Traduit de l’Italien Par Domi­nique Vittoz.

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Livre étrange, je l’ai lu atten­ti­ve­ment et sans un réel plai­sir, j’attendais toujours qu’il se passe quelque chose d’autre. Dès le début la trame est donnée et tout se déroule sans surprise. Le mission­naire ira au bout de sa folie et construira un sanc­tuaire destiné au culte de la vierge, rien ne peut l’arrêter, il se prend pour un saint et les bigotes du village viennent de plus en plus nombreuses à ses prêches enflam­més. Les sœurs essaient par des trai­te­ments abomi­nables de garder les « chéru­bins » dans la pureté chré­tienne. Et en bas dans la vallée, dans un quar­tier appelé le chan­tier, des malfrats gagnent leur vie en faisant des actions malhon­nêtes, comme mettre le feu à des entre­prises pour éviter les ennuis avec le fisc.

Pour­quoi n’ai-je pas appré­cié davan­tage ce roman qui a reçu le prix Médi­cis étran­ger 2009 ? Sans doute parce que je n’ai pas réussi à comprendre le ton de l’auteur.(J’ai essayé d’en donner un aperçu dans la deuxième cita­tion) On ne sait pas trop si c’est une charge contre les bonnes œuvres de l’église, ou contre la société italienne qui contraint des enfants à deve­nir des bandits. Les deux sans doute, l’auteur reste absent et ne juge personne, et le lecteur doit se faire sa propre opinion. Il m’a manqué la connais­sance de l’Italie des années 60 savoir si ce que je lisais avait un fonde­ment socio­lo­gique ou était une pure inven­tion roma­nesque.

La seule chose qui m’a complè­te­ment saisi c’est le malheur des enfants aban­don­nés à la rue par des parents complè­te­ment dépas­sés par la misère mais qui est encore plus terrible quand ils sont livrés aux mains des bonnes sœurs sadiques.

Citations

S’il n’avait pas nourri une haine cordiale pour Dieu qui était du côté de ce curé, il serait sûre­ment entré un jour où l’autre dans l’église du Buon Cammino et aurait prié pour que le vieil Omero ne meure jamais.

Ses paroles vibrèrent dans ce grésille­ment – Le pasteur affamé dévora ses propres ouailles -, comme s’il appa­rais­sait en effet dans une vision – mais fut ensuite dévo­rer par ses propres chiens -, secouèrent les plantes, effrayèrent les papillons et se diluèrent à travers la campagne comme des lueurs incom­pré­hen­sibles qui pour­tant éveillent l’amour.

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