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J’avais choisi ce livre pour me tenir compa­gnie lors de mes trajets Saint-Malo/­Pa­ris, j’adore arri­ver en avance dans les gares pari­siennes avec un bon livre (et même sans), le spec­tacle de l’humanité qui voyage me met de bonne humeur. J’ai connu Jacques Poulin grâce à Lectu­ris­sime, à propos d’un autre Roman. Dans les commen­taires, les lectrices faisaient allu­sion à « Volks­wa­gen Blues » comme un de leurs livres préfé­rés de cet auteur. Comme il s’agit d’un Road Movie, cela me semblait parti­cu­liè­re­ment adapté à un voyage.

Un écri­vain part à la recherche de son frère accom­pa­gné par une jeune femme métisse (mi indienne mi blanche), en « combi » Volks­wa­gen bleu , d’où le titre. Ensemble, ils traver­se­ront l’Amérique , roulant en grande partie sur la piste de l’Oregon, célèbre pour avoir été suivie par les pion­niers qui peuplèrent l’ouest améri­cain.

Qui est Théo, ce frère disparu grand amateur de légendes du Far West que « la grande saute­relle » détruira les unes après les autres ? Nos rares contacts avec ce person­nage ne permettent pas de très bien le cerner. Il est à l’image des êtres qui croisent notre vie, ni le frère idéal que l’écrivain croyait bien connaître, ni le délin­quant qu’il craint de retrou­ver.

Comme toujours dans le genre « Road-movie, le plus impor­tant c’est tout ce qui se passe lors d’un long voyage, les deux person­nages vont s’enrichir l’un l’autre et deve­nir des « chum » c’est à dire des « copains » en québé­cois. Tout le long de la route, nous suivons égale­ment les histoires de ceux qui, il y a quelques siècle, se sont illus­trés sur les terres améri­caines. À commen­cer par toutes les tribus indiennes qui furent déci­mées ou massa­crées pour lais­ser la place à la nation américaine.Cette histoire de violence finira par acca­bler notre écri­vain et il faudra toute la patience de « la grande saute­relle » pour qu’il retrouve le goût de vivre et qu’il termine son voyage.C’est l’occasion égale­ment pour l’écrivain de réflé­chir sur ce que repré­sente l’écriture. Il s’en veut de produire une œuvre dont il n’est pas satis­fait et de la façon dont il se coupe du monde quand il écrit au point de ne pas avoir compris l’appel au secours de son frère.

La jeune fille devra, quant-à elle, trou­ver le chemin pour réunir les deux iden­ti­tés qui sont en elle. Ensemble, ils devront faire face à la violence du passé histo­rique et retrou­ver dans la douceur de la nature et des liens entre humains des raisons d’espérer.

Une petite remarque, si l’on est abso­lu­ment pas gêné par le fran­çais québé­cois (j’ai quand même recher­ché ce qu’était un « marin­gouin », et j’avoue que je pensais à une grosse bête genre élan, mais non ce sont des mous­tiques qui peuvent s’avérer aussi gênants que des grosses bêtes !) il n’en est pas de même pour moi avec l’anglais. Toutes les petites phrases en anglais ne sont pas traduites, c’est un peu bizarre, j’arrive à comprendre mais c’est quand même compli­qué.

Au final un bon moment de lecture avec un auteur modeste et très agréable à lire. Son roman a bien agré­menté mon voyage. D’ailleurs deux fois les contrô­leurs de la SNCF m’ont souhaité bon voyage et bonne lecture. Sans doute parce que je semblais davan­tage sur la piste de l’Oregon que dans le TGV Paris /Saint-Malo !

Citations

Un passage qui m’a fait sourire

- Qu’est ce que vous faites dans la vie quand vous ne cher­chez pas votre frère ? Demanda la Grande Saute­relle
– Je suis écri­vain, dit l’homme . Et vous ?
– Méca­ni­cienne. Dit-elle. J’ai étudié la méca­nique auto­mo­bile.
– Vous avez un diplôme ?
– Non et vous ?
– Moi non plus, dit il en souriant

La nature, le Mississippi

Ils comprirent tous les deux et sans avoir besoin de se dire un mot que c’était le Missis­sippi, le Père des Eaux, le fleuve qui sépa­rait l’Amérique en deux et qui reliait le Nord au Sud, le grand fleuve de Louis Jolliet et du père Marquette, le fleuve sacré des Indiens, le fleuve des esclaves noirs et du coton, le fleuve de Mark Twain et de Faulk­ner, du jazz et des bayous, le fleuve mythique et légen­daire dont on disait qu’il se confon­dait avec l’âme de l’Amérique.

Je ne pense pas que la disparition des librairies aident beaucoup les amoureux des livres

Dans les librai­ries elle volait les livres sans aucun scru­pule, car elle trou­vait que la plupart des libraires aimaient davan­tage l’argent que les livres.

On en parle

Livre de Malice

16 Thoughts on “Volkswagen Blues – Jacques Poulin

  1. j’ai lu il y a peu un livre de lui dont le titre m’échappe (une histoire de biblio­thèque ) mais que tu dois trou­ver chez Aifelle, c’est sympa, assez léger, parfait pour le voyage en effet

  2. Je l’ai noté aussi ici et là dans des commen­taires ; je le lirai même si c’est dommage pour les phrases en anglais.

    • Luocine on 14 octobre 2014 at 10:00 said:

      c’est bizarre et j’ai égale­ment pensé que pour un Québé­cois , c’est normal, sa langue c’est le fran­çais entouré par l’anglais améri­cain.

  3. Malice on 14 octobre 2014 at 09:41 said:

    Merci pour le lien ;-)

  4. J’ai lu de cet auteur La tour­née d’automne que j’avais bien aimé. Simple mais touchant.

  5. et bien j’ai moi aussi un AR St Malo-Paris à faire… je prends l’idée !

  6. J’aime beau­coup l’univers de Jacques Poulin, je te conseille aussi « Le vieux chagrin » !

  7. Je ne peux pas prendre les trans­ports en commun sans un livre, je comprends donc sans problème ton plai­sir à lire dans le train ;)

  8. J’adore cet auteur qui a le don de me redon­ner le sourire en période de tris­tesse !

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