J’aime cette auteure et je sais que je lirai toute sa série. Marie-​Aude Murial possède ce talent de nous faire parta­ger la vie d’une grande partie des êtres humains de notre société à partir d’un point de vue précis. Un petit bémol, pour moi, on sent trop, dans ce récit, que l’on aura une saison 3, trop de choses sont en suspens, mais tant pis, je ne boude pas mon plai­sir. J’aime bien passer mes soirées avec Sauveur Saint-​Yves et son fils, Lazare que l’on voit un peu moins dans ce tome . Ce méde­cin, psycho­logue ordi­naire donc extra­or­di­naire, quand il arrive à rendre moins malheu­reux les gens autour de lui, inau­gure un nouveau trai­te­ment « l’hamsterothérapie ».

Citations

L’ado à problèmes

Gabin zonait parfois sur « Word offre Warcraft » pendant six ou sept heures d’affiliés, de préfé­rence la nuit. D’où ses absences scolaires, surtout en début de mati­née. À partir de 11 heure, il se conten­tait de dormir en cours, la tête entre les bras. Les profs le lais­saient en paix, désar­més par sa bonne gueule un peu cabos­sée, à la Depar­dieu jeune, et son regard inex­pres­sif, qui le faisait passer pour plus crétin qu’il n’était.

L’horreur de Daesh

Racontée à la journaliste

Haddad avait 26 ans, elle était mariée à Yous­sef, profes­seur de violon. Peu après l’entrée des djiha­distes, dans Mossoul le 10 juin, monsieur Haddad avait perdu son emploi, la musique étant inter­dite. Les hommes de Daesh avait marqué la maison des Haddad d’une lettre qui les dési­gnaient comme chré­tiens. Puis les nouveaux maîtres de la ville, circu­lant en pick-​up dans les nouveaux quar­tiers chré­tiens, avaient diffu­sés ce message par haut-​parleur : » Convertissez-​vous, deve­nez sujets du Cali­fat. Sinon, partez sans rien empor­ter. » Refu­sant de se soumettre aux isla­mistes ;, les Haddad avaient bourré leur break. A la sortie de la ville quatre hommes les avaient fait ranger sur le bas-​côté

Ils nous ont demandé de sortir du break. Ils ont pris tout ce qu’on avait dans la voiture . Puis on a pu partir.….

Racontée en toute confiance au psychologue

Elle lui raconta la terreur dans la ville, son frère Hilal, un adoles­cent d e 15 ans égorgé en pleine rue, la fuite dans le break, les hommes qui les avaient arrê­tés et sortis de force de la voiture, le violon de son mari qu’ils avaient fracassé contre une pierre, car la musique est impie, les bijoux qu’ils avaient arra­chés à ses mains, à son cou, la peur qu’elle avait eu d’être violée.…

La mère abusive pauvre Samuel !

Madame Cahen, qui,était aux aguets, avait flairé quelque chose. son fils se lavait, il cirait ses chaus­sures

- Tu te fais beau ce matin, ricanait-​elle ? « Elle » est de ta classe .

Samuel buvait son choco­lat le matin, il mettait son linge sale dans le panier ?. Sa doci­lité même était suspecte. Sa mère entrait encore plus souvent dans sa chambre sans crier gare. Elle soule­vait ses copies, ses cahiers, elle faisait du tri dans ses vête­ments, elle cher­chait elle ne savait quoi. Une lettre. Une adresse. Une photo. La trace d’une fille.

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Comme vous le voyez, je n’ai pas résisté long­temps au billet de Noukette pas plus qu’à celui de Jérôme. Ces deux là quand ils vous promettent un bon roman qui fait du bien, vous pouvez y aller, ils sont rare­ment à côté de la plaque ! J’ai tout simple­ment adoré ce roman , je l’ai avalé en quelques heures et déjà, je rêve de lire la suite. Un psycho­logue origi­naire des Antilles soigne des gens mal dans leur peau et dans leur vie. C’est un bel homme noir dont le charme ne laisse pas indif­fé­rent les femmes. Il a une clien­tèle d’enfants et d’ados. Au retour de l’école, son fils, Lazare écoute les récits des patients. Cela permet à l’auteur de multi­plier les points de vue sur le monde des gens qui vont mal aujourd’hui en parti­cu­lier les adoles­cents. Nous avons le regard de Sauveur (beau prénom pour un psycho­logue) celui de Lazare son fils et aussi les propos des gens qui viennent le voir. C’est drôle, pétillant, triste souvent et tragique parfois.

La classe de CE2 de madame Dumayet fréquen­tée par Lazare vaut celle du célèbre petit Nico­las. Les cas suivis par Sauveur (et son fils) permettent à Marie-​Aude Murail de mettre en scène des petits instan­ta­nés de notre monde contem­po­rain. J’ai bien aimé aussi les maladresses de Sauveur avec son fils, lui qui sait si bien comprendre les souf­frances des autres, a un peu plus de mal à voir celles de son enfant dans lesquelles il est impli­qué, évidem­ment. Cela donne un sens à l’intrigue et au retour vers le drame de leur vie d’avant quand ils vivaient à la Marti­nique ce n’est pas la meilleure partie du roman . Autant les enfants et les ado sont passion­nants autant certains adultes sont à la limite de la cari­ca­ture.

C’est la raison pour laquelle je n’ai pas mis 5 coquillages. La raciste de service me semble sorti d’un roman de 4 sous, et le prof d’histoire dragueur et bedon­nant (le père d’Océane) peu crédible. Le sel de ce roman ce sont les enfants et les ados qui nous le donnent et eux, pour peu que les adultes ne les écra­bouillent pas complè­te­ment, sont prêts à vivre de toutes leurs forces. Je ne sais pas si cette auteure s’adresse à des ado ou à des adultes, ce que je sais, moi qui suis loin de cet âge là, c’est que j’ai eu l’impression de parta­ger un moment la vie de gens plus jeunes et que Marie-​Aude Murail me donnait, à travers les yeux compa­tis­sants de Sauveur et de son fils, des clés pour mieux les comprendre.

Citations

Les ambiances de classe comme si on y était

L « histoire inti­tu­lée « le loup était si bête » leur avait plu. Malheu­reu­se­ment, il s’agissait de faire main­te­nant l’exercice de compré­hen­sion numéro 3 page 42.

1/​Que nous apprend le titre du texte ?

2/​Ce conte fait-​il peur ?

3/​Connais-​tu des contes de Loup qui font peur ?

Paul dont l’esprit de conci­sion faisait la charme répon­dit :

1/​Le loup il est bête 2/​non 3/​oui

Problème d’orthographe

Le mardi c’était le jour d’Ella, la phobique scolaire. Lazare avait eu quelques diffi­cul­tés à obte­nir des infor­ma­tions sur ce mal étrange car il avait d’abord tapé « fobic solaire » sur Google.

le sommeil des ados (je ne savais pas ça !)

Dans tous les cerveaux il y a de la méla­to­nine qui fait dormir, mais le cerveau des adoles­cents fabrique la méla­to­nine pas à la même heure que le cerveau des adultes. Alors le soir, ils n’ont pas envie de dormir. Mais le matin, si.

J’ai un petit faible pour Océane

Pour le proverbe du jour Madame Dumayet avait choisi. : « Après la pluie , le beau temps » . Qui sait ce que veut dire ? Oui, Océane.

Il faut pas oublier son para­pluie.

Les enfants et leurs secrets

Les poule noire étran­glée et le cercueil en boîte de chaus­sures étaient allés rejoindre le monde inter­dit aux enfants, dont les secrets s’échappent par une porte entre­bâillée

20151218_095309Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard dans le thème décou­verte de l’Ouest améri­cain.

3Seuls ceux et celles qui liront ce roman compren­dront le gros plan sur la ferme­ture Éclair de mon jean. J’avais déjà lu un roman de cette auteure, « le temps des miracles  » que j’avais beau­coup appré­cié. Ces deux livres sont dans la caté­go­rie « ado » mais peuvent être lus par un large public. À mon avis, celui-​ci cible fran­che­ment un public jeune, ce qui lui donne un côté bien sympathique.on a parfois l’impression de lire une BD sans image. On part sur les routes du Far West, avec une fille à fort tempé­ra­ment, pour arri­ver sur la côte Ouest. Bella Rossa est très belle, rousse grâce à son ascen­dance irlan­daise, d’une éner­gie peu commune. Elle a des seins superbes, comme des pastèques dit-​elle, et dans ce monde qui manque de femmes c’est loin de n’être qu’un avan­tage. Deux person­nages haut en couleur l’accompagnent. Son père para­lysé, boit sans arrêt, il crie sur sa fille et sur tous ceux qui s’occupent de lui. Et le plus impor­tant pour elle, Jaro, son homme qui n’est pas toujours un cadeau.

Ensemble, ils mène­ront leur carriole sur les pistes des cher­cheurs d’or pour leur vendre des objets pour le moins variés. C’est donc l’occasion de revi­si­ter le Far West avec tous ses dangers (dont la guerre) et des person­nages parfois très peu recom­man­dables, un pasteur pervers et lubrique, des fermiers qui lynchent un homme à cause de la couleur de sa peau, un voleur aidé d’un opos­sum, des femmes trop peu farouches au goût de Bella Rosa… C’est un récit simple et effi­cace en somme, une bonne distrac­tion pour ceux et celles qui aiment les Westerns. Les person­nages ne sont pas cari­ca­tu­raux et le récit est enlevé. Si on consi­dère que ce roman s’adresse a un public jeune, il est parfait, mais pour des adultes, il manque de profon­deur.

Citations

Le tout c’est de trouver le client

Pour palper réel­le­ment ce magot, encore fallait-​il trou­ver des clients ! Et, fran­che­ment, Jaro n’avait jamais rencon­tré personne qui eût besoin d’un coupe-​œuf ou d’un épineur de raisins secs !

Un moment de grâce

Et tout ça grâce à ta salle manie d’ouvrir ta braguette à tout bout de champ, s’exclama-t-elle en embras­sant Jaros­law avec fougue.
Dans sa fièvre spécu­la­trice, elle oubliait toutes les épreuves que Jaro lui avait fait endu­rer, les pince­ments affreux de la jalou­sie, les ravages causés à son cœur et à sa fierté. Elle oubliait les filles au gros derrière, les nuits de soli­tude à guet­ter le retour de son, amour, les douleurs qui lui trans­per­çaient le ventre, tout.

SONY DSCTraduit de l’anglais par Marie-​Hélène SABARD.

4Lu grâce aux conseils d’Elec­tra tombée du ciel, j’aurais pu reco­pier son article car elle en parle très bien. Je l’ai lu rapi­de­ment en deux soirées et une mati­née de farniente. Je me demande bien pour­quoi ce roman est dans la caté­go­rie « Ados », sinon parce que c’est un adoles­cent qui s’exprime, mais même les gens âgés peuvent être sensibles à la voix d’un jeune. Pour le cinéma, il n’y a pas ces diffé­rences, et les adultes vont souvent voir des films dont les héros sont des enfants ou des jeunes. Je rajoute que l’ado que je connais le mieux et qui est un très bon lecteur, préfère les romans de science-​fiction à ce genre de livres trop réalistes pour lui. J’ai aimé la voix de Luke encore enfant mais si respon­sable qui essaie de survivre au deuil de sa mère. Tout pour­rait être horrible pour lui, s’il n’avait pas le dessin pour le conso­ler de beau­coup de choses. De tout ? Non, pas de la bêtise et de la cruauté des enfants de son âge.

Luke et Jon doivent affron­ter les violences de la vie. Jon n’a que son amitié pour Luke, Luke lui a un père mais qui, au début du roman, est telle­ment ravagé par la mort de sa femme qu’il est inca­pable d’aider son fils. Ensemble, ces trois bles­sés de la vie arri­ve­ront, sans doute, à repous­ser les limites de la douleur et à se faire une vie avec des moments heureux. Aucun person­nage n’est d’une pièce et même Luke s’en veut de certaines de ses conduites , mais c’est très agréable de lire un roman où des êtres faibles s’unissent pour trou­ver des forces. Tout est en mi teinte, et même les employés des services sociaux ne sont pas cari­ca­tu­rés. La mala­die mentale de la maman (elle est bipo­laire), l’alcoolisme déses­péré du père : deux énormes fardeaux qui ne terrassent pas complè­te­ment Luke, il reprend confiance quand il voit son père se remettre à la sculp­ture, sans doute la créa­tion artis­tique réunit le père et le fils. Le style est agréable, simple bien sûr, car c’est un ado qui se confie, la construc­tion du roman est habile car l’auteur distille peu à peu les dures réalité auxquelles Luke est confronté.

Citations

La peinture

Ça aidait de peindre. Si je regar­dais en arrière je vois que, même du vivant de maman, je peignais plus quand ça allait mal. quand les nuages s’amoncelaient sur elle et qu’elle commen­çait à partir en vrille, je peignais. Pendant l’orage – les longues et sombres jour­nées de silence où elle s’enfermait dans sa chambre-, je peignais. Je dessi­nais et je peignais aussi quand elle allait mieux, quand tout était stable et calme, mais j’étais moins concen­tré. Ça ne drai­nait pas toute mon éner­gie, ça n’absorbait pas toutes mes pensées comme d’autres fois. Et, pour tout dire, eh bien, le tableau n’était pas si bon. il manquait de tension, j’imagine.

La violence des ados

C’étaient des frappes chirur­gi­cales. Elles se produi­saient dans les coins sombres, les couloirs tran­quilles. Toujours quand il n’y avait personne aux alen­tours. Et toujours elles se concluaient par un crachat dans la figure. Jon disait qu’ils n’employaient jamais le couteau, mais à deux ou trois reprises on le lui avait montré. Juste pour qu’il sache : voilà ce qui t’arrive ; et voilà ce qui pour­rait t’arriver.

La complicité des adultes

Des gosses criaient : « Bâtard ! » quand ils le croi­saient dans le couloir. Et je voyais des profs sourire, ils étaient au courant de la blague, une petite rigo­lade, pas de bobo ; mais si ça arri­vait quand ils étaient là, à leur avis ils se passait quoi quand ils n’étaient pas là ?

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Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard

4
Je me demande si le nom de l’expédition Donner a été le départ de l’inspiration de ce beau livre de Chris Donner. Puisqu’il situe son livre à Reno tout près du lac Donner. Cette expé­di­tion a existé, 81 personnes ont voulu trou­ver une route plus rapide entre l’Utah et le Nevada, 36 personnes sont mortes de faim et on a parlé de canni­ba­lisme à propos des survi­vants.

L’histoire de ce roman-​ado que beau­coup de personnes plus âgées auront grand plai­sir à lire se présente comme un conte moderne. Un jeune qui, comme par hasard, s’appelle David est doué natu­rel­le­ment pour le dessin, tout ce qu’il entre­prend devient une merveille de repro­duc­tion de la réalité ; oui mais voilà dans son école d’art cela n’a plus aucune valeur. Sauf aux yeux d’un vieux profes­seur fou de la renais­sance italienne. Plus le jeune David est mis en valeur pour ses dons acadé­miques plus il est mis à l’écart de l’école qui est de plus en plus sous la coupe du repré­sen­tant de l’art contem­po­rain. C’est mon seul reproche la vision de l’art contem­po­rain est cari­ca­tu­ral.

Le livre pour­tant pose une très bonne ques­tion que faire d’un don de dessi­na­teur à notre époque. Et cette ques­tion lui est fina­le­ment posée par l’enseignant acadé­mique. Veut-​il comme tant d’autres dessi­ner des portraits à la sortie des musées pour 5 dollars ? David qui est un peu angé­lique sur les bords, veut faire des enfants avec la femme qu’il aime et pas du tout deve­nir artiste, il ne se sent pas artiste et a bien du mal à l’expliquer à son père qui est si fier de lui.

Un très bon roman qui fera réflé­chir les ados et les anciens ados !

Citation

Je connais quelqu’un d’autre comme ça

J’aurais dû faire ce dessin la veille, mais j’étais un élève pares­seux et sujet à la procras­ti­na­tion, d’après les commen­taires de mes précé­dents bulle­tins scolaires.

L’adieu du professeur académique

Vous dessi­nez comme un Dieu, vous le savez, je vous l’ai dit. Trop. Et main­te­nant , je veux vous dire une chose, il faut que vous sachiez que ça ne vous servira à rien. Il y a encore un siècle, vous auriez triom­phé partout, mais aujourd’hui dans le monde de l’art, il n’y a pas de place pour des garçons comme vous. C’est fini. J’ai essayé d’expliquer ça à votre père plusieurs fois. Il ne peut pas le comprendre. Il voit ce que vous faites et il se dit :« Mon fils est un génie », et il a raison. Mais c’est quoi un génie malheu­reux, un génie au chômage, un génie dont personne n’achète les œuvres ? C’est juste un futur clochard. Je n’ai pas envie de vous retrou­ver un jour à la sortie d’un musée en train de faire le portrait à des touristes pour cinq dollars.

Les projets d’art contemporain

Et le défilé des projets conti­nua, tous pleins d’invention, d’imagination, de mo-​der-​ni-​té. C’est celui de Cathe­rine Donkins qui produi­sit la plus forte sensa­tion : elle propo­sait de défé­quer dans une boîte de fer-​blanc, genre boîte de conserve, qu’elle scel­le­rait selon la méthode que son père utili­sait dans son usine de condi­tion­ne­ment de corned-​beef. Elle avait déjà dessiné l’étiquette sur laquelle on pouvait lire :« Merde d’artiste » ; Dissi­mu­lant son dégoût derrière un sourire d’une faus­seté patente, Mr Deems accepta le projet de Cathe­rine , tout en lui rappe­lant que l’exploit avait déjà été réalisé par Piero Manzoni en 1961. Cathe­rine le savait , mais argu­menta qu’aucune artiste femme ne l’avait encore fait.
- Il fallait y penser, dit Mr Deems.

On en parle

Beau­coup d’avis posi­tifs chez Babe­lio.

Coup de coeur du club de lecture de la média­thèque

3
Présenté comme un roman pour ado, mais plutôt pour adulte, à mon avis. Un jeune améri­cain venant d’un village arriéré de l’Illinois à la popu­la­tion abru­tie par la méchan­ceté et l’alcool , part faire la guerre du Viet­nam. L’armée découvre qu’il ne connaît pas le senti­ment de peur, il sera donc recruté par la CIA pour ses basses besognes. Le person­nage ne se sent jamais impli­qué par les aven­tures qu’il est amené à vivre . Il fait un peu penser à Forrest Gump, il lui manque quelque chose , et cet éloi­gne­ment du réel lui permet de voir le fonc­tion­ne­ment de son pays sans aucune bien­veillance.

On voit donc à travers Bibow Brad­ley les actions les plus sombres de la CIA. Autant quand les améri­cains le font, je suis inté­res­sée autant quand c’est un fran­çais , je n’ai pas le même plai­sir de lecture. Dans ce roman , c’est sans aucune nuance, les US sont vrai­ment le grand Satan que tant d’autres décrivent. On est pris par ce roman au rythme rapide, car ce person­nage tel un autiste essaie de comprendre le monde , il lui manque les clés habi­tuelles comme l’attirance, la compas­sion, la peur. Il faut donc l’initier aux diffé­rents senti­ments, mais on utilise d’abord ses capa­ci­tés pour en faire un tueur redou­table .

J « ai une réserve sur le côté, critique violente de la poli­tique anti­com­mu­niste de la CIA lors de la guerre du Viet­nam, mais en lisant les avis sur Babe­lio, je vois que je suis bien la seule à m’être éton­née de cet aspect du roman.

Citations

L’Illinois profond

Les crétins des p’tites villes améri­caines sont pas très doués en géogra­phie, en géné­ral . Faut dire que par chez nous, quand on entend parler d’un pays , c’est qu’on est en guerre avec.

En 1954

En mai, la France se « fait baiser par les Viets ! ! ! ».
Mon grand père commente : »connards de Fran­çais d’merde. Déjà qu’i z’ont pas pu s’débarrasser des boches tout seuls ! »

On en parle

Un nouveau blog qui insiste beau­coup sur l’aspect humo­ris­tique du roman dont je n’ai pas assez parlé, il est vrai.

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3
Livre trouvé sur le blog de « la souris jaune  » le commen­taire enthou­siaste m » a fait ache­ter ce roman aussi­tôt. C’est un bon livre pour adoles­cente et le suspens est bien mené. On ne s’ennuie pas.

Evi est une jeune améri­caine dont la mère est trop belle, elle se se fait remar­quer par tout où elle passe et empêche sa fille de prendre conscience de ses propres capa­ci­tés de séduc­tion. Elles seront en riva­lité pour un beau jeune homme qui dévas­tera le cœur d’Evi. Cet amour doulou­reux la fera passer défi­ni­ti­ve­ment du côté des adultes.

J » ai bien aimé l’ambiance de l » immé­diate après-​guerre , on retrouve un peu ma série préfé­rée « Mad-​Men » mais du côté de ceux qui ne réus­sissent pas. Comme le héros Don Draper , le beau père d’Evi, Joe a ramené de la guerre un lourd secret qui fait à la fois sa richesse et son malheur. Je ne raconte pas plus , pour ne pas émous­ser le suspens.

Je ne sais pas si c’est vrai mais j’ai été très éton­née qu’on puisse en 1951 chas­ser des gens des hôtels de Floride car ils étaient juifs. Le racisme aux États-​Unis me surpren­dra toujours. Si vous avez des adoles­centes autour de vous rete­nez ce livre il plaira certai­ne­ment. Pour les adultes, la volonté de l’auteur de termi­ner son livre sur un « happy-​end » mora­li­sa­teur lui fait perdre beau­coup de force.

Citations

J’avais vu aux infor­ma­tions ce qu’on avait décou­vert à la fin de la guerre.

Mais je n’y avais jamais réflé­chi jusqu’ici. Les maga­zines et les films montraient tout le contraire ? La guerre était finie, on s « amusait, on buvait du Coca , on fumait des Camel et on écono­mi­sait pour achète une nouvelle Chevro­let.

On en parle

Chez « la souris jaune » évidem­ment, et dans « ma biblio­thèque virtuelle ».

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4
Joli roman pour adoles­cent, j’ai bien aimé l’ambiance de ce livre, la chaleur de la famille russe fait du bien et on pense que cette petite fille a bien de la chance d’être entou­rée par des grand-​parents origi­naux et très vivants. Là dessus une histoire d’amour avec un cousin aux yeux bleus une belle histoire où il ne se passera pas grand-​chose puisqu’ils n’oseront rien se dire, mais si proche de la réalité.

C’est ma seule réserve, autant j’ai appré­cié cette histoire qui n’en est pas une, autant je me demande si les adoles­cents n’ont pas besoin d’un récit plus construit pour soute­nir leur inté­rêt. Je ne peux pas répondre pour eux !

Citations

Elle agaçait terri­ble­ment Babou, mais c’était le cas avec la plupart de femmes plus grandes qu’elle.

Tout cela l’avait obligé à se tenir bien droite, histoire d’éviter la douleur qui tire les êtres vers le bas.

Babou­chka et Didia étaient très vieux et très russes. Mais plus russes que vieux en fait.

On en parle

Le blog de Sharon

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Traduit de l’anglais par Anne Krief.

4
Roman pour adoles­cent, très agréable à lire, égale­ment, pour les adultes. Le monde des avocats améri­cains est analysé à travers la compré­hen­sion parti­cu­lière d’un jeune autiste qui est inca­pable de mentir. Pour comprendre le monde, il est parfai­te­ment logique et sa façon de tout décor­ti­quer, permet de comprendre que dans la « réalité » on triche souvent avec l’honnêteté. Marcello appren­dra qu’il faut faire des choix au risque de faire souf­frir des gens qu’on aime.

Je crois que c’est un roman qui plaira aux adoles­cents, car l’histoire est passion­nante – une enquête poli­cière à propos de la respon­sa­bi­lité d’un construc­teur de pare-​brise – mais surtout, parce qu’il aborde de façon origi­nale les ques­tions qui inté­ressent tous les jeunes. En parti­cu­lier la sexua­lité. Marcello n’arrive pas à éprou­ver des senti­ments, la façon dont il cherche à comprendre la sexua­lité est à la fois belle et touchante.

L’auteur a parfai­te­ment rendu compte des diffi­cul­tés de ce jeune autiste pour vivre en société. Les efforts de Marcello pour comprendre le monde et sa façon de raison­ner le rendent émou­vant. Il est entouré de person­nages parfois mépri­sables ou au contraire honnêtes et qui lui veulent du bien. Mais mêmes ces gens là, peuvent être complexes et lui poser des problèmes.

Citation

Il y a tant de choses avec lesquelles j’ai énor­mé­ment de diffi­cul­tés. Je ne peux pas me rendre dans un lieu inconnu sans plan. Je me trouble quand on me demande de faire plus d’une chose à la fois. Les gens emploient des termes que je ne comprends pas ou ont des expres­sions du visage impos­sibles à décryp­ter. Ils attendent de moi des réponses que je ne peux pas leur four­nir.

On en parle

S’il était encore une fois.

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Traduit du suédois par Cécile Clauss et Maxi­mi­lien Stad­ler.

3
Il ne faut jamais rater les livres « ado » dans la liste du club. D’abord parce que ça nous permet de rester en contact avec la lecture d’une géné­ra­tion qui est parfois loin de nous. Ensuite, comme notre biblio­thé­caire n’en met qu’un, il est toujours très repré­sen­ta­tif et bien choisi. C’est le cas pour ce roman. Alors pour­quoi n’a-t-il pas ses quatre ou cinq coquillages ? Parce que je suis assez hermé­tique au genre poli­cier.

Comme les adultes, les ados ont le droit à leurs auteurs suédois ! Pour un pays qui passe pour être tran­quille, quelle imagi­na­tion les auteurs déploient dans le genre meurtre en tout genre. Pour ce que je peux juger du polar, c’est bien fait, car on ne peut se détendre qu’à la toute fin de l’histoire.

J’ai beau­coup aimé la descrip­tion de l’adolescence, cette façon que les ados ont de ne pas résis­ter aux person­na­li­tés leaders dans les classes, même s’ils savent voir les défauts de ceux qui les entraînent à faire et à dire ce qu’ils n’ont pas vrai­ment envie de dire ou faire. Et puis, la méchante qu’on aime­rait tant voir coupable ou au moins complice, n’est qu’une garce détes­table, le roman­cier ne fait pas dans la faci­lité. Le coupable sera effec­ti­ve­ment un person­nage qu’on avait sous les yeux mais qu’on n’attendait pas là.

Ça ne donne pas envie de revivre l’adolescence ! Les parents se battent avec des problèmes d’adultes pas simples à résoudre. Bref l’atmosphère est bien rendue. Cela ne m’étonne pas que les grands ados appré­cient, enfin tous ceux qui aime­ront plus tard les romans poli­ciers.

On en parle

J’ai choisi ce site à cause du nom, oui ! enli­vrez, ça fait du bien : link.