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Depuis le testa­ment fran­çais, je suis atta­chée Andreï Makine, j’aime les histoires qu’il me raconte. J’ai parfois quelques réserves mais ce cours roman m’a litté­ra­le­ment enchan­tée. Comme toujours avec cet écri­vain, la construc­tion roma­nesque est inté­res­sante. Entre la descrip­tion de deux grandes mani­fes­ta­tions sovié­tiques, la vie du narra­teur s’écoule avec ses tragé­dies et ses éclats de bonheur. En huit moments diffé­rents qui sont presque de courtes nouvelles, Makine nous peint la société sovié­tique qui est en train de s’effondrer et l’enfant qu’il a été, perdre toutes ses naïves illu­sions.

Dans chaque chapitre on trouve un court moment de bonheur. Et on se pose alors la ques­tion essen­tielle du livre : et si être heureux sur terre, c’était savoir aimer et saisir ces courts moments ? Au delà du commu­nisme, Makine s’adresse à la tota­lité de la condi­tion humaine confron­tée au pouvoir.

À chaque fois que je lis un livre sur la Russie , je me demande ce que les Russes ont de si parti­cu­liers pour connaître une desti­née aussi tragique. Si vous ne l’avez pas encore lu, préci­pi­tez vous , la poésie, l’émotion , l’humour, la révolte sont au rendez vous dans une langue d’un grand clas­sis­sisme, et, pour moi, d’une grande beauté.

Citations

le premier émoi amoureux

Ce n’était pas la première femme qui m’a ébloui par sa beauté, par la force patiente de son amour. Elle était la première, en tout cas, à me révé­ler qu’une femme aimante n’appartient plus à notre monde mais en crée un autre et y demeure, souve­raine, inac­ces­sible à la fébrile rapa­cité des jours qui passent.

Les orphelinats sous l’ère sovietique

Mais le bonheur n’a pour échelle de mesure , que notre propre exis­tence , riche ou déshé­ri­tée . A midi , à la fin des repas , nous avions droit à une tasse de liquide chaud où mace­raient quelques lamelles de fruits séchés . La chance de tomber sur une figue trans­for­mait l’un de nous en élu , il savou­rait, les yeux mi-clos, tout concen­tré sur le goût inef­fable éclos dans sa bouche.

Naïveté de la foi communiste

Les gens qui vivront dans la société commu­niste auront un autre type de conscience que nous . Les maga­sins seront toujours pleins et tout sera gratuit mais chacun ne pren­dra que ce dont il a besoin . Pour­quoi accu­mu­ler si l’on peut reve­nir demain ?

Le sens même du livre

Notre erreur fatale est de cher­cher des para­dis pérennes. Des plai­sirs qui ne s’usent pas, des atta­che­ments persis­tants, des caresses à la vita­lité des lianes : l’arbre meurt mais leurs entre­lacs conti­nuent à verdoyer. Cette obses­sion de la durée nous fait manquer tant de para­dis fugaces, les seuls que nous puis­sions appro­cher au cours de notre fulgu­rant trajet de mortels.

Un sentiment que je connais bien

Bien des années plus tard, cette vieille femme que j’avais lais­sée toute seule sur le petit perron de sa maison mena­cée devien­drait un de ces remords fidèles qui reviennent, notre vie durant, sans obte­nir de pardon.

Le dissident

Très tôt, il devine que toutes les socié­tés fabriquent la même espèce de créa­ture : celles qui avec une servi­lité zoolo­gique ne pensent qu’à s’alimenter, à se repro­duire, à s’incliner devant la force de l’état qui les enchaîne dans des besognes décé­ré­brantes, les assomme avec des ersatz de culture, les laisse s’entre-tuer dans des guerres. 

On en parle

Un peu partout mais aussi chez Cynthia que je ne connais­sais pas.

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