Éditions Collins NOIR, 330 pages, décembre 2025

Je vais pouvoir supprimer ce roman qui est dans ma liste depuis presque un an. C’est sur le blog « je lis je blogue  » que je l’avais trouvé. C’est un thriller très dur car il mélange plusieurs horreurs, d’abord la vengeance d’un tueur en série qui veut tuer son ancien avocat. Mais avant d’en arriver là, il faut lire la défense de Vincent qui est accusé de six viols atroces qu’Alano Garcia, avocat de Bordeau défend de toutes ses forces. Au départ, il le fait car il veut se faire un nom et devenir suffisamment célèbre pour être riche. Mais il se prend au jeu et croit son client innocent. Alors qu’il est acquitté, il se rend compte qu’il est coupable et arrive à le faire condamner pour un autre fait.

Il sait qu’il viendra se venger dès qu’il sera libéré .

Le roman se passe aussi en Espagne où l’avocat vit aujourd’hui, il s’y cache avec sa femme et sa fille. Là, ils découvrent avec horreur la chasse aux lièvres avec des chiens, les lévriers. Ces chiens sont tués de façon atroce quand ils n’ont pas ramené la proie. Alano et sa femme seront en butte à l’hostilité de ses chasseurs car ils sont choqués par leur cruauté ;

Les deux horreurs vont se réunir : le tueur et les chasseurs vont se retrouver dans des scènes à peine supportables.

C’est certainement un excellent thriller, mais c’est aussi le genre de récit que je n’aime pas. Le récit n’est construit que sur le suspens et la peur que distille la romancière page après page. Parfois je me demande pourquoi autant de plaisir à décrire l’horreur de tant de tortures. Et si je suis vraiment choquée que l’on traite les chiens de cette façon, cela me gêne aussi que le récit semble comparer les viols avec torture de l’assassin avec le sort des chiens des chasseurs espagnols.

 

Extraits

Prologue.

 Mon professeur de droit pénal nous disait toujours que la meilleure façon de défendre un accusé consiste à déterrer la victime qu’il fût. À utiliser la machine à voyager dans le temps pourri des brimades, des branlés et des parents défaillants. Parce que la violence ne s’apprend pas dans les jeux vidéo, pas plus que dans les films de gangster. Des tas d’études ont essayé d’établir un lien. Des tas, elles ont toutes lamentablement échoué.

Début du roman.

Malamerua, Andalousie -dimanche.
– C’est l’histoire d’un avocat qui défend un accusé de meurtre que toutes les preuves accablent. Mais sa plaidoirie est si éloquente qu’elle sème le doute chez le jury. Finalement, l’accusé est acquitté. L’avocat se tourne vers son client et lui murmure à l’oreille  »  » Alors, l’avez tué ou pas ? » Le client lui répond : » Après votre plaidoirie, je n’en suis plus certain ! »

Évolution.

 Où était passé le jeune homme désargenté qui l’avait séduite un soir de juin, avec rien d’autre que son bagou, et un kebab acheté rue du Palais- Gallienne et picoré face au fleuve ?
 Être pauvre est un art qui s’oublie si facilement.

Les chasseurs espagnols

 Ce genre de gars, vous n’avez aucune envie de les foutre en rogne, croyez-moi. Ma théorie, c’est que lorsqu’on est capable de jeter ses propres chiens dans un puits et de les y laisser crever, il y a peu de chance qu’on soit du genre à régler ces querelles de voisinage par le dialogue.

Martyre des chiens.

 Si un galgo ne revient pas avec le lièvre dans sa gueule, m’a-t-il expliqué, son maître considère qu’il est coupable de l’avoir humiliée. Le chien doit alors payer pour se faire plusieurs méthodes toutes plus délicieuses les unes que les autres.
Le puits, donc.
 Mais aussi la pendaison mis à mort propre et classique, avec tout de même une subtilité, les pâtes du chien frôlent le sol, permettant une agonie plus longue.
L’écorchage plus original : l’animal est attaché derrière un quatre quatre et traîné jusqu’à ce que morts s’ensuive.
 L’absorption d’acide ou de javel.
 Et si l’on est tout à fait lâche, on leur brise les pattes et on les abandonne dans la nature.

 


Édition l’archipel, 412 pages, Octobre 2023

Traduit de l’anglais par Danièle Momont

J’ai choisi par hasard ce livre à la médiathèque, j’aime souvent lire des romans qui se passent en Grande-Bretagne pendant la deuxième guerre mondiale. Quelle déception ! Il s’agit d’une malheureuse histoire d’amour ou April, une jeune soldate britannique tombe amoureuse d’un beau GI de couleur. Sa grossesse la conduira à retrouver le village de son oncle et comprendre pourquoi se propre mère la déteste. Tout se termine le mieux possible pour elle et son bébé mais il faut 412 pages de tragédies pour en arriver là.
Même la vie au village de Cliffehaven, au milieu d’habitants si typiquement « british » n’a pas réussi à retenir mon attention. Je le mets sur Luocine pour vous éviter cette lecture au cas où …

Extraits

Début du prologue.

Portsmouth, novembre 1942
April Wilton se cramponna au bord de la vedette, lance-torpille. Le bateau fendait la surface agitée des flots gris du Solent. La jeune femme et son ami Paula Simls, toutes deux membres de la Royal Navy venaient d’en réviser le moteur qu’à présent on testait. La vitesse, qui exaltait April, eut tôt fait de balayer la mélancolie qu’elle promenait depuis son récent retour de permission.

Début du roman.

Portsmouth mars, 1943
 Après cette nuit-là, Ils s’étaient revus à la moindre occasion. April se sentait follement amoureuse, amoureuse de toute son âme. Il ne faisait aucun doute pour elle que Daniel tiendrait ses promesses qui lui avaient faites durant ses longues et merveilleuses heure d’amour. Ses heures durant lesquelles il lui semblait renaître, et dont elle émergeait plus forte, prête à affronter tous les obstacles qui se présenteraient sur sa route.

Le racisme dans l’armée américaine .

 Nous nous battons tous pour la même cause. Cela est juste cela aurait dû suffire aux Américains pour les accepter. Au lieu de quoi on ne les installent pas dans les mêmes casernes que les blancs, ils mangent dans des réfectoires différentes, et on leur impose un horaire pour aller faire leurs emplettes au magasin de l’armée, sans parler des insultes et des brimades physiques.


Éditions Nami, 300 pages, mai 2026

Traduit du coréen par Marion Gilbert.

Voici donc un roman feel-good coréen. Tout est fait pour qu’on se sente bien avec cette grand-mère, Gumnam, qui non seulement régale les clients de son petit restaurant de Séoul, mais qui agrémente chaque repas à emporter d’un petit mot plein de bonté et de sagesse qui se termine toujours par ces mots : « See you again » .

Nous suivons plusieurs de ses clients : une jeune femme qui se sent obligée d’abandonner son bébé qu’elle a eu avec un malfrat, un jeune homme qui rate sa vie car il porte le même nom qu’un excellent joueur de foot, ce qu’il n’est pas, un livreur d’œufs frais qui chante très bien, un SDF qui cherche à manger, une infirmière qui est désespérée de ne pas avoir d’enfant, et enfin Minjeong, la fille adoptive de Gumnam artiste peintre à New York.

La bonté et la clairvoyance de Gumnam va aider tous ses clients à résoudre leur problème, et tout se termine pour le mieux, un peu moins pour elle, mais elle ira quand même à New-York le rêve de sa vie.
C’est le genre de roman dont on tourne les pages en se demandant ce que l’auteure va inventer pour nous donner le sourire et elle y arrive toujours, alors que les personnages sont parfois dans des galères incroyables. Les recettes coréennes de Gumnam sont là pour agrémenter le tout, c’est un peu comme si on visitait ce pays avec un tour opérateur, avec un guide décidé à nous montrer ce pays sous son meilleur aspect. Je ne pense pas que la vie soit ainsi faite mais je n’ai pas détesté me promener dans Séoul et rencontré ces personnages ; même si j’ai des doutes sérieux sur leur existence. On est tellement loin du livre HWANG SOK – YUONG, c’est aussi une autre époque je suppose qu’entre le monde désespéré de l’un et celui-ci un peu (beaucoup) à l’eau de rose la réalité doit être entre les deux, comme souvent.

Extraits.

Début du prologue

 Un matin, à l’aube, l’heure où le ciel se part de violet car le soleil n’est pas encore levé, l’introduction de « Moon River « résonnait dans tout le « hanok » à travers une enceinte Marshall, beige.

Début du roman.

«  Une journée de plus a montré mes talents de cuisinière ! » Pensa Gumnam en ouvrant d’un coup sec la baie vitrée en accordéon. L’air frais du matin pénétra instantanément dans la salle de Manna Doshirak. Une légère bise fit tintinabuler le carillon décoré de poissons, accroché à la porte d’entrée et les premiers rayons du soleil se reflétaient sur la vitrine bien lustrée. Gumnam se connecta à l’enceinte via Bluetooth, grâce aux gros caractères affichés sur son écran de téléphone, qui lui permettait de voir facilement les touches sans avoir besoin de loupe.

Cette recette ne me fait pas tellement envie.

 Bientôt, les pommes de terre dévoilèrent leur chair lisse et brillante.
 Après les avoir fait cuire et écraser, Gumnam y ajoute délicatement du jambon, du concombre, finement coupé, de la mayonnaise, de la moutarde, du sucre, du sel et du poivre, puis mélangea le tout. Elle coupa le côté d’une brioche moelleuse en deux pour y fourrer une grosse cuillère de salade ou plutôt deux, faisant presque craquer l’autre côté. Elle compléta la boîte avec une sauce aux œufs poissons et à l’avocat ainsi que du bœuf mijoté dans de la sauce soja.

 

 

 


Éditions Charleston, 266 pages, février 2026

 

J’ai conseillé l’achat de ce roman à la médiathèque de Dinard, car je pensais que les enseignants en activité ou retraités en aimeraient la lecture. Mon avis est beaucoup plus mitigé que celui que j’ai lu sur un blog. Cette autrice raconte son expérience de professeure des écoles, pour son premier poste, elle remplace une enseignante qui a fait une tentative de suicide avant la rentrée. Elle se donne à fond pour faire son métier le mieux qu’elle peut, elle fait classe à des CE2 et CM1 et décrit gentiment les enfants. Elle vit une inspection comme un jugement à un tribunal sans pitié . Peu à peu, elle abandonne ses envies de perfection et devient une professeure agréable pour ses élèves. Pour donner un peu de piquant à ce récit (bien plat) elle met en scène sa mère et sa manie d’infantiliser sa fille et une histoire d’amour .

Le seul moment de vérité se passe avant un séjour à la mer qu’elle a préparé avec sa classe, et ce jour là, le rectorat l’appelle pour lui dire qu’elle doit changer d’école immédiatement. Cela sent le vécu : l’enseignante suicidaire est finalement démissionnaire, donc elle doit bien être remplacée mais pas par le même type de remplaçant. Elle, Lisbeth, pouvait remplacer une enseignante malade mais pas occuper un poste vacant, c’est une autre type de remplaçant qui doit avoir se poste.. Vous y comprenez quelque chose ? et les élèves qui sont à la moitié de leur année ? Les parents se mobiliseront et elle pourra finir son année !

J’espère que ce lire trouvera des lecteurs à ma médiathèque mais je regrette de l’avoir conseillé. Son seul mérite : il se lit très, très facilement.

Extraits.

Début du prologue.

 Jeudi 03 septembre 2009.
– Lily ? Tu es réveillée ?
– Oui, maman, je suis prête.
 Je jette un dernier coup d’œil à mon reflet dans le miroir, hésite encore une fois à échanger mon jean contre une jupe, renonce. C’est la rentrée des classes aujourd’hui, pas le concours pour intégrer la chorale de l’église.

Début

Podcast
2025
 « Bienvenue dans « Trouver sa voie », , le podcast, où l’on explore les instants qui transforment une carrière… et parfois une vie. Je suis Némora, et j’invite les personnes inspirantes à revenir sur une année clé, seul ou à tout prix un autre sens. 
Mon objectif ? Vous aider à comprendre qu’il n’y a pas de bon ou de mauvais choix seulement vos choix à un moment donné de votre existence… »

Elle et sa mère .

 Bien évidemment, je n’aurais pas pu refuser d’héberger ma mère. Mais quand même … elle dort dans la pièce qui me sert de bureau, squatte mon minuscule salon avec ses pelotes de laine, et alors qu’elle est arrivée il y a peine deux semaines, j’ai plus l’impression de séjourner chez elle que de l’accueillir. C’est une personne de bonne compagnie, toujours d’humeur joviale, et j’adore lorsqu’on se retrouve quelques heures. Mais de là à vivre en colocation… Nos repères ont été biaisés. Résultats, elle s’ennuie, et moi, je perds un temps fou à chercher des objets que j’avais pourtant rangés à leur place. Et puis j’ai passé là d’être infantilisé, réveillée le matin et surveillée depuis la fenêtre.

L’école, tout le monde y est passé.

 Jamais, je ne pourrai juger un astrophysicien, parce que je ne connais tout bonnement pas ce métier. Or, tout le monde a une idée sur l’école pour y aller en tant qu’élève. Ensuite, on laisse ses enfants devant le portail et nos propres souvenirs se mélangent à ce qu’on devine. Sauf que, comme pour beaucoup d’endroits, on ne connaît jamais réellement les coulisses avant d’y être intégré.

Le vocabulaire de l’éducation nationale.

En 2009, j’étais T3, parce que c’était ma troisième année de PE, pour professeur des écoles. J’avais obtenu le CRPE, autrement dit le concours, et appris à l’IUFM, anciennement école normale et depuis devenue l’INSPE. 
-Tu veux dire que le jargon crée une dissonance ? – Je le pense. Des mots barbares désignent des concepts simples. Les acronymes doivent être la passion cachée de notre ministère, qui, en invente régulièrement de nouveau, histoire d’entraîner notre cerveau certainement. Le Dasen, l’IEN, les AP, le PPMS,, tous ces termes sont autant de pelles qui creusent le gouffre entre les enseignants et le reste du monde.


Éditions Liana Levi, 279 pages, mai 2012

Traduit de l’anglais (États- Unis) par Adélaïde Pralon

Cet auteur est déjà sur Luocine pour un livre que j’avais adoré : « Cité de la poussière rouge » et j’avais déjà essayé un de ses romans policiers  : « Mort d’une héroïne rouge« . J’ai voulu retenter avec celui-ci.
J’ai retrouvé ici l’inspecteur Chen embarqué dans une sombre affaire de corruption autour de l’immobilier à Shangaï. En 2012, déjà, En Chine les petits malin utilisaient l’espace Cyber pour mener des attaques. mais ils peuvent eux-mêmes être manipulés par plus forts qu’eux. Donc l’inspecteur Chen aura beaucoup de mal à savoir qui est derrière, le suicide ou l’assassinat de Zhou le potentat du parti en charge de l’urbanisme à Shangaï. J’ai eu beaucoup de mal à finir ce roman et à m’y retrouver parmi les personnages. Mais en revanche, on apprend beaucoup sur la difficulté de se loger à Shangaï. Ce roman écrit en 2012, montre le début de la puissance des hackers chinois, mais depuis le pouvoir a repris les choses en main et je pense que ce n’est plus du tout un lieu de contestation du pouvoir.

Je suis mauvaise juge de la qualité d’une enquête policière, on a vraiment du mal à comprendre pourquoi ce policier particulièrement intelligent et au fait de toutes les manœuvres des ultra corrompus du Parti Communiste Chinois, laisse une jeune femme l’aider dans son enquête. C’est vraiment bizarre, et tellement confus. Et je déteste aussi toutes les réflexions où le policier semble comprendre quelque chose mais qui finalement lui échappe.

La seule chose qui m’a intéressée c’est ce qu’on apprend de l’horreur de ce régime où les injustices sont flagrantes et les différences sociales énormes.

Extraits.

Début.

 L’inspecteur principal de la police criminelle Chen Cao assistait à une conférence à l’Union des écrivains de Shanghai. Les sourcils froncés, il opinait du chef, comme pour battre la mesure du discours de l’orateur.
 » L’énigme chinoise, qu’est-ce que c’est ? Eh bien, prenons par exemple cette formule politique en vogue : le socialisme à la chinoise. Voila un terme générique qui englobe tout ce qu’il y a d’énigmatique dans notre beau pays : socialiste ou communiste dans les journaux du Parti, mais capitaliste dans la pratique, un capitalisme de copinage, primaire, matérialiste au dernier degré. Et féodale aussi, si l’on en juge d’après les enfants des hauts dignitaires, petit prince héritier destiné à devenir dirigeant à leur tour, en légitime successeur du régime à partie unique.
 » Les machines de propagande du Parti on beau tourner à plein régime, la société chinoise est aujourd’hui moralement, idéologiquement et éthiquement en panne, mais elle continue pourtant d’avancer, encore et toujours, comme le lapin dans les publicités pour les piles. »

La Chine des jeunes.

 Dans une émission de téléréalité où les candidats parlent de leur vision du mariage, une jeune femme lance sa devise : elle préfère pleurer dans une BMW plutôt que rire sur un vélo.


Édition Grasset, 276 pages, mars 2026

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

De cette auteure, je n’ai apprécié que « Eux sur la photo » j’ai été déçue par 555, et j’ai carrément été très agacée par celui-ci.

Dès le premier chapitre, je savais exactement ce que cette auteure voulait nous montrer, et pourtant j’ai trouvé très justes les premières lignes, le moment de stupeur quand on vient vous annoncer la mort accidentelle d’une personne aimée. Ensuite vous trouverez les horribles patrons qui ne respectent pas les normes et préfèrent le profit à la santé de leurs employés et à la qualité de l’environnement jusqu’à utiliser des produits interdits pour s’enrichir davantage. Pour en rajouter dans l’insupportable, cette usine de fabrication de papier, vise la labellisation : produit écologique. L’autre cliché, qui évidemment a une part de vérité, la DRH, qui pousse le personnel à la dépression, voire au suicide. La narratrice, médecin spécialisée dans les soins de la dépression, n’accepte pas que sa sœur soit morte pour rien. Elle était ingénieure chimiste dans cette usine de papier, et elle est retrouvée morte dans l’atelier N°4, elle n’aurait pas dû être là, surtout la nuit. Son mari est prêt à accepter l’argent de l’entreprise qui très vite accepte que cette mort soit un accident du travail.

La police, et la justice, ne sont pas à la hauteur de la narratrice pour découvrir la vérité . Oui, la DRH est une vraie ordure, et oui, le directeur de l’usine a utilisé des produits interdits.

Tout est convenu dans ce récit mais le pire pour moi c’est la fin, c’est la candeur du regard d’un chien qui empêchera la narratrice de devenir à son tour une meurtrière ! ! !

Extraits.

Début.

 Ils sont arrivés à deux, dans une voiture grise et bleue. J’ai noté quand il en sont descendus à quel point la femme était plus grande que l’homme. C’était bizarre de voir débarquer ce couple difforme, une géante et un gringalet, en plein week-end. Pendant ce temps, le voisin, comme à l’accoutumée, tendait sa pelouse, en faisant au passage profiter tout le quartier.

 

 


Éditions Albin Michel, 199 pages, décembre 2025

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard

 

Cette autrice écrit vraiment très bien, son style est parfait, mais j’ai rarement ressenti un tel sentiment de « ras le bol ». Pourquoi choisir un personnage aussi peu intéressant qui n’a pas réussi sa carrière d’écrivain sur lequel la vie a glissé sans laissé de traces en dehors de ses personnages de romans ? Et puis, j’apprécie vraiment assez peu les romans où on parle des difficultés d’écriture. Pourtant Sylvie Germain le fait très bien et elle sait montrer combien l’écriture relie l’écrivain au monde et en même temps le coupe de ce même monde. Mais ce personnage n’a pas, comme elle, la chance de vendre ses livres, c’est donc l’abime dans lequel elle n’est pas tombée mais où elle fait sombrer Samuel, allias Tarn son nom d’écrivain qu’elle met en scène.

Si ce roman nous permet de bien comprendre les aléas de l’écriture, la vie lui échappe totalement, elle n’est présente que comme une suite de possibilités qui peuvent être autant de situations romanesques qui vont revenir en un cauchemar halluciné à la mort du personnage.

Pourquoi ai-je commencé par mon « ras le bol » ? Lorsque les auteurs créent des romans en mettant au centre des personnages sans ancrage dans la vie réelle et qui font de leur propre écriture le sujet même du récit, je trouve qu’ils « crachent dans la soupe ». Je suis certainement excessive et (un peu exprès) vulgaire pour une écrivaine dont le style est, à juste titre loué par tous les intellectuels, mais voilà, je ne serais pas aller jusqu’au bout de ma lecture si je ne devais pas en discuter au club de lecture.

Un livre de cette auteure sur Luocine que j’avais aimé « chanson des Mal-aimants » et un qui a été important pour moi que je n’ai pas chronique « l’encre du poulpe »

Extraits.

Début.

 Les signes de ponctuation de haute taille passent là-bas dans la brume, ils glissent en file indienne, ils ondulent dans le vent, parfois tremblent un peu. Certains par instants trébuchent ou s’immobilisent désorganisant la colonne qui vite se recompose autrement, la virgule se fait doubler par le point d’exclamation, et celui d’interrogation recule en fin de ligne. Ou bien ils changent d’aspect, l’un, qui était courbe se redresse, un autre qui était droit se penche en oblique avant. Il arrive que quelques-uns se mettent à courir.

La description du personnage.

 Il n’a plus aucune certitude sur les autres et sur lui-même, sur la vie et encore moins sur la mort, tout ce qui existe perd son poids d’évidence et de familiarité, et ce qui n’existe pas ou qui relève de l’inconnu, de l’improbable, se leste d’une possibilité d’être ; ainsi « l’hypothèse Dieu » rivalise avec « l’hypothèse néant » et leur opposition se résout parfois en une troisième hypothèse, celle d’un Vide radieux.

Finalité de l’écriture.

Les guerres, les catastrophes, les crises en tout genre…, c’est un flux continu, mais ce chaos a fini par prendre un relief plus rude, une sonorité aigre. Transcrire cela dans un roman t’a paru au-delà de tes capacités. Car ce n’est pas tant la désaffection du milieu de l’édition et du public à ton égard qui t’a découragé de continuer à écrire, ce n’est pas non plus la seule fatigue due à ton avancée en âge, qui peut en effet être éreintante. Non, même si cela a joué ce fut secondaire. C’est le chagrin qui t’a mis à l’arrêt. Un chagrin nu, stérile, devant le gâchis du monde. Le chagrin t’a rendu impuissant. Tu n’as pas trouvé d’histoire qui fasse le poids de fictions qui « dise » cela.

 

 

 

 

 

Éditions Belfond, 335 pages, décembre 2025

Traduit de l’anglais(États-Unis) par Catherine Gibert

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque de Dinard.

 

Mais pourquoi diable, je ne me suis pas souvenue de mes précédentes déceptions, je le dis tout de go, cette auteure n’est pas pour moi. Je le savais depuis Double faute, puis cela s’est aggravé avec Quatre heures vingt-deux minutes et dix huit secondes.

Ce roman est une sorte de science fiction, les États-Unis, vivent une période de tyrannie qui impose l’égalité entre tous les citoyens et la suppression dans le langage de toute référence aux différences en particulier intellectuelles. Donc suppression de tout classement intellectuel et toute la société va très mal. Le personnage principal a de graves problèmes car elle refuse de se soumettre aux diktats de la société de la « Parenté Morale ». Les États-Unis s’écroulent car, aussi bien en médecine, que dans tous les autres postes qui demandent de hautes qualifications, il ne faut surtout pas discriminer des gens incompétents.

Le seul passage qui m’a intéressée c’est l’enfance de Pearson qui a été élevée dans une famille de témoins Jéhovah. Je pense qu’elle connaît bien cette secte. J’ai appris que ces gens ne croyaient ni à la vie éternelle ni à la résurrection . L’auteure décrit bien la tristesse de la vie parmi ces gens, à 16 ans elle a fui et a été recueillie par la famille de sa « meilleure et seule  » amie Emory.

Tout le roman est construit sur cette rivalité entre ces deux filles, Pearson qui croit qu’Emory pense comme elle que la « Parenté Morale » est complètement stupide, et sera trahie par cette Emory qui sait, elle, bien s’adapter .

Je pense que ce roman est une charge contre le « politiquement correct » qui a sévi dans les universités américaines. Mais ce n’est pas intéressant, le roman va d’un excès à l’autre car il y aura un retournement tout aussi excessif avec un retour de l’importance du QI. Je n’ai rien aimé, aucun personnage et surtout pas Pearson qui a choisi d’avoir deux enfants par insémination en choisissant le QI maximum . Puis avec son mari elle a une petite fille qu’elle juge stupide et qu’elle n’arrive pas à aimer. Quand le pense à la façon dont Philip Roth dans « la Tâche » dénonce les mêmes dérives universitaires, je suis triste d’imaginer que c’est une auteure comme Lionel Shriver qui reprend le flambeau de la résistance au « politiquement correct » et je me promets de ne plus JAMAIS relire un roman d’elle.

Et voici l’avis du Bouquineur totalement opposé au mien

 

Extraits.

Début.

 J’allais partir faire quelques courses pour le dîner – comme souvent, ma vieille copine Emory venait à la maison ce soir-là- quand j’ai reçu un appel de l’école, n’informant que mon fils était renvoyé pour cause de harcèlement et que je devais venir le chercher. Darwin est un garçon réfléchi, posé pas vraiment porté sur la persécution de ses petits camarades, si bien que je me suis demandé s’il ne s’agissait pas d’un quiproquo.

Témoin de Jéhovah.

 Pendant un temps, je me suis rapproché d’un témoin qui s’appelait Jacob, qui paraissait avoir quelque chose à offrir – si ce n’était de la malice, du moins un intérêt pour l’ailleurs ; il avait découvert la science-fiction qui ne contrevenait pas aux règles à proprement parler mais ne s’y confirmait pas non plus. À un moment donné, je lui ai avoué que chaque fois qu’une carte d’anniversaire circulait en classe pour mon prof d’anglais, je la signais. Il a été bien plus horrifié que je ne l’aurais pensé et pire, il m’a dénoncé le jour même à mes parents. (Ma mère me connaissait bien mal pour accepter que je me défends en prétendant que « tout le monde le faisait » : cela ne me ressemblait pas du tout). Comment un système de croyance aussi marginal et aussi profondément rebutant parvenait-il à en doctriner les gens avec un tel succès ? Quand j’ai su que les anciens avaient ordonné aux parents de Jacob de se débarrasser de tous ces Isaac Asimov, Ray Bradbury et Robert Heinlrin, je me suis dit : « Bien fait ! ».

Pourquoi sa mère est témoin de Jéhovah.

 Elle est où était -je ne pense pas qu’on m’aurait prévenue si elle était morte – l’archétype de la femme qui réussit. Un catéchisme qui dès le départ la propulsait parmi les élus lui avait forcément plu ; un catéchisme qui fournissait aux croyants le moyen de prendre l’ascenseur social. Fort de seulement quelques millions de fidèles dans le monde, les témoins lui offraient un contexte microscopique dans lequel elle pouvait briller. Avide considération, elle se dépensait sans compter en menues tâches pour la Watchtower Bible and Track Société.

Son père.

C’était un jeune homme docile qui voulait juste s’en sortir. Durant toute mon enfance, il a travaillé trente heures par semaine chez un quincaillier, sans jamais faire le moindre effort pour devenir gérant. De façon plutôt maligne, il avait trouvé sa place dans le seul segment de la population de Voltaire, Pennsylvanie, où faire du surplace professionnellement faisait de lui un modèle de masculinité. Même si, à en croire la doctrine, c’était lui le chef de famille, en pratique il ne l’était pas du tout. Les épouses Témoins sont les reines du comportement passif-agressif, même si une poignée seulement de ces ignares connaissent l’expression.

Ses parents.

Je me donne du mal ici pour essayer de comprendre pourquoi mes parents ont choisi de se faire les prisonniers d’une congrégation limitée sans espoir d’évasion, mais je suis toujours aussi perplexe. Les Témoins de Jéhovah ne croient même pas à une vie après la mort. Quand on meurt, on meurt. Ils n’adhèrent pas non plus à la réincarnation. Par conséquent mes parents n’avaient que cette vie à vivre et aucune autre. C’étaient des adultes. N’étant pas porté sur le questionnement métaphysique, ils avaient joyeusement accepté la proposition selon laquelle ils étaient maîtres de leur destin, on était dans « un pays libre » à une époque révolue où l’idée était presque crédible. Sachant tout ce qui s’offrait à eux – faire pousser des fraises en Oregon, ouvrir une pension pour chiens dans l’Oklahoma, partir en France. Comment est-il concevable que leur choix se soit porté sur une vie aussi effroyable ?

 

 


Éditions Gallimard, 153 pages, avril 2023

L’auteur a lu et relu le livre de Nicolas Bouvier « L’usage du monde » et voulait en suivant son itiniraire refaire la partie du voyage de ce célèbre auteur suisse à travers l’Iran. Nous sommes en 2022 , au plus fort des manifestations « Femme, Vie, liberté » et c’est peu dire que tout le monde lui déconseille de faire ce voyage. Il reçoit même un appel du ministère des affaire étrangères, mais il était déjà dans l’avion. Il visite donc, Théhéran, Qom, Kachan, Ispahan, Chiraz … il y reste en tout quarante jours, et finalement il est arrêté par les gardiens de la révolution, mais il évitera la prison et reviendra sain et sauf. Il décrit un pays « usé » par un système politique que (dit-il) 87 % des Iraniens ne supportent plus.

J’avoue que j’ai lu ce récit en réfrénant mon agacement, voire ma colère, il s’en est fallu de si peu qu’il finisse comme otage de ce régime, et que le gouvernement français soit obligé de dépenser une énergie incroyable pour le tirer d’affaire (et beaucoup d’argent). Si bien que ses différentes annotations touristiques, m’ont laissée de marbre, le seul intérêt ce sont les rencontres qu’il peut faire et l’impression qu’il a que ce régime est à bout de souffle. Mais six ans plus tard le régime est toujours là et vient d’assassiner 30 000 personnes qui eux non plus n’en pouvaient plus de ce régime. Les différents voyageurs sont intéressants sans plus, j’ai bien aimé celui qui collectionne dans toutes les langues « le petit prince ».

Je crois que je ne peux que vous conseiller le livre de Nicolas Bouvier, et laisser passer ce récit, écrit dans une langue souvent relâchée.

Extraits.

Début

 Monsieur Désérable ?

 Je n’ai pas pour habitude de filtrer les appels des numéros inconnus. Il y a dans l’inconnu une part de mystère qui demande à être élucidée. Même si le plus souvent le mystère est un démarcheur téléphonique ou un emmerdeur dans le genre, quand sur l’écran de mon téléphone s’affiche un numéro inconnu, je décroche.

Guérir d’un chagrin d’amour.

 À mesure que Marek pédalait son chagrin s’estompait : on a moins mal au cœur quand on a mal aux jambes.

La peur.

 Depuis quarante-trois ans et même bien davantage, la peur était pour le peuple iranien, une compagne de chaque instant, la moitié fidèle d’une vie. Les Iraniens vivaient avec dans la bouche le goût sablonneux de la peur. Seulement, depuis la mort de Masha Amini, la peur était mise en sourdine, elle s’effaçait au profit du courage. Courage de faire la guerre un régime qu’ils vomissaient.

Humour.

Je passais une partie de la nuit à lire dans la salle commune de l’auberge, où deux Polonais se lamentaient auprès du réceptionniste : ils avaient pour habitude de petit-déjeuner d’une omelette, or toutes les épiceries dans un rayon de cinq kilomètres étaient closes. On ne dira jamais assez les victimes collatérales que font les révolutions.

Accommodement avec la morale religieuse.

 Il ne buvait pas, ne fumait pas, mais il baisait. Qu’est-ce qu’il baisait. E t il n’était pas mécontent de vous en faire la confidence.
– Attends une minute, lui dis-je, c’est pas contraire au principe de l’islam ?
 Pas du tout, ce récria Aluk. Je fais toujours un « sigheh ». 
Le « .sigheh » : un mariage temporaire avec une date de péremption, une heure, doyze heures, dix ans. L’idée, c’est d’encadrer les relations sexuelles en dehors du mariage traditionnel. L’avantage c’est qu’au regard de la loi vous pouvez baiser tout en restant dans les clous. L’ennui, c’est qu’il faut pour contracter un « sigheh », solliciter un rendez-vous avec un mollah. Ce qui veut dire se chausser, se rendre à la mosquée, se déchausser, demander l’autorisation d’un barbu à turban, se rechausser… Moi, j’en connais à qui l’envie passe rien qu’en ouvrant l’emballage d’une capote. Alors là. Du reste cette formalité contraignante, Aluk s’affranchissait volontiers. À quoi bon obtenir la sentiment d’un molka puisque lui-même en était un. Chaque fois qu’il était pris d’une envie de baiser, il se donnait solennellement l’autorisation de le faire. Merveilleuse souplesse de la morale chiite.

Vérité et Cliché.

 Son sauveur lui tend une gourde et Roman revoit du tout au tout la définition qu’il se faisait du luxe. Il y a des gens pour qui déguster un champagne millésimé blanc de blanc dans une coupe en cristal sous la tonnelle du jardin à l’anglaise d’un grand hôtel est le paroxysme du luxe. Pourquoi pas. Mais au milieu du désert, la gourde qu’on lui tend lui semblait un trésor plus inestimable que tout le pognon planqué dans les banques de Genève.


Édition Albin Michel, 172 pages, mai 2025

Troisième lecture de cet auteur, et troisième déception  : la liste de mes envies, qui est quand même le plus intéressant, moins bien : la femme qui ne vieillissait pas

Dans un genre très différent, l’auteur a écrit plusieurs livres (que je n’ai pas lus) sur sa propre famille très dysfonctionnelle, son père a violé ses deux garçons et sa mère a été une mère humiliée. L’alcool et la violence ont été le lot habituel des soirées familiales, il l’a raconté dans plusieurs livres. Si lui, Grégoire, s’en est bien sorti son frère d’un an plus jeune, Renaud a été complètement détruit. Claire la petite sœur a été protégée par sa mère. L’auteur n’a pas vu son frère depuis trente ans, quand il apprend sa mort. Dans de très courts paragraphes, l’auteur cherche à comprendre ce frère qu’il ne connaît pas, puisqu’il était en pension pendant son enfance, et qu’ensuite il l’a fui, Grégoire était violent et se détruisait avec l’alcool et les médicaments. Bref c’est une pure horreur mais c’est compliqué d’écrire sur une personne qu’on en connaît pas vraiment. J’ai pensé en lisant ce livre à celui de David Thomas Un frère qui a parle aussi d’un frère malade mental, mais de l’intérieur en cherchant à comprendre quelqu’un qu’il a aimé et accompagné le plus qu’il pouvait. Car il est vrai que la maladie mentale isole, mais quand, comme cet auteur, on n’a pas réussi pendant trente ans à trouver un lien avec ce frère et qu’il semble détester toute cette famille, pourquoi, alors, écrire sur lui aujourd’hui ? J’ai été gênée aussi qu’il critique sa sœur et son « beauf », qui ont certainement plus fait que lui pour ce frère, et les détails financiers ne sont pas ragoûtants, qui va toucher l’assurance vie ? qui va toucher l’argent de la vente de la maison de ce pauvre Renaud ?

Bref, j’ai lu tout cela avec une sale impression : l’auteur étale les turpitudes de sa famille, a laissé son frère dans une détresse incroyable, mais cela lui rapportera de l’argent, grâce à ce livre !

Extraits

Début.

#1. Roubaix, quartier nord, juillet 2022.
Les mouches 
 Précisément des Calliphoridae. Elles peuvent parcourir plusieurs kilomètres pour venir pondre dans une viande.
 Cinq cents œufs à peine trois jours, par lots de soixante-quinze à cent cinquante ; plus la température est élevée, plus l’est la production. 
Il faisait 28 °C ce jour là.
Vingt heures après, les asticots sont sortis de leur cocon.
 Le lendemain, la température déplaçait les 32°C.
 Six jours plus tard, après avoir été des nymphes, les mouches se sont envolées de ton corps..

L’horreur .

 Le temps qu’elle et mère furent à la maternité, j’étais devenu un petit garçon dont le papa s’était servi du corps pour son plaisir.

Son horrible famille.

 Tandis que tu folichonnais à la frontière belge, je m’installais avec une jeune fille juive pour laquelle j’avais de sérieux sentiments, et si je précise, sa judéité, c’est parce qu’elle fut, tu le sais, une source vive d' »inquiétude » pour mère et pour le Corbeau. Pour la première parce qu’en cas de mariage, il n’y aurait pas de messe, pas de sacrement qu’en cas d’enfants, pas de baptême, pas d’âme sauvée ni de place au paradis si d’aventure le nourrisson venait à faire une mort subite ou chutait malencontreusement de la table allongée -il s’éterniserait dans les limbes. Ce serait « épouvantable » s’époumonait-elle, et je ne te parle même pas d’un garçon, de la circoncision, qu’exigerait la famille, « ah si ah di  » ! Pour le second parce qu’une étrangère, un œil neuf, serait bien capable de détecter ce qu’il avait dissimulé, nos corps d’enfant sous le tapis par exemple, de deviner la famille de façade, le Margnat Village et surtout son immense, maladive absence d’amour. Il n’y avait que Claire qu’enchantait la présence d’une fille, en plus dans la famille. Ça sera comme une grande sœur enfin, fanfaronnait-elle . Elle elle avait quatorze ans.
Toi plus tard, tu nous en nous présenteras une ancienne strip-teaseuse. Catholique