=

Édition Seuil . Traduit de l’an­glais par Karine Lalechère

Lu dans le cadre de Masse Critique

Voici une bonne pioche chez Babe­lio, sans être un total coup de coeur ce roman est très inté­res­sant et j’es­père vous donner envie de le lire. L’au­teure est britan­nique de parents chypriotes. Elle s’in­té­resse à deux scan­dales qui se passent à Chypre, l’un concerne le bracon­nage des petits oiseaux migra­teurs, l’autre beau­coup plus révol­tant concerne des employées de maison étran­gères qui sont exploi­tées par des agences plus où moins mafieuses. Ces femmes devront toute leur vie rembour­ser l’agence qui les a fait venir, elles espèrent s’en­ri­chir pour, le plus souvent, faire vivre leur famille alors que les seules personnes qui vont gagner beau­coup d’argent ce sont les proprié­taires des agences. Les Chypriotes qui les utilisent n’ima­ginent pas les diffi­cul­tés que traversent ces femmes. Pour la bonne société chypriotes ce sont des femmes inter­chan­geables qui leur rendent tous les services possibles sans pour autant cher­cher à les connaître.

Ce roman s’ap­puie sur un fait divers qui a secoué Chypre : des femmes employées ont bruta­le­ment disparu. La police ne cherche abso­lu­ment pas à savoir ce qui s’est passé, le hasard permet­tra de décou­vrir qu’il s’agit d’un crime odieux de femmes sans défense.

Le roman suit le destin d’une de ces femmes : Nisha , une jeune maman Skri Lanquaise, elle va aider Petra à élever Aliki l’en­fant qu’elle a eu alors que son mari est mort avant la nais­sance de ce bébé. Un jour Nisha dispa­raît le roman va racon­ter l’en­quête de Petra qui va ouvrir les yeux sur la vie de Nisha , elle a mauvaise conscience et se rend compte à quel point ces femmes sont malme­nées dans son pays. Elle découvre aussi que Nisha lui a caché son amour pour Yian­nis son jeune voisin, car elle avait peur d’être renvoyée si Petra avait connu cette rela­tion amou­reuse. Yian­nis est est un Chypriotes que la crise de 2008 a tota­le­ment ruiné et il doit sa survie au bracon­nage des oiseaux migra­teurs ce sont de tous petits oiseaux que les restau­ra­teurs s’ar­rachent. Il gagne beau­coup d’argent mais il sait aussi que s’il veut s’ar­rê­ter, il risque sa vie car au dessus de lui les comman­di­taires de cette pratique de bracon­nage, il y a des gens très puis­sants et qui sont prêts à tout pour cacher cette pratique mais aussi pour qu’elle continue.

Un sujet très inté­res­sant mais j’ai un petit bémol pour le style que j’ai trouvé assez plat. Malgré cette dernière remarque je pense que ce livre trou­vera un public assez large.

Citations

Voici une bonne façon d’apprendre la table de 9.

Si tu me demandes combien font 7 fois 9, je sais que la réponse commence par 6. Et que le second chiffre, c’est toujours celui d’avant, moins 1. Par exemple, 8 fois 9 font 72, 7 et 2. 
(PS regar­dez bien la table de 9
1 fois 9 =9
2 fois 9 = 18
3 fois 9 = 27
4 fois 9 = 36
5 fois 9 = 45
6 fois 9 = 54
7 fois 9= 63
8 fois 9 = 72
9 fois 9 = 81
10 fois 9 = 90
certes quand on l’écrit ça marche mais pour dire spon­ta­né­ment « 7 fois 9 = 63 cela demande une gymnas­tique de la mémoire qui me semble compli­quée, moi quand j’étais enfant pour la table de 9 je me disais : 7 fois 9 = 70 – 7 = 63 .)

Le crack de 2008.

Avant la crise de 2008, la Laiki banque était en plein essor. elle s’ap­prê­tait à deve­nir le véhi­cule d’in­ves­tis­se­ment euro­péen pour le fonds d’état de Dubaï et elle a joué un rôle pivot dans l’in­dus­trie des services finan­ciers de Chypre. Elle accueillait à bras ouverts les nouveaux entre­pre­neurs russes qui arri­vaient avec des valises remplies de billets et créaient sur l’île des socié­tés admi­nis­trées par des avocats et des comp­tables locaux. Les trans­ferts d’argent entre la Russie et Chypre avaient atteint des montants astro­no­miques. La banque avait même géré les affaires de Slobo­dan Milo­se­vic. Dans les années 1990, son gouver­ne­ment avait trans­féré des milliards de dollars en espèces par notre inter­mé­diaire, en dépit des sanc­tions des Nations Unies.

Son expan­sion agres­sive en Grèce fut fatale à la Laiki. Le bilan était sous-capi­ta­li­sée au moment de la crise finan­cière mondiale et ce fut la dégrin­go­lade. La banque fut déman­te­lée. Je perdis mon emploi, mes écono­mies et ma femme ‑dans cet ordre.

Un policier caricatural ?

Je ne peux pas m’amu­ser à cher­cher ces étran­gères. J’ai du travail. Si elle ne revient pas, c’est sans doute qu’elle est passée au nord. C’est ce qu’elles font. Elles vont du côté turc dans l’es­poir de trou­ver un meilleur emploi. Ces femmes sont des animaux, elles obéissent à leur instinct. Ou à l’argent. Vous devriez rentrer chez vous et débar­ras­ser sa chambre. Si elle n’est pas de retour à la fin de la semaine, appe­lez l’agence pour deman­der qu’on vous envoie une autre bonne.

L’horreur de la guerre à Chypre.

Une seule fois, j’ai entendu mon père parler avec savoir d’avant ‑une voix sincère et bienveillante‑, et ce fut pour dire qu’il avait tué un ami au combat. Il ne nous avoua jamais son nom.
Ces années d’après guerre m’ont appris une leçon que je n’ai pas oubliée : on pouvait se refer­mer en soi-même, et, comme mon père, ne jamais retrou­ver la sortie.

Exemple de ce que vivent les femmes étrangères domestiques à Chypre.

Mutya Santos, une autre Philip­pine, venait de Manille. Elle s’en­ten­dait bien avec sa première employeuse et dînait avec elle chaque soir. À la mort de la vieille dame, on l’avait placée chez un homme qui essayait constam­ment de la tripo­ter, entrait dans la salle de bain quand elle était sous la douche et se glis­sait dans sa chambre pendant son sommeil. Elle s’était plainte à l’agence qui avait refusé d’in­ter­ve­nir. Lorsque son patron l’avez appris, il l’avait congé­diée. Elle aussi s’était retrou­vée sans rien, avec une énorme dette à rembourser. 

10 Thoughts on “Les oiseaux chanteurs – Christy LEFTERI

  1. keisha on 7 avril 2022 at 07:50 said:

    Babe­lio ne me propose rien… Mais je doute que la chasse aux oiseaux m’aie beau­coup attirée.

    • Le sujet prin­ci­pal c’est la façon dont sont trai­tées des femmes qui viennent pour servir de bonnes à Chypre. Pour moi ça ne se passait que dans les pays style Arabie Saoudite.

  2. L’es­cla­vage moderne … je ne savais pas que ça se prati­quait aussi à Chypre. Je me demande quel genre de personne on est lorsque l’on a recours à de la main d’oeuvre prison­nière d’un système mafieux.

    • c’est juste­ment cela que raconte très bien ce roman. Il suffit de penser que ces femmes sont volon­taires, le barrage de la langue fera le reste. Et pour le pire des employeurs penser que ce ne sont pas des humaines tout à fait comme nous .

  3. Le thème est inté­res­sant, mais ce que tu dis de l’écri­ture me freine un peu…

  4. Comme Kathel, si le style est un peu plat, j’ai peur de ne pas accro­ché même si le sujet est intéressant…

  5. Un titre pour moi, même si mani­fes­te­ment le contenu n’est pas joyeux du tout. Mais si tu veux bien me le mettre de côté si tu l’as gardé, je pense que cela me plai­rait de le lire !

Répondre à Aifelle Annuler la réponse

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée.

Post Navigation