Traduit du suédois par Max Stad­ler et Lucile Klauss

Merci à la petite souris qui a souvent de très bonnes idées de lecture . Mais, j’ai eu plus de mal qu’elle à lire ce roman, non pas qu’il ne soit pas inté­res­sant mais on s’attend à un livre léger et drôle, alors que le récit est long et le style pas très enlevé ( je pour­rai dire un peu lourd). Est-​ce un effet du Suédois, mais les phrases très courtes, répé­ti­tives n’allègent pas forcé­ment la lecture. Ce récit donne une assez bonne idée de l’enseignement en Suède. J’ai lu récem­ment le livre de Jean Philippe Blon­del G229 , tout en finesse et en légè­reté , vrai­ment rien à voir. L’idée de départ est pour­tant géniale, une profes­seure d’anglais et de suédois se retrouve coin­cée dans le local de la photo­co­pieuse de son collège. Cela n’aurait jamais dû lui arri­ver, car c’est une femme orga­ni­sée qui ne laisse jamais rien au hasard. Elle est même carré­ment psycho-​rigide et tout en s’épuisant pour les autres, elle ne fait le bonheur de personne et surtout pas le sien. L’intrigue est bien menée, car il faut une succes­sion d’erreurs qu’elle ne commet jamais d’habitude pour que son calvaire se prolonge jusqu’au dimanche après midi. Sur cette trame et en parta­geant les moments d’angoisse de cette femme, l’auteure peut nous faire comprendre peu à peu la vie des ensei­gnants en Suède et celle d’Eva-Lena en parti­cu­lier. C’est évidem­ment très diffé­rent de le France mais c’est inté­res­sant de se rendre compte qu’en partant de méthodes très diffé­rentes, on n’arrive toujours pas à inté­res­ser des adoles­cents qui n’ont pas envie de se mettre à travailler. Ce roman est plein de remarques très justes sur les rapports entre ensei­gnants, sur les diffi­cul­tés des personnes trop perfec­tion­nistes, sur la vie en Suède. Les person­nages ne sont pas trop cari­ca­tu­raux, sauf le person­nage prin­ci­pal, il lui en faudra du temps pour comprendre ce que le lecteur avait compris dès les premières lignes. Avec un peu plus de grâce et de légè­reté, j’aurais adoré ce roman tout comme mes amies du blog de la petite souris jaune.

Citations

Portrait d’Aurora, l’amie non conventionnelle

Elle n’est ni grande ni grosse : mais elle se place toujours de façon à être au centre des événe­ments. Tout le monde vient s’attrouper autour d’elle. On l’entend tout le temps, bien qu’elle ne parle pas parti­cu­liè­re­ment fort.

Portrait d’Eva-Lena et origine du titre

Je ne peux récu­rer aucune baignoire, ni nettoyer un seul évier. Ni dégi­vrer le frigo. Ni rempo­ter les fleurs.

Il n’y a rien que je puisse faire main­te­nant. Pas passer l’aspirateur, non : je n’ai pas accès à un quel­conque aspi­ra­teur. Pas un seul aspi­ra­teur à ma portée.

Mes possi­bi­li­tés de nettoyer les fenêtres sont réduites à néant. Dans cette pièce par exemple, il n’y a pas une seule fenêtre, pas même un soupi­rail.(.….)

En ce moment personne ne peut exiger quoi que ce soit de moi. Je suis tout simple­ment Hors-​service.

Eva-​Lena un prof qui manque d’humour

Elle passa en revue son emploi du temps du lundi. Anglais avec les cinquièmes. Suédois, leçon 8, intro­duc­tion aux consti­tuants de la phrase. Voilà qui serait vivant, et susci­te­rait inté­rêt des élèves.

Je suis comme Erik et j’aurais bien du mal à supporter Eva-​Lena

Il arrive qu’Erik, quand il lit un livre après moi, enrage à cause des anno­ta­tions que j’écris à la main dans les marges. Un petit point d’exclamation par-​ci, une étoile par-​là. Un point d’interrogation en face d’une phrase à la construc­tion alam­bi­quée. Une méta­phore origi­nale discrè­te­ment souli­gnée. Si un passage entier est inté­res­sant, je le marque d’un trait verti­cal dans la marge. Il prétend que perturbe sa lecture. Il fulmine, ne veut pas de mes « panneaux indi­ca­teurs ». Alors que je prends soin d’utiliser un crayon bien pointu pour écrire de petits signes, d’une écri­ture soignée qui ne peut gêner personne.

Un bon professeur

Bengt-​Göran Arvid­sson n’a jamais voulu entendre parler des nouvelles méthodes. Et pour­tant ses élèves l’adorent. Quand il passe dans les couloirs, ils se séparent comme la mer rouge devant le bâton de Moïse. Et ils le suivent, ils le suivraient quarante ans dans le désert s’il le fallait. Et ils l’écoutent atten­ti­ve­ment, en silence. Ils savent que leur silence sera récom­pensé. Parce que Bengt-​Göran « raconte » il n’enseigne pas. Il raconte.

5 Thoughts on “Hors service -Solja KRAPU

  1. Merci à la petite souris alors :-)

    • oui merci à elle et pour élar­gir le propos merci à tous les blogs qui permettent de faire des choix de lectures diffé­rentes.

  2. Dommage, car dans cette collec­tion chez l’éditeur il y a des pépites (mais j’essaierais bien quand même!)

  3. l’idée est plutôt rigo­lote dommage pour l’écriture

  4. Pour­quoi pas ? Je n’avais pas repéré ce roman, mais il me semble inté­res­sant…

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