besoin d’être protégés. Je n’y avais jamais prêté attention auparavant et c’était assez intéressant. Je ne sais pas combien de temps j’ai bien pu passer à examiner les différentes marques et à lire leurs descriptions. Peut-être même me suis-je mis à parler tout haut , ce que je fais parfois quand je suis totalement absorbé par une tâche agréable. En tout cas , au moment précis où je saisissais un paquet de « New Freedom, Protection extra-mince avec nouveau système breveté de Nids d’Abeilles (Marque déposée) » et où je m’écriais : « Ah, vous voilà , petits coquins ! » j ai tourné la tête et j’ai vu au bout du rayon le directeur et deux vendeuses qui m’observaient. En rougissant , j ai remis tant bien que mal le paquet sur l’étagère . « Je ne fais que regarder » leur ai-je lancé d’une voix qui manquait de conviction. »

Rien à voir avec le livre dont je voulais vous parler, mais voilà je n’ai rien à dire sur « la dame à camionnette » , je l’ai lu jusqu’au bout , mais rien.
Pourtant, j’avais apprécié « la reine des lectrices » mais là rien … Le roman aurait pu être dans les dernières pages, quand on découvre que cette femme qui se clochardise avait été été une pianiste virtuose mais l’auteur n’a aucune explication à nous donner.

Alors à mon avis lisez ou relisez Bryson ou d’autres et donnez moi des bonnes idées de lecture.

 Traduit de l’anglais par Lisa Rosenbaum

3J’avais repéré ce livre chez Aifelle, et comme j’avais beaucoup aimé « Jack Rosenblum rêve en Anglais », je l’ai choisi pour un de mes déplacements parisiens. Je vous fait part de mon étonnement : le titre en anglais est « The Novel in the Viola », la dernière nouvelle écrite par son père est effectivement caché dans le violon qu’elle transporte avec elle en Grande Bretagne. Cette histoire sous-tend tout le roman, je ne comprends vraiment pas pourquoi il a fallu changer ce titre pour nous autres pauvres français ! Cela a même provoqué chez moi une frustration, car je m’attendais au début du roman à me retrouver en Grande-Bretagne dans une grande maison anglaise.

Mais non, nous sommes en Autriche au printemps 1938, dans une riche famille juive. La mère est une chanteuse d’opéra très célèbre et le père un écrivain renommé. Toujours dans ces cas là, je dois faire un effort pour ne pas m’impatienter, il le fallait car il faut savourer les derniers moments de bonheur de cette famille avant l’horreur qui va s’abattre sur elle, comme sur toute l’Europe. Elise Landau est une jeune fille très vivante et peu respectueuse des traditions. C’est une enfant gâtée à qui la vie n’a apporté que des joies. Mais la peur plane et ses parents en attendant leur visa pour l’Amérique la laisse partir comme femme de chambre au manoir de Tyneford

Commence alors une autre vie. Elle qui a toujours été servie doit servir à son tour et dans une langue qu’elle comprend mal. Son adaptation à ce nouveau monde est pleine de cocasseries et de vie. Hélas, ses parents sont restés bloqués en Autriche et l’angoisse s’installe. J’ai beaucoup moins été sensible à ses histoires d’amour : après avoir aimé le fils de la maison qui meurt à la guerre, elle épousera le père.

Et la nouvelle dans le violon ? Son père qui ne pouvait plus se faire éditer en Autriche , lui confie son dernier manuscrit caché dans un violon, mais pour une raison que je n’arrive pas à m’expliquer, elle l’y laisse pendant plus de 10 ans et les pages sont, ou sont devenues toutes blanches… Je crois que si mon père en danger de mort m’avait laissé un manuscrit , je n’aurais eu de cesse de le lire et le relire et de le faire éditer. Si j’ai bien compris sa justification , c’est un sentiment de jalousie pour une sœur aîné parfaite et beaucoup plus jolie qu’elle qui l’a amenée à garder ce dernier cadeau de son père dans le lieu secret. Bizarre….

Un roman qui se lit facilement et qui m’a permis de ne pas lever la tête de Paris jusqu’à Saint-Malo. Mais qui, pour moi, est moins en nuances que « Jack Rosenblum rêve en anglais »

Citations

la jeune fille impertinente de Vienne

A Yom Kipour, vu l’interdiction de se brosser les dents, je passais la journée à éviter l’haleine aigre de ces dames et à esquiver leurs baisers.

Les difficultés d’adaptations

La langue d’abord et il est vrai que c’est l’humour qui est toujours le plus difficile à comprendre :

 Je lus les articles consciencieusement, essayant d’en saisir les nuances. Je crois que deux ou trois d’entre eux étaient censés être humoristiques , mais ce détail m échappait.

Et comme elle parle peu son silence lui donne une personnalité qui ne correspond pas à la réalité :

Je souris, me demandant ce que Julian penserait de ce jugement :une fille tranquille peu loquace.

On en parle

Aifelle (je l’ai déjà dit) et Keisha qui présente les deux livres dans le même billet et Theoma

Traduit de l’anglais par Benjamin LEGRAND.

4
Ouf ! J’ai terminé, je suis enfin sortie des flots de sang, de larmes, de vomi, de pisse, de merde. Je n’en pouvais plus des meurtres, des pendaisons, des tortures, des têtes tranchées écrabouillées, empalées ou servant de projectiles pour démoraliser l’adversaire, des viols de toutes les façons possibles…
Mais ce qui, pour moi, rend le tout absolument insupportable, c’est que toutes ces horreurs se commettent au nom de la pire invention humaine, la Religion.
Avec une prime spéciale pour une invention de l’église catholique : l’inquisition. Quand par hasard, de pauvres hommes prennent un peu de liberté avec les modes de pensée dans l’ère du temps, et survivent aux horreurs de la guerre. Ils risquent de rencontrer des hommes en noir qui viennent leur demander : «  N’y aurait-il pas un peu de diablerie en vous ? » Et vous êtes bon pour de nouvelles formes de tortures plus raffinées et qui sauvant votre âme vous conduiront à une mort douloureuse et certaine. Savez vous que l’église catholique n’a condamné l’Inquisition qu’en l’an 2000 ! ! Et je me demande si elle va « dé »- béatifier Pie V dont l’œuvre principale à été d’officialiser et de développer le rôle de l’inquisition.
Est ce que j ai apprécié ce roman ? Difficile de répondre, l’auteur fait des efforts louables pour nous plonger au plus près du siège de Malte en 1565 , qui a vu la victoire des chevaliers qui ont repoussé les assauts des Musulmans. Pour cela, il crée un personnage romanesque Thanhauser d’origine chrétienne, mais élevé chez les Ottomans parmi les janissaires et revenu chez les chrétiens. Il aime les femmes, se battre, et s’enrichir. Il est devenu septique mais a un sens de l’honneur très fort. Grâce à lui Tim Willocks peut dépasser les points de vue des uns et des autres et nous permet de mieux comprendre les enjeux de l’époque. Je ne peux pas répondre à ma question, je ne sais pas si j ai vraiment aimé mais ce dont je suis certaine c’est que pour rien au monde je ne l’aurais lâcher avant la fin.
Je sais aussi que je ne suis pas encore prête à remettre le couvert et à me plonger dans son dernier roman à propos de la Saint Barthélémy, épisode de l’histoire de France qui m’a fait faire les pires cauchemars de mon enfance .

 Citations

La divination

Personne ne pouvait voir le futur ; Amparo n’y prétendait pas. Mais dans l’infinité des choses qui pourraient arriver un jour , reposent toutes les choses qui seront.

les Guerriers

Les rêves d’une femme étaient le fardeau le plus lourd qu’un homme puisse connaître , surtout quand il partait à la guerre.

mots appris les gazis

Membres combattant sous la bannière musulmane contre les infidèles, on connaît le mot croisé mais pas le mot gazi si ?

La façon dont commence les chapitres pour mettre dans l’ambiance, c’est un peu facile mais si on veut bien se laisser aller ça fonctionne un peu comme avec Alexandre Dumas :

Des amas de nuages pourpres s’éloignaient de l’est , comme une armée de la nuit fuyant devant l’irruption du jour , et la brise , jamais aussi fraîche ni aussi douce qu’à l’aube , portait sur ses ailes les voix d’hommes chantant des psaumes.

Genre d’horreur que j’ai du mal à lire

Une tornade d’éclats de bois souffla à travers dues chairs infortunés, et les aveugles et les éviscérés ajoutèrent leur portion de douleur à ce carnage hurlant…

Tiens tiens, déjà !

Il y a plus de vanité chez les Français que de mensonges hurlants au fond de l’enfer…

On en parle …

C’est Dominique qui m’a donné envie de le lire et également « tête de lecture  » qui m’excusera de l’avoir oubliée ,mais vous êtes nombreux à aimer si on en croit Babelio.

Traduit de l’anglais par Esther Ménévis.
Lu dans le cadre du club de lecture de ma médiathèque

3Participer à un club de lecture a beaucoup de bons côtés, l’un de ces bons côtés c’est de me conduire à lire des livres vers lesquels je n’irai pas spontanément. Celui-ci en fait partie, et j’ai pourtant passé un excellent moment de lecture. Le procédé décrit sur la quatrième de couverture est amusant mais comme tous les romans qui sont sous-tendus par un procédé celui-ci est trop répétitif à mon goût. Il s’agit de ce que certains appellent : « l’effet papillon » :un événement a une cause apparente mais il faut souvent chercher les véritables motivations des protagonistes dans des incidents plus anciens. Le roman relie entre eux onze destins et tout s’enchaîne de façon implacable, jusqu’à une fin que je ne peux dévoiler.

Pour moi l’intérêt de ce roman, c’est de décrire la vie des Londoniens, ceux qui vont mal, très mal et pas si mal que ça. Certains écoutent l’émission de radio du narrateur, Xavier Ireland, qui les écoute et les console de une heure à quatre heures du matin. Pour les nostalgiques, son émission rappellera la voix éraillée de Masha Béranger commentant les confidences des noctambules français. Les autres il les croise dans son immeuble et dans son quartier. Ce petit monde de Londres m’a passionnée et émue. J’ai souri souvent, mais je ne peux pas dire que ce soit un roman très drôle contrairement à ce qu’annonce la quatrième de couverture.

Une belle galerie de portraits de nos contemporains d’outre-manche.

 Citations

Le fameux procédé

… Parce que Roger a été contrarié par un SMS qu’il a reçu par erreur parce que son expéditeur n’était pas habitué à son téléphone parce qu’on lui a volé le sien,parce qu’un ado s’est fait renvoyé suite à une colère provoquée par une mauvaise critique, elle-même alimentée par la colère suscitée par le tabassage que Xavier n’a pas réussi à stopper quelques semaines plus tôt , un jour de grand froid.

On en parle

« Au delà des pages » blog trouvé sur Babelio

Traduit de l’anglais par : Josée Kamoun.
Lu dans le cadre du club de lecture de ma médiathèque.

3
Autour de l’exposition de Bruxelles, Jonathan Coe tisse ses habituelles réflexions sur les rapports humains. Tout se passe en distance et sans heurts, là où il pourrait y avoir un roman d’espionnage palpitant , une histoire d’amour torride, une naissance illégitime, on a une agréable partie de campagne , des grandes vacances d’un intellectuel anglais pas très amoureux de sa femme et attiré par des jeunes femmes en particulier un jolie hôtesse belge.

Le roman se lit facilement et ne manque pas d’humour, mais on n’est jamais passionné. On se dit aussi que Jonathan Coe n ‘aurait vraiment rien à faire d’un lectorat passionné. C’est agréable à lire aussi , pour la nostalgie d’une époque où l’on avait toute confiance dans le progrès scientifique : heureux temps où l’on croyait que l’atome allait résoudre tous les problèmes de la vie sur terre.

Mais c’est aussi la guerre froide, et la tentation d’une autre vie possible en URRS, et petit détail qui m’a étonné, la Belgique avait invité des Congolais pour montrer leur artisanat local, ils ne sont pas restés longtemps car ils se sont sentis comme des animaux de Zoo, on les comprend !

Un bon moment de lecture mais un peu fade à mon goût.

Citations

Humour, idée pour la participation britannique à l’exposition de 1958 , idée qui n’a pas été retenue , on se demande pourquoi !

Nous faisons tous la petite et la grosse commission, Sir John, même vous ! Nous pouvons bien répugner à en parler, répugner à y penser même, mais il y a de longues années, quelqu’un y a pensé, il a poussé-poussé, si j’ose dire… la réflexion, et le résultat, c’est que nous pouvons depuis faire notre grosse commission en toute hygiène et sans honte, et que le pays entier, que dis-je, et le monde entier, ne s’en porte que mieux. Alors pourquoi ne pas rendre hommage à cette réussite ? Pourquoi ne pas célébrer le fait que, outre qu’ils ont conquis la moitié du globe, les Britanniques ont livré une bataille historique contre leur grosse commission et qu’ils l’ont remportée.

Genre de préjugé que revèle cette exposition dite universelle

Le fait est que ces Belges sont plus andouilles que nature, ils connaissent rien à la bière, et, d’ailleurs rien à rien.

On en parle

Clara et d’autre avis sur Babelio

traduit de l’anglais par Isabelle Chapman
Lu dans le cadre du club de lecture de ma médiathèque

3
Un livre très intéressant sur un sujet qui ne m’intéresse absolument pas : la presse à scandale anglaise. Mais après certaines révélations de la presse française est-on si loin des tabloïds britanniques. C’est un roman à deux voix , une jeune pigiste intéressée seulement par les scandales que l’on peut lire à longueur de journées dans la presse. Elle vit dans une galère absolue et court après tous les articles pour finir ses fins de mois. Elle a la surprise de se voir confier par une rédactrice d’un journal plus prestigieux,un article sur une journaliste très très âgée qui méprise complètement la presse d’aujourd’hui.

Le roman permet de décrire tous les rouages de la presse et raconte très bien les difficultés des jeunes à s’imposer dans ce monde sans pitié. Et à l’opposé la voix de la vieille femme qui a parcouru tous le siècle avec les horreurs qu’on connaît mais avec une culture qui est si loin des préoccupations de la jeune Tamara venue l’interviewer. le choc de ces deux mondes donne lieu à des moments d’humour assez drôle.

L’intrigue est assez bien menée. Je pense que c’est important de lire un tel livre, mais je crois que les gens qui croient à la presse à scandale ne liront pas ce genre de roman , dommage ! Quant aux autres, les gens comme moi, on sait qu’on peut inventer n’importe quoi dans ces journaux et qu’à part le sexe et l’argent rien d’intéressant n’y est vraiment traité .

Intéressant mais très triste sur l’état de notre société.

Citations

La vieillesse

Il avait eu un mouvement de recul incapable de dissimuler son dégoût Craignait-il que la vieillesse ne soit contagieuse ? Elle pouvait le lui confirmer:elle l’était. La mort prématurée était la seule issue si on voulait l’éviter.

La culture de Tamara

Pour les amuse gueules, ça ira, rectifia Tamara en son for intérieur. Hitler n’était pas Sinatra, mais c’était quand même une célébrité, d’une certaine manière. Au moins tout le monde avait entendu parler de lui.

 Le directeur de rédaction

Il tenait de l’esquimau :il avait à sa disposition cinquante mots pour dire non.

 Traduit de l’anglais par Isabelle D.Taudière et Clémentine Peckre.
 Lu dans le cadre de masse critique.

3
Livre historique qui rapproche le destin de deux jeunes allemands de la même génération, l’un Rudolf Höss deviendra le directeur d’Auschwitz, fleuron d’une belle carrière chez les SS. Il sera donc responsable des millions d’être humains massacrés sous ses ordres dans des conditions les plus effroyables que l’humanité a pu imaginer. L’autre, Hanns Alexander un peu plus jeune, a failli être une de ses victimes, mais sa famille a réussi à s’installer à temps en Grande-Bretagne. Issue de la très grande bourgeoisie juive de Berlin, la guerre fera de lui un chasseur de dignitaires nazis, et c’est lui qui retrouvera et fera juger Höss.

Le livre est écrit par le petit neveu de Hanns. Chapitre après chapitre on suit la destinée des deux hommes. Comme souvent dans ce genre de récit, on tremble devant l’aveuglement du père de Hanns, qui décoré de la croix de guerre, et médecin renommé, peine à prendre la décision de fuir ce pays. Un Allemand qui l’avait connu pendant la guerre 14/18, a pris sa défense lorsqu’une première fois des SA veulent s’en prendre à lui. C’est si rare de lire cela que je ne résiste pas à citer son nom, le Capitaine Otto Meyer qui préviendra la famille Alexander qu’elle doit absolument fuir lorsque le danger devient trop pressant. Rudolf Höss, est originaire de Baden-Baden et rien n’aurait dû faire de lui un des plus grand meurtrier de l’histoire.

On retrouve dans cet ouvrage, cette idée, aujourd’hui banale, qu’un homme ordinaire mis dans certaines circonstances peut devenir un bourreau.
Je ne peux pas dire que j’ai appris grand chose, car j’ai beaucoup lu sur le sujet. Un aspect me restera en mémoire, si les allemands n’avaient pas connu la défaite sur leur sol, ils auraient gardé les idées du National-Socialisme et seraient toujours antisémites. Comme ce maire qui soutient à Hanns qu’il n’y a jamais eu de juifs dans son village, alors qu’il s’y trouve un grand cimetière juif ! Jusqu’au bout Rudolf Höss croit en son idéal nazi, c’est la défaite et aussi la lâcheté de ses supérieurs au procès de Nuremberg qui l’amène à, enfin dire qu’il s’est trompé.


Je suis restée songeuse en lisant ce passage qui en dit long sur son soi-disant remord

Dans un passage capital de ses confessions, il estimait que l’extermination des juifs était une erreur, non parce que ces massacres à grande échelle étaient immoraux ou monstrueux, mais parce que, soulignait-il, « c’est cet anéantissement en masse qui a attiré sur l’Allemagne la haine du monde entier.

L’épilogue où l’auteur reçoit la douleur du petit fils de Höss qui visite Auschwitz avec l’auteur est important pour l’avenir de l’humanité. L’ouvrage est illustré, ce petit fils a accepté de publier les photos de famille où on voit les Höss dans leur villa d’Auschwitz mener une vie joyeuse et insouciante. Pendant qu’on assassinait, gazait et brûlait des millions de personnes, Madame Höss acceptait que sa villa soit richement décorée d’objets provenant du camp, d’être servie par des employés qui ne lui coûtait rien, mais elle se plaignait de …l’odeur !

La famille Alexander , ne reviendra jamais en Allemagne, ce pays les aura trahi à tout jamais. Le livre comporte de nombreuses annexes et une abondante bibliographie ce qui certifie le sérieux de cet ouvrage qui se lit très facilement.

Traduit de l’anglais par Fernande DAURIAC
Lu grâce à la recommandation de mon libraire préféré.

Voyager c’est découvrir que tout le monde a tort.

5
J’espère que mon libraire n’attend pas avec impatience mon article sur Luocine car cela fait quelque temps que je trimbale ce livre dans tous mes déplacements… Sans jamais m’y mettre , mais, lorsque je l’ai commencé, j’ai compris son enthousiasme. C’est un livre à recommander à tous les voyageurs.

En voici le principe, à chaque fois qu’Aldous Huxley arrive dans un lieu, il nous en fait une description précise et rien que pour cela , ce livre mérite d’être lu. Aldous Huxley n’est pas qu’un observateur c’est aussi un penseur critique sur l’organisation sociale et comme le titre l ‘indique un authentique septique. J’ai savouré ses descriptions. Celle de Bombay est très drôle l’énumération des différents style d’une ville qui a été construite entre 1860 et 1900 est inoubliable :

On passe du « style gothique vénitien » au « style ornementé français du quinzième siècle » en passant par le « style gothique du quatorzième siècle » et pour finir « le style moyenâgeux de Mr Trubshawe » et comme le rajoute Aldous Huxley avec son humour si britannique : « Mr Trubshawe resta prudemment imprécis. » Cet auteur m’a sidéré par la modernité, la pertinence et parfois la profondeur de ses propos. Son livre est publié en 1926, et la partie la plus intéressante et la plus longue de son voyage se situe en Indes.


Il passe ensuite en Malaisie, en Chine, au Japon, aux USA, et revient à Londres. C’est une époque où, un Anglais aux Indes est amené à s’interroger sur la supériorité, ou la soi-disant supériorité, des valeurs du colonisateur par rapport à celles du colonisé. Bien loin de simplifier les situations, il nous entraîne à chaque fois dans une réflexion qui nous étonne. Je prends un exemple, il est amenée à faire une promenade à dos d’éléphant, il explique d’abord ce que représente un éléphant pour un homme important à Jaipur, puis avec un humour très britannique décrit ce mode de transport, 

au risque de paraître ingrat, je dois reconnaître que, de tous les animaux que j’aie jamais montés, l’éléphant est de beaucoup le plus inconfortable.

Suit une explication précise de l’inconfort. Comble de l’horreur, ce jour là l’éléphant se soulage. Une pauvre paysanne se précipite pour recueillir les excréments du royal animal.

Première remarque sur les différences de statuts

elle nous donna du Salaam Maharaj, nous octroyant dans sa reconnaissance le titre le plus pompeux qu’elle pût trouver

Il continue sa réflexion et après sa gène, d’être aussi nanti, il finit par conduire sa réflexion sur l’utilité de recycler les excréments. Et voici sa conclusion :

« Notre œuvre , quand on la compare à celle des vaches et des éléphants, est remarquable . Eux, font, de façon automatique , du fumier ; nous, nous le recueillons et en faisons du combustible. Il n’y a pas là matière à déprimer ; il y a là de quoi être fiers. Pourtant , malgré le réconfort de la philosophie, je restai songeur. »

Trois pages de réflexions sur les excréments d’éléphant .. nous laissent un peu songeur mais très amusés également !
A son arrivé à Manille, il est sollicité par la presse, il réfléchit alors sur ce qu’est la notoriété et il se scandalise d’être plus sollicité par les journalistes parce qu’il est un écrivain déjà célèbre. Il se dit que s’il avait été un scientifique dont les recherches pourraient être très importantes pour l’avenir de l’humanité, il aurait été beaucoup moins connu.
Je me suis alors demandé ce qu’il penserait de notre époque ou une jeune femme devient célèbre pour avoir dit « Allô quoi «  !

J’ai moins aimé ses descriptions et ses remarques sur les USA, pourtant ça commençait bien avec la description de la publicité pour une entreprise de pompes funèbres qui est vraiment très drôle !

Un livre à déguster et qui vous surprendra !

Citations

philosophie du voyageur

En voyage vous perdez vos convictions aussi facilement que vos lunettes, mais il est plus difficile de les remplacer.

 Un septique

Bien des matériaux pourraient, sans inconvénient pour personne, être laissés là où ils sont. Par exemple, ces molécules d’encre que je transporte si laborieusement de leur bouteille à la surface de mon papier.

 La vie des colons

En discutant avec des Européens qui vivent et travaillent en Orient, j’ai constaté que, s’ils aiment l’orient ( et c’est le cas de la plupart) , ils l’aiment toujours pour la même raison. Là , disent-ils un homme est quelqu’un : il a de l’autorité, il est considéré ; il connaît tous les gens qui comptent, on le connaît . Dans son pays le même homme est perdu dans la masse, ne compte pas, n’est personne.

 Solutions à propos de la puanteur des gens trop pauvres pour se laver

Comme remède, Tolstoï nous suggère de puer tous ensemble. D’autres réformateurs souhaitent améliorer la situation économique pour que tout homme puisse prendre autant de bains chauds et changer de chemise aussi souvent que les privilégiés d’aujourd’hui qui ne puent pas. Personnellement, je préfère la seconde solution.

Valeurs humaines des Indiens

Car les Indes ne sont pas le berceau des sentiments humanitaires. La vie d’une vache, il est vrai, y est respectée, mais non la vie d’un homme.

 Dieu

Le fait que les hommes ont eu sur Dieu des idées absurdes et évidemment fausses ne justifie pas notre effort pour éliminer Dieu de l’univers . Les hommes ont eu des idées absurdes et fausses sur presque tous les sujets imaginables. Ils ont cru , par exemple que la terre était plate et que le soleil tournait autour d’elle. Nous n’en concluons pas que l’astronomie n’existe pas.

 Enfin voici ma préférée

Voyager c’est découvrir que tout le monde a tort.

Les philosophies, les civilisations qui, de loin, vous semblent bien supérieures à la vôtre, vues de près sont toutes, à leur façon , aussi désespérément Imparfaites. Apprendre cela -et cela ne s’apprend qu’en voyageant- mérite, il me semble, toute l aa peine, toute l’absence de bien-être , et tous le s frais d’un tour du monde.

On en parle

On en parle peu voici un blog où j’ai trouvé un avis qui rejoint un peu le mien : Le pas grand chose