Traduit de l’italien par Danièle VALIN
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Les raisons pour lesquelles le billet de Domi­nique m’a fait lire ce livre, devien­dront peut-être les vôtres et vous vous préci­pi­te­rez vers ce roman. Allez, une fois n’est pas coutume, je commence par le seul point faible, selon moi, de ce ce merveilleux récit. Je n’arrive pas trop à adhé­rer à un aspect des deux person­nages fémi­nins, d’une beauté telle que tous les hommes chavirent devant elles ! Leur beauté extra­or­di­naire et leur côté femme fatale ne m’ont pas convain­cue.

Mais peu importe, le roman vous empor­tera comme tous ceux ‚et toutes celles, qui l’ont plébis­cité vers le Haut-Adige ou Tyrol du sud. Comme beau­coup, je ne savais rien de cette région offerte à l’Italie en 1918 , en compen­sa­tion de la guerre 14/​18, cette province autri­chienne n’avait jamais été italienne. On imagine la stupeur des habi­tants- de pauvres paysans monta­gnards- qui se trouvent confron­ter à un monde italien qui, hélas pour eux, devient fasciste peu de temps après ! Le choix pour les habi­tants devient une véri­table horreur : deve­nir fasciste italien ou reven­di­quer son appar­te­nance à l’Allemagne nazi ! !

Là, je me suis dit, mais comment faire pour rester humains, simple­ment humain ! Le roman raconte cela et toutes les consé­quences, jusqu’à l’assassinat d’Aldo Moro. Oui, toute l’histoire de l’Italie est là devant nos yeux mais vu de cette petite région qui n’avait rien demandé à personne. Les fils de la grand histoire se tressent avec la petite histoire de Gerda et de sa fille Eva, élevée sans père puisque l’auteur de ses jours n’a pas daigné la recon­naître, Eva est une femme libre qui mène sa vie sans rien devoir à personne sauf à sa mère qui s’est battue pour elle. Fille mère, c’est encore un scan­dale en Italie dans l’Italie des années 60. Eva traverse en train toute la botte italienne pour rejoindre celui qui aurait pu être un père pour elle : Vito , le cara­bi­nier italien qui a aimé Gerda la cuisi­nière tyro­lienne. Aucun person­nage n’est cari­ca­tu­ral et le bien et le mal ne sont pas toujours faciles à recon­naître.

Que de person­nages tortu­rés, que de violence cachée et que de souf­frances, tout cela parce que cette partie du Tyrol a été offerte à une Italie qui ne la deman­dait pas !

Citations

Aujourd’hui, un pays aux deux cultures

Après Sterzing/​Vitipendo, un peu avant de sortir à Franzensfeste/​Fortezza, Carlo s’est arrêté à l’Autobahnraststätte/Autogrill et nous avons mangé un belegtes Brötchen/​sandwich.Puis nous avons quitté l’Autobahn/autoroute et nous avons payé au Mautstelle/​péage Dans sa Volvo qui heureu­se­ment est suédoise et ne se traduit donc ni en alle­mand ni en italien . Bien­ve­nue dans le Südtirol/​Alto Adige, royaume du bilin­guisme.

L’après guerre

Nazi, collabo, déla­teur, crimi­nel de guerre, konzen­tra­tions­la­gerführe : ce n’étaient pas des mots mais des grenades qui n’avaient pas explosé, que l’on contour­nait sur la pointe des pieds , pour ne pas déclen­cher une déto­na­tion plus terrible, celle de la vérité.

La civilisation de l’argent

Italiens, Alle­mands ou Autri­chiens étaient tous égaux pour Paul Staggl, du moment qu’ils lais­saient leur argent dans les caisses des hôtels. Il avait compris bien avant la plupart de ses compa­triotes que l’argent, non seule­ment n’a pas d’odeur, mais n’a pas d’ethnie non plus.

On en parle

chez Mango et Domi­nique

2 Thoughts on “Eva Dort – Francesca MELANDRI

  1. Je viens de faire suivre le lien à mon épouse pour lui rappe­ler à quel point ce livre que je lui ai offert est à lire rapi­de­ment !

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