U9782330051228Traduit du chinois par Angel PINO et Shao BAOQING.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard.

4Très joli roman qui permet un voyage dans la Chine d’aujourd’hui et d’autrefois et dans l’âme d’une femme d’une belle et riche person­na­lité. Mingli, 40 ans, n’a plus de nouvel­les de sa fille Rongrong, et elle sait, elle le ressent au plus profond d’elle même que ce n’est pas normal. C’est une femme conscien­cieuse cher­cheuse dans un labo­ra­toire médi­cal, appré­ciée de tous. Elle n’a pas l’habitude d’imposer sa volonté, mais pour­tant rien ne la fera recu­ler, elle doit savoir ce qui est arrivé à Ronrong. Elle le doit au nom de ses enga­ge­ments du passé : son amitié avec la mère de Rongrong qui a sombré dans la démence.

Elle va donc être confron­tée à la Chine « communo-​capitaliste », et refait un parcours sur ce qui a été sa vie. « Les Senti­nel­les des blés », c’est un hybride de blé , décou­vert par son père un grand savant dont la mort est tout un symbole : il était parti cher­cher des livres impor­tants pour lui, à son retour il est tombé dans les égouts dont un voleur avait, entre temps, volé la plaque qui les obtu­rait.. Les souve­nirs des Senti­nel­les des blés revien­nent dans le roman, comme des moments de pureté dans un pays où la corrup­tion atteint à peu près toutes les couches de la société. Même son mari qui l’aime bien, et qui ne pensait pas qu’elle puisse avoir une volonté autre que la sienne touche des petits pots de vin en utili­sant les quali­tés de cher­cheuse de sa femme.

Un beau voyage , d’une rare émotion.

Citations

Une femme qui ne sait pas s’imposer

Or Yu Shijie refuse de m’entendre. Il voudrait que je sois une femme ouverte. Certes, mais ne le suis – je pas déjà ? Petit à petit, entre nous deux, un pli a été pris, qui fait que, depuis des années, chaque fois que je m’exprime ou que j’agis selon mes senti­ments, il s’empare du problème et le dissè­que en deux temps trois mouve­ments, comme un boucher qui mani­pule une carcasse de porc. L’animal est suspendu à un croc, et la moin­dre partie de son corps s’offre à la vue:la viande, les os, les tripes, tout est clair et net. Mais moi , je ne ressens plus rien, j’en oublie même ce que j’avais voulu dire au départ.

8 Thoughts on “Les sentinelles des blés – CHI LI

  1. J’ai lu un seul livre chinois,de Mo-​yan. Un Nobel contesté pour ses posi­tions tièdes sur son pays. J’irais bien décou­vrir le néoréa­lisme chinois de Chi Li.

    • Luocine on 6 octobre 2014 at 12:48 said:

      Et qu as tu pensé de Mo Yan?
      Chi Li a beau­coup écrit , je n ai lu que celui ci , je peux le conseiller

  2. Long­temps que je n’ai pas lu de litté­ra­ture chinoise. Pour­tant en géné­ral j’aime beau­coup.

    • Luocine on 6 octobre 2014 at 12:51 said:

      C’est le charme d un club de lecture, il vous oblige à aller vers d’autres voies que vos chemins habi­tuels

  3. Je n’en ai pas entendu parler de ce livre, je le note, j’ai lu rare­ment de la litté­ra­ture chinoise, c’est une lacune.

  4. j’ai lu beau­coup de litté­ra­ture chinoise mais assez clas­si­que et peu de romans contem­po­rains aussi je note

    • Luocine on 8 octobre 2014 at 10:32 said:

      J’ai vrai­ment été sous le charme de Minglin, cette femme qui semblé soumise mais ne l’est pas tant que ça. En tout cas son esprit ne l est pas

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