2
Ce mois de mars était consa­cré, dans notre club, à la décou­verte de la litté­ra­ture haïtienne. Cet écri­vain a beau­coup de talent, mais ce n’est pas mon goût. J’ai vrai­ment essayé, mais les zombis m’agacent, je suis trop ration­nelle.

Un passage pour donner envie de le lire

Il impré­gnait l’atmosphère d’effluves aphro­di­siaques. Quelques minutes après, les seins faisaient sauter les boutons des chemises de nuit, les fesses rompaient l’élastique des culottes, les cuisses en flammes s’écartaient à souhait, les vagins, fasci­nés, récla­maient le boire et surtout le manger : Baltha­sar n’avait plus qu’à entrer en campagne.

http://media.paperblog.fr/i/251/2517844/ne-tirez-pas-sur-loiseau-moqueur-harper-lee-L-1.jpeg

Traduit de l’anglais par Isabelle Stoia­nov.

5
L’avantage du club de lecture c’est la redé­cou­verte des grands clas­siques. Je l’ai relu atten­ti­ve­ment et j’ai fran­che­ment adoré, encore une fois ! Le début est un peu lent et l’histoire ne se met en place qu’au tiers du livre. Mais ensuite on se rend compte que tout avait de l’importance.

Les chro­niques d’une petite ville en Alabama avant la deuxième guerre mondiale sont très savou­reuses et comme tout est vu à travers les yeux d’une enfant de six ans c’est souvent drôle et émou­vant : les ragots, les familles où on sait tout sur tout le monde, les sectes reli­gieuses, les méthodes scolaires, les vieilles filles qui ont leur mot à dire sur l’éducation des enfants, et surtout la condi­tion des noirs.
Le père, Atti­cus, élève seul ses deux enfants et leur donne des valeurs huma­nistes dans une petite ville où le racisme est de règle. Commis d’office pour défendre un noir inno­cent mais accusé du viol d’une femme blanche, sa vie et celle de ses enfants va deve­nir très compli­quée.

On ne peut pas s’empêcher d’adorer Atti­cus, c’est un beau person­nage. Je pense qu’on ne peut pas l’oublier, ni comme père, ni comme avocat. Grâce à ce livre, on comprend mieux d’où vient l’Amérique, j’ai beau­coup pensé au temps où nous chan­tions surtout quand l’auteur évoque les enfants métis et une fois encore je me suis réjouie de la victoire d’Obama.

Citations

Les garçons furent donc convo­qués pour trouble à l’ordre public, voies de fait, injures et blas­phèmes en présence du sexe fémi­nin. Le juge inter­ro­gea Mr Conner sur la raison de ce denier chef d’accusation ; celui-ci répon­dit qu’ils avaient juré si fort qu’il était sûr que toutes les dames de Maycomb les avaient enten­dus.

Tu es trop petite pour comprendre, mais parfois, la Bible est plus dange­reuse entre les mains d’un homme qu’une bouteille de whisky entre celles de ton père.

Je voulais que tu comprennes quelque chose, que tu voies ce qu’est le vrai courage, au lieu de t’imaginer que c’est un homme avec un fusil à la main. Le courage, c’est de savoir que tu pars battu, mais d’agir quand même sans s’arrêter. Tu gagnes rare­ment mais cela peut arri­ver.

- C’est quoi un métis ?
- Un enfant à moitié blanc, à moitié noir … ils sont tristes
- Pour­quoi tristes ?
- Parce qu’ils n’appartiennent à aucune commu­nauté. Les gens de couleur n’en veulent pas parce qu’ils sont à moitié blancs ; les Blancs n’en veulent pas parce qu’ils sont de couleur.

- Hé, faut pas nous bour­rer la caisse ! dis-je
- Je te demande pardon ?
- Ne fais pas atten­tion, inter­vient Atti­cus. Elle essaie de te provo­quer. Cal dit qu’elle jure en parfait argot depuis une semaine main­te­nant.
Oncle Jack haussa les sour­cils mais ne dit rien. En dehors du charme foncier de tels mots, j’agissais en appli­ca­tion de la vague théo­rie que, si Atti­cus décou­vrait que je les avais appris à l’école, il ne m’y enver­rait plus.

On en parle

link.

http://s3.static69.com/m/image-offre/6/9/4/7/6947565171469867c3852993f4954b9e-300x300.gif
4
L’humanité s’est-elle arrê­tée à Ausch­witz ? Voilà la ques­tion que pose ce livre tout en essayant de faire revivre Jan Karski, héros de la résis­tance polo­naise qui a tout fait pour préve­nir les alliés de l’extermination des juifs dont il avait été le témoin. Pour lui, comme pour l’auteur Yannick Haenel, les alliés ont reçu l’information . Pour des raisons peu avouables, ils ont préféré lais­ser faire.L’auteur pense même, que le procès de Nurem­berg, a permis aux alliés de se donner bonne conscience face à leur propre inac­tion.
Le livre est construit de façon un peu surpre­nante. Les deux premières parties sont une biogra­phie dans la troi­sième, l’auteur prend la liberté de roman­cer la vie de Jan Karski. Je ne vois pas ce que cela ajoute à la force du propos. En recher­chant un blog qui parle­rait autre­ment de ce livre (voir le lien en bas de cet article), j’ai surtout trouvé des témoi­gnages de la polé­mique entre l’auteur et Claude Lanz­mann, réali­sa­teur de Shoah.

Citations

Propos du responsable du Bund en aout 1942

Les Alliés gagne­ront la guerre dans un an, dans deux peut-être, mais cela n’apportera rien aux Juifs parce qu’ils n’existeront plus.

Vision de Jan Karski dans le ghetto de Varsovie

Au milieu de la rue, deux adoles­cents en uniforme des jeunesses hitlé­riennes. Leurs cheveux blonds brillent au soleil, note Karski. Visages ronds, joues roses, ils bavardent joyeu­se­ment. D’un coup, le plus jeune sort un revol­ver de sa poche. Ses yeux cherchent une cible. Il a, dit Jan Karski, la « concen­tra­tion amusée d’un gamin à la foire ». Les yeux du garçon s’arrêtent sur un point qui échappe à Jan Karski. Il lève le bras, vise, on entend la déto­na­tion, suivie d’un verre brisé, et du cri d’un homme. Joie du garçon, l’autre le congra­tule. Puis ils conti­nuent leur chemin.

Propos que Yannick Haenel prête à Jan Karski

Le jour où j’ai entendu la phrase de Sartre ; « Tout anti­com­mu­niste est un chien » j’ai eu envie de vomir. Je me suis demandé si, pour Sartre, et pour la bonne conscience occi­den­tale, les insur­gés de Varso­vie étaient des chiens ; si mes cama­rades exécu­tés dans le forêt de Katyn étaient eux aussi des chiens…

On en parle

link.

Traduit de l’anglais par Jean Bour­dier.

4
Chau­de­ment recom­mandé par notre biblio­thé­caire, ce roman béné­fi­ciait pour moi d’un préjugé favo­rable. Le début m’a tout de suite enthou­siasmé, le ton est abso­lu­ment excep­tion­nel. Et puis je me suis un peu perdue dans les histoires fami­liales. Pour me retrou­ver j’ai fait un arbre généa­lo­gique, je conseille à celles et ceux qui veulent lire ce roman de faire de même. Avec un ton grin­çant, et très humo­ris­tique, Kate Atkin­son raconte très bien les réali­tés et les tragé­dies fami­liales , surtout lorsqu’elles sont vues à travers les yeux de Ruby encore petite fille.
La construc­tion roma­nesque est un peu complexe, on va et on vient entre le présent et le passé, on s’y perd parfois mais quand on ferme le livre on a l’impression d’avoir gagné une famille complète. Même si, à l’image du 20e siècle la vie de la famille de Bunty et George est tragique, je crois que ce sont les moments de rire que l’on garde le plus en mémoire. La noce, le jour de la coupe du monde de foot­ball, en 1966 pendant le match Angle­terre-Alle­magne est un moment inou­bliable.

Citations

Le début

Ça y est j’existe ! …. Ma fabri­ca­tion commence au premier coup de minuit et s’achève au dernier, au moment où mon père se retire de ma mère, roule de côté et se retrouve subi­te­ment plongé dans un sommeil sans rêve grâce aux cinq pintes de bière John Smith qu’il a bues au Bol-de-Punch, avec ses amis Walter et Bernard Belling. Lorsque j’ai été arra­chée au néant, ma mère faisait semblent de dormir – comme elle le fait souvent en ces circons­tances. Mais mon père a la santé et il ne se laisse pas décou­ra­ger pour autant.

L’amour maternel

- Je n’aime pas le porridge, se hasarde à dire Patri­cia.
- Pardon demande Bunty
Ce simple mot tombe comme un glaçon sur le lino­léum de la cuisine. (Notre mère n’est vrai­ment pas du matin).
Du Tac au tac, Bunty siffle :
- Et bien moi je n’aime pas les les enfants ! Pas de veine, hein ?

Le mariage pendant la coupe du monde de football

– Cette saleté de Coupe du Monde ! dit-elle en se tour­nant vers Ted, l’écume aux lèvres. Tu n’as pas honte ? Est-ce que ton mariage n’est pas plus impor­tant que la coupe du Monde.
Ted ne peut s’en empê­cher. Il a jusqu’ici passé l’essentiel de sa vie à mentir comme un arra­cheur de dents, mais, en cette occa­sion publique et capi­tale, nous le voyons avec horreur plon­ger, comme un para­chu­tiste sans para­chute, vers le roc dur et tran­chant de la vérité.
– Pour sûr que non, dit-il. C’est la finale
Avec un bruit terrible la main de Sandra s’abat sur sa joue.

On en parle

link

http://www.cathulu.com/media/02/00/754538906.jpg 1
Je suis rare­ment aussi sévère dans mes juge­ments. Vous pour­rez trou­ver un lien vers deux sites où ce roman a été appré­cié. C’est simple, je déteste tout. Et surtout ce qui fait, sans doute, le charme de ce livre pour ceux et celles qui aiment, la présence de l’écrivain qui explique aux lectrices ou aux lecteurs la créa­tion de ses person­nages. C’est insup­por­table, comme cette manie d’annoncer que l’histoire conti­nue et que le pire vous attend au chapitre suivant. Et tout ça pour quoi ? Une histoire d’amour où un homme trompe une femme et lui fait croire qu’il veut un enfant. Alors qu’il est marié et que sa femme attend un enfant. C’est sordide, mais telle­ment peu inté­res­sant qu’il faut toutes les contor­sions de l’écrivaine pour un faire un roman. J’ai lu les critiques de Cunei­page et Cathulu mais je ne suis toujours pas convain­cue.

Citation

Mais l’histoire me pousse en avant, elle voudrait se préci­pi­ter et ne plus entendre parler de mes gloses et de mes digres­sions ; elle, ce qu’elle aime­rait, c’est prendre toute la place, s’étendre de tous les côtés, elle voit bien que je suis inquiète à l’idée de ce qui reste à racon­ter mais elle s’en balance, elle s’en fout des mauvais romans comme des bons, elle est comme le temps lui-même , comme l’année qui commence et qui ne dispose que d’un nombre finis de jours, tu vas y aller. Raconte !

On en parle

link et link.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/7/9/2/9782715229297.gif

5
J’ai rare­ment été aussi boule­ver­sée par un livre. J’en ai lu chaque page, chaque ligne, chaque mot avec une inten­sité de plus en plus forte au fur et à mesure des chapitres. La quatrième de couver­ture l’annonce, l’auteure cherche à cerner la folie de son père au fil des 26 lettres de l’alphabet.

Elle s’aide du jour­nal qu’a tenu son père et de ses souve­nirs d’enfance entiè­re­ment marqués par la mala­die de son père maniaco-dépres­sif. Pour moi, dans ce livre tout n’est que souf­france et comme aucune solu­tion ne semble possible, ni l’intelligence de son père, ni l’amour de ses filles, ni l’amour que les femmes lui ont porté, on se sent terrassé.

Il faut aussi souli­gner la beauté de l’écriture qui rend cette histoire lisible.

Citations

À la lettre « D » Disparu

Quand je disais « mon père » cette année-là, les mots tenaient bon, je ne sais pas comment le dire autre­ment, j’avais l’impression de parler la même langue que les autres, d’habiter un monde commun (alors que d’ordinaire, pronon­çant ces deux mots, je voyais s’ouvrir un écart infran­chis­sable …… « mon père » c’est-à-dire mon délire, ma détresse, mon dément, mon deuil, mon disparu).

À la lettre « M » Mouton noir

… comme si, après toutes ces années, au seuil de sa nuit, il avait appris à jouer avec l’ombre en lui, renoncé à « faire comme tout le monde », à faire comme si, accepté cette figure impo­sée, ce portrait de lui en brebis galeuse, en bouc émis­saire, en mouton à cinq pattes, que sais-je encore, accueilli sa folie et trouvé par là le désir et l’espoir de ne plus en souf­frir, seul, toujours, diffé­rent, encore, mais apaisé.

Dans le journal de son père

J’avais pour­tant été un bon marin, mais la mala­die avait fait de moi un danger public.

L’auteure parle

link.

4
Cette auteure a une place à part dans ma biblio­thèque, dans une période diffi­cile pour moi j’ai lu L’encre du poulpe, je m’y suis complè­te­ment retrou­vée et ce livre m’a aidée à ressor­tir du noir absolu. Depuis, je lis tout ce qu’elle écrit, à chaque fois j’ai des bons moments sans être convain­cue par l’ensemble du livre.Dans Chan­son des Mal-Aimants, j’aime bien certains moments de vie de Laudes-Marie mais pas le roman sans que je sache bien expli­quer pour­quoi. On suit la vie de cette enfant aban­don­née et albi­nos, ses drames et aussi ses moments de bonheur.

Citations

Le début est superbe

Ma soli­tude est un théâtre à ciel ouvert. La pièce a commencé voilà plus de soixante ans, en pleine nuit au coin d’une rue. Non seule­ment j’ignorais tout du texte, mais je suis entrée seule en scène, tous feux éteints, dans une indif­fé­rence univer­selle. Pas même un arbre ni un oiseau pour enjo­li­ver le décor.

Sitôt née, j’ai été confié au hasard. Certes, ce n’est pas la plus fiable des nour­rices, le hasard, mais ce n’est pas la pire. Père et mère, d’un commun désac­cord en temps décalé, n’ont pas voulu de moi.

Très beau passage

J’aimais les mots comme des confi­se­ries raffi­nées enve­lop­pées dans du papier glacé aux couleurs chatoyantes ou du papier cris­tal trans­lu­cide qui bruit sous les doigts quand on les déplie. Je les lais­sais fondre dans ma bouche, y répandre leur saveur. Mes préfé­rés étaient les mots qu’il fallait croquer ainsi que des nouga­tines ou des noix grillées et cara­mé­li­sées, et ceux qui déga­geaient un arrière-goût amer ou acidulé. Certains mots me ravis­saient, pour la trou­blante douceur de leur suffixe qui intro­dui­sait de l’inachevé et un sourd élan du désir dans leur sens : « flaves­cence, efflo­res­cence, opales­cence, rubes­cente, arbo­res­cence, lumi­nes­cence, déhis­cence … » Ils dési­gnaient un proces­sus en train de s’accomplir, très inti­me­ment, secrè­te­ment… et j’avais forgé un mot sur ce modèle : « amou­res­cence ». Dans l’espoir que par magie de ce vocable neuf un peu d’amour naîtrait dans le cœur évanoui de ma mère, et dans le mien, tout encroûté de larmes et de colère.

http://s3.static69.com/m/image-offre/9/d/1/f/9d1f16e0fc5dc61b674dc6b184c5fb58-300x300.gif

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Marie-lise Marlière.

2
Je n’ai pas du tout été sensible au charme celto-irlan­dais de ce roman. Tout se passe dans la brume ou sous la pluie, les person­nages sont tous pour le moins bizarres. Et pour couron­ner le tout, l’héroïne tombera amou­reuse de son père dont elle aura un enfant. On découvre les tinkers (gitans irlan­dais) qui sont évidem­ment reje­tés de la popu­la­tion séden­taire.

J’ai, évidem­ment, quelques diffi­cul­tés à accep­ter la passion amou­reuse entre un père et une fille, mais ce n’est pas la seule raison de mon peu d’intérêt pour ce livre. L’ambiance géné­rale ou rien n’est clair ni logique, doit être néces­saire pour faire accep­ter l’inceste, mais cela ne donne pas beau­coup d’intérêt à cette histoire ; par exemple savoir si sa mère est ou n’est pas une selkie (sirène) ne m’a pas beau­coup passion­née.

Citations

Les reli­gieuses char­gées des travaux domes­tiques …. lavaient le linge avec du vinaigre blanc. De cette façon, les élèves s’endormaient en se rappe­lant qu’on avait donné du vinaigre à boire au Christ avant qu’il ne fût cruci­fié

- Finvarra… Oui ça lui va bien. C’est le nom du roi des fées de l’Ulster.

http://multimedia.fnac.com/multimedia/images_produits/Grandes110/3/5/8/9782877066853.gif

Traduit de l’anglais (États-Unis) par Jean Bour­dier.

3
La couver­ture du livre laisse rêveuse ! Le roman vaut mieux que la couver­ture, mais quand même ! Tout le temps de la lecture, j’ai pensé à la petite maison dans la prai­rie. La saga de la famille fondée par Matthew et Callie Soames se déroule dans le Missouri au début du 20° siècle. Le roman est divisé en six parties, la première est consa­crée à la famille puis, les cinq suivantes aux person­nages prin­ci­paux : le père, les trois filles aînées et la mère. C’est un procédé roma­nesque que j’aime bien, cela permet de chan­ger de point de vue sur les mêmes faits. Les cinq parties consa­crées aux person­nages permettent de suivre leurs amours. Il est vrai que c’est un peu plus complexe que je ne l’avais imaginé au début de la lecture et même le père, profes­seur rigou­reux et mora­li­sa­teur se laisse parfois aller à des idées d’adultère et d’amours illi­cites avec une élève !

La vie rurale semble très agréable, on y cueille des fruits en abon­dance, on fait beau­coup de confi­tures, on se baigne dans la fraî­cheur des rivières, on cite et on lit beau­coup la bible. Je cari­ca­ture un peu car le roman est plus inté­res­sant que ces premières impres­sions. IL y a bien ce côté idéal du monde rural, mais les person­na­li­tés sont minu­tieu­se­ment décrites et cachent des fêlures qui les inscrivent dans la réalité de la vie. La sœur aînée, par exemple Léonie, qui fait tout bien et qui risque de rater sa vie à force de dévoue­ment pour­rait être un person­nage passion­nant à la limite de la perver­sion, mais ce n’est pas le style de cette auteure : on reste dans la gentillesse un peu guimauve.

Ce livre avait été un best-seller et était retombé dans l’oubli, je serai surprise qu’il connaisse de nouveau un grand succès en France.

Citations

De plus on lui avait ensei­gné l’humilité. Dans l’étroite pers­pec­tive de son milieu, la simple conscience de soi ressor­tis­sait à la vanité. « Car qui veut s’élever sera abaissé et qui se veut humble sera loué »

Regar­dant autour d’elle, elle savoura toute la beauté de ce paysage fami­lier. Toute cette beauté ! Dieu aimait tant le monde …. Oh même si elle ne devait jamais aller au ciel, tout cela suffi­sait : cette merveilleuse terre, avec son soleil, ses matins glorieux et avec toujours quelque chose à attendre et espé­rer…
- Merci, dit-elle en regar­dant le ciel clair.
Puis elle rega­gna la maison pour aller prendre son petit déjeu­ner. (c’est la fin du livre !)

4
Encore « un cadeau » de mon club de lecture de Dinard. Je ne connais­sais pas cet auteur et ce roman d’amour est un petit joyau. J’ai ri, toute seule en le lisant hier soir , il n’a pas comblé une insom­nie, il m’a empê­chée de dormir, il était hors de ques­tion que je ne le termine pas avant de dormir. Il est vrai qu’il se lit très vite, c’est comme une bouf­fée de plai­sir. Le style est origi­nal, les person­nages sont vivants et sympa­thiques, et l’histoire très touchante. Les notes en bas de page sont très drôles. Ce qui m’a complè­te­ment charmé, ce sont les petits tableaux de la vie quoti­dienne, moi qui ne sais jamais quoi boire dans un café, j’ai beau­coup ri, lorsque Fran­çois réflé­chit à ce que Natha­lie va choi­sir à leur première rencontre.
J’ai quand même une sérieuse réserve sur la promo de son livre, on dirait un clip pour un chan­teur : link.

Citations

Exemple de notes en bas de page

Les sièges sont si étroits au théâtre. Markus était fran­che­ment mal à l’aise. Il regret­tait d’avoir de grandes jambes, et c’était là un regret abso­lu­ment stérile

La loca­tion de petites jambes n’existent pas.

Les idées de François, lors de la première rencontre au café

Un thé ce n’est guère mieux. À peine rencon­trés et déjà s’installe une sorte de cocon un peu mou. On sent qu’on va passer des dimanches après midi à regar­der la télé­vi­sion. Ou pire : chez les beaux-parents. Oui ; le thé c’est incon­tes­ta­ble­ment une ambiance belle-famille.

Des phrases que j’aime

Il y a peut-être une dicta­ture du concret qui contra­rie en perma­nence les voca­tions.

Markus sortit du bureau aussi stupé­fait que le soleil pendant une éclipse.

Des formules que je retiendrai

Oui il était marié. Il nageait dans ce qu’il appe­lait la vie conju­calme.

L’auteur nous parle