20150518_125010

3
Un livre au sujet de Proust rassem­blant neuf écri­vains appré­ciant pour des raisons diffé­rentes la Recherche, : Laura El Makki, Antoine Compagnon,Raphaël Entho­ven, Michel Erman, Adrien Goetz, Nico­las Grimaldi, Julia Kris­teva, Jérôme Prieur, Jean-Yves Tadié.

Ils ont chacun leur Proust et, durant l’été 2013, ils l’ont raconté sur les ondes de France Inter. Je n’écoute pas souvent la radio l’été , mais ce livre me le ferait regret­ter. J’ai lu avec beau­coup d’in­té­rêt ce recueil, il m’a permis de revivre des bons moments de ma lecture de La Recherche , à la vérité les meilleurs moments sont les extraits de l’œuvre de ce si grand écri­vain. Je pense que ce petit livre peut amener de nouveaux lecteurs qui ont encore peur du style de Proust. Pour les autres ceux et celles qui lisent et relisent La Recherche, nous nous sentons en commu­nion avec des idées que nous avons eues ou qui nous appa­raissent comme justes.

Si je ne suis pas plus enthou­siaste, c’est que j’ai trouvé diffi­cile de passer d’un critique à l’autre.C’est un peu comme les nouvelles, mais en plus diffi­cile : on commence par s’ins­tal­ler dans un style dans un mode de pensée et il faut en chan­ger sans en avoir envie. À chaque fois, ça m’a fait perdre les premières pages du penseur suivant car je regret­tais la pensée que je venais de quit­ter. Enfin, il m’a manqué, ce qui pour moi fait le sel de Proust, c’est son humour. Cette écri­vain qui croque avec tant de préci­sion toutes les couches de la popu­la­tion est parfois très drôle . Je me souviens de la scène où Fran­çoise est complè­te­ment indif­fé­rente à la souf­france de la jeune bonne, alors qu’elle est boule­ver­sée à la lecture des mêmes maux dans le livre de méde­cine du père du narrateur.

En dehors de ces deux remarques, je dois dire que je n’ai pas réussi à quit­ter ce livre pendant une dizaine de jours et je sais que je le reli­rai souvent car j’ai toujours du mal à passer beau­coup de temps sans Proust. J’ai enfin relu Sodome et Gomorrhe qui ne m’avait pas plu à la première lecture, et j’ai été contente de lire dans ce livre à quel point Marcel Proust a écrit sans far et sans gêne ce qu’é­tait l’ho­mo­sexua­lité à son époque.

Citations

Antoine Compagnon au sujet de Swann et d’Odette et du narrateur avec Albertine

Car la jalou­sie est une psycho­lo­gie de l’ima­gi­naire. Pas plus qu’il n’y a de jalou­sie sans soup­çon, pas plus n’y a‑t-il en effet de soup­çon sans imagi­na­tion. Or, le propre du soup­çon est que notre imagi­na­tion du possible lacère l’image que nous avons du réel. Dès que nous avons perdu de vue la femme dont nous sommes jaloux, que n’en pouvons nous imagi­ner ? Où est-elle en ce moment ? Qu’y fait-elle ? Avec qui ? Comment ? Le jaloux tente alors de l’ima­gi­ner. En l’ima­gi­nant , il se le repré­sente , il le mime inté­rieu­re­ment, il le ressent, il le vit.

Au sujet de l’amour

Il y a donc, à l’ori­gine de tout amour, une sorte d’illu­sion, de méprise ou de quipro­quo . Cette illu­sion consiste à prendre pour des proprié­tés objec­tives de la personne les fantasmes subjec­tifs que produit notre imagi­na­tion à son sujet.

Une jolie phrase de Proust citée par Julia Kristeva

Le seul véri­table voyage, (.….) ce ne serait pas d’al­ler vers de nouveaux paysages, mais d’avoir d’autres yeux.

Je partage l’opinion de Michel Erman à propos de l’œuvre de Proust

17 Thoughts on “Un été avec Proust

  1. Ce livre m’a été offert… et je ne l’ai pas lu, lamen­table (car évidem­ment c’est tota­le­ment mon créneau de lecture)
    En revanche j’ai lu Un été avec Montaigne, et j’ai appris récem­ment que vient de paraitre Un été avec baudelaire…

  2. À la suite du livre de Sara Bake­well « Comment vivre » selon Montaigne, j’ai lu les textes de Compa­gnon, quelle décep­tion ! Autant le premier ouvrage est vivant , fouilli, chaleu­reux et incroya­ble­ment docu­menté, autant celui de Compa­gon est univer­si­taire à la fran­çaise , c’est à dire docte et senten­cieux, je n’ai pas terminé. Celui-ci m’a occupé pendant plusieurs jours et je ne l’ai pas aban­donné même s’il m’éner­vait parfois.

  3. Je note celui-ci, peut-être que je serai moins gênée par le passage d’un auteur à un autre .. et j’ai le Sarah Backe­well dans ma PAL.

  4. Pas du tout le genre d’ou­vrage qui me passionne. Par contre, j’au­rais adoré entendre les diffé­rentes inter­ven­tions à la radio.

  5. encore faut-il écou­ter la radio l’été , ou les trou­ver en podcast…

  6. C’est un des petits livres de l’été qui m’en­chante, je l’ai lu et écouté plusieurs fois depuis deux ans avec grand plai­sir, j’ai aimé la variété des inter­ve­nants et les diffé­rents angles d’ap­proche et ça un peu à l’in­verse de toi ça ne m’a pas gêné

    Même si comme toi je préfère de loin Sarah Backe­well je n’ai pas détesté le petit de Compa­gnon alors que j’ai feuilleté l’équi­valent qu’il a fait sur Baude­laire mais je n’ai pas été convaincue

    Je viens de lire un nouveau livre sur Montaigne un peu spécial mais très atta­chant j’en parle­rai prochai­ne­ment je pense

    • écouté ? on peut trou­ver les podcast de ces émis­sions ou c’est aussi un livre lu ?
      J’at­tends ton nouveau livre sur Montaigne j’ai vrai­ment adoré celui que tu m’as fait décou­vrir de Sarah Backewell .

  7. Bon, un ouvrage qui ne paraît pas indispensable.

  8. Ah Proust… Je n’ai jamais lu les livres de cette collec­tion, pour­quoi ne pas commen­cer par lui…

    • je suis restée sur ma faim avec le Montaigne de Compa­gnon, mais Domi­nique a aimé et le Baude­laire ne m’a pas atti­rée , c’est une collec­tion très peu cher .

  9. maggie on 18 juin 2015 at 13:06 said:

    Même si tu sembles avoir trouvé les critiques trop brèves ( effec­ti­ve­ment comment parler de la Recherche en quelques pages ?), j’ai envie de décou­vrir cette série. Je suis tentée par celui de Baude­laire mais aussi celui de Proust et Montaigne.…

  10. ce n’est pas tant que chaque critique soit brève c’est plutôt qu’en­trer dans un mode de pensée d’une analyse critique demande du temps et en chan­ger rapi­de­ment pour aller vers une autre est assez frustrant.

  11. Je reste tentée… mais je pense qu’il va falloir que j’aille plus loin dans Proust avant… un jour, un jour !

  12. Avec Proust , on peut perdre du temps , le cher­cher et finir par le retrouver.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Post Navigation