Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque , thème le voyage. 

4
Et … Quel voyage ! L’écrivain explique, dans l’avant dernier chapitre, la genèse de ce roman historique. Cette épopée incroyable a, pour déclencheur, des faits authentiques,Michel Gardère en avait trouvé témoignage dans un petit livre qu’il a malencontreusement perdu et , malgré ses efforts désespérés , il n’en a, hélas ! retrouvé aucune trace mais en revanche, il a lu tout ce qui se rapporte à cette histoires qui est donc, en grande partie, véridique.

Des Arméniens vivant en Perse , dans un petit village chrétien, Khosrew Abad , sont réduits à la misère car ils ne peuvent plus faire face aux impôts levés par le Shah. Ces impôts sont exigés pour payer les dettes de la guerre perdue contre la Russie en 1828. Les villageois sont au bord de la faillite et risquent de se voir chasser de leur village , leurs biens confisqués,leurs femmes envoyées dans des bordels et les hommes en esclavage. Trois hommes entreprennent un périple incroyable pour se rendre à Paris afin d’y retrouver un ami du vendeur de chevaux qui lui avait parlé de la patrie des droits de l’homme et auprès de qui il pense trouver de l’aide.

Chahèn, le vendeur de chevaux espère retrouver son ami en France et ainsi sauver son village. Plusieurs sources attestent de ce périple et aussi de l’élan de solidarité de la part des catholiques français pour sauver ce petit village. Hélas ! un travail d’historien , montre que, si l’argent a bien été récolté , il s’est perdu dans les différentes rouages des églises orientales. (Décidément ce n’est pas d’aujourd’hui que l’argent des causes humanitaires sert surtout à faire vivre les organisations plutôt que de soulager les gens victimes des catastrophes).

L’écrivain fait revivre dans ce roman trois personnages haut en couleur et retrace leur périple. On sent une jubilation dans l’écriture et on sent aussi le plaisir de Michel Gardère qui doit être un conteur plein de vie. L ‘écriture est fleurie et très moderne , on a parfois l’impression de lire des romans de cap et d’épée , ou encore du Rabelais à la sauce Zevaco. Cela pour dire que j’ai eu un peu de mal avec le style mais qu’il ne faut pas s’arrêter à des formules toute faites et quelque peu anachroniques du genre :

Plate comme le pays de Jacques Brel sans ses canaux, mais avec ses canards , la steppe offrait pour seul obstacle à la monotonies des petits monticules de terre qui surgissaient de proche en proche.

On est emporté par la verve du conteur et on est bien dans cette histoire qui nous permet de visiter des contrées lointaines dans l’espace et dans le temps. Ah oui, vous vous dites que de Perse à Paris surtout à pied ça prend du temps ! Mais vous êtes loin du compte , nos trois compères veulent absolument avoir la bénédiction de la plus haute autorité ecclésiastique de leur mouvance religieuse . Les Arméniens sont plus proches des orthodoxes que des catholiques, alors avant de rejoindre Paris il leur faudra passer par les principaux lieux de ferveur religieuses : Salmas, Erevan, Odessa, Kiev, Moscou, Saint Pétersbourg … Ce n’est pas le chemin le plus direct , mais c’est celui que leur foi les oblige à prendre. Enfin bénis et bien fatigués ils peuvent se rapprocher de Paris.

L’auteur a créé un trio , très sympathique , entre Chahèn, le sage septique qui perd peu à peu confiance dans les valeurs de la religion , le colosse Bartev qui impressionne tout le monde par sa force et son courage , et donne des complexes à ses deux compagnons parce que chez lui tout est plus grand que chez les autres (oui même les parties intimes de son anatomie !), Gaïdzag le jeune voleur avide de tout savoir .

La vie de tous les jours entre ses trois compères est faite d’amour et de fidélité et les aventures se succèdent à un bon rythme, on ne s’ennuie pas , on s’amuse très souvent.

 Citations

le féminisme religieux

Si la femme était bonne à quelque chose, Dieu en aurait une auprès de lui.

 Les comparaisons de zizis

Les deux autres pèlerins frileux découvrirent avec beaucoup de surprise -à dire vrai de stupéfaction- que le géant ne l’était pas que par la taille. Tout chez lui était démesuré. Tout. Même en sortant de l’eau glacée. Sans se concerter, ils décidèrent qu’ils ne se laveraient que le haut du corps, jusqu’à la taille. En trempant la main dans l’eau et en la frictionnant sous leur bras et sur leur ventre. Le reste -et singulièrement leur virilité- attendrait bien un jour ou deux.

 Réflexion pleine de sens

Quand les sens partent dans tous les sens , la vie prend du sens , mais on perd le sens de la vie.

 Les Kurdes et l’éternel humain

Des bandes de brigands kurdes menaçaient souvent les convois mais ne prenaient jamais de risque s’ils étaient escortés. Délicieux paradoxe : bien souvent la garde se composait exclusivement de Kurdes provisoirement rangés.

 Le pari pascalien

Si Dieu n’existe pas , je peux évidemment faire ce que je crois juste. Mais s’il existe et que les catholicos est vraiment son porte-parole, je cours un risque personnel , ce qui n’est pas bien grave, mais j’en fais courir un bien plus terrible à mes compagnons et à mon peuple. Et je n’en ai pas le droit . C’est sur cette terrible dualité du doute que l’Église- toute les Églises- a bâti son message et sa force. Je ne peux pas démontrer que Dieu est une invention de l’homme , mais je ne peux pas non plus prouver qu’il n’existe pas.

Une formule amusante

Fuir , c’est prendre son courage à deux pieds.

On en parle

un nouveau blog « une pause livre« 

 Traduit de l’allemand par Olivier MANNONI

1
Une énorme déception, j’ai fini par lire complètement en diagonal les derniers chapitres. Pourquoi suis-je allée vers ce roman, parce que « Small World » du même auteur,est pour moi un excellent roman. Il y avait tout dans ce roman, l’intensité d’un polar, une réflexion sur la société et les difficultés d’un être en prise avec un Alzheimer débutant. Et j’avais également beaucoup aimé « le cuisinier« . Et là rien, sauf une lenteur et une prétention à propos des réflexions sur le temps ! Le scénario à peine digne d’un mauvais atelier d’écriture, un vieil homme obsédé par la mort de sa femme veut remonter le temps.

Comme le temps n’a pas de réalité, que seuls le vieillissement et les transformations sont tangibles, il va embarquer le narrateur qui a, également, perdu sa femme (assassinée devant chez lui) dans une reconstitution à l’identique de la journée d’avant la décision qui a entraîné la mort de sa femme.

Et voilà , le roman, il faut retrouver dans les moindres détails la journée où le vieil homme va accepter d’aller au Tibet avec son épouse et non pas en Afrique où celle-ci attrapera une malaria mortelle. Et là vraiment c’est d’un ennuie mortel : il leur faut mesurer chaque plante, chaque portion du paysage de leur rue… En même temps notre narrateur recherche l’assassin de sa femme, et surprise, ce n’est pas la mauvaise piste sur laquelle nous étions au début, et puis surprise finale.

Non , je ne vous en dit pas plus lisez le, si vous voulez, et sachez que cet écrivain mérite beaucoup mieux que ce roman.

On en parle

Sur Babelio avec plein de critiques positives.

http://ecx.images-amazon.com/images/I/413oiod0F9L._SL500_AA300_.jpg

3Dans une autre vie , je n’ai manqué aucune des émissions de cet animateur grand amateur de livres. J’ai toujours apprécié qu’il sache faire la différence entre lui, qui faisait découvrir les auteurs, et ceux qui créaient la littérature.

Je le trouvais bienveillant et sa curiosité toujours en éveil. Alors, quand sur les rayons de ma « pauvre » bibliothèque en cours de déménagement, j’ai trouvé son roman, je n’ai pas résisté. On retrouve bien l’impertinence et le sens du plaisir de l’animateur de télévisions, à travers toutes les questions que le narrateur ne cessent de poser à tout le monde. Le procédé est parfois fatigant mais je n ‘oublierai pas certains passage, et comme lui, je me sens parfois une frustrée de la vie quand je n’ai pas su poser le bon « pourquoi ? » au bon moment. Je trouve terrible son histoire d’amour avec Douchka , j’ai eu envie que celle-ci se reconnaisse et lui laisse un message pour lui expliquer sa soudaine froideur.

J’ai souri à son récit de confession. Ce n’est pas un grand livre, mais assurément un bon moment de lecture. Les questions à Dieu sont très drôles et parfois émouvantes.

Citations

la justification absolue du questionneur

C’est simple : au paradis on répondra à toutes vos questions ; en enfer, on ne répondra à aucune.

 Questions au Seigneur, question sérieuse

Seigneur, qui sont les auteurs et les commanditaires de la fusillades antisémite de la rue des Rosiers, Paris VI, le 9 août 1982, qui a fait six morts et vingt deux blessés ?

Curiosité personnelle de l’auteur

Seigneur, qui est l’honnête et discrète personne qui , le 23 septembre 1985, a glissé sans un mot, dans ma boîte aux lettres avec argent et papiers, mon porte-feuille que j’avais perdu quelques heures plus tôt dans la rue ?

Question que je ne me suis jamais posée

Seigneur, chez les hyènes tachetées, – et seulement chez les tachetées-, pourquoi la femelle est-elle plus grosse et plus agressive que le mâle- ce qui est rare chez les mammifères- et pourquoi est-elle pourvue d’un clitoris géant par lequel naissent ses petits ?

On en parle

Liratouva

Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque, thème le voyage.
Traduit de l’italien par Carole Cavellera.

2
Les hasards sont étranges, je lis ce livre et en même temps, j’entends une émission consacrée à Malaparte. 
Personnalité ambiguë , l’émission m’a donné envie de relire ses œuvres plus connues. Je ne peux pas dire que j’ai été conquise par ce court roman. Et je me demande bien pourquoi il a été choisi pour participer au club de lecture sous le thème « voyage ».

Il s’agit surtout de la guerre et de la désorganisation des troupes confrontées à la défaite. Voici l’histoire : un soldat ramène le cercueil de son capitaine à sa famille à travers une Italie en déroute. La quatrième de couverture parle « d’un portrait tout en finesse du peuple italien, capable des pires bassesses mais aussi plein de courage et de générosité. ».

Le roman ne fait qu’une centaine de pages donc très court et sans grand intérêt et il faut tout la bienveillance d’un éditeur pour dire que c’est « un de ces inédits dignes de figurer aux côtés des plus grandes œuvres de leur auteur ». Le soldat a promis à son capitaine de ramener son corps à Naples , il va le faire , on se demande bien pourquoi. Au lieu de se rendre , puisque le combat était perdu d’avance, ce capitaine a fait tuer dans des combats pour l’honneur la moitié de ses hommes.

On a du mal à comprendre que ce brave soldat soit si attaché à son officier. Mais, avec ce que j’ai entendu de Malaparte , j’ai pensé que cela correspondait à son idéologie : un brave paysan rustre mais honnête, qui se charge du corps de son capitaine appartenant à la vieille noblesse italienne. Sur son chemin, il rencontre d’abord une jeune orpheline éprise de liberté, mais qu’il sera incapable d’aider, puis une femme dont il va tomber amoureux.

On retrouve dans les descriptions des personnages , l’ambiance des films néoréalistes de l’après guerre en Italie. Ce sont souvent des femmes courageuses qui s’opposent aux truands mais elles doivent avant tout trouver du travail pour nourrir leur famille. Il y a un passage très cinématographique , où Mariagiulia administre une claque superbe à une mère maquerelle , et où les macs ne peuvent pas s’opposer à la fuite des jeunes femmes qu’ils avaient déjà recrutées pour leur sale trafic.

Je me demande bien ce qu’en penseront mes amis du club… (vous avez remarquez le masculin , et oui avec la nouvelle médiathèque , un homme a rejoint le club !).

Citations

Au début

Ce sont des hommes simples, honnêtes, et bien qu’ils pressentent que tout est perdu, inutile, qu’il n’y a plus rien à faire , ils ne renoncent pas à leur devoir .

À la fin

 Invoquant la Madonne et tous les Saints, avec cette forme de piété collective qui à Naples est le signe le plus noble, le plus spontané , de la solidarité chrétienne et sociale des pauvres.

On en parle

lecture addict où j’ai lu une remarque très intéressante, c’est une ébauche de roman, je pourrai rajouter ou un script de film.

 Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque (thème : littérature canadienne).

3
Je ne connaissais pas cette auteure, pourtant présentée comme un « grand classique » de la littérature canadienne. C’est un roman très agréable à lire , même si (ou parce que !)on a parfois l’impression d’être au pays des « bisounours » ! Tout le monde est gentil et même les méchants sont fréquentables. Ce roman correspond à l’idée que l’on se fait des Canadiens : des gens vivant dans des contrées très isolées dans une nature aussi belle que sauvage, parlant peu , rudes à la tâche et au cœur d’or.

Derrière le côté gentil, se dessine des vrais personnalités , et en lisant ce livre, je me disais que nous, lecteurs d’aujourd’hui,étions davantage attirés par la noirceur et la dureté des rapports humains. Par exemple, le personnage de Bessette qui exploite les trappeurs aurait pu être peint sous les traits d’un infâme avare, certes, il est odieux , mais comme tout le monde doit vivre avec lui , on a l’impression qu’il est préférable de l’accepter comme il est.

Et notre homme d’église qui se donne le rôle de justicier, et qui réussira à faire payer les fourrures à un prix plus juste, s’en voudra d’avoir précipité les hommes des bois dans un alcoolisme encore plus violent qu’auparavant (du temps où Bessette les exploitait outrageusement). J ai été émue par le passage où Luzina se rend compte que l’éducation qu’elle a tant voulu donner à ses enfants les a conduits à s’éloigner définitivement de son mode et de son lieu de vie.

Un roman sympathique , bien loin des difficultés de notre société actuelle, un bol de grands espaces peuplés de gens gentils.

 Citations

Portrait d’un taiseux

Dans un pays où on était souvent silencieux, faute d’avoir du nouveau à commenter, il détenait le record de la taciturnité. Il passait pour avoir mené ses affaires, accepté des commissions, rendu service, accompli son devoir de facteur, fait l’amour, procréé des enfants, tout cela sans avoir prononcé plus d’une dizaine de phrases.

 Un trait de caractère assez répandu

Telle était Miss O’Rorke. Sa préférence morne et accablante allait toujours à ce qu’elle avait perdu, et s’il y avait des coins du monde qu’elle vantait sans répit, c’étaient toujours ceux-là où elle était assurée de ne plus remettre les pieds.

 Un facteur qui a une vision personnelle du progrès

Quinze ans plus tôt , il était arrivé tout fin seul dans ce pays, et il avait pu croire qu’il y vivrait en paix. Personne ne savait écrire et lire dans ces bons temps , et personne n’en souffrait. Le progrès, la civilisation, comme ils appelaient les embêtements, avaient tout de même commencé à les rattraper, petit à petit dans le Nord. D’abord les gens s’étaient fourré dans la tête de recevoir des lettres, des catalogues de magasins. Les catalogues de magasin , voilà à peu près ce qu’il y avait de plus bête au monde ! C’était encombrant. Ça vous bourrait un sac en un rien de temps, et pourquoi, je vous le demande ! Rien que pour vous démontrer que vous auriez maintenant besoin d’un tas de choses dont vous vous étiez parfaitement passé…

On en parle

Livres de Malice que j’ai trouvé sur Babelio.

 Lu dans le cadre du club de lecture de la médiathèque

4
Encore une fois, j’ai oublié sur quel blog j’avais acquis la certitude que je lirai ce livre. 
Mais lorsque la bibliothécaire, responsable de mon club de lecture (qui a enfin repris ses activités après un an d’absence),a proposé ce livre, je me suis précipitée. Pour moi, il s’agit plus d’un roman que d’une biographie du fils schizophrène d’Albert Einstein, Eduard.

Laurent Seksik a consulté toutes les sources disponibles pour essayer de cerner au plus près les relations dans la famille Einstein. Il est médecin et il a mis son savoir médical au service de la compréhension de la schizophrénie d’Eduard. Mais la relation entre le père et le fils demeure du domaine de l’intime , et aucun biographe ne pourra jamais la faire comprendre complètement. Je craignais avant la lecture que la phrase en quatrième de couverture : « Le fils d’Einstein finira ses jours parmi les fous, délaissés de tous, dans le plus total dénuement. » soit le fil conducteur du roman et qu’on assiste à un déboulonnage en règle de la célébrité d’Einstein.

Ce n’est absolument pas le cas. Eduard est le fils de la première femme d’Einstein, et l’éloignement de son père est, aussi, le résultat d’un divorce très douloureux et des violences de la guerre. Einstein a dû fuir l’Allemagne nazie en laissant tous ses biens derrière lui, il est arrivé en Amérique mais ses positions antiracistes lui ont valu la réprobation d’une grande partie des classes dirigeantes de ce pays.

L’auteur ne justifie rien, il expose des vies déchirées par l’horreur du temps et en particulier du nazisme, par le divorce et la maladie mentale. Bien avant d’être célèbre, le couple Einstein a connu l’horreur de perdre une petite fille qu’ils avaient mis en nourrice, évidemment son épouse s’en voudra beaucoup et lui, a caché et sans doute nié, ce fait toute sa vie. Liserl aurait-elle vécu si elle était restée près d’eux ? Comment soignait-on la scarlatine à cette époque ? J’avoue avoir été plus choquée par la mort du fils de leur fils aîné , Hans-Albert qui refusera au petit Klaus les soins pour une diphtérie au nom de sa foi dans l’église scientiste !

Ce livre pose cette question à tous ceux qui connaissent la maladie mentale : comment aider un schizophrène qui s’enferme dans un rejet violent de toute forme de compassion . La famille est souvent la plus mal placée pour aider le malade . Eduard semble haïr son père , alors que sans doute il aurait voulu que celui-ci s’occupe de lui. Je pense que seule une institution faisant preuve d’humanité peut réellement aider le malade qu’il soit fils d’Einstein ou du plus parfait inconnu.

Loin de tout voyeurisme ce livre m’a bouleversée , et je le trouve d’une honnêteté admirable !

Citations

Être le fils d’Einstein

 Peut-être que de nombreuses personnes se présentent en ce lieu en affirmant être le fils d’Einstein. Je ne leur jetterai pas la pierre. Porter un illustre patronyme peut être considéré comme une chance. On croit que la gloire rejaillira sur soi. On se trompe lourdement. Le nom d’Einstein est une charge pour le commun des mortels. Une seule personne possède les épaules assez solides pour supporter un tel fardeau : mon père. Ni mon frère ni moi n’avons la stature. Voilà la cause de mes tracas si c’est ce que vous cherchez.

 Le lourd secret

Liserl était le secret le mieux préservé de la légende Einstein, mieux gardé que celui des Templiers. Aucun registre n’attestera jamais de sa naissance. Nul ne se doute encore aujourd’hui, en 1930, trente ans après les faits qu’Albert et elle avaient eu et abandonné un enfant, que cette enfant était décédée. Liserl Einstein était effacée des mémoires.

Note d’humour (il y en a peu !)

La production a utilisé une doublure pour la fin. Finalement il n’y a pas que moi qui me dédouble. Mais moi, ce n’est jamais du cinéma.

 La neutralité Suisse

Nos coffres sont pleins et nous n’avons pas connu la guerre. Préférerais-tu l’inverse ? La Suisse n’a jamais été en guerre. Elle n’a souhaité la défaite de personne , la victoire de personne. Qui prétendra le contraire est un menteur. Soit il te ment maintenant à toi et à tes Alliers vainqueurs, soit il a menti aux Boches pendant six ans.

 Le courage d’Einstein et la faiblesse d’un père

Il a eu tous les courages. Braver la Gestapo,soutenir, un des premiers, la cause des Noirs, aider à la création d’un état juif , braver le FBI, ne pas baisser l’échine, ne jamais renoncer, écrire à Roosevelt pour construire la bombe contre l’Allemagne et écrire à Roosevelt pour arrêter la bombe destinée au Japon. Soutenir les juifs opprimés par le Reich. Pétitionner. Être en première ligne. Mais aller voir son fils est au-dessus de ses forces. Il a trouvé ses limites. Seul l’univers ne connaît pas de limites.

 Le rapport père fils

Il est le père d’Eduard. Qu’est ce que cela signifie ?

Les pères engendrent les fils. Mais ce sont les fils qui rendent père leur géniteur, qui font d’eux des hommes.

On en parle

Dans Babelio

 Traduit de l’anglais (États-Unis) par Edit OCHS

4
Je n’ai hélas pas noté le blog ami qui m’a fait découvrir ce livre. J ‘ai beaucoup , beaucoup aimé cet essai historique. Et tous ceux qui sont intéressés par cette période de l’histoire contemporaine seront de mon avis, du moins je le crois, tant le travail de recherche me semble sérieux .

Mais ce livre peut aussi toucher des lecteurs moins historiens. Le journaliste écrivain Erik Larson, est passionnant car il mène un travail d’enquête parfois proche d’un feuilleton à suspens. William E Dodd , est nommé par Roosevelt ambassadeur à Berlin en 1933, il y restera jusqu’en 1937.


C’est un professeur d’université , formé dans sa jeunesse en Allemagne . Il n’appartient pas au monde des ambassadeurs , et il sera cordialement détesté par les hommes politiques de son pays, et snobés par l’« aristocratie » du personnel des ambassades. Position très inconfortable pour un homme intègre, qui essaie de ne se faire manipuler ni par les nazis, ni par les opposants au nazisme ,et qui pour cela aurait eu besoin d’un soutien très clair de son propre pays. Il est accompagné à Berlin avec ses deux enfants déjà adultes.

Le narrateur avec force détail montre bien la prise de conscience de l’ambassadeur de ce qui se passe en Allemagne, il suit aussi le parcours de sa fille Martha. Martha c’est une belle jeune femme , très en avance sur son temps , elle mène une vie amoureuse très libre et au début elle est séduite par les hauts dignitaires nazis.

J ai découvert , grâce à ce roman, des personnages que je ne connaissais pas Hanfstaengl dit Putzy nazi mais dissident (je ne savais pas qu’il y en avait eu), et Diels, à l’origine de la Gestapo. Je trouve fascinant pour ce genre de lecture de croiser ce que je lis avec d’autres source sur internet. Peu à peu, le régime Nazi va se charger d’ouvrir les yeux de Martha, un bel homme venant du régime soviétique , Boris, va lui ravir le cœur et lui donner une conscience politique pro-communiste.

Le destin de cette femme est incroyable , Martha Dodd a travaillé pour les services secrets soviétiques jusqu’à sa mort, intervenue en 1990 à Prague. On ne peut pas dire que ce livre la rende très sympathique , elle est très agaçante , il semble qu’elle soit prête à se tromper tout le temps et à succomber à tous les hommes qui lui font la cour. De pro-nazie elle devient pro-communiste, mais plus parce que son amant a changé . De Diels elle est passé à Boris !

Ce qui rend le livre passionnant c’est de se rendre compte que si les grandes puissances avaient été plus fermes , il aurait été sans doute possible d’empêcher le basculement du nazisme de la plus grand partie de la population allemande. Et puis comme nous connaissons la fin, tous les aveuglements successifs des hommes politiques américains sont difficilement supportables.

Un livre facile à lire, passionnant mais qui m’a un peu plombé le moral , car c’est une période particulièrement abominable.
Il m’a rappelé le livre de l’ambassadeur Français André François-Poncet : Souvenirs d’une ambassade à Berlin, septembre 1931-octobre 1938, Paris,

Citations

 la rapidité du succès nazi dans l’opinion publique

 la « mise au pas » s’effectuait à une vitesse étonnante, même dans les milieux non directement visés par des lois spécifiques, les Allemands se plaçant de leur propre chef sous l’autorité nazie, un phénomène qui prit le nom de Selbstgleichschschaltung, ou « mise au pas volontaire….

Une étude des registres nazis a démontré que, sur un échantillon de deux cent treize dénonciations , 37 % relevaient non pas d’une conviction politique sincère, mais de conflits privés, dont le déclencheur était souvent d’une insignifiance stupéfiante. Ainsi en octobre 1933, le commis d’une épicerie dénonça à la police une cliente excentrique qui s’était entêtée à réclamer ses trois pfennigs de monnaie. Le commis l’accusa de ne pas avoir payé ses impôts. Les Allemands se dénonçaient les uns les autres avec un tel entrain que les cadres supérieurs du Parti pressèrent la population de faire preuve d’un plus grand discernement concernant ms affaires à signaler à la police.

 Le refus de voir

De fait, Martha avait eu la même idée. « J’avais tendance à penser qu’il était juif » reconnaissait-elle ; elle « considérait que son hostilité n’était suscitée que par sa conscience raciale ».
Mower était effaré de voir que le monde extérieur ne saisissait pas ce qui se tramait en Allemagne . Il découvrit que son frère en était à douter de la vérité de ses reportages.

 Et pourtant Dodd n’était pas antisémite

Dodd croyait que son ambassade avait trop de personnel et, plus particulièrement, trop de ses membres étaient juifs…..il craignait que leur présence parmi l’équipe ne détériore les relations de l’ambassade avec Hitler…

 Discours d’Hitler après les assassinats des SA et de leur chef Röhm

Seule une répression féroce et sanglante pouvait étouffer dans l’œuf la révolte….Si on me demande pourquoi nous n’avons pas fait appel aux tribunaux réguliers, je répondrai : dans ces heures, je me suis trouvé responsable du destin de la nation allemande et, par conséquent, je représentais à moi seule l’autorité judiciaire suprême du peuple allemand.

 le culte d’Hitler

Il vit la stature d’Hitler grandir en Allemagne jusqu’à devenir celle d’un dieu. Les femmes pleuraient quand il passait à proximité ; les collectionneurs de souvenirs ramassaient la terre là où il avait posé le pied.

On en parle

dans tous les livres, et chez Aiffele, chez Dominique.

3
Roman chaudement recommandé par la blogosphère et à lire pour ne jamais oublier le poids négatif du racisme dans les sociétés. L’auteure est française et connaît visiblement bien la société américaine, comme à chaque fois qu’une étrangère pose son regard critique sur le fonctionnement d’une société , je suis toujours moins convaincue que lorsqu’un écrivain du pays le fait lui-même. Et sur le sujet les Américains décrivent fort bien ce qu’a été la condition des noirs et les retentissement sur les comportement actuels.

Je pense, par exemple, au livre incontournable « le temps où nous chantions » de Richard Powers. Tout va mieux depuis l’élection d’Obama qui rassure enfin cette communauté et a donné, en France,davantage confiance dans la société américaine. Le sujet du roman tourne autour d’une tragédie : des adolescents d’une même famille noire meurent parce qu’ils ne savent pas nager. S’ils ne savent pas nager, c’est que le fameux poids du racisme fait que les enfants noirs ont été si longtemps interdits de piscine , qu’ils en sont venus à penser qu’ils n’étaient pas faits pour la natation.

Tragédie qui permet d’en évoquer une autre, celle où un jour en 1949, des enfants noirs ont cru qu’ils pourraient eux aussi jouer dans les piscines. La vieille femme noire, enfermée dans ses propres souvenirs et dans ceux, encore plus horribles, de ses parents, ne peut pas comprendre la façon de vivre de sa fille , avec des enfants sans père et de son petit fils qui risque d’aller vers la délinquance.

C’est un roman très fort, mais un peu trop démonstratif.

Citations

La grand-mère à son petit fils

Tu ne comprends pas que tu ressembles à ce qu’ils pensent de toi, à ce qu’ils attendent de toi, que tu fais mal aux tiens, à ceux qui sont là, comme à ceux qui sont morts.

 La piscine et les noirs

– Que voulez-vous dire par là ? Que les jeunes Noirs ont eux mêmes intégrés ce mythe qui veut qu’ils ne puissent pas nager ?

– Absolument. Leurs parents n’avaient pas accès aux piscines et ils ne leur ont pas appris à nager.

 Les hommes

Mais le monde s’en fout des souvenirs des dames noires flétries, qui racontent que le long zizi de l’homme noir, ça n’existe pas, que nos homme s ont peur , qu’ils hurlent en silence comme Howard, qu’ils pleurent en secret comme henry, qu’ils frappent comme le fils de Madame King, qu’ils s’en vont comme les amours de Dana, qu’il n’y a pas d’hommes pour élever nos hommes.

 On en parle

Les fans des livres où j’avais noté ce roman.

 

4
Je suis ravie de retrouver mon blog avec ce roman qui m’a beaucoup plu. 
Il a été couronné par le Goncourt des lycéens, ce prix lui va très bien : je connais, en effet, peu d’adolescents insensibles à la détermination d’Antigone. Cette jeune femme qui reste inflexible à propos de la dignité des morts, est bouleversante , elle est le petit grain de sable qui empêche la tyrannie d’être satisfaite d’elle même.

Quelle idée merveilleuse (hélas, une idée de roman !) de vouloir monter la pièce de Jean Anouilh dans le Liban en guerre ! L’auteur qui est journaliste,a couvert les guerres de son époque et il sait rendre compte de l’horreur des morts dans les pays où l’humanité disparaît au profit de la force armée et souvent barbare. Il m’avait déjà convaincu en écrivant à propos de l’Irlande , « Retour à Killybegs » ?

Les premières pages du « quatrième mur » décrivent un tir de char, elles sont d’un réalisme incroyable , j’ai senti la mort beaucoup plus précisément que dans n’importe quelle image de film. Le narrateur reprend le projet de son ami Samuel qui est juif et qui se meurt d’un cancer , il essaie de monter Antigone avec de jeunes acteurs venant des différentes composantes religieuses libanaises. Présent lors des massacres de Sabra et Chatila, son projet théâtral est noyé dans le sang et sa raison vacille face à tant d’horreurs.

De retour en France , même l’amour de sa petite fille ne pourra le ramener aux joies simples de la vie. Plusieurs centres d’intérêts peuvent vous conduire à vous intéresser à ce grand roman :

  • le parcours d’un gauchiste de 68
  • la difficulté d’être juif , orphelin de parents morts en déportation.
  • la guerre du Liban
  • La difficulté de se situer au-delà des haines religieuses
  • la force d’un texte théâtral
  • mais surtout les horreurs des guerres civiles et les difficultés pour les témoins de croire de nouveau à la vie.

Un livre qui fait réfléchir et qui fait écouter autrement les informations internationales , celles qui viennent de pays où les hommes se tuent sans respecter la moindre humanité pour des raisons qui semblent si futiles lorsque les années passent .

Citations

 Une phrase sur l’amitié qui m’a fait réfléchir

La vie s’était chargée de nous disperser. Sam m’avait donné son adresse à Beyrouth, son numéro de téléphone aussi, mais je ne l’avais jamais appelé. Il existait. Pour moi, c’était suffisant. Je pensais que notre amitié se nourrissait de distance et je m’étais trompé. J’avais perdu trois ans de lui.

Antigone revisitée

– Je n’ai pas lu votre pièce mais Nabil , mon aîné l’a fait pour moi. Il m’a dit , au contraire, qu’elle était exempte de médisance. Qu’elle ne représentait ni le Prophète -prière et salut de Dieu sur lui- ni ses messagers. Qu’elle ne manquait pas de respect à ses grands compagnons. Et aussi qu’elle n’insultait pas l’islam. Qu’elle ne cachait ni nudité , ni insulte, ni autre souillure.
– Mes fils m’ont dit que leur rôle de gardes serait d’entourer leur chef, de le protéger comme un père et de faire respecter son autorité. Ils m’ont expliqué qu’une jeune femme le défiait. Qu’à travers lui, elle narguait la loi divine et que ce calife bien guidé mettait un terme à cette arrogance.

La tragédie

– Et moi, j’aime la leçon de tragédie que donne cette pièce, cette distance prise avec la banalité du drame. Souvenez-vous de ce que le Choeur nous apprend de la tragédie. Il dit que la tragédie, c’est propre, c’est reposant,c’est commode. Dans le drame, avec ces innocents , ces traites, ces vengeurs, cela devient compliqué de mourir. On se débat parce qu’on espère s’en sortir, c’est utilitaire, c’est ignoble . Et si l’on s’en sort pas, c’est presque un accident. Tandis c ela tragédie, c’est gratuit. C’est sans espoir. Ce sale espoir qui gâche tout . Enfin il n’y a plus rien à tenter . C’est pour les rois la tragédie.

 On en parle

Dans le blog de Krol (Je lui avais dit que je lirai ce livre et son avis a compté dans ma détermination.). Et tous les 54, plus un (le mien !), avis de Babelio.

Emprunté à la médiathèque.

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Le chemin de Compostelle m’a entraînée vers le Brésil…. Je voulais connaître ce roman pour lequel Jean-Christophe Rufin a reçu le prix Goncourt 2001 et connaît depuis une notoriété certaine. Cet écrivain est doué pour les romans historiques, je le sais depuis « le grand Coeur » et même si je ne suis pas une grande adepte du genre, je ne boude pas mon plaisir quand c’est bien fait. Cette épopée de 600 pages nous raconte un épisode peu connu , la tentative de colonisation du Brésil par le chevalier de Villegagnon en 1555.

En quelques pages, à la fin du roman, l’auteur nous résume ce que l’on sait de cet épisode peu glorieux, il explique aussi, que les deux personnages les plus romanesques, Colombe et Just de Clamorgan, sont sortis de son imagination, l’écrivain a donc pu , à sa guise, leur donner une personnalité plus complexe que les personnages pour lesquels les sources historiques mettent quelques limites à la création littéraire .

Le style de Ruffin est un délice de simplicité et de clarté,puisque nous sommes en 1555, il maille son texte de mots anciens qu’on a plaisir à rechercher. Savez-vous ce que sont des « poils amatoires » ? j’ai souri quand j’ai compris( le texte est suffisamment explicite !). Ruffin entraîne son lecteur dans un Brésil à la nature aussi luxuriante qu’inquiétante peuplée d’Indiens au mœurs qui choquent les Européens. D’abord, ils se promènent nus et ne semblent pas avoir envie de domestiquer la nature. Et comble de l’horreur, ils sont anthropophages .

Le choc des deux civilisations ne permet pas qu’une compréhension mutuelle puisse s’installer , sauf pour Colombe mais c’est le privilège du romancier de rêver que deux civilisations aussi opposées puissent se comprendre. Les colons sont peu nombreux et mènent une vie terriblement dure, la construction d’un fort est une entreprise complètement surhumaine mais à ces rudes conditions d’installation se rajoutent les disputes religieuses qui décimeront, bien plus sûrement que tout autre danger, la malheureuse petite troupe aux ordres d’un capitaine fantasque qui va perdre peu peu toutes ses illusions. Malheureusement, il perdra la seule qui le rendait un peu sympathique , la croyance en l’homme et deviendra un enragé de la foi et donc tuera,tortura avec toute la bonne conscience que donne l’assurance d’avoir Dieu pour soi .

Au delà de la découverte du Brésil ce roman est une bonne façon de faire revivre la Renaissance avec ce curieux paradoxe que cette période a apporté l’humanisme mais, hélas, l’intolérance religieuse et annonce les guerres de religion. C’est terrible de se souvenir que les anciens persécutés, calvinistes ,luthériens deviendront à leur tour des combattants au nom de la « vraie » foi sans aucune pitié pour ceux qui ne partagent pas leurs croyances. Le débat autour de la présence du corps du Christ dans l’hostie en est un parfait exemple.

Je comprends que beaucoup de lecteurs aient aimé ce roman et dans notre monde où l’on voit des musulmans s’entre déchirer au nom de la pureté de leur foi ce livre a sa place dans notre réflexion.

Citations

le choc de l’Italie pour les Français de l’époque

Je suis arrivé en Italie a trente ans et, crois-moi, j’étais encore tout plein de la vieille tradition de notre chevalerie où l’homme est ruiné par les veilles et les prières,cousu de cicatrices et ne s’accorde aucun soin. Mon premier choc , je l’ai reçu à Florence , en voyant le David de Michel-Ange et le Baptême du Christ de Sansovino. Ainsi malgré la trahison d’Adam, l’idée de Dieu était toujours présente dans l’homme et il suffisait de la cultiver. L’homme idéalement beau, chef d’œuvre de son créateur, l’homme de bien qui excelle aux armes et aux arts, l’homme bon,calme,serein, élégant, maître de lui, pouvait devenir un idéal.

 Réflexion qui m’a étonnée

La fidélité est un sentiment qu’on contente aisément. Il suffit de le tolérer.

 Genre de discussions avec des fanatiques religieux

– les auteurs dont vous parlez , précisa tranquillement le pasteur , ne connaissait pas le Christ. Leur pensée plongée dans les ténèbres , ne peut être d’aucun secours. Il faut croire, voilà tout.

– C’est ce que disent aussi les prêtres et le pape , fit lugubrement l’amiral.

– Oui, confirma Richer avec mépris. Mais la différence, c’est qu’il sont tort.

Tuer au nom de Dieu

Les guerres de religion sont toujours une providence pour les criminels. La violence tout à coup devient sainte ; pourvu qu’ils sachent mimer la dévotion, au moins en parole, licence leur est donnée par un Dieu d’accomplir des infamies dont ils avaient longtemps rêvé.

 On en parle

Je renvoie aux critiques de Babelio car je n’ai pas lu de critiques récentes de ce livre dans mes blogs préférés.