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Roman très prenant, sur la quête de l’identité mêlée à l’horreur du nazisme. Le côté roma­nesque est un peu dérou­tant : recon­naître les traits du visage de son père sur une photo de Buchen­wald semble haute­ment impro­bable, mais c’est le privi­lège du roman­cier que d’inventer des histoires. Bien sûr, l’auteur le dit lui-même, c’est toujours déli­cat de roman­cer les camps de concen­tra­tion. Fabrice Humbert, en foca­li­sant son enquête sur les bour­reaux et leur moti­va­tion, arrive à donner un nouvel éclai­rage à la prin­ci­pale tragé­die du 20° siècle à propos de laquelle les témoi­gnages et les réflexions ne manquent pas aujourd’hui.

J’ai trouvé très inté­res­sante son analyse de la violence, son passage en lycée dans les banlieues diffi­ciles lui a permis d’ouvrir les yeux sur des souf­frances contem­po­raines, j’ai trouvé qu’il le racon­tait bien. Les person­na­li­tés de son père et de son grand père, donnent une profon­deur au secret de famille qui trop vite n’en est plus un pour le lecteur. En revanche, j’ai dû attendre la fin du récit pour vrai­ment comprendre le père du person­nage prin­ci­pal.

J’ai beau­coup aimé égale­ment la façon dont l’auteur mêle à son récit les auteurs qui l’inspirent, on retrouve Semprun, Primo Levi mais aussi Jack London et Sebas­tian Haff­ner, écri­vain alle­mand dont la lecture éclaire de façon magis­trale la montée du nazisme. Comme toujours la lecture de livres sur l’extermination orga­ni­sée par les nazis est éprou­vante, mais c’est égale­ment récon­for­tant de savoir que les intel­lec­tuels d’aujourd’hui, la troi­sième géné­ra­tion après « Ausch­witz », ne veulent pas oublier.

Malgré mes réserves sur l’aspect roma­nesque du roman je ne peux que recom­man­der la lecture, et vous pour­rez lire sur le blog « à sauts et à gambades » un avis plus enthou­siaste. Le site WEB TV permet de mieux connaître cet auteur.

(Prix Renau­dot poche 2010, prix orange 2009)

Citations

Weimar a été une grande ville cultu­relle et elle a été aussi, au XX° siècle, une ville voisine d’un camp de concen­tra­tion. À part montrer que la culture n’a jamais protégé de la barba­rie, je ne vois pas trop quel lien établir entre les deux.

Je subis donc son cours (rien de plus pénible pour un profes­seur que d’écouter les leçons des autres) jusqu’au dessert.

La jeune géné­ra­tion de mes petits-cousins, parfai­te­ment incultes, tota­le­ment arri­vistes et dénués de scru­pules- bref modernes. Ils ont dix-sept, dix-huit ans, sortent en perma­nence, font des fêtes terribles et ne songent qu’à suivre la filière rému­né­ra­trice qui leur permet­tra de respec­ter notre rang.

Je suis inca­pable de décrire autre chose que cela : la violence. La violence qu’on s’inflige à soi ou qu’on inflige à autrui. La seule vérité qui vibre avec sincé­rité en moi – et donc ma seule ligne convain­cante d’écriture- est le murmure enfan­tin de la violence, suin­tant de mes premières années comme une eau empoi­son­née.

Rencontre avec l » auteur : WEB TV

On en parle

» à sauts et à gambades ».

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