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Traduit de l’anglais (États-Unis) par Patri­cia REZNIKOV.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

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Lire ce livre, c’est prendre le risque de vous décou­ra­ger de mettre les pieds au Mexique. Je ne sais pas si ce pays réussi à préser­ver son tourisme, mais ce n’est pas ce roman qui pourra contri­buer à son renom. La vie des habi­tants de ce village est complè­te­ment contrô­lée par les barons de la drogue, et la pire catas­trophe qui puisse vous arri­ver c’est de naître fille. Et surtout d’être belle, votre desti­née est alors toute tracée, vous servi­rez de pros­ti­tuée dans des bordels pour les narco-trafi­quants.

Le roman est raconté du point de vue de Ladydi, prénom donné par soli­da­rité entre femmes trom­pées par leurs maris respec­tifs, le Prince Charles ayant peu de points communs -si ce n’est sa double vie – avec celui de la maman de Ladydi !. Le regard de l’enfant permet de suppor­ter ce récit abso­lu­ment atroce, elle garde une certaine fraî­cheur au milieu de toutes ces souf­frances. Tout ici n’est que raquette, violence, viol, meurtre. La moindre douceur dispa­raît trop vite, à l’image des hommes qui sont assas­si­nés ou tueurs ou dans le meilleur des cas ont fui aux États-Unis. Son rapport à sa mère est conflic­tuel , c’est compli­qué d’aimer une mère ivre la plupart du temps ! Mais on sent beau­coup d’affection entre elles. Ladidy connaî­tra tant de malheurs dans sa courte vie, jusqu’à la prison, mais curieu­se­ment , c’est dans cet endroit qu’elle fera des rencontres les plus inté­res­santes et qui l’aideront certai­ne­ment à gran­dir. La fin apporte une petite lueur d’espoir , je vous la laisse décou­vrir.

Si on aime ce roman, ce n’est pas pour ses quali­tés litté­raires, mais parce que grâce à une fiction, Jenni­fer Clement a su donner corps à une réalité que l’on connaît, mais que l’on préfère oublier. Quand un état est lié au trafic de la drogue, ou le supporte, ou n’arrive pas à l’éradiquer, les popu­la­tions les plus faibles, sont alors soumises au pouvoir de gang­sters de la pire espèce et les plus faibles ce sont comme toujours : LES FEMMES et LES ENFANTS !. Le Mexique et ses trafi­quants sont là, présents dans cette histoire, et les consé­quences de leur pouvoir sur ce petit village s’apparentent à une catas­trophe huma­ni­taire. A chaque fois que je lis un livre sur la drogue, je me demande comment faire pour que les drogués de nos pays se rendent compte que leur dépen­dance fait vivre la lie de la terre .

Citations

La fuite des hommes et des pères

Il a mis son bras autour de mon épaule et sa peau était encore plus brûlante que la mienne.…..

Et puis il a dit.
-Toi et ta maman vous êtes trop bien pour moi. Je ne vous mérite pas.

- Ce fils de pute ! a dit ma mère pendant des années.

Elle n’a jamais plus prononcé son nom. Il est devenu le Fils de Pute pour toujours.

Puis mon père a cessé de nous envoyer une traite tous les mois des États-Unis. nous étions trop bien aussi pour son argent, j’imagine.

Les prières à Dieu

Depuis que j’étais enfant, ma mère me disait de faire des prières pour deman­der des choses.

Ne demande jamais l’amour et la santé, ou de l’argent. Si Dieu entend ce que tu désires vrai­ment, tu ne l’auras pas. Garanti.

Quand mon père nous a quitté, ma mère a dit :

Mets-toi à genoux et demande des petites cuillères.

Le mensonge

Ma mère plaçait le mensonge dans la même caté­go­rie que le vol. Pour­quoi dire la vérité si on pouvait mentir ? C’était là sa philo­so­phie. Si ma mère prenait le car, elle disait qu’elle pavait pris un taxi.

Prison plus douce que la liberté

- Il y en a qui préfèrent le dedans au dehors. Cette prison est le meilleur endroit que je connaisse. Dans mon village, le gouver­ne­ment a massa­cré tout le monde.
- Au Guate­mala ?

- En deux ans, j’ai perdu presque toute ma famille. Je me prome­nais persua­dée que j’allais prendre une balle à tout moment. Une balle, comme ça, sans préve­nir.

Le Mexique le royaume de la drogue

J’ai repensé à notre petit de terre furieuse qui autre­fois héber­geait une vraie commu­nauté, mais qui avait été détruite par le crime orga­nisé des trafi­quants de drogues et l’immigration aux États-Unis. Notre petit bout de terre furieuse s’était méta­mor­phosé en une constel­la­tion brisée et chaque petite maison avait été réduite en cendres.

10 Thoughts on “Prières pour celles qui furent volées -Jennifer CLEMENT

  1. Comme je suis de ton avis. Il semble que le Mexique soit un grand pays très malade, l’un des plus violents parmi les violents.

  2. je vais le noter dans un coin de ma cervelle mais de toutes les façons je n’irai pas en voyage au Mexique un pays qui ne m’attire pas je suis plutôt Saint Péters­bourg

    • remarque la mafia a l’air de bien s’y porter égale­ment … mais diffé­rente, plus poli­tique , le pire je pense que c’est la drogue.

  3. J’aime beau­coup les livres histo­riques qui permettent d’en apprendre plus sur un pays. Mais là le côté horrible m’arrête un peu …

    • Ce n’est pas ce que j’appelle un livre histo­rique. C’est un roman qui veut temoi­gner sur les consé­quences du trafic de la drogue au Mexique

  4. Je connais quelqu’un qui est parti en vacances au Mexique, il semble­rait qu’il y ait des bulles touris­tiques très bien proté­gées ; perso, je ne me senti­rais pas à l’aise, sachant ce qui se passe dans le pays. Je note ce roman, ça me suffira comme voyage !

  5. Trop d’atrocité, ça fini­rait par me lasser. Mais c’est malheu­reu­se­ment le quoti­dien de beau­coup de mexi­cains, ce pays est affreu­se­ment malade et je ne sais pas s’il existe un moyen de le guérir.

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