traduit de l’anglais améri­cain par Laura Dera­jinski. Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard

J’ai beau­coup hésité entre 3 ou 4 coquilla­ges, car j’ai beau­coup aimé le début de ce roman et beau­coup moins ensuite. J’ai aimé cette petite Cait­lin qui s’abîme dans la contem­pla­tion des pois­sons à l’aquarium de Seat­tle en atten­dant sa mère qu’elle adore. Un vieil homme s’approche d’elle et un lien amical et rassu­rant se crée entre eux. Toute cette partie est écrite avec un style recher­ché et très pudi­que. On sent bien la soli­tude de cette enfant de 12 ans dont la maman travaille trop dans une Améri­que qui ne fait pas beau­coup de place aux faibles. J’ai aimé aussi les dessins en noir et blanc des pois­sons ; Bref, j’étais bien dans ce roman. Puis catas­tro­phe ! commence la partie que j’apprécie beau­coup moins, ce vieil homme s’avère être le grand père de Cait­lin, il a aban­donné sa mère alors que sa femme était atteinte d’un cancer en phase termi­nale. Commence alors un récit d’une violence incroya­ble et comme toujours dans ces cas là, j’ai besoin que le récit soit plau­si­ble. Je sais que les servi­ces sociaux améri­cains sont défaillants mais quand même que personne ne vienne en aide à une jeune de 14 ans qui doit pendant une année entière soigner sa mère me semble plus qu’étonnant. Ensuite je n’étais plus d’accord pour accep­ter la fin, après tant de violence, j’ai eu du mal à accep­ter le happy end. On dit que c’est un livre sur le pardon, (je suis déso­lée d’en dire autant sur ce roman, j’espère ne pas trop vous le divul­gâ­cher) , mais c’est juste­ment ce que le roman ne décrit pas : comment pardon­ner. Bref une décep­tion qui ne s’annonçait pas comme telle au début.

Citations

Sourire

Il s’appelle comment ?

Steve. Il joue de l’harmonica.
C’est son boulot ?
Ma mère éclata de rire. Tu imagi­nes toujours le monde meilleur qu’il n’est, ma puce.

Le monde de l’enfance déformé par les parents

Tout est possi­ble avec un parent. Les parents sont des dieux. Ils nous font et nous détrui­sent. Ils défor­ment le monde, le recréent à leur manière, et c’est ce monde-​là qu’on connaît ensuite, pour toujours. C’est le seul monde. On est inca­pa­ble de voir à quoi d’autre il pour­rait ressem­bler.

J’ai lu ce livre lors d’un séjour à Oues­sant et malgré les beau­tés de la nature offer­tes par le vent et la mer, je ne pouvais m’empêcher d’être saisie d’effroi par tant de souf­fran­ces impo­sées à un enfant qui ne pouvait pas se défen­dre contre la folie de son père. Je me suis souve­nue de la discus­sion de notre club, le livre a reçu un coup de cœur, mais plusieurs lectri­ces étaient choquées par l’attitude de la femme. En effet, celle-​ci va passer sa vie à faire « comme si » : comme si tout allait bien, comme si tout était normal, et avec la phrase que le petit Émile a entendu toute sa vie « Tu connais ton père », elle croit effa­cer toutes les violen­ces et tous les coups reçus.

Oui son père est fou et grave­ment atteint, il entraîne son fils dans sa folie, en faisant de ce petit bonhomme de 12 ans asth­ma­ti­que et fragile un vaillant soldat de l’OAS, mais oui aussi, je suis entiè­re­ment d’accord avec mes « co »-lectri­ces sa mère est large­ment complice du trai­te­ment imposé par ce fou furieux à sa famille. Lors­que son père sera enfin interné et que le fils adulte révèle aux psychia­tres ce qu’il a subi enfant, sa mère quitte son fils sur cette ques­tion incroya­ble :

Et c’est quoi cette histoire ? Tu étais malheu­reux quand tu étais enfant ?

L’autre ques­tion que pose ce roman, c’est la part de la fiction et de la réalité. C’est évident que l’auteur raconte une partie de son enfance, et nous fait grâce à cela revi­vre ce qu’a repré­senté la guerre d’Algérie pour une partie de la popu­la­tion. À cause de ce livre, j’ai relu la décla­ra­tion de Salan lors de son procès, il exprime à quel point lui, le géné­ral le plus décoré de l’empire colo­nial fran­çais a souf­fert de voir ses conquê­tes dispa­raî­tre peu à peu dans le déshon­neur des promes­ses non-​tenues aux popu­la­tions qui soutien­nent ses idée. La gran­deur de la France et de son drapeau c’était, pour lui, de tenir face aux barba­res, c’est à dire ceux qui ne veulent pas être fran­çais. Le père d’Émile use et abuse de ce genre de discours et dans cette tête de malade cela lui donne tous les droits. Comme tout para­noïa­que, il a raison contre tout le monde et invente une histoire menson­gère et folle de plus quand il risque d’être mis devant ses contra­dic­tions.

Bien sûr, il y a toujours une forme d’impudeur à faire de sa souf­france un roman lu par un large public, et je suis souvent criti­que face au genre « auto-​fiction », mais lors­que l’écrivain sait donner une portée plus large à ses souve­nirs au point de nous faire compren­dre les méca­nis­mes de ce qui rend une enfance insup­por­ta­ble, je ne ressens plus l’impudeur mais au contraire une sorte de cadeau fait à tous ceux qui tendent la main aux enfants malheu­reux car on peut donc s’en sortir sans répé­ter les mêmes erreurs. Et puis il y a le style, j’apprécie beau­coup celui de Sorj Chalan­don, tout en retenu même quand on est aux limi­tes du suppor­ta­ble.

Citations

Style de Sorj Chalandon

Il y avait un mort avant le nôtre, des dizai­nes de voiture, un deuil en grand. Nous étions le chagrin suivant. Notre proces­sion à nous tenait à l’arrière d’un taxi.

la vie de famille

Il l’a regar­dée les sour­cils fron­cés. Ma mère et ses légu­mes. Il était mécon­tent . Il annon­çait la guerre, et nous n’avions qu’une pauvre soupe à dire.

Après des actes de violence de son père un mensonge de paranoïaque

J’étais boule­versé. Je n’avais plus mal. Mon père était un compa­gnon de la Chan­son. Sans lui, jamais le groupe n’aurait pu naître. Et c’est pour­tant sans lui qu’il a vécu. Ils lui avaient volé sa part de lumière. Son nom n’a jamais été sur les affi­ches, ni sa photo dans les jour­naux . Il en souf­frait . Ceux qui ne le savaient pas étaient condam­nés à dormir sur le palier.

C’était il y a trois ans. Depuis, maman n’a plus allumé la radio. Et plus jamais chanté.

Rôle de la mère

Ce jour-​là, en allant voter contre l’autodétermination, il avait écrit « Non » sur les murs. Le soir, il avait perdu. Il a hurlé par la fenê­tre que la France avait trahi l’Algérie. Et aussi lui, André Chou­lans. Il est ressorti à la nuit tombée . Il est rentré plus tard, avec du sang sur son imper­méa­ble kaki et les mains abîmées.
Le regard épou­vanté de ma mère, visage caché entre ses doigts. Elle a gémi
- Mon Dieu, ta gabar­dine !
- T’inquiète pas la vieille, c’est du sang de bicot.
Elle a secoué la tête.
- Le sang c’est comme le vin, c’est dur à ravoir, a-​t-​elle dit simple­ment.

20160417_121555(1)Je dois cette lecture à Gamba­dou « le blog des fanas de livres  ».

5
Je lui mets ces cinq coquilla­ges sans aucune hési­ta­tion, cela fait long­temps qu’un roman pour la jeunesse ne m’a pas autant tenu en haleine. La première partie est abso­lu­ment remar­qua­ble. Un ado, « Mo », dimi­nu­tif de Morgan, passe sa vie à jouer aux jeux d’ordinateur. Dans la vie virtuelle, il est très fort et ne s’intéresse vrai­ment qu’à ça. Et puis, cet ado mal parti pour être heureux va vivre une expé­rience abso­lu­ment extra­or­di­naire, et peu à peu, il se trans­for­mera et se pren­dra d’amour pour la nature. Une créa­ture qui aurait pu avoir sa place dans un jeu de rôle lui appren­dra à survi­vre dans des condi­tions extrê­mes.

J’ai bien conscience du flou de mes propos mais ce serait vrai­ment dommage de dévoi­ler ce qui fait un des char­mes de ce récit : la nature même des person­na­ges prin­ci­paux. C’est très beau et en dehors de bien des sentiers battus. Ce qui m’a le plus éton­née, c’est la lente conver­sion de l’adolescent vers un autre monde, réel celui-​là mais qui lui demande de savoir utili­ser toutes ses compé­ten­ces acqui­ses dans le monde de l’imaginaire. Le suspens est intense et la fin est peu prévi­si­ble. Les person­na­ges secon­dai­res sont loin d’être des cari­ca­tu­res et enri­chis­sent le récit . L’oncle chas­seur de blai­reaux que l’on aime­rait bien détes­ter n’est pas qu’une sombre brute. La mère un peu dépas­sée par l’éducation de cet adoles­cent si peu scolaire saura lui montrer qu’elle l’aime et lui fera confiance fina­le­ment. Même le poli­cier qui détruit le rêve de Mo est un être beau­coup plus sensi­ble qu’il n’y paraît.

Aucun des adul­tes n’est tout à fait capa­ble de compren­dre les diffi­cul­tés auxquel­les doit faire face Mo, mais aucun ne voudrait vrai­ment lui faire du mal. Il doit cepen­dant réus­sir à trou­ver ses solu­tions en lui-​même pour gran­dir défi­ni­ti­ve­ment.

Citations

La nature la nuit

C’est une nuit très vibrante, tous les bruits voya­gent à des kilo­mè­tres à la ronde, on dirait qu’on est sur une corde tendue, que chaque brin­dille qui craque de l’autre côté du monde trouve son écho près de nous.

C’est une nuit blan­che et bleue. blan­che parce que la pleine lune nous écla­bousse de sa lumière. Et bleue comme l’obscurité profonde qui nous enve­loppe, si douce qu’on dirait du velours.

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Traduit de l’anglais (États-​Unis) par Eric Chédaille.

4Je dois à Keisha un certain nombre de nuits et de petits déjeu­ner très éloi­gnés des côte de la Manche, avec ce roman de 987 pages qui fait rouler l’imagination dans les grands espa­ces de l’ouest améri­cain. J’aimerais compren­dre pour­quoi les fran­çais aiment à ce point chan­ger les titres. En anglais l’auteur a appelé son roman « The Big Rock Candy Moun­tain », en 2002 le livre est publié aux éditions Phébus, sous le titre traduit exac­te­ment de l’anglais « La bonne Grosse Monta­gne en sucre ». Et main­te­nant, il revient avec ce titre raccourci, pour­quoi ? Dans l’ancien titre, on croit enten­dre la voix de Bo, le person­nage prin­ci­pal, qui fait démé­na­ger sa famille tous les 6 mois pour les convain­cre d’aller recher­cher la fortune sur une « bonne grosse monta­gne en sucre » . Bref, je m’interroge !

Je suis restée trois semai­nes avec Bo, Elsa, Chet et Bruce. J’ai trouvé quel­ques longueurs à cet énorme roman, mais n’est-ce pas de ma part un phéno­mène de mode ? Je préfère, et de loin, quand les écri­vains savent concen­trer ce qu’ils ont à nous dire. Je recon­nais, cepen­dant, que, pour compren­dre toutes les facet­tes de cet « anti-​héros » Bo Wilson, mari d’une extra­or­di­naire et fidèle Elsa et père de Chet et de Bruce, il fallait que l’auteur prenne son temps pour que le lecteur puisse croire que Bo soit à la fois « un indi­vidu montré en exem­ple par la nation toute entière » et un malfrat violent recher­ché par toute les poli­ces sans pour autant « être un indi­vidu diffé­rent »  : ce sont là les derniè­res phra­ses de son fils, Bruce qui ressem­ble forte­ment au narra­teur (et peut-​être à l’auteur), il a craint, admiré, détesté son père sans jamais tota­le­ment rompre le lien qui l’unit à lui.

Cet homme d’une éner­gie incroya­ble, est toujours prêt pour l’aventure, il espère à chaque nouvelle idée rencon­trer la fortune et offrir une vie de rêve à sa femme. Il y arrive parfois mais le plus souvent son entre­prise fait naufrage et se prépare alors un démé­na­ge­ment pour fuir la police ou des malfrats. Elsa, n’a aucune envie d’une vie dorée, elle aurait espéré, simple­ment, pouvoir s’enserrer dans un village, un quar­tier un immeu­ble, entou­rée d’amis qu’elle aurait eu plai­sir à fréquen­ter. C’est un person­nage éton­nant, car elle comprend son mari et sait que d’une certaine façon, elle l’empêche d’être heureux en étant trop raison­na­ble. Son amour pour ses enfants est très fort et ils le lui rendent bien. Cette plon­gée dans l’Amérique du début du XXe siècle est passion­nante et l’analyse des person­na­ges est fine et complexe. C’est toute une époque que Wallace Stei­gner évoque, celle qui a pour modèle des héros qui ont fait l’Amérique mais qui s’est donné des règles et des lois qui ne permet­tent plus à des aven­tu­riers de l’espèce de Bo de vrai­ment vivre leurs rêves. Jamais dans un roman, je n’avais, à ce point, pris conscience que la fron­tière entre la vie de l’aventurier et du bandit de grand chemin était aussi mince.

Citations

Justification du titre

Il y avait quel­que part, pour peu qu’on sût les trou­ver, un endroit où l’argent se gagnait comme on puise de l’eau au puits, une bonne grosse monta­gne en sucre où la la vie était facile, libre, pleine d’aventure et d’action, où l’on pouvait tout avoir pour rien.

Le cœur a ses raisons que la raison ne connaît pas

Henry était pondéré, inof­fen­sif, réti­cent même à annon­cer sans amba­ges qu’il venait pour la voir elle et non son père, au point qu’il s’était montré capa­ble de passer une demi-​douzaine de soirées au salon à conver­ser avec Nels Norgaard sans adres­ser plus de dix mots à Elsa. Il était posé, inca­pa­ble d’un mot dur envers quicon­que, gentil, si digne de confiance mais si dépourvu de charme. Comme il était dommage, songea-​t-​elle une fois en soupi­rant, que Bo, avec son aisance inso­lente, son intel­li­gence, son physi­que puis­sant et délié, ne possé­dât pas un peu du calme rassu­rant d’Henry. Mais à peine commençait-​elle à se lais­ser aller à cette idée qu’elle se repre­nait : non, se disait-​elle avec une pointe de fierté, jamais Bo ne pour­rait ressem­bler à Henry. Il n’avait rien d’un animal de compa­gnie, il n’était pas appri­voisé, il ne suppor­tait pas les entra­ves, en dépit de ses efforts aussi inten­ses que fréquents.

la famille déménageait tous les ans parfois quatre fois par an

Long­temps après, Bruce consi­dé­rait cette absence de raci­nes avec un éton­ne­ment vague­ment amusé. les gens qui vivaient toute leur vie au même endroit, qui taillaient leur haie de lilas et repi­quaient des berbé­ris, qui chan­geaient de carrée en ronde la forme de leur bassin de nénu­phars, qui déter­raient les vieux bulbes pour en mettre de nouveaux, qui voyaient pous­ser et un jour ombra­ger leur façade les arbres qu’ils avaient plan­tés, ces gens-​là lui semblaient par contraste suivre un chemi­ne­ment incer­tain entre ennui et conten­te­ment.

L’amour

L’amour est quel­que chose qui fonc­tionne dans les deux sens, dit Elsa d’une voix douce. Pour être aimé, il faut aimer. 

20160307_145754Traduit de l’américain par Fran­çoise Cartano.

Quand j’ai appris la nouvelle de la mort de Pat Conroy, je me suis sentie triste, et ne pouvant pas parti­ci­per ni de près ni de loin au deuil qui doit toucher profon­dé­ment ses proches, j’ai décidé de relire « le prince des Marées » ; roman qui m’avait profon­dé­ment marquée en 2002.

4
Ma relec­ture atten­tive de ce gros roman (600 pages) m’a remis en mémoire tout ce que j’aime chez cet auteur. Tout d’abord, son formi­da­ble humour et j’ai encore bien ri à la lecture de la scène où sa grand mère entraîne ses petits enfants dans le choix de son cercueil, au milieu de tant de souf­fran­ces d’une enfance rava­gée par la violence d’un père et de l’insatisfaction de sa mère, ce petit passage où Tholita (la grand-​mère) finira par faire pipi de rire sur les azalées du centre ville est un excel­lent déri­va­tif aux tensions créées par les drames dans lesquels la famille Wigo est plon­gée.

J’ai de nouveau appré­cié la construc­tion roma­nes­que : nous connaî­trons peu à peu les drames succes­sifs de la famille à travers l’effort que doit faire le person­nage prin­ci­pal, Tom, pour aider la psychia­tre de sa sœur jumelle, Savan­nah, à s’y retrou­ver dans le délire psycho­ti­que de celle qui est aussi une poétesse admi­rée du tout New-​York des lettres. Ce procédé permet de rompre la chro­no­lo­gie et de croi­ser plusieurs histoi­res. « Le prince des marées » est un roman foison­nant et géné­reux le drame est toujours mélangé à une éner­gie vitale qui permet de suppor­ter les pires vile­nies des humains. C’est peut être le repro­che qu’on peut faire à ce livre , cette famille est vrai­ment touchée par une série de drames trop horri­bles. Parfois on se dit : c’est trop ! mais peu importe, c’est si extra­or­di­naire de décou­vrir le Sud des États Unis sous plusieurs facet­tes : le racisme ordi­naire, la reli­gion, le côté bonne éduca­tion, la force des éléments.

Enfin ce livre est un hymne à la nature et les descrip­tions vous empor­tent bien loin de votre quoti­dien. C’est le genre de roman que l’on quitte avec regret chaque soir et que l’on voit se termi­ner avec tris­tesse. Bravo Monsieur Part Conroy d’avoir su écrire sur l’enfance marty­ri­sée en gardant la tête haute et votre merveilleux sens de l’humour ; et merci, vos livres ont fait voya­ger tant de gens vers un pays dont vous parlez si bien.

Citations

Sa rage contre les parent destructeurs

Les parents ont été mis sur terre dans le seul but de rendre leurs enfants malheu­reux.

Un des portrait de sa mère

Ma mère se bala­dait toujours comme si elle était atten­due dans les appar­te­ments privés d’une reine. Elle avait la distinc­tion d’un yacht – pureté de ligne, effi­ca­cité, gros budget. Elle avait toujours été beau­coup trop jolie pour être ma mère et il fut un temps où l’on me prenait pour son mari. Je ne saurais vous dire à quel point ma mère adora cette période… Maman donne des dîners prévus plusieurs mois à l’avance et n’a pas le loisir de se lais­ser distraire par les tenta­ti­ves de suicide de ses enfants.

Folie de sa sœur

Depuis sa plus tendre enfance, Savan­nah avait été dési­gnée pour porter le poids de la psychose accu­mu­lée dans la famille. Sa lumi­neuse sensi­bi­lité la livrait à la violence et au ressen­ti­ment de toute la maison et nous faisions d’elle le réser­voir où s’accumulait l’amertume d’une chro­ni­que acide . Je le voyais, à présent : par un proces­sus de sélec­tion arti­fi­ciel mais fatal, un membrure de la famille est élu pour être le cinglé et toute la névrose, toute la fureur, toute la souf­france dépla­cées s’incrustent comme de la pous­sière sur les parties saillante de ce psychisme trop tendre et trop vulné­ra­ble.

Portrait d’une méchante femme de sa ville natale

Ruby Blan­ken­ship péné­tra dans la pièce, royale et inqui­si­to­riale, ses cheveux gris bros­sés sévè­re­ment en arrière, et les les yeux fichés comme des raisins secs dans la pâte molle de sa chaire. C’était une femme immense, gigan­tes­que, qui faisait naître une terreur immé­diate dans le cœur des enfants. À Colle­ton, elle était perçue comme « une présence », et elle se tenait sur le pas de sa porte d’où elle nous obser­vait avec cette inten­sité singu­liè­re­ment rava­geuse que les person­nes âgées qui détes­tent les enfants ont su élever au rang des beaux-​arts. Une partie de sa noto­riété locale était due à l’insatiable curio­sité que lui inspi­rait la sante de ses conci­toyens. Elle était l’hôte omni­pré­sente de l’hôpital autant que du funé­ra­rium.

Dialogue avec sa mère

- Je n’aurais pas dû avoir d’enfants, dit ma mère. On fait tout pour eux, on sacri­fie sa vie entière à leur bonheur, et ensuite ils se retour­nent contre vous. J’aurais dû me faire liga­tu­rer les trom­pes à l’âge de douze ans. C’est le conseil que je donne­rais à n’importe quelle fille que je rencon­tre­rais.
- Chaque fois que tu me vois, Maman, tu me regar­des comme si tu voulais qu’un docteur prati­que sur toi un avor­te­ment rétro­ac­tif.

Humour

Les ensei­gnants améri­cains ont tous des réflexes de pauvres, nous avons un faible pour les congrès et foire du livre tous frais payés, avec héber­ge­ment gratuit et festin de poulet caou­tchou­teux, vinai­grette douceâ­tre et petits pois innom­ma­bles.

SONY DSCLu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard.

3
Au programme du club, j’ai lu rapi­de­ment ce roman, avec plai­sir pendant la première moitié, et puis, peu à peu, plus labo­rieu­se­ment. Mais je n’ai peut-​être pas pris tout le temps qu’il fallait pour l’apprécier parce que je voulais le rappor­ter à la média­thè­que afin de savoir si d’autres lectri­ces auront plus de plai­sir que moi. Agnes Desar­the créé un person­nage, Rose, qui semble subir sa vie plus qu’elle ne la vit vrai­ment. Elle est l’enfant de Kris­tina, très belle femme au carac­tère étrange et d’un père offi­cier de l’armée fran­çaise qui a la fâcheuse habi­tude de pren­dre toujours les mauvai­ses déci­sions. Philo­so­phe à ses heures, et passionné par Spinoza, il hésite avant chaque action, et étant sûr de se trom­per à chaque fois, il va dans le sens inverse de ce qu’il pensait juste. Compli­qué et peu effi­cace. Rose se retrouve donc à Paris en 1920 sans argent mais avec beau­coup de courage. Elle est d’une naïveté peu crédi­ble mais cela permet à l’auteur de nous décrire les bas-​fonds pari­siens avec un plai­sir certain. Rose risque de perdre sa vie mais rencon­trera des person­na­ges variés dont un admi­ra­teur d’Apollinaire (d’où le titre du roman) qui la sauve­ront.

Pour en appren­dre un peu plus sur cette auteure, je me suis prome­née sur le Net, et j’ai eu la surprise de voir qu’elle était la fille du pédia­tre Aldo Nahouri qui a été criti­qué par les médias pour avoir tenu des propos très proches de ceux que le méde­cin qui essaye de soigner Kris­tina donnent à son mari. Famille surpre­nante où la créa­tion artis­ti­que prend une grande place ainsi que le souve­nir très doulou­reux de la dépor­ta­tion des juifs. Tout cela est présent dans l’écriture d’Agnès Desar­the, avec, dans ce roman, la diffi­culté d’arriver à une exis­tence propre , d’avoir un destin. Rose est domi­née par son époque et j’ai eu plus d’une fois envie de la confron­ter à la réalité de la vie. Je ne peux imagi­ner qu’une jeune fille de 19 ans vienne vivre à Paris avec pour seul bagage sa connais­sance d’Alexandre Dumas.

PS : à notre club, une seule lectrice a défendu ce roman, elle a été touchée par la misère du Paris de l’époque, les autres ont été plus sévè­res que moi, elles ont surtout souli­gné les ficel­les de la construc­tion roma­nes­que, sorte de pasti­che de tous les romans de l’époque.

Citations

Description de la personnalité de Kristina

Le reste du temps, elle gardait une distance qu’elle aurait voulu ironi­que (car elle ne manquait pas de goût), mais qui était vide (car elle manquait de cœur).

Conseil du médecin

Il faut la forcer si elle refuse mon ami. Pudeur, caprice, enfan­tillage. Ne restez pas planté devant la porte, comman­dant. Enfon­cez les lignes enne­mies. Il faut lui remuer les entrailles à cette chère si chère Kris­tina.

SONY DSCTraduit de l’anglais (États-​Unis) par Martine Béquié et Anne-​Marie Augus­ty­niak.
Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard , thème « rela­tion mère fille »

4Cela fait long­temps que je n’ai pas ressenti un tel plai­sir de lecture, je voulais abso­lu­ment ne plus quit­ter, Taylor le person­nage prin­ci­pal qui n’a pas sa langue dans sa poche, Lou-​Ann qui n’est que gentillesse, Mattie qui aide les malheu­reux candes­tins, Este­van qui parle si bien l’anglais.… Je trouve que dans le thème « mère fille » ce roman est parfai­te­ment choisi par notre biblio­thé­caire préfé­rée. Pour plusieurs raisons, car c’est d’abord le récit de la nais­sance du senti­ment mater­nel. Marietta-​Missy-​Taylor est une jeune fille qui a décidé de sortir de son Kentu­cky natal pour vivre une vie indé­pen­dante, or dès les premiers jours , une vieille indienne lui met dans les bras une toute petite fille qui visi­ble­ment a vécu un très lourd trau­ma­tisme. Taylor va appren­dre à aimer Turtle-​Avril et deve­nir sa mère. Il faut dire que sa propre mère, femme de ménage a eu cette qualité incroya­ble, d’aimer sa fille et de trou­ver tout ce qu’elle fait abso­lu­ment formi­da­ble.

C’est la deuxième raison pour laquelle je trouve ce livre bien choisi, l’amour admi­ra­tif d’une mère est un cadeau précieux qui donne des forces pour toute la vie. Je dois dire que je ne résiste pas aux romans qui mettent en scène des « cabos­sés de la vie » qui au lieu de conti­nuer à se détruire, joignent leurs forces pour fran­chir les obsta­cles et aller vers le bonheur. J’ai à propos de ce roman , relu ce qui s’est passé au Guate­mala, encore une tragé­die main­te­nant oubliée, elle est ici évoquée à travers le coupe d’Estevan et Espe­ranza à qui on a arra­ché leur petite fille.

Le roman situe tous les person­na­ges au moment de leur survie, pour leur adap­ta­tion à la vie quoti­dienne c’est une autre histoire, on espère qu’ayant vécu le pire, ils vont y arri­ver. Ce roman est servi par des effets de langue, qui doivent être encore plus déli­cieux en améri­cain, l’arrivée dans le langage de la petite Turtle sont drôles et inat­ten­dus, et l’adoption par Taylor dans sa langue rugueuse de jeune fille peu éduquée de l’anglais raffiné d’Estevan, profes­seur d’anglais au Guate­mala sont savou­reux mais sonnent un peu plats en fran­çais. Grâce à Keisha (je me doutais bien qu’elle avait lu cette auteure !). J’ai vu qu’il y avait une suite que je vais m’empresser de lire, j’aime bien son expres­sion que je me permets de citer : c’est un livre « doudou ».

Citations

Le caractère de Taylor Greer

J’avais décidé depuis long­temps que, si j’avais pas les moyens de m’habiller chic, je m’habillerais mémo­ra­ble.

La description de Lou-​Ann

Elle était du genre à aller cher­cher les ennuis juste pour montrer qu’on n’avait pas besoin d’être une « pompon girl » pour se faire sauter . Le problème c’est que ça ne vous rapporte rien. C’est comme un gosse qui fait des tours de vélo en se lâchant des pieds et des mains et s » épou­mone pour atti­rer l’attention de sa mère. Eh bien, la mère en ques­tion ne lèvera pas les yeux tant qu’il ne se sera pas fracassé la tête contre un arbre.

Avoir un enfant

Elle ne cachait pas que son désir le plus cher était d’être grand-​mère. Dès que la grosse Irène prenait le bébé, ce qui n’était pas fréquent, Mrs Hoge décla­rait : « Irène, ça te va à ravir ». Comme si vous deviez faire un enfant parce que ça vous va bien.

L’Oklahoma

Ces éten­dues déses­pé­ré­ment plates de l’Oklahoma avaient fini par me donner mal aux yeux croyez moi . J’avais l’impression qu’il fallait toujours regar­der trop loin pour distin­guer l’horizon.

SONY DSCLu dans le cadre du club de lecture de la média­thè­que de Dinard.
Traduit de l’anglais (Grande-​Bretagne) par Fran­çoise Adel­stain

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Un livre d’une grand qualité, car il sait trans­met­tre une forte émotion, tout en respec­tant les codes de bien­séance britan­ni­ques. Un homme au sommet de la gloire dans le système juri­di­que anglais, « le vieux Filth » : Failed in London try in Hong-​Kong (acro­nyme qui veut dire « si tu échoues à Londres essaie à Hong-​Kong » mais le mot veut aussi dire sale ou saleté), est respec­ta­ble et très respecté, connu et admiré pour son savoir juri­di­que. Après une brillante carrière à Hon-​Kong, il revient dans le Dorset.

Le roman commence, lorsqu’il se retrouve veuf et très âgé. Ce veuvage auquel il ne s’attendait pas va l’entrainer dans une péré­gri­na­tion vers son passé. Il est un enfant des colo­nies britan­ni­ques, ce qui veut dire qu’à six ans, il est bruta­le­ment séparé de la femme qui l’élevait pour partir au pays de Galle ou de vagues tantes lui ont trouvé une famille d’accueil. Rudyard Kipling parlera, lui aussi de cette incroya­ble violence faite à des enfants : les colons britan­ni­ques avaient si peur que leurs enfants se lient aux indi­gè­nes qu’ils préfé­raient s’en sépa­rer pendant les longues années de 5 ou 6 ans à 18 ans.

Ce vieux Monsieur digne, qui ne peut pas expri­mer ses senti­ments et qui est, pour tout son entou­rage, la respec­ta­bi­lité même va peu à peu par toutes peti­tes touches nous livrer ses souf­fran­ces, celles de son enfance sont énor­mes et il est soudain inca­pa­ble de finir sa vie sans s’y confron­ter de nouveau. Au passage nous connai­trons ses amitiés, ses amours et son couple beau­coup moins simple qu’il n’y paraît.

Le roman est traversé par des person­na­li­tés pour le moins étran­ges. Les deux tantes qui devaient s’occuper de leur neveu sont complè­te­ment déran­gées, typi­que­ment anglai­ses peut être ? Essen­tiel­le­ment inté­res­sées par le golf et pas du tout par le bien être d’un enfant dont elles n’avaient pas demandé à s’occuper. C’est très émou­vant de voir le regard des autres vis à vis de ce vieux Filth, regard qui s’arrête à son allure, à sa respec­ta­bi­lité, à son élégance, à sa dignité, et le long et doulou­reux chemi­ne­ment de cet homme vers une autre vérité , celle qui a bien failli l’anéantir.

PS : Ce roman a déçu deux lectri­ces du club et n’a donc pas reçu de coup de cœur, je le regrette . Elles ont trouvé cet homme peu sympa­thi­que et le roman bavard, je donne leurs argu­ments par honnê­teté, mais je ne suis pas du tout d’accord. J’aimerais bien lire d’autre avis sur ce roman.

Citations

Un nouveau mot pour moi

Sa somno­lence post­pran­diale

Le veuvage d’un vieil homme

Désor­mais à près de quatre vingts ans, il vivait seul dans le Dorset. Sa femme , Betty, était morte, mais il papo­tait souvent avec elle en vaquant dans la maison. 

Une enfance malheureuse

Il n’avait pas bu de lait depuis son départ de chez Ma Didds, au pays de Galles. Elle devait être ici. « Tu ne sors pas de ce placard tant que tu n’as pas bu ce verre de bon lait et tu as inté­rêt à ne pas remuer les pieds parce qu’il y a un trou en dessous aussi profond qu’un puits, et on n’entendrait plus jamais parlé de toi. » Enfermé toute la jour­née, jusqu’à l’heure du coucher, il avait six ans.

L’idéal féminin de bien des hommes

Mrs Ingoldby fut le premier amour anglais d’Eddie. Il igno­rait qu’une femme si peu compli­quée pût exis­ter. Calme et rêveuse, souvent vous appor­tant une tasse de thé sans raison parti­cu­lière sauf par affec­tion ; satis­fai­sant tous les capri­ces d’un mari colé­ri­que dont elle ne se plai­gnait pas. Ravie sans jamais se lasser des surpri­ses que réser­vait chaque nouveau jour.

Les mémoires

SONY DSCTraduit de l’anglais par Marie-​Hélène SABARD.

4Lu grâce aux conseils d’Elec­tra tombée du ciel, j’aurais pu reco­pier son arti­cle car elle en parle très bien. Je l’ai lu rapi­de­ment en deux soirées et une mati­née de farniente. Je me demande bien pour­quoi ce roman est dans la caté­go­rie « Ados », sinon parce que c’est un adoles­cent qui s’exprime, mais même les gens âgés peuvent être sensi­bles à la voix d’un jeune. Pour le cinéma, il n’y a pas ces diffé­ren­ces, et les adul­tes vont souvent voir des films dont les héros sont des enfants ou des jeunes. Je rajoute que l’ado que je connais le mieux et qui est un très bon lecteur, préfère les romans de science-​fiction à ce genre de livres trop réalis­tes pour lui. J’ai aimé la voix de Luke encore enfant mais si respon­sa­ble qui essaie de survi­vre au deuil de sa mère. Tout pour­rait être horri­ble pour lui, s’il n’avait pas le dessin pour le conso­ler de beau­coup de choses. De tout ? Non, pas de la bêtise et de la cruauté des enfants de son âge.

Luke et Jon doivent affron­ter les violen­ces de la vie. Jon n’a que son amitié pour Luke, Luke lui a un père mais qui, au début du roman, est telle­ment ravagé par la mort de sa femme qu’il est inca­pa­ble d’aider son fils. Ensem­ble, ces trois bles­sés de la vie arri­ve­ront, sans doute, à repous­ser les limi­tes de la douleur et à se faire une vie avec des moments heureux. Aucun person­nage n’est d’une pièce et même Luke s’en veut de certai­nes de ses condui­tes , mais c’est très agréa­ble de lire un roman où des êtres faibles s’unissent pour trou­ver des forces. Tout est en mi teinte, et même les employés des servi­ces sociaux ne sont pas cari­ca­tu­rés. La mala­die mentale de la maman (elle est bipo­laire), l’alcoolisme déses­péré du père : deux énor­mes fardeaux qui ne terras­sent pas complè­te­ment Luke, il reprend confiance quand il voit son père se remet­tre à la sculp­ture, sans doute la créa­tion artis­ti­que réunit le père et le fils. Le style est agréa­ble, simple bien sûr, car c’est un ado qui se confie, la construc­tion du roman est habile car l’auteur distille peu à peu les dures réalité auxquel­les Luke est confronté.

Citations

La peinture

Ça aidait de pein­dre. Si je regar­dais en arrière je vois que, même du vivant de maman, je peignais plus quand ça allait mal. quand les nuages s’amoncelaient sur elle et qu’elle commen­çait à partir en vrille, je peignais. Pendant l’orage – les longues et sombres jour­nées de silence où elle s’enfermait dans sa chambre-, je peignais. Je dessi­nais et je peignais aussi quand elle allait mieux, quand tout était stable et calme, mais j’étais moins concen­tré. Ça ne drai­nait pas toute mon éner­gie, ça n’absorbait pas toutes mes pensées comme d’autres fois. Et, pour tout dire, eh bien, le tableau n’était pas si bon. il manquait de tension, j’imagine.

La violence des ados

C’étaient des frap­pes chirur­gi­ca­les. Elles se produi­saient dans les coins sombres, les couloirs tran­quilles. Toujours quand il n’y avait personne aux alen­tours. Et toujours elles se concluaient par un crachat dans la figure. Jon disait qu’ils n’employaient jamais le couteau, mais à deux ou trois repri­ses on le lui avait montré. Juste pour qu’il sache : voilà ce qui t’arrive ; et voilà ce qui pour­rait t’arriver.

La complicité des adultes

Des gosses criaient : « Bâtard ! » quand ils le croi­saient dans le couloir. Et je voyais des profs sourire, ils étaient au courant de la blague, une petite rigo­lade, pas de bobo ; mais si ça arri­vait quand ils étaient là, à leur avis ils se passait quoi quand ils n’étaient pas là ?

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3L’avantage de pren­dre une année de plus ce n’est pas d’en avoir une de moins à vivre, évidem­ment, mais c’est de rece­voir des livres qui ont plu à vos proches. Je ne connais­sais pas cet auteur, je suis ravie de l’avoir décou­vert. Je l’ai lu dans le train Saint Malo-​Paris, et le plus gros repro­che que je puisse faire, c’est qu’il ne m’a permis d’aller que jusqu’à Vitré.

Problème pour vous présen­ter ce roman sans le « divul­ga­cher » car tout est dans le suspens, j’imagine vos cris d’horreur si je vous raconte un tant soit peu cette histoire. Le début : un certain William, promet à son meilleur ami qui va mourir de retrou­ver sa fille Mathilde, celle-​ci a été en hôpi­tal psychia­tri­que et a eu un enfant qu’elle n’a plus le droit de voir. J’ai donc pensé à un roman sur la misère sociale et sur le dévoue­ment d’un homme fidèle à ses promes­ses. J’ai eu tout faux et je suis partie dans l’imaginaire de cet écri­vain grin­çant et irres­pec­tueux en espé­rant que l’histoire se termine bien.

Voilà, je n’ai rien dévoilé, je vais utili­ser les procé­dés de Krol : lisez-​le, puis­que je n’ai pas pu l’abandonner, si vous avez deux heures à passer dans les trans­ports, vous oublie­rez tout.

Citations

Un indice donné au début du roman

Le nom du syndi­cat m’est revenu à l’esprit. J’avais aperçu une affi­che dans le bureau du person­nel lors de mon renvoi, pour faute grave et escro­que­rie, des établis­se­ments Verne­rey

Une mère qui a du mal avec le principe de réalité

C’est complè­te­ment idiot de voler une paire de lunet­tes de soleil. Imagine ! Mathilde ! Tu veux te retrou­ver au poste de police ? En train d’expliquer ton inten­tion de revoir ton fils contre la déci­sion du juge ! ? Mais Mathilde ne voyait pas le rapport entre ces lunet­tes et son fils.