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Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque de Dinard.

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Roman très étrange, que ce récit d’un jeune atta­ché d’am­bas­sade à qui l’on confie une mission sans grand inté­rêt : trou­ver les anciennes fron­tières des pays Baltes. On y découvre la vie des ambas­sades et de son person­nel et avec mon esprit mal tourné, je me dis qu’en période d’éco­no­mie, il y aurait là de très bonnes idées à piocher pour réduire les dépenses de l’état. Mais vu le savoir faire avec lequel nous est décrit ces personnes de la haute fonc­tion publique fran­çaise (tailler son cigare, faire la tour­née des bars, rédi­ger des télé­grammes que personne ne lit…) cela ne ferait que des chômeurs de plus !

J’ai commencé la lecture avec un grand inté­rêt et, au début, ce roman sur ces contrées loin­taines m’a bien inté­res­sée, puis, peu à peu, le person­nage prin­ci­pal se perd dans une non-vie qui rend son roman non-vivant. On s’at­tend sans cesse à ce qu’il se passe autre chose, mais rien ne vient sinon qu’il fait froid et que les popu­la­tions y vivent diffi­ci­le­ment. Les chapitres courts aident à tour­ner rapi­de­ment les pages mais sans que rien n’ac­croche vrai­ment. On peut simple­ment se faire une idée, par ailleurs fort peu sympa­thique, des pays baltes en parti­cu­lier sur les diffi­cul­tés d’être ou ne pas être de la natio­na­lité du pays.

Plein de détails m’ont forte­ment agacée, d’abord le pays n’est pas nommé, cela empêche le pays et le roman de s’an­crer dans le réel, la langue est souvent recher­chée à la limite du snobisme, les expres­sions étran­gères ne sont jamais traduites (La voix de bary­ton réper­cu­tée par Lothar à tue – tête, Nun ist die Welt so trübe, der Weg gehüllt in Schnee). Le flou, peu à peu, s’ins­talle entre le réel et l’ima­gi­naire, et la dénon­cia­tion de ce qui s’est passé pendant la deuxième guerre mondiale est noyée dans les limbes de son cerveau embrumé. Ceci dit il y a parfois de très beaux passages et le début m’a beau­coup intéressée .

Citation

Un portrait

C’est une femme plan­tu­reuse, la peau couleur d’ar­gile, le ventre feuilleté de plis, les cuisses macu­lées de taches verdâtres , le visage large et lippu, le crâne aplati ; les yeux bridés trahissent une origine asia­tique ; son sexe glabre est enfoui sous la chair surnu­mé­raire, ses fesses sont d’une déesse auri­gna­cienne , ses énormes seins suintent de tris­tesse – leurs aréoles me décrochent un regard noir.

le langage diplomatique

Je devine qu’il s’agit tout bonne­ment de ceux que le langage commun appelle des espions – les services secrets qui affec­tionnent les péri­phrases disent « les offi­ciers traitants ».

L’ambiance des pays baltes en automne

Les visites de Neva se font de plus en plus rares. Elle semble gagnée à son tour par la mélan­co­lie que j’ai observé chez Lotha. Elle devient bizarre. Me parle du mauvais temps, de ses études qui l’en­nuient, des mala­dies de sa mère, de l’in­dif­fé­rence de son beau-père, de la froi­deur de son oncle. Serait-elle sur le point de sombrer dans une de ces hysté­ries nordiques, fréquente à cette lati­tude, sous ce ciel avare de lumière. 

Belle description avec un mot que je ne connaissais pas

2J’ai suivi l’en­thou­siasme d’Aifelle et j’ai acheté cet essai Malheu­reu­se­ment, je l’ai acheté sur ma liseuse et je ne peux donc l’en­voyer à personne car je ne peux pas dire que j’ai été très inté­res­sée par les mémoires de cette femme hors du commun et ce livre n’au­rait certai­ne­ment pas encom­bré les rayons de ma bibliothèque.

Oui , sa vie est extra­or­di­naire mais la séche­resse de sa plume a bien du mal à nous en rendre compte. Elle écrit qu’elle a rédigé ses mémoires trop tard , c’est l’ex­cuse que je lui accorde volon­tiers . Trop tard sans doute pour nous permettre de revivre avec elle les angoisses d’une jeune fille juive dans les années de guerre de l’Al­le­magne nazie. Son histoire est stupé­fiante, son père belge décide en 1939 de faire vivre sa famille en Alle­magne alors que sa femme est juive . Tout le monde lui dit de ne pas accom­plir cette folie et sa femme de milieu très aisé et de natio­na­lité améri­caine décide d « y aller.

Tout est incroyable dans cette histoire dont je ne doute pas de la véra­cité, sa mère s’est déci­dée ainsi à partir en Allemagne :

« En déses­poir de cause , ma mère se livra à une véri­table partie de poker. Elle consen­ti­rai à le suivre à une condi­tion : qu’il (son mari) révèle à ses corres­pon­dants alle­mands l’ori­gine juive de sa femme. Mon père accepta. Ma mère nour­ris­sait le fol espoir que les Alle­mands mis au courant renon­ce­raient au projet de nous faire venir en Alle­magne . Ils enre­gis­trèrent l’in­for­ma­tion , sans modi­fier leur proposition. ».

Une fois en Alle­magne , la vie est diffi­cile et surtout ils ont faim , les persé­cu­tions anti juives , elle ne les voit pas et même s’ils ont peur ‚cela ne les empêche pas de mener une vie à peu près normale. Rien de l’am­biance étouf­fante que décrivent si bien les témoi­gnages des rares juifs ayant survécu au nazisme. C’est un pays triste et où l’on a faim , soumis à des bombar­de­ments intensifs.

Ils espèrent la victoire des alliés et se retrouvent aux USA avec leur famille sauf le père qui restera à Bruxelles. Sa vie aux US est facile mais elle n’ar­ri­vera pas à se sentir améri­caine dans ces banlieues trop propres où elle s’en­nuie. Il y a là, quelques remarques qui m’ont intéressée.

Bref un livre fade pour une vie qui ne l’a pas été.

Citations

Le mal de mer (je connais quel­qu’un qui répon­drait oui à cette interrogation)

Nous courions toute la jour­née pour trou­ver les personnes et recueillir les infor­ma­tions, n’avions jamais le mal de mer. Se peut-il qu’une acti­vité intense vous en protège.

Incom­mu­ni­ca­bi­lité des témoi­gnages, et pour elle il ne s’agit que des priva­tions pas des camps de la mort dont elle ne parle pas.

J’ai vite compris que je n’ar­ri­ve­rai pas à commu­ni­quer mon expé­rience , qu’il fallait que j’ac­cepte ce fossé qui me sépa­rait d’une partie de l’hu­ma­nité inca­pable d’ima­gi­ner les horreurs et les priva­tions de la guerre.

Traduit de l’an­glais (Grande-Bretagne) par Pierre Ménard (ça m’amuse que l’on souligne de quel anglais il s’agit…)

2Je suis dans une mauvaise passe. Les livres m’en­nuient, ou alors je ne trouve pas ceux qui me réveille­raient ! Ce n’est pas tout à fait vrai , je relis Bryson (Motel blues) et j’ac­croche tout de suite pour­tant je l’ai lu et relu, en plus il me fait rire, je vous donne un exemple : l’au­teur visite la ville de Bryson et même si celle-ci porte le même nom que lui , il n’y a rien à faire alors il se balade au super marché et voici la scène :

« Vous imagi­nez ça : il y a un gars dont le boulot est de trou­ver un nom accro­cheur pour les alvéoles d’un protège-slip fémi­nin ! Mais impos­sible de me rappe­ler ce nom. Et comme je n’avais rien de mieux à faire, je déci­dai d’al­ler jeter un œil au rayon des protège slip du super marché A&P . Il y en avait une sélec­tion surpre­nante . Je n’au­rais jamais cru que le marché fût si floris­sant ni que les slips de Bryson City eussent autant besoin d’être proté­gés. Je n’y avais jamais prêté atten­tion aupa­ra­vant et c’était assez inté­res­sant. Je ne sais pas combien de temps j’ai bien pu passer à exami­ner les diffé­rentes marques et à lire leurs descrip­tions. Peut-être même me suis-je mis à parler tout haut , ce que je fais parfois quand je suis tota­le­ment absorbé par une tâche agréable. En tout cas , au moment précis où je saisis­sais un paquet de « New Free­dom, Protec­tion extra-mince avec nouveau système breveté de Nids d’Abeilles (Marque dépo­sée) » et où je m’écriais : « Ah, vous voilà , petits coquins ! » j ai tourné la tête et j’ai vu au bout du rayon le direc­teur et deux vendeuses qui m’ob­ser­vaient. En rougis­sant , j ai remis tant bien que mal le paquet sur l’éta­gère . « Je ne fais que regar­der » leur ai-je lancé d’une voix qui manquait de conviction. »

Rien à voir avec le livre dont je voulais vous parler, mais voilà je n’ai rien à dire sur « la dame à camion­nette » , je l’ai lu jusqu’au bout , mais rien.
Pour­tant, j’avais appré­cié « la reine des lectrices » mais là rien … Le roman aurait pu être dans les dernières pages, quand on découvre que cette femme qui se clochar­dise avait été été une pianiste virtuose mais l’au­teur n’a aucune expli­ca­tion à nous donner.

Alors à mon avis lisez ou reli­sez Bryson ou d’autres et donnez moi des bonnes idées de lecture.

kinderzimmer-1393211-616x0Auteure repé­rée sur les blogs.

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J’ai un peu oublié les blogs qui m’ont conduite à ache­ter ce livre. Je suis très diffi­cile sur ce sujet : les camps d’ex­ter­mi­na­tion nazis. Toute œuvre histo­rique me mobi­lise immé­dia­te­ment et parfois aussi des romans sur le nazisme , comme le roman de Rafaël Jeru­salmy (Sauver Mozart). Valen­tin Goby a décidé de trai­ter un sujet parti­cu­liè­re­ment déli­cat : quelques enfants nés dans les camps de concen­tra­tion ont survécu aux terribles condi­tions de leur naissance.

Nous suivons la mémoire doulou­reuse d’une vieille femme, Mila. Jeune, elle a été dépor­tée à Ravens­brück , elle accepte de parler devant des élèves fran­çais. Bien sûr, nous sommes dans l’hor­reur abso­lue et on sent que l’au­teur met toute ses quali­tés de sensi­bi­lité pour bâtir une histoire qu’elle puisse nous racon­ter. J’ai lu ce roman depuis au moins quatre semaines et je n’ar­rive pas à écrire mon billet. Étant donné l’hor­reur du sujet , est-ce que j’ai le droit d’écrire que je n’ai pas été touchée ? Je suis contente de voir que ce livre trouve son public, car le monde ne doit jamais oublier vers quoi mène le tota­li­ta­risme et à quel point l’hu­ma­nité a en souf­fert. Je cherche à comprendre mes propres réac­tions, je pense avoir un respect absolu pour tout effort de mémoire donc pour les témoi­gnages , mais s’il s’agit de créer une œuvre roma­nesque je trouve que si l’au­teur joue unique­ment sur notre sensi­bi­lité je trouve cela trop facile.

Déso­lée pour cet auteur et ce roman.

Traduit de l’is­lan­dais par Éric Boury

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Je me suis laissé tenter par un polar qui a bien plu aux blogueuses que je lis régu­liè­re­ment et dont , souvent, je partage les goûts. J’en conclus que, vrai­ment, ce n’est pas ma tasse de thé, les romans polars , je ne trouve rien de plus éner­vant que de lire un roman tendu par une tension poli­cière. Qui a tué ce malheu­reux jeune homme qui avait la sale manie d’en­re­gis­trer les films sur son magné­to­phone ? Vous pensez, bien avant les enquê­teurs, qu’il a enre­gis­tré des propos qu’il n’au­rait pas dû entendre. Et comme dans une histoire magique, une décou­verte d’un élément entraîne la mise en place d’un puzzle, sans beau­coup de surprise.

Le person­nage prin­ci­pal est hanté par un passé doulou­reux marqué par le fait que son père n’a jamais voulu recon­naître cet enfant adul­té­rin atteint , de plus, de tuber­cu­lose. Le roman permet de revivre le duel Fischer Spassky , c’est ce que j’ai préféré , je me suis préci­pi­tée sur Wiki­pé­dia pour relire ce que l’on sait aujourd’­hui de ces événements.

Enfin, petit détail qui m’a éner­vée pendant tout le roman, il y a aucun moyen pour savoir si Marion-Briem est une femme ou un homme,et je pense (en plus) que l’ambiguïté est culti­vée inten­tion­nel­le­ment , je ne comprends vrai­ment pas pour­quoi. (cher­chez bien, à aucun moment on ne dit « elle » et aucun accord ne permet de le savoir). Déjà que ce n’est pas facile de savoir si les prénoms sont fémi­nins ou mascu­lin, par exemple Gudny fille ou garçon ? Il faut parfois lire quelques lignes pour se rendre compte que Gudny est mariée avec Albert. J’ai lu et relu sans jamais savoir si Marion est, en Islan­dais en 1972 ‚un prénom fémi­nin ou masculin.

Bref, je n’ai pas été passionnée.

On en parle

à Sauts et à Gambades, et chez Clara

Lu dans le cadre du club de lecture de la média­thèque, thème le voyage.
Traduit de l’ita­lien par Carole Cavel­lera.

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Les hasards sont étranges, je lis ce livre et en même temps, j’en­tends une émis­sion consa­crée à Mala­parte. 
Person­na­lité ambi­guë , l’émis­sion m’a donné envie de relire ses œuvres plus connues. Je ne peux pas dire que j’ai été conquise par ce court roman. Et je me demande bien pour­quoi il a été choisi pour parti­ci­per au club de lecture sous le thème « voyage ».

Il s’agit surtout de la guerre et de la désor­ga­ni­sa­tion des troupes confron­tées à la défaite. Voici l’his­toire : un soldat ramène le cercueil de son capi­taine à sa famille à travers une Italie en déroute. La quatrième de couver­ture parle « d’un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses mais aussi plein de courage et de géné­ro­sité. ».

Le roman ne fait qu’une centaine de pages donc très court et sans grand inté­rêt et il faut tout la bien­veillance d’un éditeur pour dire que c’est « un de ces inédits dignes de figu­rer aux côtés des plus grandes œuvres de leur auteur ». Le soldat a promis à son capi­taine de rame­ner son corps à Naples , il va le faire , on se demande bien pour­quoi. Au lieu de se rendre , puisque le combat était perdu d’avance, ce capi­taine a fait tuer dans des combats pour l’hon­neur la moitié de ses hommes.

On a du mal à comprendre que ce brave soldat soit si atta­ché à son offi­cier. Mais, avec ce que j’ai entendu de Mala­parte , j’ai pensé que cela corres­pon­dait à son idéo­lo­gie : un brave paysan rustre mais honnête, qui se charge du corps de son capi­taine appar­te­nant à la vieille noblesse italienne. Sur son chemin, il rencontre d’abord une jeune orphe­line éprise de liberté, mais qu’il sera inca­pable d’ai­der, puis une femme dont il va tomber amoureux.

On retrouve dans les descrip­tions des person­nages , l’am­biance des films néoréa­listes de l’après guerre en Italie. Ce sont souvent des femmes coura­geuses qui s’op­posent aux truands mais elles doivent avant tout trou­ver du travail pour nour­rir leur famille. Il y a un passage très ciné­ma­to­gra­phique , où Maria­giu­lia admi­nistre une claque superbe à une mère maque­relle , et où les macs ne peuvent pas s’op­po­ser à la fuite des jeunes femmes qu’ils avaient déjà recru­tées pour leur sale trafic.

Je me demande bien ce qu’en pense­ront mes amis du club… (vous avez remar­quez le mascu­lin , et oui avec la nouvelle média­thèque , un homme a rejoint le club !).

Citations

Au début

Ce sont des hommes simples, honnêtes, et bien qu’ils pres­sentent que tout est perdu, inutile, qu’il n’y a plus rien à faire , ils ne renoncent pas à leur devoir .

À la fin

Invo­quant la Madonne et tous les Saints, avec cette forme de piété collec­tive qui à Naples est le signe le plus noble, le plus spon­tané , de la soli­da­rité chré­tienne et sociale des pauvres.

On en parle

lecture addict où j’ai lu une remarque très inté­res­sante, c’est une ébauche de roman, je pour­rai rajou­ter ou un script de film.

Traduit de l’an­glais par Alice DELABRE

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Quel sujet ! Mais.… quel livre ! Quel sujet : l’his­toire de ces lépreux qui étaient isolés dans une colo­nie, sur une île ‚au large de la Crête et qui n’a fermé ses portes qu’en 1957. Victo­ria Hislop raconte la souf­france des sépa­ra­tions : les enfants arra­chés à leurs parents, les époux , puis la lutte contre cette mala­die qui défi­gu­rait et faisait tant souf­frir avant de tuer le malade. Je ne connais­sais pas cette colo­nie de lépreux et j’étais bien loin de m’ima­gi­ner que le sort de ces malades a été aussi terrible et cela jusqu’à la moitié du 20° siècle. C’est pour cela que je commence en disant « quel sujet ! » (et pour cela , j’au­rais dû mettre 3 coquillages).

Mais quel livre ! Dans un style linéaire où rien ne ressort vrai­ment , l’au­teur mêle à cette histoire celle d’une riva­lité amou­reuse entre deux sœurs , la gentille parfaite et la méchante perverse. Ne soyez pas trop inquiet le bien finit par triom­pher , il faut dire que la gentille parfaite a dû pour cela subir un nombre de coups du sort assez incroyables. Mais digne, elle ne s’est souciée que du bien-être de son vieux père et quand elle rejoin­dra la colo­nie de lépreux, des autres malades. Pendant que sa sœur mariée au plus gros proprié­taire terrien de la région , s’en­voie en l’air avec le cousin de son ami, l’ex-fiancé de sa jeune sœur. Je vous l’avais dit la méchante et la gentille.

J avais acheté ce roman dans une gare avant de partir et je l’avais oublié pour­tant il est parfait pour un voyage en train … un peu long peut-être.

Une seule citation

Te porter malchance ? Je crois que tu as épuisé toutes tes réserves dans ce domaine, Maria. Pour tout te dire, j’ai l’im­pres­sion que le destin en avait après toi, mis là je suis sûre qu’il est à court de munitions.

On en parle

Les opinions beau­coup plus posi­tives sur Babe­lio et celui de Clara qui est plus proche de ce que je pense.

Traduit de l’an­glais par Chris­tian BESSE

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Je suis déçue par cette lecture, mais cet été peu de livres ont réussi à me toucher , je me dis que ça vient donc peut-être de moi ! J’avais bien aimé « la vie aux aguets » du même auteur et on retrouve un peu les mêmes thèmes. La vie des espions britan­niques, cette fois pendant la première guerre mondiale.

J ai bien aimé le début du roman qui se passe à Vienne en 1913 , l auteur fait bien ressen­tir l’at­mo­sphère étouf­fante de cette capi­tale, du temps où elle domi­nait un quart de l’Eu­rope et tant de natio­na­li­tés diffé­rentes. Mais la vie de de Lysan­der m’a fran­che­ment peu inté­res­sée. Ces diffi­cul­tés sexuelles nous valent un passage par la psycha­na­lyse et une rencontre assez brève avec Freud en personne !

Ensuite nous partons avec le héros dans une Angle­terre boule­ver­sée par la guerre et une sombre histoire d’es­pion­nage à la Agatha Chris­tie. Toujours avec un petit côté déta­ché , Lysan­der finit par être tota­le­ment incon­sis­tant et l’his­toire peu crédible.

J ai fermé ce roman soulagé de l’avoir fini !

Citations

Ambiance à Vienne en 1913 un officier Slovène est accusé de vol il revient de son procès

- Alors, c’est fini, dit Lysan­der. Qu’est-ce qui leur a fait entendre raison ?

- Un embar­ras­sant manque de preuves. Mais je leur ai donné à réflé­chir. Ça les a détour­nés du rusé Slovène.

- Ah, oui ? Quoi donc ?

- Il y a ce capi­taine dans le régi­ment, Fran­ken­thal. Il ne m’aime pas. Un type arro­gant. J’ai trouvé le moyen de rappe­ler à mes offi­ciers supé­rieurs que Fran­ken­thal était un nom juif. » Wolfram haussa les épaules.»Et comme moi,Frankenthal a eu la clé pendant une semaine.

- Quel rapport avec le fait qu’il soit juif ?

- Il n’est pas juif, sa famille s’est conver­tie au catho­li­cisme il y a une géné­ra­tion. Mais quand même .. » Wolfram eut un sourire mali­cieux . « Ils auraient dû chan­ger de nom. »

- Je ne vous suis pas.

- Mon cher Lysan­der, si on ne peut pas attri­buer le crime à un Slovène , un juif c’est encore mieux. Ça lui appren­dra à vivre , à ce type déplaisant !

On en parle

Des critiques posi­tives chez Babe­lio et cet avis glané sur inter­net avec lequel je suis plutôt d’ac­cord : ça sent le brûlé.

Traduit de l’afri­kaans par Pierre-Marie FINKELSTEIN

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La suite de l’au­to­bio­gra­phie de Brink, plusieurs d’entre vous m’ont conseille de lire Karel Shoe­man, et j’ai fait confiance à Domi­nique pour choi­sir celui-ci. Je compte sur vous pour me dire si je dois conti­nuer dans la lecture de cet auteur, parce que , je suis déso­lée Domi­nique, mais j’ai eu beau­coup de mal à comprendre pour­quoi tu as aimé ce livre.

Il a le grand mérite de nous faire comprendre d’où viennent les Afri­ka­ners qui seront dans un autre siècle les tenants de l’apar­theid , mais le procédé litté­raire est à peu près insup­por­table. Cette femme qui va mourir ne veut pas se souve­nir d’une vie pétrie d’ennuis et de rancœurs, mais les souve­nirs lui viennent à la mémoire malgré elle. Cela donne toutes deux ou trois pages .. je crois … je ne sais plus… est ce bien ainsi que cela s’est passé… est-ce elle ?

On s’at­tend à quelque chose d’énorme et fina­le­ment à force d’at­tendre on trouve qu’un crime passion­nel et le fuite d’une femme avec le frère de son mari, sont peu de chose même si c’est bien le lourd secret qu’on vos promet au début du roman, ce n’est évidem­ment pas le plus impor­tant… Le plus impor­tant , c’est le silence et l’ab­sence de réac­tion d’une fille qui a accepté la tyran­nie de sa mère. Et n’a fait aucun choix person­nel, le dur labeur de la ferme la toute puis­sance d’une femme acariâtre et mesquine qui a fait le malheur de toute sa famille.

Et ce pays où tout est difficile

En toile de fond , loin , très loin de leur vie , des noirs qu’on spolie ou qu’on frappe le plus fort possible. Reli­gion, rigueur, absence de plai­sir, médi­sance des petites commu­nau­tés rurales tout cela dans le cerveau d’une pauvre vieille fille en train de mourir et qui mélange les années et n’a rien connu de la vie.…

Domi­nique ! Help ! Si les autres romans de cet auteur sont du même bois, j’arrête !

Citations

Les spoliations de noirs

Papa se tenait sur le seuil de la porte , en silence, et je revois encore Maman , juste derrière lui, lui donner une tape dans le dos et lui murmu­rer à l’oreille : » dis à cette espèce de Hotten­tot de décam­per ! » Je m’en souviens comme hier :Maman vêtue de sa robe noire , ses paroles, et ce petit geste d’im­pa­tience . Un beau jour , quel­qu’un avait décou­vert ‚ou décidé, que le lopin de terre sur lequel vivait Jan Baster était situé sur notre ferme et lui avait ordonné de déguerpir. 

La mémoire

Le passé est un autre pays : où est la route qui y mène ?

On en parle

« à sauts et à gambades » bien sûr, et « le mange livre  » tout aussi enthou­siaste (je me sens bien seule !).

http://ecx.images-amazon.com/images/I/51owS4--xDL._SL500_AA300_.jpg

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Un titre très long et qui en dit beau­coup sur un tout petit roman d’une centaine de pages. Une fable philo­so­phique( ?) au sujet d’une femme chinoise qui aurait aimé avoir 10 enfants plutôt qu’un comme la Chine l’im­pose à tous ses citoyens. J’ai pris ce livre à la biblio­thèque, et j’ai passé une soirée en sa compa­gnie en me deman­dant pour­quoi l’au­teur l’avait écrit.

On peut le prendre comme une aimable réflexion sur le trésor que repré­sente le deve­nir d’un enfant, on peut y lire aussi la violence faite aux Chinois depuis la révo­lu­tion commu­niste et son tissus d’hor­reurs et enfin l’adap­ta­tion sans nuance de ce grand pays à la moder­nité. Mais non, il faut y voir une illus­tra­tion de la pensée de Confu­cius , c’est sans doute pour cela qu’à mes oreilles ce livre sonnait aussi faux : j’ai toujours été peu convain­cue par les proverbes chinois qui me font rire plus que réflé­chir. Bref un très petit livre qui ne pas convain­cue sauf quelques moments comme la descrip­tion de l’usine de jouets.

Citations

Les enfants trop doués

A l’époque, monsieur, j’igno­rais que les élus ne réus­sissent que l’ex­tra­or­di­naire et loupent l’or­di­naire. Le don, c’est inéqui­table, autant pour ceux qui le reçoivent que pour ceux qui en manquent.

Une idée qui m’a plu

C’est l’ima­gi­na­tion qui singu­la­rise, l’ima­gi­na­tion qui arrache a la bana­lité, à la répé­ti­tion, à l’uniformité.

Proverbe chinois

L’ex­pé­rience est une bougie qui n’éclaire que celui qui la tient.

Et une phrase qui pourrait être un proverbe

La vérité, c’est juste le mensonge qui vous plaît le plus.

On en parle

Quel­qu’un qui a beau­coup aimé le cottage de Myrtille.