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Traduit de l’an­glais des États-Unis par Hanna PASCAL

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C’est un bel objet que l’on a entre les mains quand on ouvre ce livre. Le lecteur ne résiste pas au plai­sir de lais­ser errer son regard dans les marges illus­trées par des dessins au style bota­niste scien­ti­fique. Et ce plai­sir dure les 379 pages du roman. L’his­toire est à l’image de l’es­prit d’un enfant surdoué de 12 ans à la fois naïve, inso­lente et un peu brouillonne.

Le jeune Tecum­seh Sanson­net dit T.S est un jeune prodige qui passe son temps à dessi­ner des cartes, les objets, les expres­sions de visage des adultes. Sa famille est quelque peu origi­nale, son père tient un ranch et parle peu , sa mère est une bota­niste de talent et ne vit appa­rem­ment que pour les coléo­ptères. Sa sœur Gracie se dit,elle même, la seule personne normale de la famille. La mort acci­den­telle de Layon le petit frère a rendu la famille encore plus bizarre. T.S Spivet part à travers les USA et ce long trajet dans un train de marchan­dise lui permet­tra de mieux comprendre ses origines, de s’im­po­ser au monde des adultes scien­ti­fiques et au bout de ce voyage initia­tique de retrou­ver l’amour des siens.

Bien sûr, l’his­toire est un peu touf­fue, bien sûr ; la dernière phrase est trop « happy-end » (« Alors, j’ai poussé la porte, et je me suis avancé dans la lumière ») et puis, c’est toujours un peu agaçant que l’on prenne pour sujet un enfant surdoué, comme si l’en­fance n’était pas par elle même, suffi­sante pour soute­nir une histoire. Mais toutes ces critiques ne rendent pas justice au plai­sir de lecture car le livre four­mille de bons moments et les illus­tra­tions sont de purs instants de bonheur. Une chose est sure, avec ce premier roman, Reif Larsen s’af­firme comme un « éton­nant voya­geur » et un grand écri­vain.

Citations

Le caractère de sa mère

Le Dr Clair était le genre de mère à vouloir vous apprendre le tableau de Mende­leïev à treize ans en vous faisant manger votre bouillie, mais pas à s’inquiéter , en cette ère de terro­risme mondial et d’enlèvements d’en­fants, de savoir qui vous télé­pho­nait.

Du temps de sa glorieuse ancêtre qui voulait étudier les sciences au grand scandale des hommes de son temps

Il y a toujours une façon de contour­ner les règles insti­tu­tion­nelles , crois-moi, dit M. Engle­torpe. Je suis devenu expert en la matière. »
Le lende­main soir, il revint avec une lettre, signée d’un méde­cin, certi­fiant qu’Emma était atteinte d’une étrange mala­die nommée. « Osteo­pé­lé­nie » ou « mala­die des os sour­nois » qui lui inter­di­sait de se livrer à la prière ainsi qu’à toute forme d’exer­cice physique. 

L’enfant du Montana découvre les États-Unis modernes

Sous mes yeux se déployait la géogra­phie serpen­tine du monde civi­lise : un laby­rinthe de six échan­geurs repar­tis sur trois niveaux , d’une belle et fasci­nante complexité et néan­moins très fonc­tion­nel, de construc­tion admi­rable , et un flot constant de voitures tour­nant les unes au-dessus des autres sans que leurs conduc­teurs paraissent conscients de la gran­diose alliance de béton et de physique théo­rique qui les soute­nait dans leur circon­vo­lu­tion.

Le monde d’aujourd’hui

Chacun de ces objets avait été fabri­qué dans une usine, sans doute en Chine , puis importé aux États-Unis dans un cargo piloté par un Russe renfro­gné, puis acheté et jeté par un habi­tant de Chicago, et gisait a présent par terre , vole­tant dans la brise légère ( à l’exception des pneus qui ne vole­taient pas).

Le regard sur le monde des adultes

J’ai alors compris que les adultes, à la diffé­rence des enfants, étaient capables de s’ac­cro­cher à certains senti­ments néga­tifs, même quand l’évé­ne­ment qui les avait susci­tés était passé depuis long­temps, même quand les cartes postales avaient été envoyées, les excuses présen­tées, et que tout le monde avait tourné la page. Les adultes étaient des entas­seurs patho­lo­giques de vieille émotions inutiles.

Et une phrase qui sonne bien

La médio­crité est la moisis­sure de l’es­prit.

On en parle

Blog de Zazie

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